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Loi 40: CHANGEMENTS EN ÉDUCATION: PAS DE PANIQUE SVP

CHANGEMENTS EN ÉDUCATION: PAS DE PANIQUE SVP

https://www.aqcs.ca/2020/02/12/changements-en-education-pas-de-panique-svp/?fbclid=IwAR0GiSqXrSw9zUZUrWuPHnce0P6eKUKHUIP538ocmhmASZxpxR3cvxVH1Bs

LETTRE OUVERTE

Collectif d’auteurs*

Dans la foulée de l’adoption du projet de loi 40, qui introduit notamment une nouvelle gouvernance scolaire et qui mise sur une gestion collaborative, nous, partenaires de l’éducation provenant d’horizons variés, sommes déterminés à mettre en place les conditions pour que notre système continue de demeurer l’un des meilleurs au monde afin d’assurer la réussite éducative.

Depuis ses débuts, notre réseau a connu son lot de réformes et de transformations, de coupures et de réinvestissements, mais jamais les acteurs de ce réseau n’ont perdu de vue la quête vers l’excellence, le souci d’être au service des clientèles et la qualité de l’enseignement dispensé. C’était le cas avant le projet de loi 40 et ce ne sera pas différent dans le cadre des changements en cours.

Nous avons aujourd’hui la responsabilité de nous unir pour continuer à transmettre le savoir, développer les compétences et le savoir-être des prochaines générations et mettre à la disposition de ces élèves les outils pour faire éclore leur plein potentiel.

Nous trouvons important de rappeler à toute la population qu’aujourd’hui, les élèves – jeunes et adultes – évoluent dans le même réseau qui a permis au Québec de se hisser parmi les sociétés les plus instruites. Il est aussi bon de rappeler que cette transformation des commissions scolaires en centres de services scolaires ne changera en rien la névralgique et noble mission qui est la nôtre : celle de favoriser la réussite éducative. Certes, la gouvernance changera et le fonctionnement sera appelé à évoluer, mais pour le reste, l’école d’hier évoluera vers l’école de demain.

Les parents engagés continueront à prendre leur place et exercer leur rôle dans les instances scolaires. Les parents ayant des inquiétudes ou des questions pourront toujours contacter l’équipe-école ou encore le personnel des commissions scolaires ou des centres de services scolaires.

Les directions générales, les directions d’établissements, les cadres scolaires et les parents impliqués dans les instances scolaires sont résolument engagés, depuis longtemps, à améliorer un réseau déjà performant, mais encore perfectible. Aujourd’hui, la nouveauté doit se juxtaposer à la continuité.

Nous tenons à saluer et à remercier tous les commissaires pour leur ardeur, leur passion, leurs actions et leur engagement dans les écoles et dans les communautés.

Le gouvernement a exprimé sa volonté de moderniser la gouvernance du réseau d’éducation publique. Nous sommes prêts à travailler en collaboration pour mener à bien la transition, valoriser l’école publique, consolider les acquis, maintenir le processus d’amélioration continue et enregistrer des progrès.

Nous avons le devoir d’essayer, mais l’obligation de réussir, ENSEMBLE.

*Sont signataires de cette lettre :

Lucien Maltais, président de l’Association des directions générales des commissions scolaires (ADIGECS)

Jean-François Parent, président-directeur général de l’Association québécoise des cadres scolaires (AQCS)

Carl Ouellet, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE)

Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE)

Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES)

Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ)

L’effet enseignant

Voici une vision très positive du rôle de l’enseignant
https://www.lequotidien.com/opinions/leffet-enseignant-874558aff15dc50e7a6f573c03902f66?fbclid=IwAR3vi5xmH5zXromKC6CXxxrPyAYIF4DLCoEh_m0AhuZ3oLc0GlncH52ofpM

L’effet enseignant

 
CARREFOUR DES LECTEURS
Le Quotidien

Les auteurs de cette lettre d’opinion, Stéphane Allaire, Nicholas Bussières, Patrick Giroux, Joëlle Duval, Claude Bordeleau, Catherine Dumoulin, Marie-Pierre Baron, Pascale Thériault, Nicole Monney et Loïc Pulido, sont professeurs au Département des sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

OPINION / La Semaine québécoise des enseignantes et des enseignants se tient du 2 au 8 février. Elle offre une occasion toute particulière de reconnaître l’importance du travail accompli par ces professionnels auprès des élèves du préscolaire, primaire et secondaire. En tant que formateurs et chercheurs en éducation, nous sommes régulièrement témoins de son ampleur et de sa qualité.

