Archives pour la catégorie 1.Éducation

Consultation pour une politique de la réussite éducative

J’espère vraiment que cette consultation pour une future politique de la réussite éducative sera un « succès ». J’ai lu le document L’éducation parlons d’avenir et c’est vraiment complet. Tout y passe:

  • dépistage tôt, intervention précoce – maternelle 4 ans – école jusqu’à 18 ans

  • concentration sur ce qui se passe en classe – pratiques pédagogiques innovantes – données probantes

  • engagement parental – ordre professionnel pour les enseignants – Une espèce d’Institut national de recherche en éducation, mais pas tout à fait cela – un organisme qui ressemble au CTREQ, mais ce n’est pas le CTREQ ???

On touche à tout… je vais réfléchir et peut-être préparer un « mémoire », je vais vous revenir

Devoirs scolaires à la maison: pour ou contre? (Dossier – plusieurs références)

Si les enseignants du primaire donnent des devoirs à réaliser à la maison,  et ce dans le but de favoriser la réussite scolaire, il semble bien selon les travaux de Hattie (800 métas analyses sur la réussite scolaire) que ce n’est pas une stratégie efficace. Par contre, il semble bien qu’au secondaire cela contribue à la réussite.

Les devoirs à la maison, ont cependant d’autres fonctions qui peuvent être valables, mais cela dépend du dosage et de la formule adoptée : c’est un moyen pour les parents d’être au courant de ce que leur enfant apprend; une occasion de responsabiliser l’enfant (autonomie, gestion du temps, sens de la responsabilité); une possibilité de réaliser une activité en famille, si par exemple c’est un projet étalé sur plusieurs semaines.

S’il n’y a pas de devoir à la maison, il serait important d’avoir un système (école-famille) qui favorise la relation enfant-parent-école – que le parent puisse être impliqué dans les apprentissages de son enfant – qu’il y ait des occasions pour le parent d’encourager son enfants dans ses apprentissages, de valoriser les sujets étudiés, etc.

Il me semble que la question n’est pas tant « doit-il y avoir des devoirs à la maison? » mais davantage,  de quelle nature, de quelle forme, de quelle ampleur doivent avoir ces devoirs. Exemple: un projet de recherche personnel de l’enfant sur quelques semaines où le parent – la famille peuvent participer – un projet de lecture à la maison – me semble intéressant.

Ajout le 22 septembre 2017

Certaines écoles primaires au Québec ont décidé de remplacer les devoirs à la maison par une période obligatoire de lecture à la maison. Disons, 15 à 30 minutes de lecture. Il est reconnu que l,apprentissage de la lecture est un facteurs important dans la réussite scolaire, surtout dans les premières années du primaire

Le lien plus bas est un article de Normand Baillargeon de l’UQAM sur les devoirs et la référence aux travaux de Hattie.

 

https://voir.ca/normand-baillargeon/2014/02/19/lecons-sur-les-devoirs/#_ftn1

 

Voici un autre article qui donne un point de vue différent en faisant la promotion des devoirs à la maison.

Thierry Karsenti, auteur de l’ouvrage Les devoirs: ce qu’en dit la recherche, stratégies gagnantes et apport des technologies, a analysé plus de 300 études sur le sujet. Ce professeur de l’Université de Montréal a tenu à réagir à un article du Journal qui rapportait cette semaine que des écoles de Québec avaient décidé d’abandonner les devoirs pour se concentrer sur la lecture et les leçons.

http://www.journaldequebec.com/2016/09/08/abolir-les-devoirs-serait-une-grave-erreur#cxrecs_s

Autre propos venant de la Finlande: pas de devoir

https://www.facebook.com/edouard.hoffmeister.9/videos/135962940490397/

 

Un dossier du CTREQ sur les devoirs et leurs efficacités

http://rire.ctreq.qc.ca/2018/07/devoirs-benefiques-non/

Ajout: 13 décembre 2018 Un texte pédagogique sur les devoirs (Belgique)

http://www.cahiers-pedagogiques.com/Les-devoirs-c-est-mon-choix

Ajout le 25 avril 2019

https://www.lesoleil.com/actualite/education/les-devoirs-et-lecons-cest-fini-263e3867aeea38fe31a379f554bef12a?fbclid=IwAR0exm08GFyRJaIEwjAhqsUnkVIR0ohx3VF1mC1D7Bs4mZe5X-ZtnSssLAc

Ajout le 25 avril 2019

Nancy Gaudreau Un aperçu de ce que dit la recherche sur ce sujet: Temps à consacrer aux travaux scolaires à la maison (devoirs + lecture + étude)selon les niveaux scolaires (Cooper, 2000)

1re à 3e année du primaire: 15 minutes, 1 à 3 fois par semaine
4e à 6e année du primaire: 15 à 45 minutes, 2 à 4 fois par semaine
1re à 3e année du secondaire: 45 à 75 minutes, 3 à 5 fois par semaine
4e et 5e années du secondaire: 75 à 120 minutes, 4 à 5 fois par semaine. En fait, il faut savoir que d’après la méta-analyse réalisée par Herrig (2011) à partir de 150 études sur le sujet, plus les élèves avancent dans leur cheminement scolaire, plus les devoirs auraient des effets substantiels. Les effets les plus probants ont été observés au secondaire. Néanmoins, selon Ramdass et Zimmerman (2011), des recherches montrent que les devoirs soutiennent aussi le développement de la maîtrise de soi, notamment de l’autoefficacité, de l’autoréflexion, de la gestion du temps et de la gratification différée.

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Le graphique suivant sur Stratégies d’études, a été pris sur Facebook  et a été produit par des enseignants-ressources – mais sans préciser de quelle commission scolaire.

Stratégies d’études
(Cliquez sur l’image pour mieux voir)

Dépistage élèves à risque au préscolaire et primaire – Communication

Nouvelle communication:
Le savoir d’expérience des enseignants permet de dépister les élèves à risque dès la maternelle.

Petite enfance et persévérance scolaire: Article – Naître et grandir

Naître et grandir: Article sur la persévérance scolaire à la petite enfance

École jusqu’à 18 ans et le virage en éducation du Gouv. (PLQ) ?

École jusqu’à 18 ans

Selon mon collègue Égide Royer de l’Université Laval, l’obligation de rester à l’école jusqu’à 18 ans, ou d’avoir obtenu une qualification avant cet âge, serait un élément favorable à la prévention du décrochage scolaire. D’autres provinces et d’autres pays le font et cela semble bénéfique.

Il faut faire attention cependant, car ce n’est pas magique. Les effets seraient un apport positif de 2 ou 3%.

