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L’Estime de soi – revisitée

Cet article est un extrait de mon livre Élève à risque d’échec scolaire. Un regard sur la résilience et les facteurs de protection. Collection psycoéducation. Béliveau Éditeur. ( 018)

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L’estime de soi correspond à une autoévaluation. C’est l’appréciation que l’on a de soi, positive, négative, réaliste ou irréaliste. Elle se construit par l’expérience, par les résultats des apprentissages dans tous les domaines. Seligman (2013) mentionne que l’estime de soi est un sous-produit de la réussite, et qu’une fois qu’elle est ancrée chez un enfant, elle suscite encore d’autres réussites. Ce chercheur insiste sur le fait que l’estime de soi est une conséquence, et non la cause de cette maîtrise et de cette réussite. C’est pour cela qu’elle ne s’enseigne pas directement. Elle s’acquiert par l’expérience. Elle se construit aussi par les rétroactions reçues de l’entourage (parents, enseignants, pairs, employeurs, etc.) en relation avec les activités réalisées. L’estime de soi idéale est positive et réaliste. Elle sera une alliée de la résilience lors de coups durs. Les élèves en difficulté scolaire ont tendance à avoir une estime de soi négative, ce qui peut nuire à leur confiance en soi, à leur persévérance ainsi qu’à leur résilience.

Seligman (2013) nous met en garde contre une approche à éviter concernant l’estime de soi. Cette approche met l’accent sur la manière dont l’enfant se sent, au détriment de ce qu’il fait (maîtrise, persévérance, surmonter la frustration et l’ennui, relever des défis). Centrée sur les sentiments, cette approche nuit au développement de l’enfant en lui envoyant des messages positifs souvent irréalistes, non fondés sur la réalité des activités réalisées. Elle ne permet pas à l’enfant de commettre d’erreurs ou d’être en situation d’échec. Elle le renforce sans qu’il le mérite réellement. Elle utilise des phrases creuses comme : « Tu es un être spécial, bravo… Tu es unique… » Les enfants apprennent rapidement à ne pas tenir compte de ces flatteries si elles ne s’appuient pas sur la réalité.

L’approche que Seligman préconise provient de la psychologie positive qui se préoccupe d’aider l’enfant à réussir et à être conscient de la relation réelle entre les moyens qu’il prend et les résultats obtenus. On cherche à développer une estime de soi positive, mais réaliste. Dans le processus d’apprentissage et la construction de l’estime de soi, l’erreur, l’échec et la frustration font partie de la normalité. Seligman (2013) souligne qu’il est important que l’enfant apprenne à leur faire face. Il y apprend à fournir des efforts et à persévérer malgré l’adversité. Ce sont, entre autres, ces apprentissages avec un aboutissement vers la réussite qui permettent le développement de la résilience.

L’estime de soi se construit aussi dans le cadre de relation de bienveillance, par la connaissance de soi et les encouragements, mais aussi par des remarques constructives qui donnent l’heure juste. Comme le mentionne Rousseau (2010), elle se construit surtout par l’accumulation d’expériences variées adaptées aux capacités de la personne, de défis qui l’amènent à se dépasser et par les réussites découlant de ses réalisations. Dans l’approche de l’estime de soi que préconise Seligman (2013), le bien-être que ressent l’enfant arrive en second, après l’effort, la persévérance et la réussite. L’accent n’est pas mis sur le sentiment de bien-être, car celui-ci est considéré comme une conséquence, un effet à la suite de l’action de l’enfant.

Tant en milieu scolaire qu’en milieu familial, on recommande de se préoccuper du développement de l’estime de soi. Il faut mettre l’accent sur les forces, les habiletés, les talents du jeune et lui permettre de les exploiter, et ce, dès le jeune âge et par la suite, à l’adolescence. On n’inculque pas l’estime de soi par des paroles, des encouragements, mais avant tout par l’expérience de la réussite.

Comme le préconise l’approche psychoéducative l’intervention consistera à montrer à l’enfant à réfléchir sur ce qu’il est, à identifier ses forces, ses vulnérabilités, ses principaux talents ainsi que ses champs d’intérêt. Son estime de soi augmentera à la condition qu’il soit invité à s’arrêter pour constater quelles sont ses réalisations, pour reconnaître ce qui lui appartient dans ses réussites et pour en être conscient (lieu de contrôle interne). Il ne faut pas oublier que l’estime de soi est étroitement liée à la perception et aux rétroactions des autres sur ses réalisations (parents, enseignants, adultes, pairs). L’intervenant doit s’assurer que les commentaires et les rétroactions de l’environnement soient constructifs et respectent la réalité (ne pas exagérer en positif ou en négatif).

Référence

Seligman, M. E.P. (2013). L’école de l’Optimisme. Développer la résilience chez l’enfant. Les Éditions de l’Homme.

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L’estime de soi – extrait

Léandre Bouffard (2019). Homo Beatus. Petite somme sur la science du bonheur. Les éditions Percée. 301 pages. (Bonheur – LB – 2019 p.  ).

L’estime de soi basé sur des accomplissements … il ne s’agit pas de construire une fausse estime de soi, comme le propose certains ouvrages de « pop psychologie » qui encouragent plutôt le narcissisme… éviter de gonfler artificiellement l’égo des enfants. Les études de l’équipe de Baumeister (2003) ont démontré que ce n’est pas l’estime de soi qui favorise le succès à l’école, mais que ce sont  les bonnes notes qui rehaussent l’estime de soi par la suite  9(p. 158)

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Voici un article qui démontre qu’avoir une vision positive même irréaliste est plus favorable aux apprentissages et à la motivation qu’avoir une vision négative irréaliste de soi. Personnellement je reste avec la conviction qu’il est préférable de favoriser le développement positif réaliste de  l’estime de soi

http://rire.ctreq.qc.ca/2018/04/se-croire-meilleur-ou-moins-bon/

(Dossier) L’école privée et l’école publique: un problème de société

Voici le principe concernant notre système d,éducation au Québec. Je souhaite:
Un bon système d’éducation pour tous et non un excellent système pour certain
– ou Une bonne école pour tous et non une excellente école pour certain

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Note à mes lecteurs et lectrices. Ce texte a été produit en février 2018 dans le cadre d’un travail pour un cours en écriture. Les noms de l’enseignant et de la commission scolaire sont fictifs. Toutefois, l’origine de l’histoire est bien réelle et s’est déroulée en partie sur Facebook. 

L’ÉCOLE PRIVÉE ET L’ÉCOLE PUBLIQUE

            Il fait froid dehors. Le vent bourrasse, la neige tourbillonne. Il est 19 h, et je suis installé au chaud devant le foyer. Le feu lèche les bûches de ses flammes bleutées. Quelques craquements signalent leur vigueur. Grisette, allongée à côté de moi, ronronne doucement. De temps à autre, elle se lèche le poil avec délice, comme si c’était le meilleur des desserts. J’entends les pas de mon épouse, qui vague doucement à ses occupations. Je suis bien ! Ce sont les petits bonheurs de l’instant présent.

            J’ouvre mon portable et navigue sur Facebook. Je suis rapidement envahi par un flot d’informations souvent inutiles : des photos de voyage, de repas, d’animaux domestiques, des clips vidéos bourrés de publicités. Défilent sur mon écran plusieurs commentaires critiques de toutes sortes, sur le système de santé, sur les médecins trop payés, sur Trump, sur les armes à feu aux États-Unis et les tueries. Tout en naviguant, je suis frappé par un échange entre des « amis Facebook ». La discussion porte sur notre système d’éducation : le privé et le public.

            Luc, un enseignant de la commission scolaire du Chemin-du-Roy, écrit : « Je suis écœuré par ceux qui chargent à fond en dénonçant le financement du privé et en croyant que l’école québécoise est inégalitaire ! »

            Ce commentaire déclenche en moi un flot d’émotions : colère, tristesse, agressivité. Je me sens directement interpellé. Cette phrase écorche certaines de mes valeurs les plus fondamentales : l’égalité des chances, l’écart indécent entre les riches et les pauvres.

            J’ai consacré plusieurs années de ma vie professionnelle à défendre ces valeurs par des publications de livres sur l’école, l’apprentissage, l’éducation, les milieux socioéconomiques favorisés et défavorisés et leurs multiples conséquences. Je suis « crinqué » ! Je réplique à Luc :

« Notre système d’éducation est tout à fait inégal et inéquitable. Le privé et le public, c’est incomparable. Même au public, avec les programmes particuliers et leurs sélections des meilleurs, est difficile d’accès aux élèves en difficulté et de milieu défavorisé. C’est injuste ! Il reste encore de la grosse job à faire pour avoir un système équitable et qui donne à tous une chance égale de réussir. »

À la suite de ce court message, en quelques secondes, je reçois la réponse de Luc : « Vous autres, qui êtes contre le financement des écoles privées, vous ne supportez pas l’élitisme. Vous avez un biais important dans votre jugement. »

            Je suis piqué au vif ! Sans plus tarder, je tape rapidement ma réponse : « Tu as bien raison, Luc. Je ne suis pas en faveur de l’élitisme, de la haute performance, de la gestion axée sur les résultats, de cet écart inacceptable entre les riches et les pauvres, du cercle vertueux entretenu chez les riches et du cercle vicieux chez les pauvres. Écoute bien, je ne dis pas qu’il faut abolir les écoles privées et leur financement, je dis qu’il faut partager davantage les ressources et arrêter de sélectionner et de discriminer entre les meilleurs et les moins bons. Notre système favorise une hémorragie dans les écoles publiques en vidant les classes ordinaires de leurs meilleurs éléments pour aller au privé. »

Je tape tellement fort sur mon clavier que Grisette a arrêté de ronronner et de se lécher. Elle me regarde de ses grands yeux jaunes et semble s’interroger sur mon état de stress. Même le feu du foyer a faibli et a pris une couleur jaune fade.

Je décide alors d’arrêter mon écrit sur Facebook, car je sens trop d’émotions fortes en moi. J’ai déjà eu une émotion semblable et le remède fut de faire quelques minutes de pratique de méditation de la pleine conscience. C’est ce que je fais à l’instant et mon état de calme revient graduellement à la normale. Grisette a recommencé à se lécher et le feu du foyer m’a semblé redevenir bleuté.

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Voici quelques compléments à cette problématique de l’école privée et publique au Québec. Tiré ou inspiré en partie de Jessica Nadeau, 7 septembre 2017, Le Devoir

  • L’école régulière perd du terrain face au privé, 40% des élèves du secondaire étudient au privé ou dans des écoles publiques à programmes ou projets particuliers qui imposent des critères de sélection (selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).
  • Comme je j’ai mentionné dans mon article, cela a pour effet d’écrémer la classe régulière au profit des écoles privées et des écoles à vocation particulière.
  • De plus, la classe régulière se voit davantage avoir la mission de l’intégration ou l’inclusion des élèves en difficulté (d’apprentissage ou de comportement) ce qui rend doublement difficile la tâche enseignante. Peu de ces élèves fréquentent ou sont admis au privé ou dans des programmes particuliers.
  • Si l’on se compare à l’Ontario, cette province ne finance qu’a 5% l’école privée ce qui est loin d’être le cas ici au Québec.  

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Très bon article sur le système d’éducation à 3 vitesses

https://www.lapresse.ca/actualites/education/2020-06-20/l-ecole-publique-secteur-regulier-l-ecole-mal-aimee

Aussi: https://www.lapresse.ca/actualites/education/2020-06-20/l-ecole-a-trois-vitesses-a-cause-un-gachis-humain

Voici un excellent article sur les méfaits de la sélection des élèves tant au privé qu’au public.
https://www.ledevoir.com/opinion/idees/536510/la-segregation-scolaire-au-secondaire-une-derive-largement-ignoree

Voici une texte intéressant de Marc St-Pierre qui complète bien ce que j’ai écris

https://enpoussantlecrayon.com/2018/04/10/expliquez-moi-monsieur-le-ministre-de-leducation/comment-page-1/#comment-38

https://enpoussantlecrayon.com/2019/03/15/le-parasco-remede-a-la-segregation/

Autre texte intéressant de Jean-Étienne Bergeron

https://quebec.huffingtonpost.ca/jean-etienne-bergeron/financement-ecoles-privees-solution_a_23413646/

Autre texte d’Alec Larose: École privées et publiques, vers la ségrégation.

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/463209/la-replique-financement-public-de-l-ecole-privee-ecoles-privees-et-publiques-vers-la-segregation

Autre texte de Joel Boucher: Regard sur les inégalités du système scolaire québécois

http://plus.lapresse.ca/screens/78247cb0-ddd0-4b99-ad98-535629d93614__7C___0.html?utm_medium=Twitter&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen

En Finlande pas aucune école privée, toutes les écoles sont semblables et excellentes. -Une vidéo de 9 minutes.

https://www.facebook.com/edouard.hoffmeister.9/videos/135962940490397/

Rapport du Conseil Supérieure de l’Éducation – les besoins en éducation: l’équité, l’égalité des chance.

http://www.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publications/CEBE/50-0494.pdf

Les frais à l’école publique – les programmes particuliers – par Robert Dutrisac

https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/537073/gratuite-scolaire-geometrie-variable

 

Une école publique de Québec tasse les élèves « ordinaires » ou en difficulté pour faire de la place aux élèves des programmes particuliers sport-étude et art-étude.

http://www.lapresse.ca/actualites/education/201809/19/01-5197260-ecole-cardinal-roy-des-eleves-tasses-pour-le-sport-etudes.php

Un bel article sur la réalité des coûts de l’école privée 

ÉCOLES PRIVÉES

Point de vue favorable à l’école privée, d’un universitaire Guy Durant: Écoles publiques et privées, deux réseau complémentaires
https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/537530/ecoles-publiques-et-privees-deux-reseaux-complementaires?utm_campaign=Autopost&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1537881188

 

Un Post d’Égide Royer sur LinkedIn (10-12-2018)

Égide Royer a publié un post : Je craignais que le mot “GHETTO” vienne un jour qualifier l’école publique “ordinaire”. C’est fait. Et la solution n’est essentiellement pas une question d’activités parascolaires ou de disparition du financement de l’école privée. Au risque de me répéter, il est indispensable de rendre le financement de l’adaptation scolaire accessible au privé et d’exiger que toutes les écoles du Québec (privées, à projet particulier et publiques « ordinaires) offrent des services à TOUS les élèves. Concentrer les 220,000 élèves handicapés ou en difficulté dans les écoles “publiques ordinaires” explique le terme “ghetto” utilisé par l’auteur. Cette situation est indigne d’une société aussi développée que la nôtre.

Autre article intéressent pour une école publique unifiée
http://plus.lapresse.ca/screens/933a6f97-fb95-4f83-910f-4d0e7858b5fb__7C___0.html?utm_medium=Email&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen&fbclid=IwAR0N5S_hfhvFK6qYZfl0b03GeqlA_D_dTr33lM5jeVX6CnpHyl3zKdH8yq4

 

Éducation – trois système – le privé – le privé confessionnel et le publique – une référence au sociologue Guy Rocher

https://www.ledevoir.com/societe/556155/faut-il-crucifier-l-ecole-privee

Éducation en 2018: Proposition d’Égide Royer

Un article très intéressant d’Égide Royer pour les changements en éducation en 2018

http://plus.lapresse.ca/screens/51d6e26f-5da1-4a47-b595-9d8953fea0ce%7C_0.html?utm_medium=Facebook&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen

Un Rappel – Mon nouveau livre – Qui sommes-nous, nous, les humains

Un Rappel – Mon nouveau livre – Qui sommes-nous, nous, les humains?

Voici un rappel pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de prendre connaissance de mon nouveau livre: Qui sommes-nous, nous, les humains? À la recherche d’une meilleure compréhension de notre humanité, à la lumière des neurosciences.

Ce livre est une vulgarisation scientifique et aborde de multiples facettes de ce que nous sommes

  • Ce qui nous caractérise comme Homo Sapiens

  • Comment le cerveau fait partie de notre vie et explique en bonne partie l’orientation de nos comportements, l’expression de nos émotion, etc.

  • En quoi consistent la conscience, l’apprentissage, la motivation, les émotions

  • Et la personnalité dans tout çà? Quant est-il?

  • L’influence de nos environnements : la famille, le fait de vivre dans un milieu aisé ou défavorisé, la culture, la révolution numérique

  • Finalement, qu’est-ce que le bonheur et en quoi la quête de sens est importante?

Un beau livre pour la période des vacances et la nouvelle année. Une belle occasion de faire le point sur « Qui nous sommes et qui je suis ? »

Pour vous donner une meilleure idée du style d’écriture, j’ai ajouté un exemple – le chapitre 10. Les émotions.

Mon livre n’est pas en librairie, mais il est facile de vous le procurer directement auprès de moi (voir la procédure dans le lien plus bas). 

 

http://pierrepotvin.com/wp/index.php/2017/09/29/nouveau-livre-qui-sommes-nous-nous-les-humains/

Version ePUB (numérique:
http://leseditionspremierechance.com/produit/sommes-humains-pierre-potvin-format-epub/

 

Mémoire du Conseil Supérieur de l’Éducation: Création de l’institut National d’excellence en Éducation

Voici le mémoire du Conseil supérieur de l’éducation (CSÉ) concernant la création d’un Institut national d’excellence en éducation.

http://www.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publications/50-0504.pdf

CritiqueC’est un mémoire très intéressant qui n’appuie pas l’idée de la création d’un institut, mais qui propose lui-même d’en assumer une bonne partie du rôle. Il propose de créer deux nouvelles structures sous sa gouverne: Une Commission permanent sur la recherche en éducation et un Centre d’excellence en éducation pour la diffusion des connaissances issues de la recherche.