L’effet enseignant réfère à l’influence qu’un enseignant exerce sur l’apprentissage, le développement et la réussite des élèves qu’on lui confie. 

Le travail est loin de se limiter à connaître un contenu, en parler et garder la classe tranquille. Il y a beaucoup plus.

En voici un aperçu.

Un enseignant dispose d’une vaste culture générale, l’enrichit continuellement et donne le goût d’apprendre aux élèves.

Il fait preuve d’une maîtrise supérieure de la langue française et en valorise l’importance.

Il maintient une relation de qualité avec les élèves afin qu’ils aient confiance en leur capacité de réussir. Il apprend à les connaître, individuellement et personnellement. Il est un modèle positif pour les élèves.

Il agit parfois à titre de confident. Il offre du soutien moral lorsque nécessaire.

Il possède une connaissance approfondie du programme de formation à enseigner.

Il comprend comment un élève apprend. Il explique la matière en tenant compte du niveau des élèves et des difficultés de compréhension qu’ils peuvent rencontrer.

Il dispose de plusieurs approches et stratégies pour aider les élèves à surmonter leurs difficultés.

Il crée des activités d’apprentissage originales et signifiantes qui motivent les élèves et leur permettent de développer leurs compétences.

Il fournit régulièrement des commentaires constructifs aux élèves pour qu’ils puissent bonifier leurs savoirs.

Il évalue les acquis des élèves avec précision et impartialité.

Il résout une diversité de problèmes de comportement avec bienveillance. 

Il conseille, oriente, explique et réexplique aussi souvent que nécessaire et patiemment.

Il gère plusieurs situations dans de courts délais.

Il est conscient des différences entre les élèves. Il tient compte de cette diversité importante au sein de la classe. Il cherche à inclure chaque élève, peu importe sa situation, difficulté, problème ou handicap, et en dépit de moyens insuffisants.

Il se concerte avec les autres intervenants et les parents pour maximiser les chances de réussite des élèves.

Il partage des conseils et du matériel pédagogique à ses collègues pour leur venir en aide.

Il fait usage de nouveaux outils, technologies et connaissances disponibles.

Il cherche constamment à améliorer son travail.

Il participe à des réseaux de pairs.

Il contribue au développement de sa profession, par exemple, en prenant part à des projets de recherche ou en accueillant de futurs enseignants dans sa classe.

Il se comporte de façon exemplaire, même lorsque la situation pourrait mettre la patience d’autres personnes à rude épreuve. Il est enseignant 24 heures par jour, sept jours par semaine, 365 jours par année.

Il participe de près au développement de l’identité des petits Québécois. Par ses interactions avec eux, petits citoyens deviennent grands…

En définitive, un enseignant fait une différence déterminante dans la vie des élèves, voire LA différence ! La contribution sociale qu’il offre est fondamentale et des plus complexe à mettre en œuvre. Elle mérite d’être reconnue davantage. Nous souhaitons vivement qu’elle le soit.

En guise de geste de valorisation de la profession, nous invitons nos collègues et toute autre personne à joindre leur voix à la nôtre en faisant circuler ce texte ou tout autre commentaire appréciatif dans leurs réseaux avec la mention #EffetEnseignant.

Chères enseignantes et chers enseignants, merci pour votre contribution au développement de la jeunesse québécoise.

(Humour) La femme de ménage et l’enseignante

Vraiment drôle ou triste… la femme de ménage à l’école et l’enseignante. Cette petite vidéo montre comment la terminologie en éducation est devenue ridicule, mais aussi la triste réalité de ce  l’école publique est devenue… il n’y a plus d’élèves ordinaires dans une classe … 

https://www.youtube.com/watch?v=w7TYU8E5hHM

Cette vidéo humoristique me fait penser à celle du Bonhomme de neige qui suscite la controverse

http://pierrepotvin.com/wp/index.php/2018/11/23/humour-le-bonhomme-de-neige-qui-suscite-la-controverse/

Attention aux outils d’intervention – soyez critique

Voici un exemple d’outil d’intervention « éducative » qui mérite la crique et l’analyse. On laisse entendre que l’enfant est le responsable de ses actions, de ses paroles, de son bonheur, de ses choix, de ses réussites. Il y a plusieurs miroirs qui permettent à l’enfant de se voir, de s’identifier…