École jusqu’à 18 ans

Le virage positif en éducation du PLQ

Je suis enthousiaste suite au virage important du PLQ (notre gouvernement) qui dit mettre l’Éducation et la réussite des élèves en priorité.

Je dois avouer que je reste « sceptique » sur un tel virage. Il parait qu’aucun gouvernement depuis la révolution tranquille (1960) n’a mis l’Éducation comme une priorité.

Je souhaite ardemment que ce n’est pas un « feu de paille »… une stratégie strictement politique et une vision temporaire.

 

Éducation : enfin le gouv. met les énergies à la bonne place

 État de situation

Le gouvernement du Québec (PLQ) par l’entremise de son ministre Sébastien Proulx, abandonne l’idée de réflormer les structures des commissions scolaire et réoriente ses énergies vers une Politique sur améliorer la réussite et la diplomation des élèves. (voir l’article de LaPresse)

Les grandes orientations « réflexions en cours… « 

Enfin, j’ai de l’espoir, je sens un vent de changement au gouvernement et un accent à mettre sur les fondements et non seulement sur les politiques et les structures.

La maternelle 4 ans pour tous

L’avenir de nos enfants a tout à gagné de débuter l’éducation « préscolaire – préparation à la scolarisation » à 4 ans. On le sait depuis longtemps, les études longitudinales le montrent qu’une bonne préparation tôt et un dépistage tôt des enfants à risque favorisent les facteurs de protection et la réussite. Naturellement il faut protéger notre système de garderie – les Centres à la petite enfance, qui sont une réussite et un autre facteur de protection pour les enfants.Autrement dit, il ne faut pas que la maternelle 4 ans « désorganise » notre système de garderie. Il s,agit de voir comment établir une alliance, une coopération.

L’obligation de l’école jusqu’à 18 ans

Ici je suis moins convaincut, je ne suis pas certain que c’est une bonne mesure. Mon collègue Égide Royer en fait la promotion, mais moi je me demande s’il ne faut pas investir davantage à améliorer plutôt  notre capacité à faire réussir les élèves jusqu’à 16 ans. Disons que je me sens moins solide pour argumenter sur cette mesure. Chose certaine, il faut analyser les avantages et les dangers – les effets pervers possibles.

Un ordre professionnel pour les enseignants et revoir la formation des enseignants

Éduquer, être responsable du développement des enfants et des adolescents, soutenir et favoriser le goût d’apprendre, n’est-ce pas d’une très grande importance? Une grande partie de « l’action éducative » se passe dans la salle de classe entre l’enseignant et son groupe d’élèves. Je trouve essentiel de « revaloriser » le statut professionnel des enseignants. Les médecins, psychocologues, psychoéducateurs, travailleurs social, infirmières, ingénieurs, etc ont un ordre professionnel qui statut sur la qualité de leur formation et qui protège le public. Je crois que les enseignants ont un rôle aussi important que tous ces autres professionnels et devraient avoir leur ordre professionnel. D’autres part,  il faut revoir la formation des enseignants, surtout les conditions d’admission à la formation universitaire et peut être même sur les niveaux de formation (baccalauréat vs maîtrise).

Un Institut d’excellence en éducation

On parle depuis quelques années de créer un Institut de recherche en éducation (Institut national) comme il existe en santé, en Centre jeunesse, en gérontologie, etc. Ce qui me frappe ici, c’est le fait que le mot « recherche » ne soit pas dans le titre de l’institut? Enfin, l’idée est d’avoir un centre national de recherche en éducation qui oriente et priorise les recherches afin d’éclairer les politiques et les pratiques en éducation. Bien entendu il faudrait une alliance, une coordination ou une intégration de d’autres organismes qui gravite autour de la recherche et de l’éducation. je pense ici, entre autres, à protéger l’expérience et à utiliser toute l’expertise développer en transfert de connaissances par le Centre de transfert de connaissances pour la réussite éducative du Québec (CTREQ) ainsi que par le Conseil Supérieur de l’éducation (CSÉ).

Conclusion

Disons en conclusion que j’ai de l’espoir pour un meilleur avenir pour l’éducation. À la condition bien entendu que ce mouvement politique soit solide et utilise un processus de consultation large et non partisan. L’avenir nous dira si mon espoir deviendra une réalité positive.

Être parent aujourd’hui, tout un défi !

Être parent aujourd’hui, tout un défi !

Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis parent et qu’éduquer des enfants au Québec durant les années 1970 et 1980, selon moi, était beaucoup plus « simple » que ce n’est le cas aujourd’hui. Être parent, c’est reconnu, n’a jamais été un rôle facile à jouer, mais aujourd’hui les défis se sont multipliés. Autre élément important à partager avec vous, il est beaucoup plus facile d’écrire sur l’éducation ou même être « coach » pour d’autres parents que d’éduquer ses propres enfants.

« Donc, en partant, je tiens à lever mon chapeau
à tous les jeunes parents d’aujourd’hui »

 

Le déclencheur

Ce qui m’a incité à écrire ce texte, c’est l’émission Parents sous observation, à Canal Vie. Une belle émission, mettant en scène des parents et des enfants dans diverses situations familiales. On y fait le tour de la réalité familiale, de la réalité parentale d’aujourd’hui : sortie au restaurant et chamaille des enfants, attitudes des autres clients ou personnes n’intervient ; la question de cohérence dans le couple au niveau des règles ; la question épineuse de la dépendance aux jeux électroniques, aux tablettes ; le point de vue des parents sur les règles à la maison et ailleurs ; le point de vue très éclairant de spécialistes au niveau familial.

Mille et une situations qui présentent des défis aux parents

Le défi pour les parents de faire équipe ensemble. L’un des grands défis pour les parents est de faire équipe et de partager les mêmes valeurs. Chaque parent dans le couple a son histoire familiale, ses croyances et ses valeurs. Pour la « sécurité » des enfants, il est essentiel que le couple s’entende sur les valeurs, les incontournables.

Le défi d’établir des règles, des limites et des conséquences en étant constant. Vivre en société, grandir, se développer et s’épanouir pour des enfants et des adolescents, demande de grandir dans un environnement qui offre un cadre avec certaines libertés, mais également des limites et des conséquences lorsque ces « règles » ne sont pas respectées. C’est très clair au niveau de la recherche sur les styles parentaux. Les deux types de styles qui nuisent au développement des enfants et des adolescents ce sont le style « permissif » ( peu ou pas de règle – peu ou pas de conséquence) et le style « autoritaire » (trop de règles, rigidité et obéissance sans esprit critique). Le style idéal est « démocratique » un équilibre entre les deux autres styles.