Je trouve le mémoire très bien documenté, présentant une vision globale, systémique et complexe de l’éducation. Dans mon mémoire je proposais que le CSÉ assume en partie le rôle du futur Institut, mais je faisais une place plus grande au CTREQ pour la synthèse des résultats de la recherche, la diffusion et l’accompagnement des milieux. Dan son mémoire, le CSÉ parle du CTREQ mais ne lui confit aucun rôle précis. ..

Création de l’Institut national d’Excellence en Éducation : Mémoire du CTREQ

Voici le mémoire du Centre de Transfert pour la Réussite Éducative du Québec (CTREQ) concernant la création d ‘un Institut National d’Excellence en Éducation (INEE).

En ce qui me concerne, je crois que le CTREQ rencontre déjà au moins 60% des objectifs du futur Institut. Un partenariat et une augmentation du financement du CTREQ permettrait d’apporter une grande contribution au futur INEE.

 http://www.ctreq.qc.ca/wp-content/uploads/2017/11/CTREQ_Memoire-INEE_2017-11-16.pdf

(critique) Lab-école: l’école de demain

Remarques critiques du 25 août 2020

Actuellement il y a 6 lab-écoles au Québec, le projet demande de l’investissement qui est passé de 56 millions à 100 millions $.

En soit, l’initiative est intéressante, mais selon moi a pris trop d’ampleur. J’ai quelques critiques à partager:

  • l’on mentionne qu’un environnement sain, éclairage naturel, grand espace avec de la nature, permettent de baisser le taux de décrochage scolaire, favoriser la réussite des élèves et réduire le stress des enseignants. Pour avancer une telle affirmation il ne faut pas connaître c’est quoi la dynamique des jeunes à risque de décrochage scolaire. Selon moi, l’environnement physique à peu à voir avec le décrochage scolaire.

  • actuellement au Québec de nombreuses écoles ont besoin de rénovation, et ce, particulièrement à Montréal. Il aurait été sage d’investir une partie de ces millions des lab-écoles dans la rénovation. des nombreuses écoles en décrépitude.

  • l’environnement physique joue un peu dans le bien-être des élèves à l’école, mais ce qui joue le plus ,ce sont les aspects pédagogiques et relationnels de bienveillance qui ont un impact. Et ce bien avant l’environnement.

Cette partie a été rédigée en novembre 2017 

Le Lab-école: l’école de demain, du futur

Au Québec, le ministre Proulx endosse l’initiative du projet Lab-école de trois personnages publics que sont Pierre Thibault (architecture), Ricardo Larrivée (alimentation) et Pierre Lavoie (saines habitudes de vie – activité physique).

L’idée est de repenser l’école de demain, l’école du futur en se préoccupant de son aménagement, de ses espaces (architecture), de son alimentation (cafétéria et saine alimentation) ainsi que des activités physiques.

Personne n’est contre la vertu et il est intéressant de se préoccuper de l’école du futur. Sauf que ce qui m’agace dans ce projet c’est de se préoccuper avant tout, non pas du contenu de l’expérience scolaire des apprentissages, mais de ce qui l’habille (son environnement).  Je sens quelque chose d’artificiel dans ce projet.

On se serait attendu plutôt à un projet qui se préoccupe du renouvellement de la pédagogie, de nouvelles façons modernes de favoriser les apprentissages des élèves, de l’intégration des technologies, du rôle futur de la robotique et de l’intelligence artificielle dans nos écoles.

J’éprouve un malaise de critiquer un tel projet qui en soit peut avoir du sens (aménagement écologique, saines habitudes de vie, etc.), mais qui ne tient pas la route au niveau des besoins profonds en éducation actuellement. Les énergies doivent être misent sur comment rendre notre système d’éducation plus équitable, plus juste (le problème du public et du privé), comment être plus efficace avec les élèves à risque et les élèves  EHDAA, comment renouveler la pédagogie et l’intégration des technologies numériques, comment valoriser la profession enseignante.

Il est possible aussi que mon malaise vienne du fait d’utiliser des « vedettes »  du petit écran comme Pierre Lavoie et Ricardo Larrivée pour mousser l’intérêt qu’on doit accorder à l’éducation. Pourquoi prendre autant de place « publique » sur ce thème qui en fait concerne un complément à l’école et non son fondement. 

Prenons l’exemple de l’aménagement d’une école. Cet aménagement (l’espace, le matériel, etc.) doit être en lien direct avec les approches pédagogiques modernes, les technologies utilisées et non l’inverse. 

Ce que j’aimerais transmettre comme message: oui occupez-vous d’un environnement sain (aménagement, alimentation, activité physique), mais ne faites pas ombrage à ce qui est l’essentiel de ce qui concerne « l’école’:  les expériences d’apprentissage, le bien être dans les rapports interpersonnels, la bienveillance, la valorisation de la profession enseignante et les autres déjà cités plus haut.

De plus, je ne suis pas d’accord que le Gouvernement du Québec  investisse 1. 5 millions $ dans un tel projet. Il y a trop d’autres besoins urgents en éducation pour investir dans un tel projet. Les trois personnes qui en font la promotion ont les moyens et la réputation de pouvoir ramasser des fonds pour cette initiative.

 

Articles intéressants sur le sujet:

https://www.journaldequebec.com/2020/08/25/grandeurs-et-miseres-des-lab-ecoles-1

 

http://quebec.huffingtonpost.ca/2017/11/08/lab-ecole-des-bonnes-intentions-mais-de-la-naivete_a_23270101/

Note: le p

https://www.lesoleil.com/opinions/point-de-vue/le-projet-lab-ecole-un-trompe-loeil-pour-la-galerie-fa45b824153488e8366ccdd31e6e9ef3?utm_campaign=lesoleil&utm_medium=article_share&utm_source=facebook

Création d’un Institut National d’Excellence en Éducation – Mémoire

Mémoire
Création d’un Institut National d’Excellence en Éducation (INEÉ)
[1]

Présenté au Groupe de travail
Monsieur Martin Maltais (président)
Madame Hélène Lecavalier
Monsieur Dominic Bertrand

Par Pierre Potvin Ph.D. pséd.
22 Octobre 2017
***

Dans ce mémoire je débute par une mise au point de certains concepts présentés dans le document de consultation. Par la suite,  je présente mon point de vue sur les questions proposées par le groupe de travail dans le document à la page 18.

Point de vue sur quelques concepts présentés dans le document de consultation

Je veux tout d’abord apporter mon point de vue sur certains éléments présentés dans le document de consultation (voir le lien plus bas pour l’accès à ce document de consultation). À mon avis ce document est très important, car il laisse entrevoir l’orientation possible de l’INEÉ.

Le concept d’excellence

Ce concept peu prêter à confusion. Je ne suis pas certain que c’est nécessaire d’ajouter « Excellence » à l’Institut. Ce pourrait être « Institut National en Éducation ». Si le terme « excellence » est ajouté, il faudrait bien préciser que c’est l’excellence des pratiques qui est visée et non des élèves. Si l’on applique le concept d’excellence aux élèves, ceci implique forcément de la sélection, de la compétition pour choisir les plus performants. Même si le document mentionne que ce qui est souhaité c’est « d’être meilleur » et non « le meilleur », à mon avis ce n’est pas suffisant. 

Portrait du système d’éducation

De la p.7 à 12,  l’on présente le portrait du système d’éducation. De nombreuses statistiques y sont décrites. À la p. 9 l’on présente la diplomation et la qualification scolaire.  Ce qui est très étonnant c’est qu’on ne mentionne nulle part dans le document la question des élèves en difficulté scolaire et du problème fondamental des ÉHDAA  [2]. Pourtant, l’un des problèmes majeurs de notre système d’éducation et l’une des causes du faible niveau de qualification des élèves est en bonne partie dû aux élèves en difficulté. Ces élèves représentent plus de 20 % de la population des élèves au Québec.

Dans le document L’éducation parlons d’avenir (p.2) l’on mentionne que « le système d’éducation québécois est l’un des meilleurs au monde». Je suis d’accord, mais en apportant une nuance : il est excellent pour les élèves qui ne présentent pas de difficulté. Ce qui représente environ 80 % à 85% des élèves. Il est cependant important de nuancer ce qu’on entend par un système performant. En effet, certaines critiques rappellent que le système est performant pour la clientèle « régulière », mais l’est moins pour les jeunes présentant des difficultés scolaires, des retards scolaires ou du risque de décrochage scolaire.

Résultats probants et grades des recommandations 

Il va de soit que l’on cherche en éducation à mettre en œuvre les meilleures pratiques. Des pratiques évaluées qui ont fait leur preuve. Encore ici il faut être prudent sur l’utilisation de données probantes, de résultats probants, de pratiques « issues de la recherche », car il existe un grand débat à ce sujet. Les meilleures pratiques en éducation sont issues d’une alliance entre la recherche et la pratique. Contrairement au domaine de la santé en ce qui concerne les médicaments, les bonnes pratiques en éducation ne proviennent pas de la recherche en laboratoire. Elles sont issues d’une collaboration étroite entre les chercheurs et les praticiens. Bien qu’il est pratique de s’inspirer de la longue expérience du domaine de la santé en matière de bonnes pratiques, de recherche, de transfert de connaissances, l’éducation fait partie des sciences humaines et a développé des approches différentes tant en recherche qu’en transfert des connaissances.

Ainsi, la référence au Grade de recommandations présenté au tableau 9 du document de consultation convient peu à ce qui a cour en recherche en éducation et aux critères pour évaluer et sélectionner les meilleurs pratiques. L’espace de ce mémoire ne permet pas de présenter les arguments sur ce sujet.[3]

À la p. 14 Pratique avérée ou fondée sur les résultats probants… qui se base sur la prise de décision ou l’action sur les meilleures preuves scientifiques. Cet énoncé est très clair, le problème fondamental sera pour l’Institut de s’entendre sur « qu’est-ce qu’une meilleure preuve scientifique en éducation? ».

L’Institut aura à se situer face aux différents paradigmes qui existent en recherche et en pratique professionnelle en sciences de l’éducation.

La recherche scientifique et les meilleures pratiques

À la p. 4 le document mentionne « les meilleures pratiques issues de la recherche ». Dans le domaine professionnel comme c’est le cas en éducation, en psychoéducation, les meilleures pratiques ne sont pas « issues de la recherche ».  Cette phrase laisse entendre que les bonnes pratiques sont issues de la recherche, créées par la recherche. Ce qui n’est pas le cas à mon avis.  Les bonnes pratiques sont habituellement élaborées par les praticiens en collaboration avec des chercheurs et évaluées et validées par la recherche. C’est l’alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience qui permet de développer les meilleures pratiques. La nuance est très importante et peut orienter d’une façon très importante la conception de l’INEÉ. Dans une conception d’alliance, il n’y aura pas de pouvoir hiérarchique de la recherche sur la pratique ou des chercheurs sur les praticiens en encore l’inverse. [4]

Questions relativement à la création de l’INEÉ.

Quel statut doit-on privilégier pour la création d’un tel institut?

Considérant la complexité du domaine des sciences de l’éducation et de la réussite éducative et scolaire, considérant les nombreuses écoles de pensée et les différents paradigmes, considérant la variété des acteurs impliqués, considérant les enjeux politiques qui côtoient la création de l’INEÉ, le statut devrait être :

  • Libre et indépendant des influences politiques, mais financé par le gouvernement. Autonome dans ses orientations et ses décisions.
  • Libre et indépendant des universités, des centres de recherche et des commissions scolaires.

Toutefois, cette liberté de structure doit permettre et favoriser des partenariats ou encore une intégration des deux organismes suivants :

  • Le Conseil supérieur de l’éducation (CSÉ) pourrait faire partie de la nouvelle structure de l’INEÉ, avec un mandat adapté. L’idée ici est de profiter de l’expérience de cette structure, entre autres au niveau des enquêtes et des avis.
  • Le Centre de Transfert pour la Réussite Éducative du Québec. Le CTREQ a une riche expérience de transfert de connaissances et d’accompagnement des milieux. Un réseau de chercheurs associés et de nombreux membres associés (multiples acteurs de l’éducation). Il serait impensable de ne pas établir un lien étroit avec le CTREQ et même peut être intégré le CTREQ au sein de l’Institut, si c’est possible. Le mandat de l’INEÉ en ce qui concerne le transfert de connaissances, la formation et l’accompagnement des milieux pourrait être confié au CTREQ. Le RIRE (Réseau d’Information pour la Réussite Éducative) pourrait assumer la veille avec son infrastructure et sa longue expérience. Bien entendu cela suppose de l’investissement afin d’agrandir l’équipe de professionnels de ces deux structures pour permettre de remplir en partie les mandats de l’INEÉ.

Établir des partenariats avec les équipes de recherche universitaire (centre de recherche, chaires, etc.) qui ont pour mandat de réaliser de la recherche dans le domaine de la réussite éducative et scolaire.

Établir un partenariat avec le ministère de l’Éducation, particulièrement avec Territoire, statistiques et enquêtes.

Est-ce que les trois objectifs couvrent l’ensemble des aspects à considérer? Doit-on en ajouter ou en retrancher?

Les trois objectifs semblent bien couvrir la mission de l’INEÉ. Je modifierais le premier objectif, car il me semble beaucoup trop ambitieux étant donné le vaste champ des sciences de l’éducation et de la réussite éducative et scolaire.   Dresser la synthèse la plus exhaustive et objective possible de l’état des connaissances scientifiques disponibles, au Québec et ailleurs, sur toute question concernant la réussite éducative.  Je ciblerais, comme le fait l’INESP, des thèmes qui sont liés à la réussite éducative, quitte à enlever et ajouter certains thèmes au cours des années.

Ces trois objectifs sont le noyau dur de l’INEÉ : 1- l’état des connaissances et des bonnes pratiques sur les différents thèmes liés à la réussite éducative; 2- réaliser le processus de transfert de ces connaissances vers les milieux de pratique; 3- former et accompagner les milieux à utiliser ces connaissances nouvelles.

Nos années de collaboration avec le CTREQ, nous ont bien démontré qu’il ne suffit pas d’avoir accès à des nouvelles connaissances, aux meilleures pratiques, il faut en plus que les milieux soient accompagnés. Et, par le transfert de connaissances, s’approprier des nouvelles pratiques et les mettre en œuvre [5]

Comment peut-on concevoir l’interaction entre les différents groupes qui jouent un rôle dans le transfert des résultats probants? Comment ces modalités doivent-elles s’opérationnaliser de façon concrète?

Au départ, l’INEÉ devra faire le bilan des centres de recherche, des chaires de recherche qui sont actifs dans le domaine de la réussite éducative et scolaire et aussi prendre connaissance de l’expertise développée par le CTREQ en transfert de connaissances depuis plus de 15 ans.

Le rôle de l’INEÉ sera d’établir des partenariats de collaboration avec ces instances, d’être un catalyseur de la recherche et du transfert et jouer le rôle de coordonner et d’orienter les actions prioritaires.

Il ne faut surtout pas faire « table rase » et se priver de la richesse des compétences existantes et des efforts déployés depuis deux décennies.

En plus du CTREQ,  le ministère de l’Éducation a son propre service qui réalise de multiples recherches et analyses pour répondre à des besoins soulevés par les différents acteurs de l’éducation. S’y ajoute le Programme de recherche sur la persévérance et la réussite scolaire en partenariat avec le Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC).

De plus, la recherche en éducation au Québec est très productive avec ses nombreux centres universitaires de recherche comme, le CRIFPE, le CRIRES, Périscope,  le GRÈS, le GRIP et beaucoup d’autres.

Au départ, il faudrait faire le bilan des organismes existants et en faire la tournée ou un événement les regroupant afin de faire le point et d’établir des partenariats.

Comment doit-on envisager la structure organisationnelle de l’institut?

Peut-être prendre la structure actuelle du CSÉ et d’y apporter des modifications majeures considérant que la mission de l’INEÉ couvre beaucoup plus large que la mission actuelle du CSÉ. Il faudra y ajouter l’intégration du CTREQ pour tout ce qui concerne le transfert des connaissances, l’accompagnement et la formation ainsi que la veille avec le RIRE. Bien entendu il sera nécessaire d’avoir beaucoup plus de personnels permanents et un budget qui devrait ressembler à celui des autres Instituts (entre autres la santé).

Selon le statut retenu, quelle forme doit prendre la gouvernance de l’institut et quels groupes ou organisations devraient y être représentés?

Le CA de l’INEÉ devrait avoir des représentants des acteurs qui couvrent le champ de l’éducation et de la réussite éducative pour le préscolaire, primaire et secondaire : enseignants, administrateurs (directions école, direction CS), professionnels de l’éducation, syndicats, chercheurs ou centre de recherche, Instances Régionales de Concertation (IRC), organismes communautaires et parents.

Quels sont les aspects à considérer à l’égard de la formation à distance et du numérique de façon plus large?

L’utilisation du numérique et la pédagogique qui l’entoure est un incontournable. Ce devra être un thème clé de l’INEÉ.

Notes

[1] L’éducation, la recherche, les bonnes pratiques et la création d’un Institut National d’Excellence en Éducation m’interpelle profondément. L’Éducation pour moi est une valeur fondamentale et j’y ai consacré la grande majorité de ma carrière professionnelle comme intervenant psychoéducateur, chercheur universitaire et consultant en éducation et en psychoéducation (50 ans).

[2] En 2014-2015,  chez les EHDAA le taux de diplomation des études secondaires (avec certificats et qualifications) était de seulement 48,3 %. En enlevant les certificats et qualifications, le taux chute à 28 %.