 

Voici la critique que j’ai fait sur Facebook ou cet outil était partagé

Pierre Potvin OUPS! Attention, pas certain que c’est si « pédagogique » que ça. Attention à la « surresponsabilisation ». La vie, l’éducation c’est pas mal plus compliqué que de dire : tu es responsable de tes choix, de ton bonheur… Si c’était aussi simple, Prenez le temps d’analyser la signification de ce tableau. L’enfant, l’ado. a une part de responsabilité seulement. Comme on dit en recherche c,est multifactoriels. Et si l’enfant a des problèmes de comportement, s’il est malheureux, « c’est son choix.? OUF! C’est quoi cette logique? Moi ce que je reproche à la recherche de « trucs » de « techniques » c’est le manque de réflexion, d’analyse, d’évaluation…. Le débat est ouvert…

 

  • Pierre Potvin Il fut un temps comme intervenant ou je « trippais » sur les trucs moi aussi… puis à force de réaliser des travaux de recherche et d’évaluation, je suis devenu plus « humble » et plus critique.

    Pierre Potvin Je ne recommande certes pas cet outil. Je pense même que ce peut être nuisible pour les enfants… culpabilisant.

    ***

    A-Anne Fortin Pierre Potvin quel plaisir de lire une référence crédible sur les réseaux sociaux! 🙂 J’ai étudié vos publications dans le cadre de ma maîtrise de psychoéducation. Avant de remarquer que vous étiez l’auteur de ce commentaire, je me suis fait la réflexion suivante: Quel régal que de lire un commentaire aussi réfléchi et surtout nuancé et expliqué sur facebook au sujet de l’intervention! Je me lasse de ces partages de trucs et stratégies surgénéralisées et utilisées on ne sait trop comment, on ne sait trop pourquoi, hors contexte et présentées comme étant LA solution… certes inspirant à l’occasion, mais ne convenant pas à tout un chacun…
    Au plaisir de vous lire à nouveau 🙂

 

La neuro-éducation sous le feu de la critique (Normand Baillargeon)


Normand Baillargeon

12 octobre 2019CHRONIQUE

De temps en temps, je vous proposerai quelques résultats de recherche qui méritent d’être connus. En voici… l’une d,entre elles.

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/564641/du-cote-de-la-recherche?utm_source=infolettre-2019-10-12&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

La neuro-éducation est à la mode et on fait toutes sortes de grandes promesses en son nom. Mais de nombreux chercheurs restent critiques et sceptiques. Si vous souhaitez connaître certains de leurs arguments, je vous invite à lire un texte de Jeffrey S. Bowers paru en 2016.

La neuro-éducation, rappelle-t-il, est l’application à l’enseignement en classe des résultats des neurosciences. Elle prétend pouvoir améliorer celui-ci en proposant de nouvelles manières plus efficaces de procéder.

Le point de vue de Bowers est radical. Il soutient d’abord et s’efforce de montrer qu’il n’existe aucun exemple de pratique nouvelle qu’aurait proposée la neuro-éducation. Ce qu’elle met en avant est en effet ou bien trivial, parce qu’évident, ou bien trompeur, parce que connu par des recherches menées ailleurs qu’en neurosciences, ou bien non justifié, parce que ce qui est préconisé ne découle pas de ce qu’enseignent les neurosciences ou se trompe à propos de ces qu’elles permettent d’affirmer.

Pire : Bowers affirme qu’il y a de bonnes raisons de penser que non seulement la neuro-éducation n’a pas amélioré l’enseignement, mais qu’elle ne pourra pas non plus l’améliorer dans l’avenir.

Référence de l’article de Jeffrey S. Bowers paru en 2016.

http://www.scalab.cnrs.fr/images/bowers.response.PsyReview.pdf

La motivation de nos comportements et le Circuit de récompense  – une analyse neurobiologique

 

Introduction

On le sait, le comportement humain, la motivation, les émotions sont des produits de notre cerveau. Chaque geste, chaque émotion et chaque pensée mettent en jeu une activité neuronale complexe avec la participation de différentes régions du cerveau et l’entrée en jeu de neurotransmetteurs, d’hormones, d’activités biochimiques et électriques.

Un aspect de notre cerveau qui me fascine, c’est le circuit de récompense. Qu’est-ce qui se passe lorsque nous avons un besoin vital ou non vital? Quelle est la place du désir, de la récompense ou du plaisir dans la réponse à un besoin?