 Accepter de déplaire à ses enfants par amour pour eux. Aimer c’est accepter de déplaire, de mettre des limites et d’appliquer des conséquences, lorsque nécessaires.

Mettre des limites à l’utilisation des « écrans » tablette, iPhone, console de jeux, etc. L’émission a donné beaucoup de place à la question des « écrans » jeux, tablettes, téléphone intelligent, etc. C’est vraiment un problème actuellement dans les familles, être « accro » aux écrans – aux jeux… Au point où cela peut nuire aux relations familiales… on ne se parle plus… Donc, grande importance de mettre des limites dans les heures d’utilisation des écrans et de faire participer les enfants et les adolescents à l’établissement de ces règles.

Comme observateur et témoin, intervenir. L’émission présente une scène ou des enfants sont au restaurant et se chamaillent et vraiment dérangent tous les clients du restaurant; une autre scène ou un enfant de 10 ou 11 ans passe son temps à faire un bruit strident avec son sifflet où la mère n’intervient pas (elle prise au téléphone) et personne d’autre autour n’intervient. Finalement, un homme enlève le sifflet au jeune pour qu’il cesse de faire ce bruit. Certains témoins le félicitent et d’autres n’en reviennent pas. Ici pas question d’appliquer le dicton africain : « ça prend tout un village pour éduquer un enfant ». C’est vrai que c’est délicat d’intervenir auprès des enfants des autres…, mais il me semble qu’il est possible d’intervenir en soutenant le parent… comme citoyen on a une certaine responsabilité dans l’éducation des « autres enfants »…

Pour ceux qui sont intéressés, dans mon livre : Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer (2015), je présente dans le chapitre 10 Comme parents, comment favoriser des apprentissages chez nos enfants, divers principes éducatifs issus de la recherche.

 

 

Lien

Neurosciences, neuroéducation: prudence

Depuis quelques années, surtout à partir de la publication de mon livre: Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer (voir menu: réalisations), je me suis intéressé aux neurosciences (au cerveau et l’apprentissage). C’est fascinant, mais il faut être prudent, car on peut exagérer les applications possibles actuellement, à l’éducation et à la psychoéducation.

Voici différents liens sur les mythes liés aux neurosciences (neuroéducation) tirés de Éduveille

 https://eduveille.hypotheses.org/5698

http://eduveille.hypotheses.org/7892

http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=86&lang=fr

 

Voici un article critique sur la neuroéducation

http://pierrepotvin.com/wp/index.php/2018/08/01/la-neuroeducation-peut-elle-directement-ameliorer-lenseignement-en-classe/

Voici un article sur une critique des neurosciences pour les enseignants. Faisant la promotion plutôt de la psychologie cognitive

http://pierrepotvin.com/wp/index.php/2019/02/22/les-enseignants-la-psychologie-cognitive-plutot-que-les-neurosciences/

 

 

 

 

L’approche écosystémique d’École-Famille-Communauté : Cœuréaction

L’approche écosystémique d’École-Famille Communauté : Cœuréaction

Pour les professionnels dont l’approche incontournable est celle de l’écosystémie et qui se préoccupe des relations École-Famille-Communauté, je recommande les outils du CTREQ de Coeuréaction

Coeuréaction appuie les milieux de pratique voulant favoriser les partenariats entre l’école, la famille et la communauté.

http://www.ctreq.qc.ca/realisation/coeureaction/

Le site  Cœuréaction est un site Web qui vise à soutenir la mise en œuvre de projets de partenariats école-famille-communauté. On y retrouve plusieurs exemples d’initiatives ayant porté fruit, de l’information théorique, un guide soutenant l’implantation de projets de partenariat et bien davantage.

http://www.coeureaction.qc.ca/fr/accueil.aspx

 

 

 

Référentiel d’Agir Compétent (CTREQ)

Référentiel d’Agir Compétent (CTREQ)

Le projet « référentiel d’agir compétent » a été mis sur pied pour soutenir les acteurs de l’éducation lors de leurs actions et prises de décision par l’utilisation des connaissances validées.

Le Référentiel d’agir compétent à l’intégration des connaissances favorables à la réussite éducative a été développé par le CTREQ avec la collaboration de plusieurs chercheurs, étudiants, ainsi que de représentants des milieux de pratique et des organisations œuvrant en éducation.

http://www.ctreq.qc.ca/realisation/referentiel-agir-competent/

À quoi ressemble l’école idéale selon Égide Royer

Entrevue réalisée en 2007 par la Revue RDN auprès d’Égide Royer sur :
À quoi ressemble l’école idéale

 

Lien :http://pierrepotvin.com/8.%20Banque%20d%27outils/ERoyer.pdf

Note: La Revue RDN a cessé ses activités, autorisation d’Égide Royer de publier cette entrevue (l4 mars 2016)

Éducation: Revoir nos priorités pour favoriser la réussite des élèves

Voici une mise à jour sur l’ordre des priorités au sujet de  la lutte au décrochage scolaire, de la persévérance scolaire et de  la réussite éducative et scolaire des élèves

Malgré les efforts réalisés ces dernières années, l’amélioration de la qualification de nos jeunes québécois ne s’est pas suffisamment réalisée. Le problème reste encore entier, surtout pour les garçons, les jeunes de l’île de Montréal et ceux en milieu défavorisé.

Est-ce que les diverses stratégies, politiques, investissements ont vraiment tenus leurs promesses? Jusqu’à quel point les investissements suivants ont vraiment contribué à la persévérance scolaire, à la diminution du décrochage scolaire, à la qualification des jeunes à la fin du secondaire?

  • La Stratégie Agir autrement en milieu défavorisé (SIAA)
  • L’aide aux devoirs + de 200 millions $
  • La baisse du nombre d’élèves par classe
  • L’achat de Tableaux Blanc Interactif (TBI) + de 240 millions $
  • L’investissement dans les Instances de concertation dans les différentes régions
  • La politique des Plans stratégiques, ententes MELS et CS, CS et chaque école.
  • Autres stratégies…

Je crois que plusieurs de ces initiatives étaient fondées sur de « Bonnes intentions », cependant, certaines, n’étaient pas fondées sur la recherche, des données probantes ou encore sur les résultats de méta-analyses.