3] Pour plus d’information voir : Potvin, P. (2016). Alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience. Un regard sur le transfert de connaissances. Collection Psychoéducation : fondements et pratiques. Béliveau éditeur. (le chapitre 7. La pratique professionnelle – qu’est-ce qu’une bonne pratique et les données probantes).

[4] Voir : Potvin, P. (2016). (déjà cité).

 

[5] Voir à sujet www.ecoleetstrategies.ca

 

Lien au document de consultation pour la création d’un Institut National d’Excellence en Éducation

consultation_institut_excellence-hires

Un article intéressant qui critique la création d’un Institut

https://www.lesoleil.com/opinions/education-a-t-on-besoin-dun-institut-dexcellence-eb95ad75ebd0f80a9a89c3a182236b99

Lettre au Ministre de la part du président du groupe de travail M. Maltais

https://www.lesoleil.com/actualite/education/aider-les-profs-a-se-mettre-a-jour-cae59922774149eacede835feb68a43d

Mon livre: Qui sommes nous, nous, les humains?

Genre
Essai – Vulgarisation scientifique

  • Peut intéresser un large public par son approche de vulgarisation scientifique
  • Chaque chapitre est complet en soi. Le lecteur peut choisir les thèmes qu’il souhaite.
  • L’auteur présente ses réflexions tout au long du livre, ce qui peut plaire au lecteur.
  • Plusieurs illustrations facilitent la compréhension.

Public cible  Large public

Thèmes
Naissance de l’univers et de la vie, évolution de notre espèce, fonctionnement de notre organisme (le cerveau), l’apprentissage, la motivation, les émotions, les valeurs, la personnalité. Influence de nos environnements :la famille, la culture. À la quête du bonheur et du sens de la vie.

Pour se procurer le livre:

Format papier et ePUB chez les Éditions Première chance

https://leseditionspremierechance.com/boutique/fr/pierre-potvin-m500/

Voici une entrevue sur mon livre Qui sommes-nous, nous, les humains avec Patricia Powers.

 

https://www.youtube.com/watch?v=PGTVP9AqP1I&feature=youtu.be

Résumé

Ce livre offre au lecteur une vue d’ensemble sur ce qui peut caractériser l’être humain, en portant un regard biologique, psychologique et sociologique qui permet d’expliquer le comportement humain. Il répondra aux questions que peut se poser le lecteur : qui sommes-nous? Quelles sont nos origines? Qu’est-ce qui nous différencie des autres espèces? Comment fonctionne notre organisme, particulièrement notre cerveau? Quelles sont les influences de nos différents environnements (la famille, l’école, le milieu socioéconomique, la culture) ?

L’approche d’écriture étant la vulgarisation scientifique permet d’aller assez en profondeur tout en étant accessible à un large public de lecteurs.  L’auteur se permet, tout au long de l’ouvrage, de présenter ses réflexions, ce qui en facilite la lecture.

Le but de ce livre est donc d’essayer de comprendre la complexité de la « nature humaine » et de ce qui influence ses comportements.  Il propose une somme importante de connaissances qui permet au lecteur de développer sa propre vision de ce qu’est l’être humain.

 

Table des matières – 4eL. PPotvin Version courte

Exemple d’un chapitre : le chapitre 10 Les émotions

 Extrait du livre- Les émotions

Le partenariat, la collaboration en recherche et en intervention

En éducation comme en psychoéducation l’on adopte de plus en plus une approche collaborative ou en partenariat lorsqu’il s’agit de réaliser une recherche. Cette approche collaborative, cette alliance chercheur et praticien est un facteur positif dans l’utilisation des résultats de la recherche, dans le transfert des connaissances.

Voici un article:  Conditions relationnelles en contexte de recherche partenariale collaborative

Référence électronique

Nathalie Lafranchise, Lyne Kurtzman, Claire Vanier, Maxime Paquet, Kelly Cadec et Berthe Lacharité, « Conditions relationnelles en contexte de recherche partenariale collaborative », Éducation et socialisation [En ligne], 45 | 2017, mis en ligne le 01 septembre 2017, consulté le 24 septembre 2017. URL : http://edso.revues.org/2514 ; DOI : 10.4000/edso.2514

http://edso.revues.org/2514

 

Également sur le sujet, une entrevue que le CTREQ a réalisé ou je livre ma vision sur la question: Collaboration Rehcerche-Pratique

http://www.ctreq.qc.ca/collaboration-recherche-pratique/

Une autre référence sur le sujet est mon livre Alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience.

http://pierrepotvin.com/wp/index.php/2016/01/31/alliance-recherche-et-pratique/

Psychoéducation et éducation: le passé et le futur

Un regard sur l’éducation, la psychoéducation et la recherche en psychoéducation.
État actuel et quelques propositions pour l’avenir

Ce document a été produit à la demande de Claude Bilodeau dans le but de laisser un legs aux générations actuelles et futures. Un colloque aura lieu le 30 novembre 2017 à Boscoville : L’histoire des services sociaux, un tremplin vers le futur. De plus, un musée virtuel archive les textes et conférences (vidéo).

En m’appuyant sur mon savoir d’expérience et mon savoir issu de la recherche (quelque cinquante années),  je pose un regard critique et suggère des améliorations possibles concernant trois grands thèmes : le système d’éducation québécois et les élèves à risque, la psychoéducation et enfin, la recherche en psychoéducation.

Le texte comprend 24 pages

Psychoéducation et éducation, passé et futur.

Réaction au texte 

Réaction au texte – Un regard…

L’entrevue vidéo inspiré par le texte synthèse

http://pierrepotvin.com/wp/index.php/2018/10/07/fondements-de-la-psychoeducation-et-recherche-en-education-et-en-psychoeducation/

 Le rapport du Colloque
http://pierrepotvin.com/wp/index.php/2018/10/28/lhistoire-des-services-a-la-jeunessetremplin-vers-le-future-acte-du-colloque-17-novembre-2017/

 

Les articles du Blogue les plus lus

Mon Blogue Psychoéducation – Éducation et Société a été créé en mai 2015, il y a un peu plus de deux ans. Depuis le début, quelques 200 articles ont été créés et lus pour un total de
35 300 vus. J’utilise le terme « lu » ou « vu », mais la statistique indique si l’article à été « ouvert ». Les nombres ne représentent pas nécessairement le nombre d’individu, car certains d’entre eux peuvent ouvrir à plus d’une reprise un article.

Pour plus de détails sur les données démographiques, voir les statistiques du Bloguehttp://pierrepotvin.com/wp/index.php/statistiques-blogue/

Qu’est-ce que les visiteurs lisent davantage sur ce Blogue? Qu’est-ce qui les accroche? La réponse à ces questions vient des statistiques du Blogue. Toutefois, il est important de noter que certains articles dates d’il y a deux ans, alors que d’autres sont beaucoup plus récents, ce qui apporte un biais aux statistiques. Malgré tout, j’ai observé qu’il y a des « thèmes » qui préoccupent davantage que d’autres. Voici en ordre de rang d’importance un échantillon de ces thèmes.

 La psychoéducation   3 429 / lus

 Élèves à risque: est-ce que les interventions sont efficaces?  1 943 / lus

Devoirs scolaires à la maison: pour ou contre?  1 877 / lus

Psychoéducation VS Psychothérapie 1 687 / lus

Éducation et conséquences des coupures 2015 1 458 / lus

Le problème de réussite scolaire des garçons  1 403 / lus

L’amour au temps du numérique (un documentaire)  996 / lus

(Humour) – Quoi qu’il arrive… ne jamais abandonner  637 / lus

Outils de transfert   603 / lus

L’urgence, l’instantanéité, l’immédiateté et la vitesse  432 / lus

 

Voici le lien pour voir l’ensemble des 200 article en ordre de rang.

http://pierrepotvin.com/wp/wp-content/uploads/2017/02/Statistiques-WP-08-09-2017.pdf

Lexique sur le transfert de connaissances en éducation

Voici le lexique sur le transfert de connaissances en éducation réalisé par le Centre de Transfert sur la Réussite Éducative du Québec (CTREQ – 2017)

Ce lexique propose des définitions de termes et d’expressions utilisés couramment en éducation et, plus précisément, lorsqu’il est question de transfert de connaissances en éducation. Son principal objectif est de fournir une référence pour éviter les déviations de sens. Destiné aux acteurs de la pratique, aux gestionnaires de l’éducation et aux professionnels travaillant dans les organisations, cet outil vise une compréhension commune des concepts associés au transfert de connaissances et l’adoption d’un langage commun. Sans prétention scientifique, ce lexique propose des définitions tirées soit de la recherche, soit de la pratique. Celles-ci ont été sélectionnées en fonction de leur clarté et de leur pertinence et en raison de la facilité d’accès aux sources documentaires (CTREQ – 2017)

CTREQ-Lexique_VF (2)

Le noble métier d’enseignant – un texte de Stéphane Laporte

Voici un texte de toute beauté sur le noble métier d’enseignant

« Un professeur peut changer la vie de quelqu’un. Peu de gens ont ce pouvoir. Il peut être un allumeur de réverbères. Comme il peut être un éteignoir. »

 

Texte signé par Stéphane Laporte, La Presse septembre 2009

 

Si les profs pouvaient…

C’est en septembre que ça se décide. Parfois même dès le premier cours. La cloche sonne. Trente élèves s’assoient à leur pupitre. Trente paires d’yeux fixent la porte de la classe. Impatients de savoir de quoi a l’air le prof. Parfois sa réputation le précède et elle entre en premier. Les jeunes ont déjà peur. Les plus vieux leur ont dit qu’ils allaient passer par là. Ça peut aussi être le contraire. Les jeunes sont déjà turbulents. Baveux. Les plus vieux leur ont dit que c’était un mou.

Le professeur arrive, les élèves l’analysent. Ils le scannent de la tête aux pieds. Sa démarche, son habillement, ses cheveux, son poil aux oreilles, son manucure, ses mèches, son parfum, son accent, ses tics. Ils n’ont que ça à faire. Le regarder. Durant toute la période. Alors ils le font. Quand le premier cours est terminé, leur idée est faite. Ils vont aimer ou pas le français, les mathématiques, la chimie, la biologie, la géographie ou l’éducation physique selon qu’ils aiment ou n’aiment pas M. Proulx, Mme Boily, M.Dutil ou Mme Bernier.

Je me demande à quel point les profs sont conscients que l’école c’est eux. Ce sont eux les stars. Ils sont les Guy A. Lepage, Julie Snyder, Marc Labrèche, Louis-José Houde de leur matière. Ce sont eux qui l’animent. Ce sont eux qui y donnent vie. Qui rendent ça intéressant ou ennuyant. Qui partagent leur passion. Si le prof est sur le pilote automatique, le cours va crasher, c’est sûr. Mais si le prof fait de la haute voltige à la Luchini, en récitant des vers ou en déclamant ses dictées, les élèves seront au septième ciel. Bien sûr, personne n’est condamné à être génial. Les profs sont comme les sportifs, les politiciens, les plombiers, les chroniqueurs, ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont.

Mais on ne devient pas cuisinier si on n’aime pas manger. Alors on ne devient pas professeur si on n’aime pas enseigner. Si on n’aime pas donner un cours. Donner une représentation. Pas besoin que le cours de physique devienne un spectacle du Cirque du Soleil, il faut juste que les élèves sentent que leur maître trippe sur la matière. Ça prend de l’entrain. De l’enthousiasme.

Combien d’heures j’ai passé à dessiner des bonshommes dans mon cahier parce que le prof lisait ses notes sans lever les yeux. Monotone. Fatigué. Résigné. Le courant ne passait pas parce que le prof était en panne. D’inspiration. Il n’y a qu’une seule façon d’apprendre, c’est en aimant. Si on ne fait pas aimer aux élèves ce qu’on leur demande de retenir, ils ne s’en souviendront jamais. L’indifférence n’a pas de mémoire.

Si j’aime autant écrire, c’est beaucoup à cause de Mme Lamoureux au primaire, M. Saint-Germain au secondaire et de M. Parent au cégep. Des profs qui l’avaient. Ce n’était pas des bouffons. Oh que non. Mais leur vocation était sincère et bien visible. Car c’est de cela que l’on parle. Tenir assis sur des sièges une trentaine de ti-culs pendant toute une journée, faut le faire. Même les parents ont de la misère à captiver leurs enfants durant un week-end. Imaginez durant une semaine, des étrangers se relayent pour essayer de transmettre connaissances, culture et savoir-vivre à un auditoire qui ne rêve qu’aux vacances de Noël. Faut le faire.

Et il n’y a qu’une seule façon de le faire. Pour intéresser, il faut être intéressant. Bien sûr, il y aura toujours des cancres qui resteront insensibles à un cours d’anglais même si c’était Angelina Jolie ou Brad Pitt (c’est selon) qui l’enseignait. Mais la grande majorité des élèves ne demandent pas mieux que d’embarquer. Encore faut-il que le monsieur ou la dame en avant veuille les mener plus loin que la fin du cours. Plus loin que la charge de travail imposée.

Le Québec est le royaume du décrochage. C’est peut-être parce que les jeunes ne sont jamais accrochés. C’est plate, mais c’est aux adultes de le faire. Les médecins ont la responsabilité de guérir les patients. Les profs ont le devoir d’intéresser les élèves. C’est bête de même. C’est beau de même.

C’est sûrement la plus noble des tâches. Permettre à un individu de grandir. Dans tous les sens du terme.

Si c’est le devoir des profs de stimuler leurs élèves, c’est le devoir de la société de stimuler les professeurs. En valorisant leur tâche. En structurant les écoles autour de leur talent. En leur permettant d’être imaginatifs.

Un professeur peut changer la vie de quelqu’un. Peu de gens ont ce pouvoir. Il peut être un allumeur de réverbères. Comme il peut être un éteignoir.

C’est en aidant les professeurs à être meilleurs que les élèves le seront. C’est la seule réforme possible.

L’école, qu’elle s’appelle l’école Champlain, l’école Élan ou l’école Sainte-Jeanne-D’arc, c’est l’école Pierre Dubois, c’est l’école Mlle Provencher, c’est l’école Virginie. C’est l’école des professeurs.

Quelqu’un devrait l’apprendre aux directeurs de commissions scolaires et aux sous-ministres.

http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/stephane-laporte/200909/19/01-903470-si-les-profs-pouvaient.php

 

Autre très beau texte sur le beau métier d’enseignant. Une histoire touchante
http://plus.lapresse.ca/screens/05a1808c-122b-4246-9370-b0725493f1db__7C___0.html?utm_medium=Facebook&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen

 

Autre texte

https://www.journaldequebec.com/le-plus-beau-metier-du-monde?fbclid=IwAR16vWKqHyhfHFPygBVAavLcxl1_nMGqiFIgjSX5sjIQ5pTvct2YA0dHSBA

Guide pour les parents d’enfant d’âge préscolaire -Problèmes de comportement

Je vous présente un Guide qui s’adresse aux parents et aux éducatrices et qui m’a semblé vraiment bien fait. Le lien pour atteindre le site est à la fin de cet article.

Guide pour résoudre les problèmes comportementaux des enfants d’âge préscolaire

Introduction

Votre enfant a-t-il des problèmes de comportement? Savez-vous toujours comment réagir ou comment corriger le problème? Vous trouverez dans ce guide des fiches qui traitent des causes de ces comportements indésirables chez le jeune enfant. Les fiches expliquent également comment observer l’enfant et créer un environnement positif favorisant les comportements convenables. Plusieurs types de comportement indésirables sont abordés, voir la liste plus bas.

Ce guide virtuel est une adaptation de À nous de jouer… en services de garde éducatifs destinés aux éducatrices et aux éducateurs, qui est en vente dans le site des publications du Québec.

Édition de: Emploi Solidarité sociale et Famille Gouvernement du Québec

Liste des problèmes abordés dans le guide

Agressif / associal

L’enfant qui frappe

L’enfant qui mord

L’enfant qui lance des objets aux autres

L’enfant qui fait mal aux autres L’enfant qui dit des mots grossiers

L’enfant qui a des propos offensants

L’enfant qui refuse de partager

L’enfant qui fait du troc

L’enfant qui vole

L’enfant qui refuse d’obéir

Alimentaire

L’enfant difficile à l’égard de la nourriture

Destructeur

L’enfant qui déchire les livres L’enfant qui casse les jouets

L’enfant qui jette des objets dans la cuvette des toilettes

L’enfant qui gaspille du papier

L’enfant qui détruit le travail des autres

Émotion / dépendance

L’enfant qui pleure souvent

L’enfant qui pique des crises de colère

L’enfant boudeur

L’enfant au langage de bébé

L’enfant qui suce son pouce

L’enfant qui mouille sa culotte

L’enfant plaintif

L’enfant qui s’autostimule

Participation

L’enfant qui ne participe pas aux interactions sociales

L’enfant timide et passif en groupe

L’enfant qui parle peu

L’enfant dont l’attention est de courte durée

Perturbateur

L’enfant qui crie

L’enfant qui fait tomber des objets pour faire du bruit

 

Le lien pour atteindre le Guide

http://ekladata.com/voum6XrASckznLG4QF-BBqRSvks/bs44473.pdf

Le cerveau et les émotions

Article et vidéo de 7 minutes de Catherine Gueguen pédiatre et spécialiste des neurosciences

C’est très intéressant comme présentation du rôle du cerveau dans le développement des émotions. Je suis en bonne partie en accord avec la présentation, j’émets cependant quelques réserves. Il ne faut pas rejeter les principes de bases du comportement humain et animal en lien avec les principes connus du béhaviorisme. J’ajouterais à la présentation l’importance pour l’enfant de vivre des conséquences logiques (la réalité) suite à ses comportements (positifs ou négatifs). Là également le cerveau apprend ce qui est acceptable et inacceptable. Je suis un pro de la bienveillance, mais aussi de l’utilisation des conséquences aux comportements. D’ailleurs la pédiatre le dit bien, il ne s’agit pas de laisser l,enfant faire tout ce qu’il veut. Il faut voir cette présentation en se référant à « l’épigénétique » soit cette interaction entre le cerveau, la génétique et l,environnement. L’éducation fait partie de l’environnement et influence le cerveau.