Ce texte se réfère à deux sources principales : Pierre Potvin (2017). Qui sommes-nous, nous, les humains? et Bernard Sablonnière (2012). La chimie des sentiments.

Le circuit de récompense

Le neuroscientifique Damasio (1999) fait observer que la récompense conduit les organismes à s’ouvrir et à se tourner vers leur environnement, à l’approcher, à le rechercher, et ce faisant, à augmenter et leur chance de survie et leur vulnérabilité. Au contraire, la punition conduit les organismes à se refermer sur eux-mêmes, à se figer et à se retirer de leur entourage.

Afin de favoriser la survie de l’espèce, la nature a prévu de nous récompenser lorsqu’on assumait nos fonctions vitales, comme se nourrir, réagir à l’agression et se reproduire. Au cours de l’évolution de notre espèce, s’est développé dans notre cerveau un circuit de neurones dans des régions dont le rôle est de récompenser l’exécution de ces fonctions vitales par une sensation agréable (le plaisir, la sensation de satisfaction lors de la réponse à un besoin).

Ce réseau pour la récompense et la punition relie des régions parmi les plus primitives du cerveau. La zone du mésencéphale, l’aire tegmentale ventrale, qui reçoit des informations sur les besoins de l’organisme lié à la satisfaction de nos besoins vitaux. C’est aussi un circuit d’apprentissage qui nous incite à renouveler les expériences agréables acquises au cours de notre existence. Associé à la mémoire, ce réseau est à la base de nos motivations et donc de la plupart de nos comportements. Il est à la base des résultats qui récompensent nos efforts, des sensations agréables, des compliments ou des gratifications qui nous incitent tout naturellement à reproduire les comportements et à persévérer .

Le processus de récompense, ou de renforcement, lors de la réalisation de nos comportements est fondamentale, puisqu’il favorise la reproduction ou la répétition de nos comportements. Il est indispensable à notre survie, car il nous fournit la motivation nécessaire à la réalisation des actions ou des comportements qui nous protègent et nous permettent de survivre.

Ce système de renforcement est constitué d’une composante affective en lien avec le plaisir provoqué par les récompenses (sensation agréable), ou au déplaisir provoqué par les « punitions » (l’inhibition du plaisir, le blocage et la sensation désagréable), d’une composante motivationnelle en lien avec le désir d’obtenir la récompense ou à éviter l’état désagréable et enfin d’une composante cognitive évaluative de l’importance de l’événement ou de la situation, soit l’attribution du sens.

Pour Sablonnière (2012), ce médecin chercheur en biologie moléculaire, désirer c’est se mobiliser et activer un comportement menant à l’acquisition de l’objet désiré ou au but à atteindre qui a pour conséquence, lors de l’atteinte, de ressentir le plaisir provoqué par la récompense. Le désir se situe à mi-chemin entre le besoin et la récompense (le plaisir).    

Il existe un trio important dans notre organisme : le besoin, le désir et le plaisir qui sont associés au circuit de récompense qui lui est programmé dans notre cerveau. Au départ, il y a le besoin auquel est associé le désir qui est cet empressement à trouver l’objet qui nous manque (la nourriture, les objets de consommation, le pouvoir ou l’argent). « Le désir déclenche un ressenti, véritable moteur du comportement motivé par l’obtention d’une récompense (le plaisir ».

Regardons maintenant le processus neurobiologique de l’action du circuit de récompense tel que le présente Sablonnière (2012, p. 108). « Lorsqu’une récompense est en vue, le désir est déclenché par la libération dans le tronc cérébral d’un neurotransmetteur, la dopamine. Celle-ci active différentes régions du circuit de la récompense : les ganglions de la base du striatum et pallidum,  le noyau accumbens, l’amygdale et le cortex orbitofrontal. Ce qui déclenche un comportement impulsif et nous pousse à agir. Une fois la récompense obtenue, la dopamine active la libération des neurotransmetteurs du plaisir : endorphine, endocannabinoïde et sérétonine.  Les neurotransmetteurs du plaisir exercent des effets euphoriques et relaxants. Ils diminuent le stress, l’anxiété et induisent la sensation de bien-être et celle du plaisir ».