  • La Stratégie Agir autrement en milieu défavorisé (SIAA) était bien appuyé par la recherche, mais n’a pas été appliqué par plusieurs milieux selon les prescriptions.  L’agir autrement reste trop en périphérie et n’aboutit pas directement dans la classe.
  • L’aide aux devoirs n,est pas appuyé par la recherche comme outil d’aide à la réussite (sauf au secondaire).
  • La baisse du nombre d’élèves par classe, n’est pas appuyé par la recherche. C’est plus une disposition pour améliorer les conditions de travail des enseignants.
  • Les TBI, la décision appuyé sur quelles recherches? Peu de formation et peu d’utilisation de sa mission l’interactivité
  • L’investissement dans les Instances de concertation dans les différentes régions. Action trop en périphérie (périscolaire) trop éloignée de là ou se réalise les apprentissages.

Propositions de priorités

Appuyons les priorités sur la recherche, les données probantes, les méta-analyse (Hattie, Wang et autres). Appliquons le principe que l’efficacité sera directement proportionnelle à la proximité des interventions auprès des élèves. Plus on s’éloigne, moins on est efficace.

Je reconnais que les politiques gouvernementales peuvent avoir des effets à moyen et long terme. Par exemple, si le gouvernement coupe en éducation (coupure de service aux élèves à risque), ne contribue pas à la lutte à la ^pauvreté, cela aura des effets pervers.

Voici selon mes analyses l’ordre des priorités ou il faut investir les millions:

           Pour un effet à long terme

  • Offrir des politiques qui favorisent la réduction de la pauvreté
  • Soutenir les organismes communautaires qui œuvrent en milieu défavorisé
  • Investir dans l’éducation à la petite enfance (CPE), obligation de la maternelle 4 ans pour tous avec duo :enseignante et éducatrice
  • Augmenter le niveau de qualification de la formation des enseignants

        Pour un effet à moyen et court terme

  • investir dans le dépistage des élèves à risque dès le préscolaire et offrir de l’aide particulièrement au niveau du langage et de la lecture
  • avoir une préoccupation spécifique aux garçons à risque – évidemment, ne pas négliger les filles qui sont à risque
  • investir dans le soutien aux enseignants , en classe. Mettre l,accent sur  la pédagogie, la relation, la gestion de classe et les apprentissages de base.
  • au secondaire, pour aider les élèves identifiés à risque de décrocher, implanter les programmes les plus efficace: adaptation de Check & Connect (re: Janosz et Trait- d’Union de Laurier Fortion – CTREQ.
  • .

         Orientations à revoir

  • Revoir tout se qui se passe au niveau de l’adaptation scolaire. Revoir la question des programmes axés sur l’emploi
  • Recentrer la responsabilité de la réussite des élèves: aux  écoles, aux enseignants et aux parents plutôt que l’investissement sur le « périscolaire » sauf milieu défavorisé et organismes communautaires
  • Revoir toute la question de  l’orientation des jeunes vers l’éducation aux adultes

À suivre et compléter…

Les déterminants de la réussite scolaire

Ce texte sur les déterminants de la réussite scolaire et les types d’élèves à risque est tiré du site internet École et stratégies voir le schéma 4 :    http://ecolestrategies.ctreq.qc.ca/materiel8/schemas

 

Les déterminants de la réussite et du décrochage scolaires et les types d’élèves

Prévention du décrochage scolaire – Fortin & Potvin -Recommandations

En 2008, il y a déjà 8 ans, Laurier Fortin et moi étions invités à la commission permanente de l’éducation du Gouvernement du Québec à présenter nos travaux de recherche sur la prévention du décrochage scolaire. Voici un extrait de cette présentation qui décrit nos recommandations au gouvernement.

Ces recommandations peuvent venir compléter celles d’Égide Royer (voir autre article sur la conférence d’Égide Royer. (note: É. Royer faisait partie de notre équipe de recherche.

commission de l’éducation.ppt12-10-08

 

 

Éducation Égide Royer à la Commission parlementaire : WOW !

 

L’intervention de mon collègue Égide Royer à la commission parlementaire sur le projet de loi 86 Organisation et gouvernance (re: la gestion des commissions scolaires)

http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/archives-parlementaires/travaux-commissions/AudioVideo-62969.html

Lien pour le Texte:  http://blogue.marioasselin.com/files/2016/02/egide_royer_memoire_pl86.pdf

Bravo pour cette intervention, j’admire le courage d’Égide Royer qui présente un mémoire vraiment excellent. Il touche aux fondements de l’éducation et ce qu’il faudrait faire pour que notre système d’éducation soit meilleur et permettent selon lui, à ce que 85% de garçons et 90% de filles obtiennent un diplômes d’études secondaire (DES ou DEP) (note: pas des attestations ou des certificats…)

Résumé:

  • Que le Ministère de l’éducation base ses politiques sur des données probantes (la recherche en éducation)
  • Implanter pour tous les enfants du Québec (pas seulement les milieux défavorisés) la maternelle 4 ans obligatoire. La maternelle 4 ans avec un duo une éducatrice et une enseignante
  • Dépister et intervenir très tôt, surtout au niveau du langage et du comportement auprès des enfants à risque
  • Mettre obligatoire de fréquenter l’école jusqu’à l’âge de 18 ans ou l’obtention d’un diplôme du secondaire
  • Rehausser la cote R pour la sélection des futurs enseignants et augmenter l’exigence de la maîtrise comme c’est le cas de plusieurs professions
  • Établir un Ordre professionnel et donner à l’enseignement  le statut de Profession
  • Créer un Institut National de Recherche en Éducation afin d’éclairer le milieu de l’éducation et le Ministère sur les données probantes

Critique

  • Le mémoire est très bien documenté, très bien appuyé par diverses statistiques
  • La présentation était excellente, rigoureuse, bien documentée et soutenue par un savoir savant, mais aussi un savoir d’expérience (40 ans en éducation)
  • j’endosse l’ensemble des propositions présentées dans ce mémoire, à l’exception peut-être de l’obligation de l’école jusqu’à l’âge de 18 ans (mon idée à ce sujet n’est pas faite)
  • La présentation était extrêmement critique à l’égard du Ministère de l’éducation et du peu de succès de ses politiques, de ses réformes ou de ses investissements
  • Le Ministre de l’Éducation, Moreau était plutôt sur la défensive, mais tous les député des oppositions ont été enchantés de la présentation (Thérèse David a dit  » notre invité à brassé la cage »
  • Malheureusement, malgré l’excellence de la présentation d’Égide Royer, son intervention avait peu à voir avec le projet de loi 86 sur la gouvernance. En résumé, Égide Royer disait au Ministre et aux députés, vous avez beau changer les structures, cela n’aura aucun effet sur la réussite et la persévérance des élèves
  • L’autre aspect un peu négatif, selon moi, c’est « le ton » utilisé à l’égard de l’auditoire. (ici je suis prudent, car c’est délicat). J’ai trouvé que le ton donnait  l’impression de:  « Avec l’autorité, l’expérience qui me donne la vérité ». Ce ton me rend un peu mal alaise. Les expressions suivantes: « Voici, suivez moi bien », « Il faut appuyer les interventions sur des données probantes ».  Il est possible que ce ton passe mal le message.