J’aborde ce sujet dans mon livre :Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer. Voir le menu Mes livres

http://anti-deprime.com/2017/06/13/emotions-cerveau-immature-jusqua-25-ans/

Être enseignante: l’art d’établir une belle relation- un témoignage

Préambule :

Durant deux années, j’ai eu l’occasion d’accompagner une enseignante d’expérience à réaliser son mémoire de maîtrise à l’université de Liège en Belgique. Lors d’une conversation via Skype, Évelyne Pinard, l’enseignante en question,  me faisait part de du plaisir et de la satisfaction qu’elle éprouvait dans son rôle d’enseignante d’élèves de 6e année (primaire). À l’heure des débats sur l’éducation, des données probantes, des bonnes pratiques,  j’ai ressenti dans cet échange, le besoin de retourner aux sources, « l’art d’établir une belle relation » avec les élèves de la classe. Je ne remets pas en question l’importance des bonnes pratiques et des données probantes, à la condition que « l’art de la relation » y soit présente.   

Le texte qui suit a été composé par Évelyne Pinard.

Contexte :

Texte lu à mes élèves de 6e année primaire lors de la remise de leur diplôme en juin 2017. Ces enfants ont 12 ans et sont au nombre de 26. Je les ai suivis pendant deux ans : en cinquième et en sixième année. Mon école se trouve à Seraing, en Province de Liège, en Belgique.

 Chers enfants,

Dans la vie, il y a des rencontres qui bouleversent, qui bousculent, qui touchent,  qui vous changent, qui vous grandissent, qui vous amènent à faire des choses que vous ne soupçonniez pas, qui vous rendent meilleur, qui font qu’on progresse, qu’on change d’avis, qu’on apprend….Ma rencontre avec vous fut traversée par tous ces états… et je vous en remercie vivement. Ces deux années passées à vos côtés laisseront des souvenirs inoubliables.

Chacun d’entre vous par votre personnalité a embelli mon quotidien d’enseignante.

Aujourd’hui, vous tournez une page, celle de l’école primaire pour écrire une nouvelle histoire, celle de l’école secondaire… Vous voilà en effet écrivain d’un nouveau livre…Vous avez tout ce dont on a besoin : des idées, des avis, des points de vue, de nombreuses compétences, des savoirs…Il suffit juste de vous lancer, d’oser… Normal que vous soyez peut-être inquiets…Vous quittez un petit nid bien douillet, mais quelle aventure vous attend …Vous avez tout : l’intelligence, des valeurs, de l’humour, des sourires, des personnalités… Prenez votre envol… bon pas trop loin quand même, car papa ou maman risquent de mettre une application dans votre smartphone pour vous localiser…c’est même peut-être déjà fait !!! J

Aujourd’hui, en plus de vous féliciter pour votre travail dont je suis extrêmement fière, je veux vous remercier :

Merci pour vos « quoi de neuf » du lundi matin qui m‘ont permis d’entrer un peu dans vos vies.

Merci pour « les joggings du matin » où en laissant libre cours à votre imagination  dans vos écrits vous nous avez permis de rire, de sourire et même d’être émus…

Merci pour les cercles de lecture autour d’un chat…je veux bien sûr parler du chat assassin où vos nombreuses réflexions et questions mettaient en pratique vos stratégies de lecture…

Merci pour vos exposés de qualité par lesquels j’ai acquis comme vous, je crois, une culture.

Merci pour les demi-heures d’actualité où les diverses opinions de chacun ont pu s’exprimer, s’entrechoquer même.

Merci pour les conseils de classe, lieu d’échange et de discussion, où chacun a pu parler sans retenue, sans jugement…

Merci pour nos fous rires quotidiens et j’insiste sur le quotidien, car il n’y a pas eu un jour sans rire en 6A. Qu’est-ce que ça fait du bien !

Merci pour tout cela… je pourrais continuer et parler de nos excursions, de nos 1000 sandwichs confectionnés et vendus, de nos anniversaires, de nos goûters de Noël, de notre danse « Men in Black »…mais 10 classes attendent donc je vais clôturer…

Clôturer en remerciant vos parents… Merci d’avoir confié vos enfants à l’école des Bouleaux, merci d’avoir fait confiance à notre directrice, à toute l’équipe éducative et à moi-même pendant 2 ans… Vous avez des enfants magnifiques, riches, précieux, en construction, mais avec des bases solides…les vôtres et celles apportées par l’école…

Je terminerai en citant Françoise Dolto, qui dit :

« Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences. »

Je pense que les deux années passées aux côtés de vos enfants aux côtés de ce groupe d’humains furent riches et épanouissantes pour eux, mais également pour moi…

Bonne route, chers élèves…n’hésitez pas à frapper à ma porte de temps en temps…C’est avec bonheur et plaisir que je l’ouvrirai… Je vous remercie !

Un autre beau témoignage d’une enseignante

http://plus.lapresse.ca/screens/7f3c85d5-0415-48d0-8b1f-01e2c4fa04e3__7C___0.html?utm_medium=Facebook&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen&fbclid=IwAR1fHlZExfhXfPTOV-4SGHCvA2LKJz1R96s0IWcBF_BRJo285f8uu3Hvjs8

Mon livre: Prévenir le décrochage scolaire

Prévenir le décrochage scolaire

Pour se procurer le livre

https://www.beliveauediteur.com/produit/prevenir-le-decrochage-scolaire/

Présentation

Notre engagement en éducation depuis plus de 30 ans dans des projets de recherche, de formation d’enseignants, de professionnels de l’éducation et ces dernières années dans des projets d’accompagnement des écoles dans la lutte à l’échec scolaire et à la prévention du décrochage scolaire, nous éclaire sur l’importance d’améliorer notre système d’éducation tout particulièrement au niveau des pratiques éducatives et psychoéducatives. Cet ouvrage puise dans les nombreuses publications, articles, rapports de recherche, documents, guides de prévention, programmes, outils de mesure et d’évaluation que nous avons  développés au cours des 30 dernières années.  Il s’appuie également sur la découverte des principaux déterminants de la réussite éducative scolaire et de l’importance du transfert des connaissances de la recherche à la pratique éducative. Ce livre veut offrir aux acteurs de l’éducation (enseignants, professionnels, gestionnaires, parents, étudiants universitaires, chercheurs) un ouvrage à la fois appuyé sur la recherche scientifique, mais également pratique en offrant des pistes d’orientation de l’intervention.

Le lecteur trouvera dans ce livre la concentration de connaissances (des savoirs et savoirs faire) qui gravitent autour des grands déterminants de la réussite éducative scolaire regroupés au  niveau de l’élève, de la classe, de l’école et des parents. Ce qui est retenu comme déterminants c’est ceux qui sont proximaux à l’élève. L’on aborde ainsi les thèmes des types d’élèves à l’école, la motivation scolaire, les problèmes de comportement, le décrochage scolaire, les caractéristiques des écoles efficaces, la relation maître-élève, le climat de classe et la gestion de classe, les parents et les styles éducatifs parentaux. Un chapitre est consacré à la théorie du changement. Le lecteur appréciera le côté pratique également de l’ouvrage avec ses propositions de piste d’intervention et  le chapitre sur les outils de soutien à l’intervention (sites Internet, outils de dépistage, documents de référence, etc.)

Table des matières
Remerciements
Introduction

Chapitre 1
La réussite éducative scolaire et ses principaux déterminants

Les déterminants de la réussite éducative scolaire ou de
l’échec et du décrochage scolaires

Conclusion

L’élève
Chapitre 2
Les types d’élèves du primaire et du secondaire
Les types d’élèves non à risque
Les types d’élèves à risque au primaire
Les types d’élèves à risque de décrochage au secondaire
Les pistes d’intervention
Conclusion

Chapitre 3
Les garçons et l’école
L’aspect biopsychosocial du développement
Le développement de l’identité et la socialisation des garçons
Le rôle des pairs
Le comportement des garçons et l’école
L’aspect familial
Le rôle de l’école
Les pistes d’intervention
Conclusion

 Chapitre 4
La motivation et l’engagement scolaires
Les sources de la motivation scolaire
Les indicateurs de la motivation scolaire (l’engagement scolaire)
La performance et la persévérance scolaire
La motivation scolaire, l’engagement scolaire en lien avec le décrochage
Les pistes d’intervention
Conclusion

Chapitre 5
Les problèmes de comportement à l’école
Les problèmes de comportement extériorisés
Les troubles de comportement
Les problèmes de comportement intériorisés
Les pistes d’intervention
Conclusion

Chapitre 6
L’absentéisme scolaire
Les causes possibles de l’absentéisme
Quelques conséquences associées à l’absentéisme
Essai d’explication de l’absentéisme
Les divers types d’absentéisme
Quelques statistiques et indicateurs
Les pistes d’intervention
Conclusion

 Chapitre 7
Le décrochage scolaire
Les facteurs de risque du décrochage
Les pistes d’intervention
Conclusion

 L’école et la classe
Chapitre 8
L’école efficace et l’enseignant efficace
Qu’entend-on par « école efficace » ?
Les recherches sur les écoles efficaces
Les recherches sur l’effet-enseignant
Les principales caractéristiques des écoles efficaces
Le rôle des principaux acteurs
Les pistes d’intervention
Conclusion

Chapitre 9
Le climat de classe et la relation enseignant-élève
Le climat de classe
La relation enseignant-élève
Les pistes d’intervention
Conclusion.

 Les parents
Chapitre 10
Les styles éducatifs parentaux et les pratiques parentales
Les pratiques éducatives parentales et le style éducatif parental
Les dimensions du style éducatif parental
Les quatre styles éducatifs parentaux
Les pistes d’intervention
Conclusion

L’innovation et le changement des pratiques
Chapitre 11
L’innovation, condition nécessaire pour favoriser la réussite éducative scolaire

L’innovation en éducation
L’innovation et le changement
Les résistances au changement
Les pistes d’intervention
Conclusion

Chapitre 12
Des références et des outils pour soutenir l’intervention en faveur de la réussite éducative scolaire
Références générales
Outils de dépistage des élèves à risque
Guides de prévention
Les parents et l’école
L’enseignement, la relation enseignant-élève, la gestion de classe
Le décrochage scolaire
Le problème des garçons à l’école
Les problèmes de comportement à l’école
La motivation scolaire.
Conclusion

Glossaire

Références

 

 

L’art d’éduquer : la recherche et les données probantes – un regard critique

On parle d’un Institut d’excellence en éducation, de la recherche pour éclairer les pratiques enseignantes et l’intervention qui s’appuie sur des données probantes.

Je suis en partie en faveur de ces fondements. J’ai écrit un livre sur le sujet : Alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience.  Je ne peux pas être contre « la vertu ».

Je suis 100 % d’accord qu’il ne faille pas en éducation (en milieu scolaire) être orienté par le goût du jour, les modes « pédagogiques » et les inventions « non fondées » ou mal évaluées.

Toutefois, il y a en moi une petite voix qui me dit « attention » le savoir, les bonnes pratiques en éducation (scolaire ou familiale)  ne peuvent pas se baser uniquement sur la recherche universitaire. Le savoir d’expérience de l’enseignant qui a une pratique réflexive, qui partage son expérience avec des collègues, qui s’accorde de la formation continue en participant à des colloques, qui éclaire sa pratique avec certaines théories et qui observe et évalue les effets de ses pratiques sur les apprentissages de ses élèves, a pour moi autant de valeur pour la pratique que la recherche.

Le gros problème de la recherche (pour qu’elle soit valide et  publiable) c’est que pour avoir une bonne validité elle doit mettre en place de multiples contrôles pour éviter divers biais. Les conditions de validité sont liées à ces contrôles qui souvent ne représentent pas la réalité d’un milieu « ordinaire ». Alors, plus on s’éloigne des conditions originales et plus la validité baisse.

L’avantage du savoir d’expérience, c’est qu’il se construit sur le quotidien et la réalité du terrain avec les moyens du bord.

L’idéal c’est ce que j’ai écrit dans mon livre, la combinaison (alliance) de la recherche (les chercheurs) et du savoir d’expérience (les praticiens). À la condition que les deux parties (chercheurs et praticiens) fassent équipe et travaillent en partenariat en se considérant les uns et les autres comme indispensables et ce du début à la fin d’un projet.

Un deuxième aspect de ma réflexion qui me déséquilibre avec la question des « bonnes pratiques » et des « données probantes » c’est de concevoir qu’un enseignant devienne « l’applicateur » de pratiques « préformatées » de démarches planifiées et bien validées.

Je crois que l’éducation est une « science humaine » qui nécessite de la flexibilité, de la créativité, de la passion. Qu’il doit y avoir une place pour l’innovation, la créativité, le risque. Il me semble que l’enseignant « efficace » est celui qui oui est influencé par les orientations de la recherche, mais qui reste critique, inventif, et maître de l’environnement des situations d’apprentissage. Ce n’est surtout pas un technicien applicateur de méthodes.

Que ce soit l’institut d’excellence en éducation, ou la recherche, ou l’information sur des pratiques qui s’appuient sur des données probantes, tout ça ne devrait qu’être un éclairage d’orientation possible pour l’enseignant qui selon moi est un professionnel qui devrait faire partie d’un ordre professionnel.

Selon mes souvenirs, mes meilleurs enseignants étaient des passionnés pour ce qu’ils enseignaient (français, mathématiques, chimie, éducation physique), établissaient une relation de bienveillance avec nous les élèves de la classe, nous transmettaient cette conviction qu’on apprendrait.

En conclusion, soyons prudent avec la gestion axée sur les résultats, la recherche de l’excellence et les hauts niveaux de la performance,  les bonnes pratiques, les données probantes,  la recherche… « l’autorité que nous donne la vérité ».

Ne prenez pas ma réflexion pour une « survalorisation de l’expérience », car le savoir d’expérience n’a de valeur à mes yeux que s’il rencontre les conditions que j’ai énumérées plus haut (analyse, réflexion, observation, partage, évaluation, théorie).

Mobilisation territoriale et persévérance scolaire. Conférence de Michel Perron

La mobilisation territoriale pour favoriser la persévérance scolaire et la réussite scolaire
Conférence de Michel Perron
(15 juin 2017)
(durée 43 minutes)

Une vision sociogéographique de l’éducation

https://www.youtube.com/watch?v=ZGhvt3ZcwlU&feature=youtu.be

Un regard novateur sur la persévérance scolaire et la réussite scolaire. Une approche originale de sociogéographie et d’échosystémie.

Répertoire de pratiques au préscolaire et au primaire: Agir dès les premiers signes

Voici le lien du Répertoire de pratiques pour prévenir les difficultés de comportement au préscolaire et au primaire :
Agir dès les premiers signes.

Agir dès les premiers signes_VF (1)

Présentation PowerPoint du répertoire

http://pierrepotvin.com/6.%20Publications/AGIR%20-%20Pr%C3%A9sentation%20CQJDC%20VF.pptx

 

La prévention des difficultés de comportement au préscolaire et au primaire : Agir dès les premiers signes

La communauté scientifique et professionnelle en éducation reconnait que le processus menant à l’échec scolaire et ultimement au décrochage scolaire au secondaire commence dès le préscolaire et le primaire et qu’il est recommandé d’agir dès les premiers signes (Fortin et al., 2013; Garnier et al.,  1997; Janosz, et al.,  2000; Jimerson, et al., 2000). Pour répondre à ce besoin, le CTREQ a développé le Répertoire de pratiques pour prévenir les difficultés de comportement au préscolaire et au primaire : Agir dès les premiers signes. Ce répertoire est issu d’une alliance entre l’université  (Potvin,  UQTR) et le milieu scolaire (enseignants, CP et professionnels de la CS des Premières-Seigneuries). Il fait suite à une recension des répertoires et référentiels existants (commissions scolaires,  MELS) et d’une recension des écrits sur les pratiques auprès des élèves qui présentent des difficultés de comportement.  Le répertoire est conçu pour les enseignantes, mais il peut également servir aux professionnels de l’éducation qui les soutiennent (psychologues, psychoéducatrices, éducatrices spécialisées, etc.). Il présente des pratiques universelles et ciblées (en cohérence avec le modèle RAI). Les pratiques universelles sont des incontournables, tels : l’établissement de relations positives, l’utilisation de stratégies axées sur le développement de l’autonomie et du sentiment de compétence, la gestion des comportements et l’organisation de la classe. Les pratiques ciblées concernent des interventions pour répondre aux besoins des élèves qui ont des comportements d’agitation, d’inattention, d’agressivité (difficultés extériorisées),  ainsi que d’anxiété et de retrait (difficultés intériorisées).

Références

Fortin, L., Marcotte, D.  Diallo, D, Potvin, P. et Royer, É. (2013). A multidimensional model of school dropout from and 8-year longitudinal study in a general high school population. European Journal of  Psychology of Education, 27(3), 563-583. doi : 10.1007/s10212-012-0129-2

Garnier, H. E., Stein, J. A. & Jacobs, J. K.(1997). The process of dropping out of school: A 19 year perspective, American Educational Research Journal, 34, 395-419.