Sablonnière (2012, p. 109) poursuit son analyse du circuit cérébral de la récompense en décrivant ce qui se passe dans le cerveau :

  1. Les perceptions sensorielles de l’objet du désir (ex : l’odeur d’un croissant au beurre, le visage d’un être aimé) intégrées dans le cortex parviennent à deux régions du tronc cérébral, l’aire tegmentale ventrale et le noyau accumbens, déclenchant la libération de dopamine.

  2. Cela active le cerveau limbique (cerveau des émotions), qui analyse l’affect émotionnel (agréable ou désagréable) de l’objet du désir.

  3. Parallèlement, le cortex préfrontal va prendre ou non la décision d’aller vers cet objet.

  4. Le noyau accumbens envoie alors les informations liées à cette décision vers le tronc cérébral et les voies motrices pour enclencher l’action (ex : entrer dans la boulangerie ou embrasser son partenaire).

  5. Une fois la récompense obtenue, l’activation de l’hypothalamus va donner naissance aux ressentis affectifs et corporels du plaisir ( chaleur, joie, sensation de bien-être).

« Le circuit de récompense (besoin-désir-plaisir -récompense), se déclenche pour tout comportement de motivation. C’est la perspective d’une récompense ultérieure (argent, affection, pouvoir, etc.) qui nous incite à produire un effort physique ou mental »  (Sablonnière (2012, p. 109)

Application
(un essai – non validé)

Pour mieux voir les schémas cliquez dessus

Note. Disons que c’est un peu plus complexe que cela dans la réalité, car entre en jeu d’autres facteurs qui vont favoriser ou entraver l’action, l’obtention du désir et la satisfaction.

Prenons l’exemple du besoin vital qu’est la faim. Pour réaliser le désir de manger, il faut avoir accès à la nourriture. Aussi, si je dois respecter un régime, il se peut qu’entre en jeu une interdiction de satisfaire le besoin de manger, pour le moment, etc. L’analyse qui va se faire dans le cortex préfrontal va m’amener vers une autre solution pour répondre à mon besoin, ou de ne pas y répondre.

L’autre exemple, la solitude. Lorsque vient le désir de voir des amis, il y a un processus d’analyse de l’affect (agréable ou désagréable). Je vais m’interroger à savoir si c’est la bonne solution. Le souvenir de la dernière rencontre avec des amis, si ce fut désagréable, il est possible que cette solution doive être remplacée par une autre. Vous voyez que finalement c’est complexe. 

Si vous avez une façon d’analyser ces exemple ou le processus du circuit de récompense vous êtes bienvenues dans la zone des commentaires.

Références

Potvin, P. (2017). Qui sommes-nous, nous, les humains. Les Éditions Première chance. Chapitre 6 Le cerveau – Le cerveau et le système de récompense et de punition (p. 89-93).

Bernard Sablonnière (2012). La chimie des sentiments. Éditions Jean-Claude Gawsewitch 199 p.(UQTR – QP 401 S23)  

Bernard Sablonnière est médecin biologiste, professeur de biologie moléculaire à l’université Lille-II, chercheur à l’Iserme, spécialiste des maladies neurodégénératives.

Autres livres de Bernard Sablonnière

Bernard Sablonnière (2016). Les nouveaux territoires du cerveau. Éditions Odile Jacob sciences 237 p. (UQTR – QP 376 S233)  

Bernard Sablonnière (2013). Le cerveau. Les clés de son développement et de sa longévité. Éditions Jean-Claude Gawsewitch 255 p. (UQTR – QP 376 S23)  

 

 

 

Mon nouveau site Internet: Productions Pierre Potvin

Présentation de mon nouveau site Productions Pierre Potvin

Il me fait plaisir de vous présenter mon nouveau site Internet
http://www.pierrepotvin.com/wp/livres 

Ce site est dédié à la promotion de mes livres, mais également aux outils de soutien à l’intervention psychoéducative dont je suis  auteur ou co-auteur.

Partagez la bonne nouvelle si vous trouvez cela pertinent.

 

Mon parcours – 5 minutes d’entrevue-Un aîné inspirant

Voici une belle entrevue je crois sur mon parcours scolaire et professionnel.
Durée 5 minutes  – Émission MA tv Ère libre – un aîné inspirant

Mettre le curseur de 21 min. jusqu’à 25 min.

https://matv.ca/montreal/mes-emissions/ere-libre/les-baby-boomers-et-le-pouvoir-des-personnes-agees

Trois livres pour la rentrée scolaire – 30% de rabais Béliveau Éditeur

Profitez de l’occasion de la rentrée scolaire pour vous procurer trois de mes livres avec un rabais de 30% Béliveau Éditeur – mot-clé « Scolaire ».