Malgré cette dernière critique, j’ai trouvé excellent l’intervention d’Égide Royer.

Dans mon livre sur L’alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience qui sortira en avril 2016, j’aborde toute la question des données probantes et des nuances qu’il faut y apporter. J’aborde aussi le danger  des attitudes « dogmatiques » tant des chercheurs que des praticiens.

Médecin et pouvoir: prise 2

Il n’y a rien de plus précieux que la santé. Les médecins détiennent le pouvoir, dans certaines circonstances, sur la vie et la mort. C’est tout un pouvoir.

Un tel pouvoir donne de la prise à la négociation des conditions salariales. La population est très sensible à la question de la santé, de la maladie et de la mort. Elle est aussi très sensible aux écarts entre les riches et les pauvres. Les médecins font partie des Riches, des « Gros poissons ».

La rémunération des médecins a fait l’objet d’un rattrapage afin d’en arriver à être comparable aux salaires des médecins Canadiens. Ce rattrapage a tenu compte, selon la présidente des médecins spécialistes des facteurs jouant pour chaque province (ex: à Vancouver le coût de la vie ne se compare pas à Montréal, etc.).

Le problème se situe à plusieurs niveaux:

  • le principal est le fait de payer à l’acte. Plus tu poses de gestes médicaux, plus ton salaire s’élève. Pourquoi ne seraient-ils pas payés à « salaire ». la présidente des médecins spécialistes a mentionné qu’il était reconnu qu’un médecin payé à salaire « performe » moins bien que lo0rsqu’il est payé  » à la pièce ». Est-ce vraiment une raison suffisante?
  • il semblerait exister toutes sortes de conditions liées aux actes. Je me demande si une infirmière qui vaccine un patient  coûte la même chose qu’un médecin? le même acte.
  • ..

Je reste perplexe sur la situation médicale au Québec, les salaires très élevés, sans parler ici de toute la question des médicaments et de leurs coûts exagéré.


Ajout le 24 mars 2016

Cet article du Devoir, parle du faible salaire des enseignant comparé aux enseignants Ontariens. Une comparaison est établit avec la parité des salaires des médecins. On constate le principe de « Deux poids deux mesure »

http://www.ledevoir.com/non-classe/466370/vivre-de-l-air-du-temps

 

 

 

 

 

Les tannants ne sont plus punis… Ouf !

Chers écoles… chère éducation, ce que vous m’en faites voir de toutes les couleurs année après année.

Selon l’article de Daphnée Dion-Viens (Journal de Québec, 30 août 2015)  (que je respecte beaucoup),  » Des écoles préfèrent désormais récompenser les élèves qui entrent dans le rang plutôt que l’inverse… fini les punitions à l’école… »

On fait référence au professeur Steeve Bissonnette avec l’approche positive et  à Madeleine Piché qui était directrice de l’école N-D du Canada et qui a implanté une approche « d’encadrement par privilège ». J’ai encore ici beaucoup de respect pour les deux, car je connais leurs travaux. 

Pas de doute pour moi qu’une approche « positive » axée sur les comportements positifs c’est intéressant et souhaitable. Précisons cependant  ici qu’il n’y a rien de nouveau dans cette approche qui existe depuis des décennies – on a appris cela des béhavioristes. Possiblement ce qui est de nouveau c’est de l’implanter à plus grande échelle et d’une façon systématique.

Nuances et mise en garde. Dans mon livre Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer, je présente ce qui suit:

« La valorisation des comportements positifs (p. 212)

En éducation on reconnaît aujourd’hui qu’il est plus important de mettre l’accent sur les comportements « positifs » (valoriser, renforcer) plutôt que de se centrer sur les comportements négatifs, les manquements aux règles (critiquer, punir, etc.). Cet accent sur le positif n’implique pas de ne pas faire vivre les conséquences des actes (comportements inadéquats en classe par exemple) s’il y a manquement aux règles. L’idée ici est de faire l’effort d’attirer l’attention sur les comportements attendus et de les renforcer. »  

« Les tannants ne seront plus punis », n’est pas un message adéquat a envoyé aux éducateurs et aux enseignants. L’apprentissage du sens de la responsabilité envers ses comportements par le vécu des « conséquences » est très important. On apprend par nos succès, par nos erreurs et par nos échecs. L’une des erreurs qu’il faut éviter de commettre comme parent ou éducateur ou enseignant est de faire  en  sorte que les enfants ou les adolescents  ne vivent pas les « conséquences » à leurs actes (conséquences positives ou négatives).

Conclusion

Oui pour faire l’effort de renforcer positivement les comportements adéquats, oui pour mettre un accent sur les comportements adéquats, mais ceci n’a rien à voir avec le fait de ne pas « punir » ou faire vivre des conséquences aux actes…

Humour

Un locataire avait dans un logement à côté de chez  lui un jeune musicien qui jouait très fort de son instrument, ce qui nuisait à son sommeil. Le vieux monsieur pensa à une stratégie issue du béhaviorisme (les renforçateurs et leurs retraits). Il rencontra le jeune en lui disant qu’il aimait beaucoup sa musique et qu’il était prêt à le récompenser pour continuer à jouer tous les jours en lui donnant un montant d’argent chaque semaine. Ceci dura 2 ou 3 semaines. Puis, le vieux monsieur dit un jour au jeune musicien que malheureusement il ne pourrait plus le récompenser à l’avenir pour sa musique. Le jeune lui répondit alors que dans ces circonstances il se voyait dans l’obligation de ne plus jouer de la musique aussi fort. Finalement le vieux monsieur a pu dormir d’un sommeil profond.

Enlever un renforçateur peut devenir une punition.. ou ne pas mériter une récompense peut être interprété comme une punition.

 

 

 

La mode au changement de terminologie en éducation – Un chat c’est un chat


La mode du changement de terminologie en éducation
Un chat c’est un chat

Selon les époques on change les termes qu’on utilise en éducation, c’est la mode, et ce particulièrement dans le domaine des « élèves en difficulté ». Parfois on change pour des raisons justifiées, pour des changements dans les valeurs véhiculées. Parfois, je crois, qu’on change pour des raisons qui sont peu justifiables.  Voici quelques termes qui ont changé en éducation.