Janosz, M., Leblanc, M., Boulerice, B. et Tremblay, R. E. (2000). Predicting different types of school dropouts : A typological approach with two longitudinal samples. Journal of Educational Psychology, 92(1), 171-190

Jimerson, S., Anderson, G. E. et Whipple, A. D. (2002). Winning the battle and losing the war: Examining the relation between grade retention and dropping out of high school.  Psychology in School, 39(4), 441-457. doi: 10.1002/pits.10046

Potvin, P., Nicole, M.-C., Picher, M.-J. et Roy, A. (2017). Agir dès les premiers signes : Répertoire de pratiques pour prévenir les difficultés de comportement au préscolaire et au primaire. CTREQ.

L’estime de soi revisitée (2)

Note aux lectrices et aux lecteurs: la première version de ce texte  avait quelques coquilles, voici le texte corrigé.

 

L’estime de soi est reconnue comme un élément incontournable de la personnalité. Le présent texte revisite ce concept en réajustant et en corrigeant une façon de le concevoir qui peu nuire au développement des enfants et des adolescents. Le sur-encouragement parfois utilisé pour faire du bien, peut être nuisible au développement. Croire que l’estime de soi se construit par les encouragements est un mythe et une croyance mal fondée. L’estime de soi se construit par l’expérience positive et négative et des rétroactions réalistes sur ce vécu.

 

Ce texte sur l’estime de soi est un extrait d’un futur livre intitulé: 
Élève à risque d’échec scolaire. Un regard sur la résilience et les facteurs de protection. Illustré par le témoignage du vécu scolaire de l’auteur.

 

L’estime soi correspond à une autoévaluation de soi-même, une appréciation qu’on a de soi qui peut être positive, négative, réaliste ou irréaliste. Elle se construit par l’expérience,  par les résultats des apprentissages dans tous les domaines. Seligman (2013) mentionne que l’estime de soi est un sous produit de la réussite et qu’une fois que l’estime de soi est ancrée chez un enfant, elle suscite encore d’autres réussites. Ce chercheur insiste sur le fait que l’estime de soi est une conséquence (de la maîtrise et de la réussite) et non la cause. C’est pour cela que l’estime de soi ne s’enseigne pas directement, elle s’acquière par l’expérience. Elle se construit aussi par les rétroactions reçues de la part de son entourage (parent, enseignant, pairs, patron, etc.) en relation avec les activités réalisées. L’estime de soi idéal est positive et réaliste. Elle sera une alliée de la résilience lors du vécu de l’adversité. Les élèves en difficulté scolaire ont tendance à  avoir une estime de soi négative, ce qui peut nuire à la confiance en soi, à la persévérance ainsi qu’à la résilience.

Seligman (2013) nous met en garde contre une approche à éviter concernant l’estime de soi. L’approche en question met l’accent sur la manière dont l’enfant se sent, au détriment de ce qu’il fait (maîtrise, persévérance, surmonter la frustration et l’ennuie, relever des défis). Cette approche nuit au développement de l’enfant en lui envoyant des messages positifs souvent irréalistes, non fondés sur la réalité des activités réalisées. Une approche qui évite à ce que l’enfant fasse des erreurs ou soit en échec. Une approche qui renforce l’enfant sans qu’il le mérite réellement. En utilisant des slogans « creux » comme : « tu es un être spécial », « bravo, tu es unique… ». Les enfants apprennent rapidement à ne pas tenir compte de ces flatteries si elles ne s‘appuient pas sur la réalité.  L’approche qu’il préconise est issue de la psychologie positive qui se préoccupe d’aider l’enfant à réussir et à être conscient de la relation réelle entre les moyens qu’il prend et les résultats obtenu. L’on cherche à développer une estime de soi positive mais réaliste. L’erreur, l’échec, la frustration font partie de la normalité dans le processus d’apprentissage et de la construction de l’estime de soi. Seligman (2013) avance comment il est important pour l’enfant d’apprendre à faire face à l’erreur, à l’échec, à la frustration et à fournir l’effort et persévérer malgré l’adversité. Ce sont entre autres ces apprentissages avec l’aboutissement à la réussite qui permettent le développement de la résilience.

Cette estime de soi se construit aussi dans le cadre de relation de bienveillance, par le développement de la connaissance de soi, des encouragements, mais aussi par des remarques constructives qui lui donnent l’heure juste. Comme le mentionne Rousseau (2010) elle se construit surtout par l’accumulation d’expériences variées adaptées aux capacités de la personne, de défis qui l’amène à se dépasser et par les réussites découlant de ses réalisations. Dans l’approche de l’estime de soi préconisée par Seligman (2013), le bien être ressenti par l’enfant arrive en second, après l’effort, la persévérance et la réussite. L’accent n’est pas mis sur le sentiment de bien être, car celui-ci est considéré comme une conséquence, un effet suite  à l’action de l’enfant. 

Références

Rousseau, S. (2010). Développer et renforcer sa résilience. Vivre heureux même si… Les Éditions Québécor.

Seligman, M. E.P. (2013). L’école de l’Optimisme. Développer la résilience chez l’enfant. Les Éditions de l’Homme.

Un article intéressant sur une vision sociologique de l’estime de soi

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/571212/la-promotion-de-l-estime-de-soi-a-la-source-de-la-censure

Décrochage scolaire et le 1000$ par diplômé (Prise 2)

Une analyse du journaliste Alain Dubuc de La presse, est fort intéressante et remet en question la proposition de Mitch Garbert d’offrir 1000$ pour chaque jeune qui obtient son diplôme du secondaire afin de contrer le décrochage scolaire.

 

http://plus.lapresse.ca/screens/740dbc02-fa9e-44f4-a5b3-c22612593530%7C_0.html

La solution du décrochage scolaire: offrir 1000$ à chaque futur diplomé du secondaire??

L’idée de Mitch Garber (entrepreneur) qui propose ici une solution pour contrer le décrochage scolaire Payer 1000$ (60 millions que cela coûterait) pour chaque jeune du secondaire qui obtient son diplôme.

Mitch Garber je l’apprécie pour son rôle « Dans l’œil du dragon » mais je qualifie de simpliste sa solution.  Il a de bonnes intentions, comme ma grand-mère qui disait « il suffit de les aimer ». Mitch Garber est un entrepreneur, que je suppose très riche et qui voit l’argent $$$ comme une bonne solution. Je dis avec humour, et sans vouloir manquer de respect pour cet homme « Quand le seul outil qu’on a (exempte l’argent $) tous les problèmes sont des clous « 

http://www.lapresse.ca/actualites/education/201706/09/01-5105864-decrochage-scolaire-1000-contre-un-diplome-une-fausse-bonne-idee.php

 

La relation de bienveillance – Présentation PowerPoint – auteur: Martin Bourgeois

Concept de la Bienveillance pour le 8 mai 2017

En éducation, la relation de bienveillance (le caring) est un incontournable pour établir une relation positive enseignant-élève, professionnel-élève, professionnel-enseignant, et autres. 

La présentation suivante est réalisée par un professionnel en psychoéducation en milieu scolaire. Elle retrace l’historique des conceptions d’intervention en lien avec les comportements des élèves et fait la promotion du soutien aux comportements positifs et à la relation de bienveillance. 

 

 

Martin Bourgeois,
Conseiller pédagogique en adaptation scolaire,
tél.: 819-326-0333 poste 2080
bourgeoism@cslaurentides.qc.ca

 COACH SCP-PEP/CICO

Témoignages inspirants: relation maître-élève – source PRÉCA

Je vous présente des témoignages remarquables,  inspirants d’enseignants qui ont été diffusé par le PRÉCA  (l’instance régionale de concertation pour la persévérance scolaire et la réussite éducative dans la Chaudière-Appalaches).

http://www.preca.ca/

La relation maître-élèves

La présente thématique est la relation maître-élèves, l’un des déterminants de la persévérance scolaire qui fait partie des facteurs scolaires. L’enseignant est un adulte significatif pour le jeune, au même titre que ses parents. La qualité de la relation entre l’enseignant et l’élève exerce ainsi une influence prépondérante sur la réussite scolaire de ce dernier.

Voici des témoignages inspirants d’enseignants travaillant dans notre région de la Chaudière-Appalaches et qui font une réelle différence par la relation positive entretenue avec leur élèves. La persévérance scolaire : c’est l’affaire de tous, et à longueur d’année!

***

Dominique C. Poulin, polyvalente Saint-François
Ma porte de classe est toujours ouverte pour eux et très souvent, il y a beaucoup d’élèves qui viennent jaser. J’obtiens une belle confiance d’eux de cette façon.

Claudie Boivin, école du Tournesol
Le sourire et la bonne humeur! Je me fais un devoir d’accueillir mes élèves avec le sourire et les saluer en début de journée.

Roxanne Bélanger, école Saint-Noël
L’enseignement, c’est ma passion et j’investis tout le temps nécessaire pour la réussite de mes élèves. Je ne fais rien d’exceptionnel. Je les aime, c’est tout!

Sylvie Groleau, école primaire de la Ruche
Réaliser des projets qui partent de leurs intérêts et de leurs passions. Être à l’écoute et innover, voilà le secret!

Amélie Parent, école Arc-en-Ciel de Saint-Narcisse
Créer un lien avec l’enfant et utiliser l’humour

Annie Guay, école l’Accueil
J’ai des attentes élevées pour tous mes élèves et je les aide à croire en eux pour les atteindre. J’aime que mes élèves se sentent fiers d’eux

Catherine Bédard, école La Source
L’intégration des TIC est un facteur important dans la réussite et la motivation scolaires dans ma classe. L’élève est au cœur des choix dans ma classe

Tony Deblois, école des Appalaches
Il faut être accueillant, disponible, drôle, rigoureux, respectueux et passionné!

Annick Plourde, école l’Étincelle de Sainte-Marguerite
Donner des choix, être à l’écoute de leurs idées, faire des rétroactions positives et les AIMER.

Lisa Bolduc, école secondaire Veilleux
Aimer les jeunes comme ils sont et ne pas faire de distinction entre l’élève qui performe le mieux et celui qui éprouve le plus de difficulté. 

Marylène Bourget, école des Moussaillons
Les complimenter, reconnaître leurs forces, les écouter, comprendre leurs différents besoins, faire preuve de souplesse lorsque c’est nécessaire et toujours faire ce qu’on dit qu’on fera.

Caroline Vachon, école l’Étincelle de Sainte-Marguerite
Je vais voir chaque enfant individuellement afin qu’on se dise bonjour avec un sourire et en se regardant dans les yeux. Le sourire et le regard sont optionnels pour certains amis; je respecte chacun d’eux. 

Ruth Lambert, polyvalente des Abénaquis
Il faut aimer notre travail et croire au pouvoir de cette relation maître-élève. Cette relation ne se fait pas toujours facilement; cependant, une fois que le lien est établi, il est très fort

Kaven McCarthy, polyvalente Benoît-Vachon
Je les félicite publiquement lorsqu’ils font de bons coups (dans la classe, dans l’école ou dans leur communauté). Je suis simplement conscient du privilège que j’ai de travailler avec eux à chaque jour.

Mélanie Therrien, école Arc-en-ciel de Saint-Narcisse
Les aimer de tout mon cœur et leur donner la possibilité de s’épanouir chaque jour. Communiquer avec les parents, les inviter souvent en classe.

Isabelle Lachance, école La Martinière
Avec les petits, je crois que le secret est de prendre le temps de les mettre en confiance et d’établir le lien… Par la suite, nous pouvons les amener à se dépasser!

Marie-Josée Roy, école Monseigneur-De Laval
Pour ma part, ce n’est pas un secret, je fais des blagues et des tours à mes élèves. De plus, j’accepte qu’ils me taquinent eux aussi. Il y a des limites, que tous connaissent.

Guylaine Bélanger, école l’Éco-Pin
Il ne faut pas avoir peur de sortir des sentiers battus et de poser des questions. De plus, il faut respecter notre style d’enseignement. 

Jeannie Quigley, polyvalente Benoît-Vachon
Je suis exigeante envers mes élèves, tout en considérant les capacités de chacun. Je leur demande de la rigueur, du travail acharné et du dépassement de soi. Je tente aussi de leur inculquer la fierté dans le travail bien fait.

Sylvie Boulanger, polyvalente de Saint-Georges
Je m’exige le même respect envers eux que je leur exige entre eux ou envers moi. J’admets mes torts et mes erreurs. Je ne demande pas la perfection, mais le gros bon sens!

Sonia Quirion, école des Deux-Rives
De petits gestes simples: un sourire, un bonjour le matin, un encouragement au bon moment, un petit moment avec lui quand on sent que quelque chose ne va pas…

Pierre Couture, école secondaire Saint-Charles
Croire en le potentiel des jeunes, développer un lien avec l’étudiant, motiver le jeune en lui offrant des défis, encourager une démarche orientante et surtout, avoir du plaisir!

David Gourde, école secondaire Saint-Charles
Je suis tuteur, ce qui m’oblige à les suivre de plus près dans toutes les facettes de leur développement. Je ne me gêne pas pour leur dire que j’apprécie travailler avec eux lorsque ça va bien. Bref, j’essaie d’être un modèle positif!

Louise Tanguay, école des Appalaches
Prendre le temps de les connaître, montrer de l’intérêt pour leurs activités en dehors de l’école, ce qui leur tient à cœur.

Patricia Lessard, polyvalente de Thetford Mines
J’essaie toujours de rendre mes cours intéressants en variant mes approches. Je m’implique beaucoup dans mon école aussi! C’est mon milieu de vie.

 

Savoir d’expérience, recherche et transfert de connaissances

Je vous présente une entrevue réalisée lors du lancement collectif des auteurs de l’UQTR qui ont publié un livre en 2016. L’entrevue est réalisée avec Patricia Power. Le clip vidéo dure 7 minutes 

 

https://www.youtube.com/watch?v=pSjw3NzwWn4

Des conférences (Webinaire) en éducation

Voici une série de conférences (Webinaires) en éducation réalisée par le PRÉCA (Partenaires pour la réussite éducative en Chaudière Appalaches).

Une excellente conférence de Steve Masson sur Connaître les neuromythes pour mieux enseigner.

Il y a plusieurs autres conférences accessibles dont deux d’Égide Royer

 

Voir « Nos Webinaires »
plus bas sur la page

http://www.preca.ca/conference/

Être enseignant(e), de multiples rôles

Voici un texte sur ce qu’est d’être enseignant, du moins dans certains pays et pour certains enseignants très engagés.

Je considère ce texte très beau et pour plusieurs parties réaliste.

 

Enseigner

Verbe.
Transmettre un savoir. Apprendre une science, une discipline à quelqu’un. Instruire. Cultiver. Éduquer. Civiliser.

Réparer la photocopieuse.

Nettoyer le vomi. Soigner les petits bobos. Garder son sang-froid devant les GROS bobos. Eviter les bagarres dans la cour et parfois se prendre un coup de poing au passage. Bosser 50h par semaine quand le monde entier pense que tu ne travailles que 15h. Se faire traiter de feignasse.

Réparer la colle remontée tout en haut du tube pour voir jusqu’où ça va et du coup s’en mettre plein les doigts. Nettoyer le pipi. Nettoyer le caca. Moucher des nez. Justifier ses 4 mois de vacances.

Gérer la colère des enfants. Apprendre aux enfants à gérer leur colère. Gérer la colère des parents. Apprendre aux parents à gérer leur colère. Voir les yeux d’un enfant pétiller. Accepter la surdité précoce.

Réparer le serre-tête cassé en trois. Apprendre de ses erreurs. Attraper 2 gastros, 1 angine, 1 série de poux et 1 grippe par an. Comprendre que les enfants ont bien meilleur fond que certains adultes. Expliquer qu’une gomme coupée aux ciseaux en vaut deux.

Déminer les taille-crayons. Fermer les fermetures éclairs. Réparer les fermetures éclairs. Lacer les chaussures. Apprendre aux enfants à lacer leurs chaussures. Enfiler une paire de gants à 30 enfants et maudire l’hiver.

Finir la journée avec au minimum une trace de craie ou de velleda sur les doigts ET les vêtements. Expliquer à un enfant que donner un coup de pied à un camarade, ça fait MAL. Justifier le trop-peu de devoirs. Justifier le trop-plein de devoirs. Expliquer aux enfants la politesse.

Répéter 6 fois la même phrase. Aimer. Répéter 6 fois la même phrase. Créer. Répéter 6 fois la même phrase. Coiffer. Répéter 6 fois la même phrase. Rire. Répéter 6 fois la même phrase. Écouter. Répéter 6 fois la même phrase.

Ne pas pleurer devant les enfants. Ne pas pleurer devant les parents. Pleurer. Se décourager. Se remotiver. Faire grandir les enfants. Aider. Corriger. Comprendre que « maîtresse » est désormais ton 2ème prénom. Essuyer les larmes d’un enfant. Essuyer les larmes des parents. Essuyer les larmes des collègues. Essuyer ses propres larmes.

Avoir de la compassion. Vivre dans le bruit. Former la génération de demain. Être fier. Compter le nombre de prénoms que tu connaîtras à la fin de ta carrière. Être aimé, adoré, admiré, détesté. Être ferme, attentionné, bienveillant, passionné. Être au centre de l’attention.

Compter en années scolaires. Apprécier les mois de Juillet et Août. Travailler pendant les vacances. Travailler les week-ends. Faire des photocopies. Plein. Dépenser de ta poche pour la classe. Avoir mal au crâne. Avoir mal à la gorge. Être aphone.