Pour voir la tables des matières voir:
http://pierrepotvin.com/wp/index.php/mes-livres/

Les nouveaux élèves issus d’une nouvelle société

 

Auteur : Jeanne Dumas (Face Book 27 août 2019)

 

« Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l’immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille « faisait des enfants », aujourd’hui, c’est l’enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l’enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de « mauvais parents »…( Déclaration de Philippe Meyrieu, pédagogue)
Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n’avons qu’à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.
Cette conjonction entre un phénomène démographique et l’émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d’achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire.
Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n’ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l’extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s’apparente à une cocotte-minute.

Dans l’ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une « pédagogie de garçon de café », courant de l’un à l’autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.
Il est vampirisé par une demande permanente d’interlocution individuée. Il s’épuise à faire baisser la tension pour obtenir l’attention. Dans le monde du zapping et de la communication « en temps réel », avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de « faire l’école ». Beaucoup de collègues buttent au quotidien sur l’impossibilité de procéder à ce que Gabriel Madinier définissait comme l’expression même de l’intelligence, « l’inversion de la dispersion ».
Dès lors que certains parents n’élèvent plus leurs enfants dans le souci du collectif, mais en vue de leur épanouissement personnel, faut-il déplorer que la culture ne soit plus une valeur partagée. »

Lexique sur le transfert de connaissances en éducation

Voici un document très utile afin de bien utiliser la terminologie en transfert de connaissances en éducation ainsi qu’en recherche

https://www.ctreq.qc.ca/wp-content/uploads/2017/08/CTREQ-Lexique_VF.pdf

La méditation à l’école contre l’anxiété chez les enfants

La méditation gagne du terrain dans les écoles

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JEAN-BENOIT LEGAULT
La Presse Canadienne
Montréal

https://www.lapresse.ca/actualites/education/201906/08/01-5229376-la-meditation-gagne-du-terrain-dans-les-ecoles.php

Maux de ventre, gorge serrée, sanglots, ongles rongés jusqu’au sang… Les élèves des écoles primaires du Québec semblent de plus en plus anxieux, et leurs enseignants se sentent souvent impuissants face à la situation.

Certains se tournent maintenant vers la méditation pour leur venir en aide.

« On voit vraiment un gain de popularité important en milieu scolaire depuis quelques années, qui dépasse la vitesse à laquelle on fait de la recherche », a confié la docteure Catherine Malboeuf-Hurtubise, du département de psychologie de l’Université Bishop’s.

Environ 12 % des élèves du secondaire auraient reçu un diagnostic de trouble de santé mentale tel que l’anxiété, la dépression ou le déficit d’attention, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Elsa Monsché, qui enseigne au niveau primaire depuis plus de 20 ans dans l’est de l’île de Montréal, a implanté un programme de méditation dans sa classe de 5e année en septembre 2018.

« Je remarque depuis que j’enseigne que les enfants sont de plus en plus anxieux, a-t-elle dit. Ils ont de la difficulté à gérer leurs émotions reliées à l’anxiété et il y a beaucoup d’anxiété de performance. J’ai fait de l’anxiété au début de la quarantaine, et j’ai trouvé ça extrêmement difficile à gérer même si je suis une adulte. Quand ce sont des enfants en plus, ils ne savent pas encore comment bien gérer ça, donc je voulais les outiller pour en faire des adultes capables de gérer leur anxiété plus facilement que moi j’ai pu la gérer quand ça m’est arrivé. »

S’il est encore trop tôt pour mesurer l’impact exact qu’a la méditation sur le stress et l’anxiété des enfants, des constatations anecdotiques permettent de croire qu’ils sont nombreux à intégrer la pratique à leur vie quotidienne et à en retirer des bienfaits.

Enseignants démunis

« Les professeurs veulent implanter des interventions qui visent à ralentir le rythme un peu, a expliqué Mme Malboeuf-Hurtubise. Les profs nous disent qu’ils ne se sentent pas outillés pour aider leurs élèves à mieux gérer leur stress, à mieux gérer leur anxiété. Ils notent la détresse psychologique de leurs élèves et ils sont à la recherche d’outils qui pourraient les aider. Ils se sentent un peu démunis […] et (la méditation) est un outil qu’on propose parmi plusieurs autres. »

Les ressources dont ils disposent à cette fin se multiplient.