  • L’enseignant n’enseigne plus, il est accompagnateur d’apprentissage,
  • On ne parle pas en éducation de l’attitude de l’enseignant, mais de sa posture,
  • L’élève, n’est plus un élève, c’est un apprenant,
  • L’élève n’est pas en situation de « recevoir » des connaissances, des savoirs, mais construit lui-même ses savoirs en interaction avec les autres,
  • L’école ne transmet plus des connaissances, des savoirs, mais soutient l’élève à construire des compétences,
  • Il n’y a pas « d’élève en difficulté » ou «  d’élève à risque », mais des élèves à besoins particuliers,
  • Il n’y a pas non plus des élèves « handicapés », mais des élèves en situation de handicap,
  • Il n’est pas question de décrochage scolaire, mais bien de persévérance scolaire,
  • On ne parle plus d’intégration scolaire, mais d’inclusion,
  • … et sans doute bien d’autres terminologies que j’oublie.

J’éprouve un certain malaise concernant ces changements ou ces « modes » qui on le sait, se veulent une indication de « changements », de paradigmes différents. Mon malaise n’est pas une peur de la nouveauté, il se situe au niveau du sens et des conséquences.

Est-ce qu’il se pourrait que parfois on change de terme pour éviter d’identifier le « problème »? Ou parce qu’on ne veut pas faire ressortir une réalité en changeant la terminologie

  • Le décrochage scolaire est un « problème » – scolaire, familial et social. Persévérer est autre chose, c’est l’un des moyens, certes pas le seul.
  • Élève en difficulté, à risque, représente un problème. Une difficulté, un risque d’échec c’est une réalité. Besoins particuliers, c’est au niveau des moyens.
  • L’élève handicapé a un handicap, c’est une réalité.

Réflexion à suivre…

Parfois il faut appeler un chat, un chat.

Pratiques innovantes en éducation

Pour citer ce texte:
Potvin, P. (2015). Pratiques innovantes en éducation. site internet http://pierrepotvin.com/wp. Catégorie Éducation.


Ce texte présente les éléments théoriques qui entourent la notion de pratique innovante. À première vue l’innovation semble une notion simple signifiant la nouveauté et le changement. Cependant lorsque l’on recense les écrits de recherche ou les écrits professionnels sur l’innovation sociale ou plus spécifiquement sur l’innovation en éducation, rapidement on est confronté à la complexité de cette notion. Le texte aborde la notion de pratique, par la suite celle de l’innovation. Suivent les caractéristiques de l’innovation, ses divers types et les étapes de son processus.  En dernier lieu est abordé la question des pratiques exemplaires en lien avec les pratiques innovantes.

 La notion de pratique 

Une pratique en éducation est un acte professionnel réalisé par  l’enseignant, la direction d’un établissement ou par un professionnel non enseignant. Legendre (16)  définit la pratique comme un ensemble d’habiletés acquises par un individu ou par un groupe par l’exercice régulier d’une activité.

La notion d’innovation en éducation

Le terme innovation est généralement associé à la science et à la technologie. Le concept d’innovation, tel qu’on le connaît, s’est développé dans l’univers du progrès technologique. Mais l’innovation revêt aussi une dimension sociale et l’innovation en éducation en fait partie.   (CSÉ) (5)

 Dans différents pays européens, plusieurs autres termes sont synonymes d’innovation. À titre d’exemples en voici quelques-uns : ajustement, amélioration, développement, étude pilote, expérimentation, idées nouvelles concrétisées, modernisation, réforme, renouveau. Ce sont les mots réforme, développement et expérimentation qui sont les plus utilisés avec ou à la place du mot innovation. (Cros) (13). En éducation il existe plusieurs termes pour désigner l’innovation, soit : innovation pédagogique, innovation en éducation, innovation scolaire, innovation en formation. Le Conseil Supérieur de l’Éducation (5) privilégie « innovation en éducation ».

 Les principales définitions de l’innovation en éducation s’inspirent de celle d’Huberman (15), à savoir : « une innovation est une amélioration mesurable délibérée, durable et peu susceptible de se produire fréquemment » (p.7). Plus précisément, Huberman mentionne que l’innovation est une opération dont l’objectif est de faire installer, accepter et utiliser un changement donné. Une innovation doit durer, être largement utilisée et ne pas perdre ses caractères initiaux. Cros (10) mentionne que l’innovation résulte d’une intention et met en oeuvre une ou des actions visant à changer ou modifier quelque chose (un état, une situation, une pratique, des méthodes, un fonctionnement), à partir d’un diagnostic d’insuffisance, d’inadaptation ou d’insatisfaction par rapport aux objectifs à atteindre, aux résultats, aux relations de travail.

De son côté, le CSÉ (5)  nous indique  que lorsqu’il s’agit de définir ce qu’est l’innovation en éducation, il faut tenir compte du fait que son but premier est la réussite de l’élève et que cette réussite doit prendre en considération l’ensemble du développement de la personne. Le CSÉ (5) retient la définition suivante : « l’innovation en éducation est un processus délibéré de transformation des pratiques par l’introduction d’une nouveauté curriculaire, pédagogique ou organisationnelle qui fait l’objet d’une dissémination et qui vise l’amélioration durable de la réussite éducative des élèves ou des étudiants » (p. 26)

Ce qui caractérise l’innovation en éducation

L’innovation en éducation selon les divers auteurs recensés se caractérise principalement par les éléments suivants : une nouveauté, un produit, un changement et une amélioration, une durabilité et une transférabilité.

Une nouveauté

La nouveauté dans l’innovation se distingue de la novation  ou de l’invention. À ce titre, Schon (21)  affirme qu’un acte n’est novateur que s’il ajoute à la somme des inventions connues. Dans le cas contraire, il s’agit seulement d’un emprunt ou d’une diffusion  plus large de l’acte initial. Il faut donc préciser que l’innovation n’est pas une invention, car l’invention est une création nouvelle qui n’avait auparavant aucune existence où que ce soit, tandis que l’innovation est une nouveauté dans un contexte particulier, c’est une nouveauté qui est relative au contexte (parfois une recombinaison de choses anciennes).

Ce qui est nouveau dans l’innovation, ce n’est pas l’objet en question, son contenu, mais essentiellement son introduction dans un milieu donné. C’est en quelque sorte l’assimilation, d’objets, transférés, importés, empruntés à d’autres lieux. (Cros et Adamczewski (12); Cros (10) et  Béchard (2). L’innovation est une idée, une pratique, un objet perçu comme nouveau par les membres d’un système. (Rogers et Shoemaker) (15)

Un produit.