Dire chut dans la classe. Dire chut au restaurant. Dire chut chez toi. Dire chut dans les magasins. Se retenir d’aller aux toilettes et attraper une cystite. Faire des bisous. Recevoir des bisous. Plein. Tout plein. Être fatigué et adorer son métier.

Enseigner, c’est ça. <3

 

Source : https://www.facebook.com/Desperate-ma%C3%AEtresse-450322571841566/?fref=nf

Un beau site internet pour aider les jeunes: Une place pour toi

Voici un site remis à neuf qui s’adresse aux adolescentes et adolescents du secondaire et vise la prévention du décrochage scolaire. Il offre des outils et des témoignages très inspirants. 

http://uneplacepourtoi.ctreq.qc.ca/

Élèves à risque: est-ce que les interventions sont efficaces?

État de situation

Dernièrement les journaux (semaine du 6 mars 2017) mentionnaient qu’on retrouvait une hausse en deux ans de 15 000 élèves en difficulté dans nos écoles du Québec. D’autre part, les Collèges sont inondés depuis quelques années d’étudiants qui présentent des difficultés d’apprentissage (dyslexie, dysorthographie, etc.). Que se passe-t-il- au juste concernant l’aide aux besoins particuliers des élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire?

Hypothèse d’explication

J’identifie quatre hypothèses d’explications possibles au problème persistant des élèves à risque et des élèves EHDAA.

  1. Depuis quelques années on insiste beaucoup (les chercheurs, le ministère de l’Éducation, les professionnels de l’éducation) sur le dépistage tôt des élèves à risque. J’y ai contribué moi-même avec le Logiciel de dépistage Premiers signes du CTREQ. Il est donc possible qu’on soit plus actif à identifier les élèves ayant des besoins particuliers dans nos écoles et que cela contribue à augmenter leur nombre.
  2. Le Gouvernement a coupé (semble-t-il un milliard de dollars $) en éducation. Ces coupures ont eu des effets sur le soutien aux enseignants et sur les services à offrir aux élèves à risque (ayant des besoins particuliers). Coupures de personnels professionnels, de services d’aide.
  3. Tout le domaine de l’adaptation scolaire (politique de l’adaptation scolaire) est à revoir. Selon les dernières statistiques, moins de  50% des élèves du secondaire en adaptation scolaire se qualifient ou obtiennent un diplôme. Il semble bien qu’il faille revoir en profondeur ce qui se passe dans ce secteur de l’éducation.
  4. Malgré les efforts des enseignants et des professionnels de l’éducation (orthopédagogue, psychoéducatrice, orthophoniste, éducatrice spécialisée) tant au préscolaire qu’au primaire, l’aide apporté aux élèves qui présentent des difficultés d’apprentissage et de comportement ne semble pas très efficace.

Pour l’hypothèse 4 je m’appuie sur des données de dépistage et d’analyse longitudinale d’élèves du préscolaire (maternelle 5 ans) et du primaire (1re à la 6e année). Ces élèves ont été identifiés par les enseignantes à l’aide du logiciel Premiers signes. Le tableau ci-dessous présente les résultats d’un dépistage d’élèves du préscolaire et du primaire. Voici la signification des termes utilisés:

  • élève à risque: signifie des élèves qui présentent des difficultés d’apprentissage ou de comportement identifiés par l’enseignante titulaire;
  • sans risque: ce sont des élèves qui ne présentent pas de difficulté;
  • à surveiller: ce sont des élèves qui ne sont pas à risque, mais qui sont susceptibles de le devenir;
  • stable : ce sont des élèves, qui, sur 2 à 5 ans ont conservé leur statut soit de « sans risque », « à risque » ou « à surveiller »;
  • amélioration: ce sont des élèves qui ont amélioré leur statut;
  • dégradation: ce sont des élèves qui n’étaient pas risque et qui le sont devenus.

Le tableau de résultats ci-dessous nous indique qu’en prenant pour acquis qu’il y a de l’aide apportée aux élèves identifiés à risque, les effets bénéfiques ne sont pas très forts: 20% des élèves restent soit à risque ou à surveiller d’une année à l’autre. De plus, 12% des élèves qui n’étaient pas à risque le deviennent au cours des années du primaire. Enfin, la bonne nouvelle, mais ce n’est pas très fort, 17% des élèves se sont améliorés.

Risque

Conclusion

Rien de nouveau sous le soleil, on le dit et redit depuis au moins deux décennies, pour vraiment venir en aide aux élèves à risque et prévenir le décrochage scolaire au secondaire il faut:

  • Faire de l’éducation au Québec une valeur prioritaire;
  • Investir ($$$) en éducation et non pas couper;
  • Réaliser le dépistage systématique tôt et Agir dès les premiers signes;
  • Revoir les pratiques, particulièrement les pratiques orthopédagogiques (apprentissage);
  • Revoir en profondeur la politique de l’adaptation scolaire;
  • Appliquer en classe et à l’école ce que les recherches en éducations découvrent et préconisent;
  • Venir en aide aux parents ayant des enfants en difficulté.

Article sur les statistiques de diplomation des élèves en difficulté

https://www.journaldemontreal.com/2016/12/16/25–des-eleves-en-difficulte-terminent-leur-secondaire

Recherche, Pratique et données probantes (Conférence)

Voici une conférence que j’ai présenté le 21 février 2017 au Réseau d’action professionnelle de la CSQ: 

L’alliance entre la recherche et le savoir d’expérience en éducation:
valeur et limites des données probantes en éducation

CSQ 2017- Données probantes

Le contenu de cette présentation est tiré essentiellement de mon livre Potvin, P. (2016). L’alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience. Un regard sur le transfert de connaissances.

 

Pour la référence entrez « Alliance » dans le moteur de recherche du Blogue

 

Un article sur la validité des recherches – très intéressant

http://www.liberation.fr/sciences/2015/08/29/selon-une-etude-scientifique-les-etudes-scientifiques-ne-sont-pas-fiables_1371394

Autre article intéressant sur les données probantes

https://www.cairn.info/revue-les-sciences-de-l-education-pour-l-ere-nouvelle-2011-2-page-31.html#re5no5

Mon livre: Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer

Pour se procurer le livre
Comprendre l’apprentissage

Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer

Qu’est-ce donc qu’apprendre? Existe-t-il différentes façons de définir ce qu’on entend par l’apprentissage? Quelles sont les racines des grandes théories de l’apprentissage? Qu’est-ce qu’on apprend, en fait? Et quel rôle le cerveau joue-t-il dans l’apprentissage? Quels sont les liens entre l’apprentissage et nos émotions, nos valeurs, nos croyances? Voilà autant de questions auxquelles ce véritable tour d’horizon de l’apprentissage tente de répondre.

Le lecteur y trouvera une présentation accessible de connaissances complexes: les éléments clés qui font le lien entre le cerveau et l’apprentissage; les concepts fondamentaux de l’apprentissage appliqués à l’éducation et au développement de la personne (comportements, valeurs, émotions, croyances et attitudes); de même que des applications pratiques pour l’éducation, la psychoéducation et le développement personnel.  

Cet ouvrage est une synthèse intégratrice issue de l’expérience professionnelle et personnelle de l’auteur, enrichie par plus de quarante années de travaux de recherche en éducation et en psychoéducation. Une occasion pour lui de faire un legs aux étudiants, aux parents et aux professionnels de l’éducation, de la psychoéducation et de la psychologie.

 

COMPRENDRE L’APPRENTISSAGE POUR MIEUX ÉDUQUER

Table des matières
Préface de Linda Saint-Pierre, 
présidente-directrice générale du CTREQ
Remerciements
Introduction                                                                                            

PARTIE 1 THÉORIE
CHAPITRE 1. LE CERVEAU CHEF D’ORCHESTRE DE NOS APPRENTISSAGES                                                         

Les neurosciences et la biopsychologie
La composition de notre cerveau
Le cerveau et le circuit de récompense
La mémoire
Le cerveau et la conscience
Le cerveau et l’apprentissage
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                           

CHAPITRE 2. L’APPRENTISSAGE ET LA PART DE L’INNÉ ET DE L’ACQUIS                                                    

L’inné et l’acquis
L’intelligence, les talents, les aptitudes, les capacités
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                           

CHAPITRE 3. L’APPRENTISSAGE ET SES GRANDES THÉORIES                                                                                

L’empirisme et le rationalisme
Le béhaviorisme
Le cognitivisme
Le constructivisme
Le socioconstructivisme
Les théories contemporaines
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 4. UNE CONCEPTION PSYCHOÉDUCATIVE DE L’APPRENTISSAGE                                                            

La psychoéducation
Le lien entre les concepts d’adaptation et
d’apprentissage: l’activité psychoéducative
Le processus d’apprentissage
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                           

CHAPITRE 5. L’APPRENTISSAGE ET LES TYPES DE SAVOIRS                                                                             

Les savoirs
Les stratégies cognitives
Le savoir-être
Le savoir-faire
Les savoirs et le concept de compétence
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 6. L’APPRENTISSAGE ET LA MOTIVATION

Ce qu’est la motivation
La motivation générale à l’émission d’un comportement
La motivation dans le processus d’apprentissage
Les sources de la motivation
Les diverses formes d’engagement  dans l’apprentissage
L’amotivation ou la résignation acquise
Les types de motivations: intrinsèque et extrinsèque
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 7. L’APPRENTISSAGE ET LES ÉMOTIONS

Les émotions, les humeurs et les sentiments
Quelques caractéristiques des émotions
Le système nerveux et les émotions
Le rôle des émotions
Le lien entre les émotions et la cognition
Les émotions et l’apprentissage
Les différents types d’émotions
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 8. L’APPRENTISSAGE, LES VALEURS, LES CROYANCES ET LES ATTITUDES   
Les valeurs
Les croyances
Les attitudes
La relation entre les croyances, les attitudes et les comportements: la théorie de l’action raisonnée
Essai d’un modèle de l’apprentissage
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 9. UNE INTÉGRATION THÉORIQUE: ESSAI D’UN MODÈLE D’APPRENTISSAGE                                   

Quelques assises biopsychologiques de l’apprentissage et de l’émission des comportements
Quelques éléments liés à l’inné et à l’acquis
Quelques notions retenues des grandes théories de l’apprentissage et de l’approche psychoéducative
Les éléments importants de la motivation, des émotions ainsi que des valeurs, croyances et attitudes
L’essai d’un modèle de l’apprentissage
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

PARTIE 2 APPLICATIONS PRATIQUES
CHAPITRE 10. COMME PARENT, COMMENT FAVORISER 
DES APPRENTISSAGES CHEZ NOS ENFANTS     
Adopter un style éducatif parental démocratique
L’engagement comme parent
Encadrer suffisamment son enfant ou son adolescent
Le mythe de «tout se joue avant six ans»
Encourager l’apprentissage de l’autonomie et du sens de la responsabilité                                                                           Encourager son enfant ou son adolescent à entretenir de bonnes relations avec ses amis                                              L’apprentissage par observation
L’apprentissage de saines habitudes de vie
L’apprentissage de la gestion des émotions
L’apprentissage de l’effort et de la persévérance
Le développement d’une estime de soi  positive et réaliste
L’identification des valeurs et des croyances familiales
L’inné et l’acquis au niveau familial
L’utilisation des renforçateurs dans l’apprentissage
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 11. COMME ÉDUCATEUR OU ENSEIGNANT, COMMENT FAVORISER L’APPRENTISSAGE CHEZ
LES APPRENANTS                                                                     

L’importance de la motivation dans l’apprentissage
Une approche pédagogique favorisant la participation active de l’apprenant
La notion des défis dans l’apprentissage
La valorisation des comportements positifs
Une approche pédagogique intéressante: l’enseignement explicite
La force de la relation enseignant-élève de type bienveillant
Quelques mythes en éducation éclairés par les neurosciences: les neuromythes
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 12. COMME PERSONNE, COMMENT UTILISER L’APPRENTISSAGE POUR SE DÉVELOPPER                 

Le changement
La gestion des émotions
La gestion du stress
L’utilisation de la psychothérapie
Le journal personnel
Quelques moyens de contrer ou d’exploiter les conditionnements
Prévention du vieillissement de notre cerveau
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 13. DES RÉFÉRENCES ET DES OUTILS  

Pour les parents
Pour l’éducateur et l’enseignant
Pour le développement
Conclusion                                                                                               

Glossaire
Références
Bibliographie
Sites internet consultés        

L’éducation familiale – la base de la socialisation

Je trouve originale cette affiche pour l’éducation familiale complétée par l’éducation à l’école. Les fondements de la socialisation des enfants et des adolescents se réalisent au départ dans la famille. L’école vient compléter ou renforcer les bases acquises

 

Éducation

Les travaux de R.E. Tremblay sur l’agressivité: études longitudinales

Richard E. Tremblay, psychoéducateur de formation est reconnu mondialement comme chercheur pour ses travaux sur l’agressivité chez les jeunes enfants. Richard Tremblay a été mon collègue de travail à Boscoville durant les années 1970 et fut mon premier directeur de recherche pour mon mémoire de maîtrise en psychoéducation (voir mon autobiographie) en début des années 1980. C’est avec lui que j’ai débuté ma formation en recherche.

Il me fait plaisir de partager la vidéo suivante sur son oeuvre.

 

http://zonevideo.telequebec.tv/media/27264/richard-tremblay-le-chercheur-qui-a-demontre-que-l-agressivite-est-innee/le-code-chastenay

Le problème de réussite scolaire des garçons

Dossier : Le problème de réussite scolaire des garçons

Avant-propos

Aborder le problème scolaire des garçons est un sujet sensible où les avis sont très partagés, il n’y a pas de consensus. Pourtant, les statistiques sont là et très parlantes comme on pourra le voir plus loin dans cet article. Il y a une crise actuellement concernant la réussite des garçons et je dirais une crise aussi au niveau de l’identité des hommes. Pour ce qui est des garçons le problème date de plusieurs décennies et est planétaire.

J’aimerais ici bien faire comprendre à mes lectrices et à mes lecteurs, que de se préoccuper du problème des garçons et du problème des hommes n’enlève rien à la réalité qui existe depuis des siècles concernant les problèmes des filles et des problèmes des femmes. Du moins, se préoccuper des garçons et des hommes ne doit en rien nuire à tous les efforts féministes réalisés depuis des décennies afin d’en arriver à une égalité homme/femmes dans notre société. Égalité au niveau du rôle social, familial et au niveau économique.

Pour terminer sur cet avant-propos, j’aimerais préciser que je suis « féministe » (pour la promotion de l’égalité des femmes et des hommes) et que depuis plus de 20 ans je fais de la recherche évaluative sur la sécurité des femmes victimes de violence conjugale en collaboration avec la directrice de La Séjournelle  (maison pour femme victime de violence conjugale) Denise Tremblay.

État de situation 1 : le problème de la réussite scolaire des garçons au primaire et au secondaire

La question de la réussite scolaire des garçons comparée à celle des filles suscite de vifs débats depuis de nombreuses années. De nombreux travaux de recherche ont été réalisés sur le sujet et ce problème préoccupe les acteurs de l’éducation depuis plus de 20 ans. Préoccupation scolaire au départ, cette réalité est devenue un problème de société. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’état de la question est loin de faire l’unanimité.

Un courant dominant laisse entendre que les garçons réussissent mal à l’école et que celle-ci n’est pas adaptée à leurs caractéristiques et à leurs besoins (J’en fais partie). Ce problème serait même accentué en milieu défavorisé. Les dernières années ont vu poindre un autre point de vue qui a tendance à minimiser le problème des garçons à l’école. Ainsi, en 2012 la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) (1) publiait un document ayant pour but de déconstruire les mythes au sujet de la problématique des garçons à l’école et de rétablir les faits. Ce document s’appuie sur des faits qui relativisent la question du problème des garçons. On y démontre que les garçons sont surtout en difficulté en français et qu’ils sont supérieurs aux filles en mathématiques et en sciences (je crois qu’actuellement les filles sont au même niveau ou dépassent les garçons – re : OCDE), qu’il y a plus de différences dans la réussite scolaire selon l’origine sociodémographique qu’entre les sexes, que c’est un mythe de croire que l’école au féminin nuirait à la réussite des garçons et ainsi de suite. Cette position de la CSQ rejoint en bonne partie le point de vue de St-Amant (2007) (8), qui fait une analyse semblable. Il rejoint également les constats de la synthèse de méta-analyses d’Hattie (2009) (4), qui s’étonne des débats sur le problème des garçons, alors que la variable sexe n’est pas une variable de grande importance dans l’apprentissage et le rendement scolaire.

Cloutier (2004) (2) a un point de vue différent de ce qui est présenté plus haut et englobe le problème des garçons dans ce qu’il appelle les vulnérabilités masculines et précise que malgré le contexte d’une dominance masculine clairement et largement inscrite dans l’univers humain, les vulnérabilités masculines existent et sont largement perceptibles.