Le produit en question dans l’innovation c’est la substance à laquelle on attribue cette vertu novatrice. La plupart des auteurs considèrent généralement l’innovation comme un produit; une technologie nouvelle; un dispositif institutionnel; une méthode, un processus nouveau,  etc. (CSÉ) (5). L’innovation est une idée, une pratique, un objet perçu comme nouveau par les membres d’un système. (Rogers et Shoemaker) (19)

Un changement et une amélioration.  

C’est en opposition à des pratiques professionnelles considérées comme inopérantes et routinières que se construit le processus de l’innovation. L’innovation a toujours été envisagée comme une action transgressive individuelle ou groupale permettant d’améliorer des situations insatisfaisantes ou, du moins, de résoudre des problèmes. Cependant, l’innovation est autre chose qu’une simple résolution de problème, elle contient en elle-même des germes de créativité et d’originalité. (Cros) (8).

L’innovation résulte d’une intention et met en oeuvre une ou des actions visant à changer ou modifier quelque chose, idéalement un changement positif, une amélioration, un changement volontaire, intentionnel et délibéré. Elle veut le bien, le meilleur pour l’élève. Ce qui implique un changement de comportement, d’attitudes, d’approches de pensée. (Béchard (2) et Cros (13))

Cette innovation est de l’ordre de la créativité, de l’inventivité, de l’initiative par le renouvellement des méthodes, de l’organisation ou des contenus. (Cros) (9)  Il peut y avoir quelques astuces supplémentaires, quelques arrangements ingénieux dans l’action innovante, mais ce qui la caractérise c’est le fait de faire autrement afin d’améliorer ce qui existe. Ceci implique l’introduction d’un mieux-savoir, d’un mieux-faire et d’un mieux-être. On est ici au niveau de la connaissance opérationnelle, de l’art utile, d’une réponse à des attentes d’efficacité, de rentabilité (Cros et Adamczewski) (12)

De son côté Huberman (1973) (15) complète en parlant de motivations créatrices de l’innovation, entendue comme une volonté délibérée de changer les coutumes, de réduire l’écart entre les objectifs du système et les pratiques en vigueur, de redéfinir les problèmes, de reconnaître les nouveaux problèmes et de créer de nouvelles méthodes pour les résoudre.

 Une durabilité et une  transférabilité

L’innovation doit aussi être durable il ne doit pas s’agir d’une action isolée et éphémère. Elle doit sous-entendre une appropriation et une utilisation qui dépassent l’individu qui l’a créée ou implantée. Bref, l’innovation ne doit pas rester une action localisée. Il faut qu’elle se dresse en processus durable. (CSÉ) (5)

 Le renouveau pédagogique, dont l’implantation dans les écoles québécoises s’opère progressivement depuis 2000, s’inscrit dans cette volonté de changement durable. (MELS) (17) Un changement de cette envergure requiert une certaine maîtrise du changement. (CSÉ) (7) Pour le Conseil supérieur de l’éducation, cette maîtrise repose sur une convention des finalités, la gestion du processus de changement, l’adaptation à un environnement en mutation, mais aussi « avoir suffisamment de maturité pour orienter sa destinée et provoquer les adaptations qui apparaissent nécessaires. » (p. 24)

L’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) transgresse en partie le critère de durabilité. Si la révolution numérique est empreinte de permanence et constitue l’un des grands vecteurs de mutation en éducation, les moyens qui en émergent se succèdent à un rythme qui ne permet que des données contextuelles. (OCDE) (18) Malgré l’incapacité de la recherche à démontrer l’effet favorable des NTIC sur les résultats scolaires, certaines tendances positives se dégagent : augmentation de la motivation des élèves, plus grand degré de contrôle par les apprenants, situations d’apprentissage plus réalistes et authentiques, etc. (CSÉ) (6)

Divers types de pratiques innovantes en éducation selon les rôles des acteurs

En innovation en éducation on parle du fait qu’un enseignant, un administrateur ou toute une école mettent en pratique un concept, une attitude ou un instrument qui est quantitativement et qualitativement différent de ceux qui avaient cours auparavant. Le nouveau produit est rendu disponible et est diffusé dans le système tout en étant intégré dans les autres pratiques. (Huberman, 1973) (15).

Pratiques innovantes pour les enseignants

On touche ici aux pratiques d’enseignement où aux pratiques enseignantes  qui se définissent selon Legendre (16)  comme  l’ensemble des activités de l’enseignant orienté par les savoirs et les compétences de celui-ci ainsi que par les fins et normes de la profession d’enseignant  et mis en œuvre dans un milieu  pédagogique particulier. Également les pratiques pédagogiques qui concernent l’une ou l’autre ou l’ensemble des relations au sein d’une situation pédagogique. Corneille Kazadi (4)  précise que ces pratiques  concernent l’art de conduire ou de faire la classe, ce qui relève de  l’organisation et la signification du travail ou encore du domaine de la gestion de classe. Quant aux pratiques didactiques innovantes, elles concernent l’art ou la manière d’enseigner les notions propres à chaque discipline (français, mathématiques, anglais, sciences et technologie, etc.). (Corneille Kazadi) (4)

Pratiques innovantes pour les professionnels

Ici on s’intéresse aux pratiques innovantes en milieu scolaire pour les professionnels en éducation, soit : les conseillers pédagogiques, psychoéducateurs et éducateurs spécialisés, psychologues scolaires, orthopédagogues, conseillers en orientation, travailleurs sociaux. Selon le type de profession et de rôle en éducation ces pratiques prennent des formes très diverses : approches d’intervention, nouvelles méthodes, programmes innovateurs, etc.

Pratiques innovantes pour les administrateurs

Ces pratiques administratives innovatrices peuvent se définir  comme l’ensemble des façons de faire associées à la mise en œuvre des politiques, des règles et des procédures (Legendre). Elles touchent plusieurs sphères de l’activité de gestion d’un établissement. Ces innovations peuvent concerner les changements dans le matériel, ceux qui complètent l’équipement scolaire (salle de classe, multimédia, nouveaux livres, etc.); les changements conceptuels qui portent sur les programmes et les méthodes de l’enseignement; les changements dans les relations interpersonnelles, dans les rôles et les relations réciproques des différents acteurs du milieu.