En effet, dans plusieurs domaines d’intervention psychosociale, on observe que les individus de sexe masculin risquent davantage de vivre des difficultés au cours de leur vie. Par exemple :

  • dès la naissance, il semble que les garçons rencontrent plus de difficultés que les filles. Par exemple, pour chaque tranche de 1 000 naissances vivantes, 5,8 garçons meurent la première année de leur vie, comparativement à 4,7 filles. De 1 an à 4 ans, les garçons sont beaucoup plus susceptibles d’être hospitalisés que les filles (3)
  • les filles se développent plus rapidement que les garçons durant la petite enfance (3).
  • les garçons manifestent plus de problèmes de comportement que les filles durant la petite enfance. Par exemple, les garçons de 5 ans sont moins attentifs (note de 8,5) que les filles (note de 9,3). Environ 16 % des garçons de 4 à 11 ans ont un comportement agressif, comparativement à seulement 9 % des filles, et 14 % des garçons du même groupe d’âge sont hyperactifs comparativement à seulement 6 % des filles (3).
  • les garçons présentent plus de comportements agressifs et subissent plus de suspensions internes et externes à l’école
  • les garçons ont plus de chances de subir des accidents physiques,
  • ils risquent d’avoir plus de problèmes de langage,
  • présentent plus de retards et de difficultés d’apprentissage,
  • plus de redoublements tant au primaire qu’au secondaire,
  • plus de difficultés en lecture et en écriture,
  • plus de retards et de problèmes de langage,
  • plus de dyslexie
  • plus d’autisme
  • plus de décrochage scolaire (le taux de diplomation des garçons est inférieur de près de 8 % à celui des filles (MELS, 2011).
  • on retrouve une proportion de plus de 3 garçons pour 1 fille dans les classes spéciales (6)
  • d’avoir des problèmes avec la justice, des comportements antisociaux, de la délinquance ou des troubles de comportement, la prévalence du rapport garçons/filles est de 4 à 1 (2)
  • de présenter des conduites suicidaires (3 fois plus de suicides chez les hommes comparé aux femmes)

État de situation 2 : le faible taux d’hommes inscrits à l’université

Le problème de réussite des garçons au primaire et au secondaire semble avoir aussi des conséquences au niveau universitaire. À l’université le problème concerne le fait que les inscriptions des hommes comparées à celles des femmes déclinent de plus en plus depuis quelques années.

La Presse canadienne (2015) (7) présentait les données de l’Institut de la statistique du Québec précisant que la scolarisation universitaire chez les femmes présentait un écart de 10 points entre les jeunes femmes et les jeunes hommes. Chez les Québécois âgés de 25 à 34 ans, la proportion de titulaires d’un grade universitaire atteint 29,9 % soit 24,5 % chez les jeunes hommes et 35,3 % chez les jeunes femmes. Ce constat ne semble pas propre au Québec, car en Ontario on observe le même écart.

La tendance s’accentue, en 2003, 38,8 % des femmes de 19 ans ont fréquenté l’université, comparativement à 25,7 % des hommes, soit un écart de 13,1 points (3).

Une publication de Statistique Canada (2008) en référence avec une étude des chercheurs de Statistique Canada (3), ont tenté d’expliquer Pourquoi les femmes sont-elles devenues majoritaires à l’université?

Ces chercheurs établissent d’abord le profil des filles et des garçons de la naissance jusqu’à 15 ans.

  • dès le début de la scolarisation, les garçons accusent du retard par rapport aux filles dans plusieurs aspects physiques, cognitifs et affectifs
  • à mesure que les jeunes progressent dans le système scolaire, les écarts entre les sexes ont tendance à s’accentuer
  • à 15 ans, moment où bien des jeunes commencent à envisager les avenues possibles après le secondaire, les filles ont un bien meilleur rendement scolaire que les garçons.

Piste d’explication de l’écart entre les sexes des taux d’inscription à l’université

La question suivante est posée par les chercheurs : dans quelle mesure les avantages dont bénéficient les filles à 15 ans expliquent l’important écart entre les sexes quant à l’inscription à l’université à 19 ans.

  • plus des trois quarts (76,8 %) de cet écart peuvent être expliqués par des différences entre les garçons et les filles pour certaines caractéristiques observables. Les principaux facteurs sont les différences dans :
    • les notes scolaires obtenues à 15 ans,
    • les notes aux tests normalisés de lecture obtenues à 15 ans
    • le temps consacré aux devoirs
    • les attentes des parents et
    • les gains supérieurs associés à un diplôme universitaire comparativement à un diplôme d’études secondaires.
  • Les résultats aux tests normalisés de lecture, les notes moyennes globales et le temps consacré aux devoirs sont tous des facteurs associés de façon positive à l’inscription à l’université. Cette association est, en grande partie, sans égard au sexe.
  • Comme l’ont montré d’innombrables études, le niveau d’études des parents est positivement corrélé à la poursuite d’études universitaires, et ce, dans la même mesure pour les filles que pour les garçons
  • Les attentes parentales envers leurs enfants jouent un rôle important. L’accroissement des attentes parentales est associé à un accroissement du taux d’inscription à l’université, et la relation est plus forte chez les filles.

Conséquences possibles du problème de scolarisation des garçons et des hommes 

L’une des conséquences possibles est le passage à une autre inégalité des sexes Homme/Femme, mais à l’envers avec une absence importante des hommes et une prédominance des femmes dans les professions.

On a souffert et on souffre encore du manque d’égalité homme/femme dans notre société. L’histoire de l’humanité démontre bien que dans son ensemble,  il y a eu une domination par les hommes à plusieurs niveaux : politique, économique, social, religieux.

Au Québec et ailleurs dans le monde on travaille fort à rétablir l’équilibre et l’égalité homme/femme. Le grave problème démontré plus haut concernant les difficultés de scolarisation des garçons et des hommes risque de menacer à l’avenir cette recherche d’équilibre.

Si les garçons continuent à présenter des difficultés importantes au niveau de leur scolarisation et s’il y a de moins en moins d’hommes formés à l’université, ceci veut dire de moins en moins d’hommes professionnels : ingénieur, médecin, avocat, notaire, comptable, juge, architecte, psychologue (c’est le cas actuellement), psychoéducateur (c’est le cas actuellement), enseignant (c’est le cas actuellement) etc.

Les solutions

Il existe de nombreuses solutions, car le problème est multifactoriel. Les principales solutions passent par : l’éducation familiale, le rôle des pères, les attentes parentales, l’école et la société en général.

L’éducation familiale

La famille est le lieu de socialisation de choix et le lieu par excellence pour le développement de l’identité des garçons et des filles. Les parents sont les premiers modèles de ce qu’est un homme et une femme dans notre société. Un modèle de l’égalité des hommes et des femmes dans un partage équilibré de rôle et de tâches qui concernent l’éducation des enfants. Tout en respectant les différences individuelles les rôles et les tâches sont le moins possible « sexués ». Chose certaine, il ne doit pas y avoir de privilèges d’attribués pour des raisons de genre (garçon vs fille, homme vs femme, père vs mère).

Le rôle paternel des hommes

Les hommes doivent activement jouer leur rôle de père et d’engagement vis-à-vis des études de leur fille et de leur garçon. Pour corriger la situation actuelle du problème des garçons, une attention particulière doit cibler les garçons. Valoriser les études, l’effort, la persévérance. Éduquer à l’auto contrôle du « plaisir » et voir à l’investissement dans les travaux scolaires.  Également pour corriger la situation actuelle attribuer plus de tâches au père en ce qui concerne l’école (visite parentale, lien avec les professeurs, etc.). La tendance actuelle est que les mères s’occupent davantage des études.

Les attentes parentales

Plusieurs études ont bien démontré le pouvoir des attentes parentales ou des enseignants sur le comportement des enfants. Des attentes positives, élevées, mais réalistes envers les enfants et les adolescents sont souhaitables. Ces attentes doivent être accompagnées de soutien à leur réalisation de la part des parents.

L’école

Bien entendu l’école joue un rôle crucial dans la réussite des garçons et des filles. Il faut apprendre aux garçons à s’adapter aux conditions nécessaires à l’apprentissage, mais il faut revoir en profondeur la culture de l’école qui est conçue davantage pour les filles que pour les garçons. Tout le climat pédagogique de l’école actuelle et d’avant correspond à la nature des filles (coopérer, attentive, concentré, etc.). Il y a eu beaucoup d’effort pour changer la pédagogie (rendre l’apprentissage actif, apprentissage par les projets, etc.), malgré tout, ce n’est pas suffisant. Il faut davantage de situation active, d’activités physiques, d’expérimentation, de recherche, etc.

Augmenter la présence masculine à l’école afin d’apporter une autre vision de l’éducation et rejoindre davantage les garçons. Actuellement en 2018, au primaire seulement 11% des enseignants sont des hommes et au secondaire c’est seulement 35% (source: É. Royer 2018)

Références

(1) Centrale des syndicats du Québec (CSQ) (2012). Le décrochage et la réussite des garçons : déconstruire les mythes, rétablir les faits.

(2) Cloutier, R. (2004). Les vulnérabilités masculines. Une approche biopsychosociale. Éditions de l’Hopital Sainte-Justine, Montréal.

(3) Frenette, M. et Zeman, K. (2007). Pourquoi la plupart des étudiants universitaires sont-ils des femmes? Analyse fondée sur le rendement scolaire, les méthodes de travail et l’influence des parents, Direction des études analytiques : documents de recherche, produit numéro 11F0019MIF au catalogue de Statistique Canada, numéro 303. Statistique Canada (2008). http://www.statcan.gc.ca/pub/81-004-x/2008001/article/10561-fra.htm

(4) Hattie, J. (2009). Visible learning. A synthesis of over 800 meta-analyses relating to achievement. Routledge Ed.

(5) Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) (2011): Taux annuel de sorties sans diplôme ni qualification (décrochage), selon le sexe, ensemble du Québec, de 1999-2000 à 2009-2010 (données officielles). Système Charlemagne, novembre 2011.

(6) Ministère de l’éducation des loisirs et du sport (MELS). (2009). À la même école – Les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage : évolution des effectifs et cheminement scolaire à l’école publique. Document consulté le 30 avril 2012 de http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/SICA/DRSI/ALaMemeEcoleEHDAA_f.pdf

(7) Presse canadienne (2015) http://www.lapresse.ca/vivre/societe/201412/11/01-4827312-universite-important-ecart-entre-les-jeunes-hommes-et-femmes.php

(8) St-Amant (2007). Les garçons et l’école. Éditions Sisyphe. Collection contrepoint. Montréal

Autres articles sur le problème des garçons à l’école

Statistiques récentes – écart des garçons  vs filles (2020)
http://plus.lapresse.ca/screens/8c42c8b5-f430-4431-ae89-3ec074171e06__7C___0.html?utm_medium=Facebook&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen&fbclid=IwAR291TcxFSq-9iDdsaVbu4HgLtpraC5wselp-GMbmmH8umLTIpRMwvDUhu4

 

Conférence que j’ai réalisée sur le problème des garçons à l’école

Liste d’article tirée du RIRE du CTREQ

http://rire.ctreq.qc.ca/2010/08/les-garcons-et-lecole/

Article intéressant: Éric Lanthier (sept. 2018) Réussite des garçons en milieu scolaire: lecture et identité vont de pair.

 

https://quebec.huffingtonpost.ca/eric-lanthier/reussite-garcons-milieu-scolaire-lecture-identite-pair_a_23533437/

Un dossier très intéressant de la journaliste Daphnée Dion-Viens.  10 solutions pour sauver nos gars du décrochage . Journal de Montréal et Journal de Québec 1er sept. 2018

NOTE: Malheureusement pas accessible en Europe

https://www.journaldequebec.com/actualite/education

https://www.journaldequebec.com/2018/08/31/10-solutions-pour-contrer-le-decrochage-scolaire-chez-les-garcons


https://www.journaldemontreal.com/2018/08/31/10-solutions-pour-contrer-le-decrochage-scolaire-chez-les-garcons

 

https://www.journaldemontreal.com/2018/09/02/le-parascolaire-un-antidote-au-decrochage

https://www.journaldequebec.com/2018/09/03/les-papas-doivent-simpliquer-davantage-a-lecole

https://www.journaldequebec.com/2018/09/03/il-faut-plus-dhommes-dans-nos-salles-de-classe

https://www.journaldequebec.com/2018/09/03/permettre-aux-gars-detre-des-gars

Dossier Garçon 

https://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2019/01/finir-fabrique-garcons

 

 

***

Voici un article complémentaire du devoir 09-05-2018 présentant le point de vue d’Égide Royer de l’Université Laval.

https://www.ledevoir.com/societe/education/526996/diplomation-l-ontario-fait-reellement-mieux-que-nous

Problème des garçons au CÉGEP
https://www.journaldequebec.com/2019/01/08/baisse-de-la-diplomation–des-garcons-au-cegep?fbclid=IwAR0W0gElw67HnoAGxh6ge5BFzjbvyzVPwc2hSDUVHjzbegEg-kSOHx-zn8k

 

Statistiques de diplomation des élèves EHDAA

https://www.journaldemontreal.com/2016/12/16/25–des-eleves-en-difficulte-terminent-leur-secondaire

Série de conférences d’Égide Royer sur la réussite

Conférence sur le problème des garçons à l’école

https://www.youtube.com/watch?v=F0cJUv8YWb4

Passionné de réussite

Intimidation

Petite enfance CPE – Vaccin de la réussite

Conséquences de la concurrence entre les écoles et des programmes particuliers

Je ne suis pas très fort habituellement à soutenir les mouvements des syndicats dans le domaine de l’éducation. C’est surtout concernant les conventions collectives des enseignants où l’on calcule les minutes pour chaque tâche…où le moindre de geste professionnel est calculé… Enfin, c’est un autre débat.

Ici, dans le cas présent, je suis en accord avec la position de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui considère ne pas être suffisamment  entendu dans cette consultation sur la future politique de la réussite éducative. Et surtout pour ce qui suit:

Selon Radio-Canada (vendredi le 2-12-2016)  « les enseignants soutiennent que certains facteurs importants pour la réussite scolaire sont oubliés dans les discussions, notamment les impacts de la concurrence entre les écoles et des programmes particuliers. Louise Chabot, présidente de la CSQ, souligne que les élèves les plus favorisés vont dans les projets particuliers ou les écoles privées tandis que de nombreux élèves en difficulté se retrouvent dans les classes régulières, sans les ressources pour les accompagner. « Ça fait une pression énorme sur la tâche des enseignantes et des enseignants et sur la réussite. Il faut que ça soit pris en compte dans une politique gouvernementale », dit-elle »

 

Autres article sur le sujet

https://www.lapresse.ca/actualites/education/201911/17/01-5250135-rendement-des-eleves-au-secondaire-la-force-du-groupe-fait-toute-la-difference.php
https://www.journaldequebec.com/2019/03/08/engouement-pour-lecole-a-la-carte-des-le-primaire?fbclid=IwAR2O3HuTFoT0bLodBDU5eyUf95aRG6aec3p4eiVdrpr4Wvm-lWDnPmDmWic

 

https://www.journaldequebec.com/2019/03/11/plaidoyer-pour-une-ecole-publique-gratuite-pour-tous?fbclid=IwAR2v4NyT6OqRv7kq1tnTBHaL62ZlsqRUINpUFtfFJGJxUqFlWgKXu_Nukr4

Les coûts exorbitant des programmes particuliers<

https://www.journaldemontreal.com/2019/05/14/un-pere-veut-etre-rembourse

Les aspirations scolaires et professionnelles et la persévérance scolaire

Une très belle initiative de PRÉCA (l’Instance régionale de concertation pour la persévérance scolaire et la réussite éducative dans la Chaudière-Appalaches) pour favoriser la persévérance scolaire et la prévention du décrochage scolaire: Une infographie sur Les aspirations scolaires et professionnelles. En plus c’est bien documenté.

https://magic.piktochart.com/output/18103651-infographie-sur-les-aspirations-scolaires-et-professionnelle

Mémoire des orthopédagogues – Politique de la réussite éducative

Mémoire de l’Association des orthopédagogues du Québec  dans le cadre de la Politique de réussite éducative

http://www.ladoq.ca/sites/default/files/ladoq_memoire_consultations-mees_11-2016.pdf

Ce que je retiens

  • Très intéressant comme analyse et proposition de la part des orthopédagogues

  • Beaucoup d’insistance sur l’utilisation de données probantes, de savoir issu de la recherche et de savoir d’expérience reconnu

  • Demande d’une formation obligatoire de niveau maîtrise professionnelle et d’un Ordre professionnel des Orthopédagogues. Actuellement il y a dans les milieux scolaires des enseignants qui jouent le rôle d’orthopédagogue sans nécessairement avoir de formation de 2e cycle comme professionnel en orthopédagogie

  • Promotion du modèle RAI (Réponse à l’Intervention) avec les 3 niveaux d’intervention selon certaines conditions.

Questionnement et remise en question

  • Ce que j’ai constaté dans mes accompagnements d’écoles, c’est qu’au primaire  l’orthopédagogie est très présente, mais je ne suis pas en mesure de dire que les interventions sont efficaces. Encore beaucoup d’interventions avec sortie de classe des élèves plutôt qu’en classe en partenariat avec les enseignants. Aussi, pas clair sur le terrain qui sont vraiment les personnes qualifiées en tant que professionnel orthopédagogue.

  • On  demande un Ordre professionnel pour les Orthopédagogues, je crois qu’il serait souhaitable qu’il y ait un Ordre professionnel pour les enseignants et une intégration des orthopédagogues à cet Ordre.

  • On propose la création d’un Institut National d’Excellence en Éducation. Je ne suis pas favorable à cette demande. Je crois qu’on a les structures actuelles à ce niveau avec le Conseil Supérieur de l’Éducation (CSÉ) et le Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ). Il s’agit d’investir financièrement davantage dans ces deux structures déjà existantes et d’élargir le mandat du CTREQ plutôt que de créer une nouvelle structure. 

Mémoire du Conseil Supérieur de l’Éducation – Pour la future politique de la réussite éducative

Je recommande la lecture de ce document qui propose les points les plus importants à tenir compte pour une future politique de la réussite éducative dans notre système québécois d’éducation

Mémoire du Conseil Supérieur de l’Éducation dans le cadre des consultations publiques pour une politique de la réussite éducative Novembre 2016

http://www.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publications/Avis/50-0498.pdf

Décrochage scolaire – Croire dans les capacités du jeune –

Voici une courte entrevue – vidéo au canal savoir universitaire. En 3 minutes j’explique un élément que je trouve très important pour prévenir le décrochage scolaire et/ou favoriser chez les jeunes la réussite dans ce qu’ils entreprennent (réussite scolaire, réussite de leur carrière professionnelle ou réussite de leurs rêves). Cet élément important est: « une personne qui croit en lui » et dont la relation est mutuellement significative. Bien entendu, la réussite ne tient pas qu’à un seul élément du genre, mais elle favorise grandement la possibilité de réussir.

Le principe est le suivant, une personne qui croit dans les capacités du jeune (enfant ou adolescent) que ce soit: un parent, un enseignant, un oncle, une tante, un grand parent, une marraine, un coach en sport, en art, en science,  transmet un message et une énergie très positive qui favorise chez le jeune le développement de sa propre estime de soi « Je crois en moi » « Je suis capable  » Yes I Can ». Cette énergie peut déclencher un cercle vertueux, ce que W. A. Staats (1976 – 1985) appelait « La spirale ascendante » .

Un principe d’intervention sera d’aider le jeune à découvrir qui sont le ou les adultes qui croient en lui et avec qui il entretient une relation significative, puis de l’aider à bien maintenir cette relation importante.

Quel est l’origine de la découverte de ce principe.  Assez simple, c’est issu de ma propre histoire où quelque quatre adultes ont cru en moi, malgré mes difficultés à l’enfance, à l’adolescence ou comme jeune adulte professionnel psychoéducateur. Voici ces personnes:

  • M. Perras, propriétaire de l’épicerie Riverview grocery à Verdun. M. Perras était mon employeur à l’adolescence et malgré les quantités d’erreurs que je faisais, je sentais qu’il me faisait confiance.

  • Ma marraine Germaine Desautels, croyait que j’étais intelligent et que je pouvais poursuivre des études universitaires. Un frère (+- conseiller en orientation) m’avait fait passer des tests d’aptitudes et m’avait conseillé de ne pas poursuivre des études, n’ayant supposément pas les capacités selon les tests. Ma marraine était insultée, elle travaillait au Ministère de l’éducation et m’a fait rencontrer un psychologue du ministère qui suite à d’autres tests, lui trouvait que j’avais de bonne capacités. – en passant, au niveau des études, j’ai réalisé: un certificat, deux baccalauréats, une maîtrise et un doctorat (Hi! Hi!). 

  • Raymond Gagnier, éducateur physique à Verdun et à Boscoville. Il était mon coach en gymnastique. Malgré mon indiscipline à l’école et dans les entraînements, M. Gagnier croyait dans mes capacités et ma bonne volonté.

  • Gilles Gendreau directeur de Boscoville. Jeune stagiaire à Boscoville, j’avais beaucoup de difficulté à réussir à être « un bon éducateur » auprès les adolescents, malgré tout, Gendreau croyait que je pourrais y arriver… j’y suis arrivé.

Voilà la donc la petite histoire de la découvert de cet élément important favorisant la réussite – Voir le lien de l’entrevue.

http://newdev.canalsavoir.tv/videos_sur_demande/campus5/em_48/media3.canalsavoir.tv$campus_s5$Campus5_E08E02.flv

Tel que mentionné dans l,entrevue, Pierre Potvin à 13 ans, lorsque j’avais gagné le concours de gymnastique à l’École Notre-Dame-de-la-Garde de  Verdun (Montréal). Le responsable était Raymond Gagnier éducateur physique.

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Le point sur les Bonnes pratiques, le savoir d’expérience et la recherche

Après plus de 30 ans en recherche universitaire, en intervention éducative et psychoéducative, en accompagnement des milieux et en développement d’outils de soutien à l’intervention et en transfert de connaissances, voici mes constats en 2016

Concernant le développement de bonnes pratiques

  • La recherche universitaire visant à améliorer les pratiques éducatives et psychoéducatives est utile et valide si elle tient compte du savoir d’expérience des praticiens qui utilisent ces pratiques.

  • Le savoir d’expérience des praticiens concernant les pratiques éducatives et psychoéducatives est utile et valide s’il intègre l’état des connaissances issu de la recherche universitaire et s’il tient compte de l’efficacité des pratiques.

  • Concernant la question des pratiques qui s’appuient sur des données probantes, il faut être prudent et bien comprendre ce qu’on entend actuellement par données probantes.

  • Finalement, l’idéal reste l,alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience. Un travail en équipe et en collaboration entre des chercheurs universitaires et des praticiens.

Pour les personnes intéressées par le sujet, j’ai publié un livre qui fait le tour de la question

Potvin, P. (2016). L’alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience. Un regard sur le transfert de connaissances. Collection de psychoéducation. Béliveau Éditeur.

http://www.beliveauediteur.com/DefaultPage.aspx?Key=14660&EscuelaID=135598&SumiID=130797&MyA=138917

 

 

Nécessité d’une réforme en éducation : analyse du sociologue Guy Rocher

WOW quelle belle analyse du sociologue Guy Rocher qui s’appuie sur le rapport du Conseil Supérieur de l’Éducation qui nous alerte sur les vices de notre système d’éducation et « l’inégalité des chances » surtout pour les enfants en milieu défavorisé. Le Québec est dû pour une profonde réforme en éducation… Avec tout le respect que j’ai pour l’initiative du ministre Proulx avec sa tournée  de consulotation des régions, je crois qu’il en faudra plus. Une réforme politiquement non partisane serait souhaitable. 

http://www.ledevoir.com/societe/education/485676/une-profonde-reforme-s-impose-en-education

Consultation, participation: est-ce si utile ?

État de situation

Que ce soit en éducation, en psychoéducation, en politique, ou ailleurs, depuis quelques années (+-) 5 ans, réunir le monde, les faire participer, les consulter, brasser les idées, est devenu une mode. 

J’ai eu l’occasion de participer à de nombreux événements qui avaient pour méthode de faire participer les gens:

  • petits ateliers de discussion, un animateur-rapporteur et plénière;
  • Méthode du world café,une méthodologie de discussion entre acteurs permettant, en intelligence collective, de faire émerger d’un groupe des propositions concrètes et partagées par tous;
  • méthode en plénière avec un logiciel qui traite toutes les idées et projettent une synthèse graphique aux participants

J’ai vécu à plusieurs reprises ces méthodes « actives »: colloques, congrès, symposiums, Grandes rencontres interrégionales, Consultation sur la réussite éducative, etc.

Réflexion

Les avantages

  • Un avantage est d’être actif et non passif (?)
  • Permettre de témoigner de son expérience, de ses convictions, croyances et valeurs
  • Favoriser le contact avec d’autres collègues – faire du réseautage (?)

Mais après?  

  • Après avoir eu ce sentiment d’avoir partagé son expérience, d’avoir écouté toutes ces idées – parfois valables et d’autres vraiment pas.
  • Quelles sont les retombées? Comment est-ce utilisé, si c’est utilisé – On analyse, on fait une synthèse et on diffuse, oui mais qu’est-ce que ça donne finalement ?
  • Comment trier ce qui est valide de l’inutile?  

Je m’interroge vraiment sur la valeur, l’efficacité, la validité de tous ces propos partagés.

Si vous avez des témoignages à faire sur le sujet, vous êtes les bienvenus

J’oubliais, la nouvelle grande mode ce sont les « Communautés de partage » – Communauté d’apprentissage professionnel, de CoDéveloppement… C’est bon, mais quand c’est trop, c’est comme pas assez. 

Dossier scolaire centralisé ?

Dans le cadre de la grande consultation du ministre de l’éducation pour une future Politique de la réussite éducative, l’idée de développer un Dossier scolaire centralisé  circule. 

À première vue, l’idée d’un dossier scolaire centralisé est intéressante. Cependant, tout dépend du contenu du dossier. Il faut surtout éviter la « stigmatisation » ou « l’étiquetage » des élèves qui présentent des difficultés. Il est à la fois important que l’enseignant soit bien informé, mais aussi qu’il puisse faire sa propre idée sur les capacités de l’élève.

J’ai développé avec le CTREQ (www.ctreq.qc.ca) un outil de dépistage Premiers signes (maternelle à 6e année) et l’une des consignes concernant les résultats (question éthique), c’est d’être très prudent sur ce qui est transmis d’année en année aux enseignants. Ce logiciel permet de réaliser un suivi longitudinal.  Dans les formations que j’ai donné sur l’utilisation du logiciel de dépistage et ses résultats, je disais: « un élève à risque un jour ne l’est pas pour toujours ». D’ailleurs, mes statistiques longitudinales de dépistage le démontrent bien. Ici, le rôle de la direction de l’école, de même que celui des professionnels de l’école (psychoéducatrice, psychologue, orthopédagogue, orthophoniste, etc.) est fondamental.

L’autre élément important c’est le type de contenu. Avoir un aperçu des difficultés de l’élève, traduites en besoins particuliers, mais aussi, les progrès, les forces, les facteurs de protection.

Donc, bonne idée, mais tout dépend de l’information et de comment cela sera utilisé.  

Future Politique de la réussite éducative: mon mémoire

Pour une politique de la réussite éducative
Mémoire présenté au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport
(octobre 2016)

Point de vue d’un praticien et d’un chercheur actif en valorisation et en transfert de connaissances dans le domaine de la réussite éducative

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Ma vision de l’école de demain…

Ma vision de l’école de demain…

  • Une école qui devient un ilot de paix pour les élèves et surtout pour les élèves en difficulté scolaire et ceux provenant de milieux défavorisé.

  • Une école qui intègre le numérique et les technologies dans la pédagogie.

  • Une école ayant un climat humain, de relations harmonieuses et sans violence.

  • Une école qui est éclairée par les meilleures pratiques, par le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience évalué et qui s’inspire des découvertes en neurosciences (particulièrement en psychologie cognitive).

  • Une école ou la classe est ouverte et assumé par une équipe d’enseignants et où les autres professionnels de l’école peuvent facilement y participer.

  • Une école ou la priorité est le bien-être de tous les élèves (les garçons, les filles, les élèves en difficulté et les élèves doués, etc.).

  • Une école ou le climat est axé sur « apprendre » « comprendre » « appliquer », centrée sur l’apprentissage, la découverte, la créativité.

  • Une école « éthique » où l’on apprend les valeurs humaines universelles (le respect des autres, les relations bienveillantes, la justice, l’inclusion, l’entraide).

  • Une école ou l’on développe chez les élèves avant tout leur capacité d’adaptation au changement, la créativité, les façons efficaces de gérer les problèmes et les conflits sans violence.

  • Une école qui apprend aux élèves le dosage de la consommation, l’esprit critique, l’utilisation éthique des médiats sociaux.

  • Une école ou les parents participent et ceux qui ont des difficultés sont soutenus, aidés.

  • Une école qui intègre la participation des différentes générations et particulièrement les personnes âgées et utilisant leur savoir d’expérience.

Éléments de mon mémoire pour la politique de la réussite éducative

Le ministre de l’éducation du Québec invite les citoyens à présenter leur point de vue en vue d’une future politique de la réussite éducative.

Voici les principaux éléments de mon mémoire que je présente au ministre.

  • Je défini la réussite éducative dans le même esprit que celle du document L’éducation parlons d’avenir (p.6) « englobe la réussite scolaire et vise le plein potentiel de la personne dans ses dimensions intellectuelles, affectives, sociales et physiques…  elle vise également l’apprentissage de valeurs, d’attitudes et de responsabilités qui formeront un citoyen responsable». J’y ajoute la dimension éthique, le développement du bien-être, de l’accomplissement de soi, et en finalité les éléments essentiels permettant l’atteinte du bonheur.

  • C’est le personnel offrant des services directs aux élèves qui a l’effet le plus déterminant sur leur réussite (Hattie, 2009; Potvin et Pinard, 2012; Wang, et coll., 1990)

    « Il s’avère plus efficace d’agir prioritairement sur les déterminants scolaires, particulièrement sur ceux qui se situent dans la classe. Une relation enseignant-élève significative et positive permet à l’enseignant de mieux connaître ses élèves et de repérer ceux qui risquent d’éprouver des difficultés » (L’éducation parlons d’avenir p. 12).

  • « Poursuivre le déploiement de la maternelle 4 ans dans les milieux défavorisés en complémentarité avec les services de garde éducatifs à l’enfance p.10 ».

    Commencer par les milieux défavoriser, mais par la suite étendre la maternelle 4 ans à tous les enfants du Québec en s’assurant de ne pas nuire au réseau des CPE. Utiliser les compétences des CPE en alliance avec les compétences des enseignantes du préscolaire. À partir de 4 ans orienter la « culture » des CPE vers des apprentissages préscolaires. Créer une alliance professionnelle (une dyade) technicienne en service de garde et enseignante au préscolaire afin de favoriser un équilibre entre les préoccupations du développement global des enfants et sa préparation scolaire.

  • « Aider les services de garde éducatifs à l’enfance et les organismes qui travaillent auprès des enfants et des familles à identifier les enfants qui pourraient éprouver des difficultés sur le plan du développement global p.10».

    Dépistage précoces au niveau des difficultés liées à la littératie, numératie et comportement (adaptation). On a des outils, mieux les utiliser, les développer

  • « Créer un organisme voué à la mise en valeur et au transfert de connaissances dans le milieu de l’éducation, à l’instar de l’Institut national d’excellence en santé, pour assurer le développement des expertises et des meilleures pratiques p. 13 ».

    • La proposition qui circule depuis quelques temps c’est une demande de création d’un Institut national en éducation comme il en existe en santé. Pour avoir pris connaissance du document du projet en question, à première vue l’idée me semble intéressante, sauf que cela pose plusieurs problèmes qui m’amènent à ne pas recommander la création d’un tel organisme.

      • Avant tout, il faut analyser la question avec prudence et rigueur afin de vérifier si c’est un réel besoin.

      • Personnellement je crois que les organismes existants en éducation jouent ce rôle et pourraient le jouer davantage. Je nomme ici Le CTREQ et le CSÉ.

      • L’ajout d’un autre organisme viendrait « diluer » le peu de finances déjà consacrés aux organismes existants et risquerait de créer des dédoublements de rôle.

Les priorités par ordre d’importance (poids relatif)

  1. Dépistage et intervention précoce au niveau des difficultés d’apprentissage et d’adaptation. Dès les premiers signes.

  2. En collaboration avec les CPE, à partir de 4ans (pour tous) préparation à la « scolarisation » – littératie, numératie et socialisation.

  3. Au préscolaire et au primaire importance mise sur la littératie et numératie

  4. Au niveau de la prévention, priorité de l’investissement t au niveau des milieux défavorisés

  5. Priorité sur ce qui se passe en classe : qualité de la gestion classe, de la relation enseignant-élève, des pratiques pédagogiques qui s’appuient sur les résultats issus de la recherche, des bonnes pratiques qui ont faites leurs preuves.

  6. Intégration dans la pédagogie des technologies, du numérique

  7. Soutien aux élèves à risque (en besoins particuliers) et aux enseignants de ces élèves

  8. Maintenir l’investissement dans l’aide aux écoles en milieu défavorisé

  9. Ne pas créer de nouvelle structure (Institut national d’éducation) mais renforcer celles qui existe et élargir leur mandat (exemple le CTREQ).

  10. Création d’un Ordre professionnel des enseignants

  11. Soutien aux parents dans leur engagement parental et ouverture de l’école à la collaboration parentale.

  12. Soutien aux organismes communautaires qui priorisent une action auprès des parents et auprès des jeunes à risque.

 

 

Point de vue sur un Institut national en éducation

Avec la venue de la consultation du ministre de l’éducation (Sébatien Proulx) pour une future politique de l’éducation au Québec, circule l’idée d’un Institut national de recherche en éducation ou encore d’un Institut national  en éducation.

Personnellement je trouvais l’idée intéressante d’un Institut national de recherche en éducation. Favoriser l’orientation de la recherche, orienter les priorités, stimuler la synergie entre chercheurs, etc.

Sauf, qu’à ma connaissance (sauf erreur de ma part), cette idée ne circule plus et a été remplacée par un Institut national en éducation.  Ceci est totalement  différent.

Voici ce qui est mentionné dans le document de consultation du gouvernement L’éducation parlons d’avenir:   « Créer un organisme voué à la mise en valeur et au transfert de connaissances dans le milieu de l’éducation, à l’instar de l’Institut national d’excellence en santé, pour assurer le développement des expertises et des meilleures pratiques p. 13 ».

Voici pourquoi je suis en défaveur d’un Institut national en éducation qui aurait pour mission de valoriser la recherche, les bonnes pratiques et le transfert de connaissances. La principale raison est assez simple, c’est qu’on a déjà l’organisme qui peut jouer ce rôle et qu’il est préférable d’augmenter ses ressources (financières et humaines), d’élargir un peu son mandat, plutôt que de créer une nouvelle structure avec les coûts que cela suppose.

L’organisme existant c’est le Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ).  Le CTREQ qui existe depuis 14 ans,  a pour mission de valoriser la recherche, réaliser le transfert de connaissances, favoriser le lien entre les chercheurs et les praticiens en éducation, réaliser une veille sur les bonnes pratiques, accompagner les milieux et participer aux évaluations des pratiques, développer et diffuser des outils de soutien à l’intervention préventive, etc. Un autre organisme important est le Conseil Supérieur de l’Éducation (CSÉ), qui réalise des études et conseille le ministre.

En conclusion, je suis plutôt favorable à ce que le gouvernement investisse davantage dans le CTREQ et le CSÉ plutôt que de créer un nouvel organisme.