 Les étapes dans le processus d’innovation

Au niveau du processus, l’innovation peut se réaliser en trois phases : l’expérimentation pilote, les adaptations aux réalités du terrain et l’institutionnalisation ou sa généralisation. inspiré de (Brodin) (3).  En se référant au modèle d’Alter (1)   ces phases peuvent se traduire comme suit : 1) l’innovation est la traduction sociale d’une invention, première phase au point de départ du processus. L’invention peut être le fruit d’une émergence de la base, ou importée de l’extérieur ou imposée par une autorité; 2) la phase de l’appropriation se caractérise par une transformation, par la construction d’un sens nouveau, par une contextualisation, par un transfert de l’invention entre les acteurs; 3) l’institutionnalisation réduit l’incertitude et intègre les pratiques innovatrices dans les règles de l’organisation

Enfin, l’art de l’innovation consiste à adapter puis à faire adopter des réalités inventées, découvertes ou crées antérieurement. L’innovateur fait figure de passeur, de traducteur, adapte et traduit le nouveau pur en nouveauté recevable et applicable, il en assure la promotion et la diffusion. (Cros et Adamczewski) (12)

De la pratique innovante à la pratique exemplaire

Nous utilisons ici le terme pratique exemplaire pour référer au terme anglais Best practice. Qu’est-ce qu’on entend par pratique exemplaire»? C’est la référence à une pratique professionnelle qui est efficace, généralisable et qui s’appuie sur des résultats de recherche. Cette pratique peut avoir les caractéristiques d’une pratique innovante. Le  CSÉ (5)  fait un lien étroit entre innovation en éducation et l’interface entre  la recherche en éducation et les pratiques éducatives.

Pour qu’une pratique innovante devienne une  pratique exemplaire, elle doit être en lien avec la recherche et faire l’objet d’évaluation tant au niveau de son processus que de ses effets. Deux situations peuvent se produire à l’origine d’une pratique innovante et exemplaire.

De la pratique à la recherche

Ainsi, l’innovation pédagogique peut surgir de la pratique. C’est notamment le cas lorsqu’un enseignant rompt avec les méthodes pédagogiques traditionnelles qu’il expérimente de nouvelles façons d’enseigner et qu’il permet à d’autres enseignants d’en bénéficier. (CSÉ) (5) On parle ici d’une pratique innovante. Pour que cette nouvelle pratique devienne une pratique exemplaire, il faut y associer le processus de recherche et d’évaluation. L’innovateur praticien s’associe avec un chercheur afin d’appuyer cette nouvelle pratique par la théorisation, la vérification de ses effets et les conditions de généralisation.

 De la recherche à la pratique

L’innovation peut également émerger des résultats des recherches. C’est ce qui arrive lorsque des enseignants s’inspirent des résultats de la recherche pour modifier leurs pratiques. C’est ici le cas classique du transfert de connaissances. L’innovateur praticien s’associe avec un chercheur afin de raffiner cette pratique innovante. Ainsi, le rapprochement des univers de la recherche et de la pratique éducative peut, lui aussi, favoriser l’émergence de meilleures méthodes et, du même coup, stimuler l’innovation en éducation.

La capacité à innover suppose sans aucun doute la maîtrise des situations acquises, avec ce que cela implique de savoirs savants et de savoirs d’expérience, mais elle suppose tout autant un état d’esprit créatif et imaginatif. La formation à cet état d’esprit, passe avant tout par le sens de la prise d’initiatives, par une réflexion sur la pratique, éclairée à la fois par l’expérience des autres professionnels et par la référence aux théories disponibles. (Cros (9) et CSÉ (5) )

Références

(1) Alter (2000). Cité par Cros (2007). L’agir innovationnel. Entre créativité et formation. De Boeck.

(2) Béchard, (2001 cité par le CSÉ, 2006 p. 25.

(3) Brodin, É. (date non disponible). Innovation en éducation et innovation dans l’enseignement des langues : quels invariants? (Document inédit. Université Paris 3. France.

(4) Corneille Kazadi (2006). Les approches innovantes dans les manuels de mathématiques, Dans Loiselle, J., Lafortune, L. et Rousseau, N. *(2006). L’innovation en formation à l’enseignement. Presse de l’Université du Québec (Québec)

(5) Conseil supérieur de l’éducation (CSÉ) (2006). Rapport annuel sur l’état et les besoins de l’éducation (2004-2005). Le dialogue entre la recherche et la pratique en éducation : une clé pour la réussite. Québec.

(6) Conseil supérieur de l’éducation (CSÉ) (2000). Rapport sur l’état et les besoins de l’éducation (1999-2000). Éducation et nouvelles technologies : Pour une intégration réussie dans l’enseignement et l’apprentissage. Québec.

(7) Conseil supérieur de l’éducation (CSÉ) (1995). Rapport annuel sur l’état et les besoins de l’éducation (1994-1995). La maîtrise du changement en éducation. Québec.

(8) Cros, F. (2007). L’agir innovationnel. Entre créativité et formation. De Boeck.

(9) Cros, F.  (26 mars 2002 -2) Conseil national de l’innovation pour la réussite scolaire. Rapport d’étape au ministre de l’éducation national.

(10) Cros, F. (novembre 2001-1)  L’innovation scolaire (Enseignants et Chercheurs – Synthèse et mise en débat – INRP -)

(11) Cros, F. (2001). Politiques de changement et pratiques de changement. Paris : INRP.

(12) Cros, F. et Adamczewski, G. (1996) cité dans Legendre, R. (2005) Dictionnaire de l’éducation. Gérin, Montréal. 3e édition.

(13) Cros, F. (date non disponible) Innovation en éducation et en formation. Sens et usage du mot. Rapport final. INNOVA. Observatoire européen des innovations en éducation. Document inédit.

(14) Génelot, D. (1992). Gérer dans la complexité. Paris : Insep éditions.

(15) Huberman, A.M. (1973). Comment s’opèrent les changements en éducation : contribution à l’étude le l’innovation. Expérience et innovation en éducation no. 4. Unesco : BIE

(16) Legendre, R. (2005). Dictionnaire de l’éducation. Gérin, Montréal. 3e édition.

(17) Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) (2005). Le renouveau pédagogique : Ce qui définit « le changement ». Québec.

(18) Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) (2008). Les grandes mutations qui transforment l’éducation. Paris.

(19) Rogers, E. et  Shoemaker, F.F. (1971). Dans Savoie-Zajc, L. (1993) cité dans Legendre, R. (2005) Dictionnaire de l’éducation. Gérin, Montréal. 3e édition.

(20) Savoie-Zajc, L. (1993) cité dans Legendre, R. (2005) Dictionnaire de l’éducation. Gérin, Montréal. 3e édition

(21) Schon (1967 cité par Huberman, 1973). Comment s’opèrent les changements en éducation : contribution à l’étude le l’innovation. Expérience et innovation en éducation no. 4. Unesco : BIE