Le manuel « Mission Méditation » développé par Mme Malboeuf-Hurtubise et le chercheur Éric Lacourse est très populaire auprès des enseignants du Québec.

Mme Monsché a plutôt suivi la formation offerte par l’Institut CIME.

« Le programme que j’ai suivi est fait pour des enfants de cet âge-là, a-t-elle expliqué. On amène ça tranquillement […] un peu comme un outil. Les enfants se reconnaissent dans la situation de départ et dans le questionnement qui leur est amené. »

Mme Malboeuf-Hurtubise et ses collègues offrent de leur côté quatre ou cinq ateliers chaque année à l’intention des enseignants et autres intervenants en milieu scolaire.

« La formation est très expérientielle […], a-t-elle dit. On leur fait vivre les méditations, on les fait méditer, et ensuite aussi on leur offre la possibilité de s’exercer, de méditer. »

Bien accueillie

La méditation pratiquée dans les écoles n’est pas celle des gens assis en cercle qui chantent « ahoummm » en faisant brûler de l’encens. Elle s’inspire plutôt de la méditation de la pleine conscience, qui appelle à faire une pause pour prendre pleinement conscience des émotions qui nous habitent en ce moment.

Mme Malboeuf-Hurtubise parle plutôt d’une « présence attentive », qui a été adaptée par le professeur Jon Kabat-Zinn à partir des écrits bouddhistes pour diminuer la douleur de ses patients et qui s’est tranquillement adaptée à l’enfance.

« Les enfants sont très ouverts d’esprit, très curieux, rappelle-t-elle. Le livre a été conçu pour proposer des activités qui ne sont pas trop arides pour les enfants, qui sont ludiques, qui sont concrètes, donc ils aiment ça. »

Tout cela vise à favoriser une meilleure santé mentale, ajoute la chercheuse. L’enfant qui est dans l’instant présent, qui prend le temps de se « déposer », de voir quelles émotions il ressent dans le moment présent, de prendre conscience de ses pensées et de ses sensations physiques sera ensuite plus à même de reconnaître les moments où il est plus anxieux et donc de briser « le processus de spirale d’anxiété qui prend beaucoup d’ampleur », a-t-elle dit.

Mme Monsché demande à ses enfants de méditer deux minutes après la récréation du matin et deux minutes en revenant du dîner. Les élèves ont aussi la liberté de méditer quand ils en ressentent le besoin.

« La méditation de l’arbre, la méditation du ballon, la méditation du coeur ouvert… Elles ont toutes des significations et elles sont toutes différentes pour être utilisées dans des contextes différents : si tu te sens stressé, si tu as peur de quelque chose, si tu as envie de te calmer… », a-t-elle expliqué.

Elle a pris soin d’expliquer aux parents que la pratique de la méditation n’a rien à avoir avec une religion ou une autre. Les échos qui lui sont ensuite parvenus étaient pratiquement tous positifs : des parents ont fait état d’enfants qui méditaient chez eux, dans leur chambre ou encore dans un coin qu’ils avaient aménagé spécifiquement à cette fin.

« Je pense que ce sont des outils que, s’ils ne les utilisent pas maintenant en 5e année, je pense qu’à certains moments de leur vie ça va leur rester, a lancé Mme Monsché. Je pense que c’est une pratique que certains vont avoir adoptée à partir de maintenant. Ça fait son petit bout de chemin. »

Cela étant dit, comme n’importe quelle autre matière enseignée à l’école, la méditation ne rejoindra pas tout le monde.

« Il y en a encore pour qui c’est difficile de s’arrêter, a-t-elle confié. J’en ai qui embarquent plus que d’autres. Je les vois, ils sont dans leur état, c’est leur deux minutes, mais pour d’autres je vois que c’est vraiment plus difficile. Ils ne dérangeront pas, mais ils ne feront pas vraiment la méditation. J’ai un lot d’enfants qui a de la difficulté à s’arrêter, à s’intérioriser. Je me dis que si je n’avais pas mis ça en place, si je n’avais pas fait ces pauses-là dans la journée, selon moi ce serait pire. »

 

Débat Maternelle 4 ans vs CPE : partie 2 – réflexion suite aux mémoires déposés au Gouv.

Cet article est une suite à ‘article: Débat maternelle 4 ans vs CPE : veut-on préscolariser nos enfants de 4 ans ou non?

Note: Ce débat n’est pas récent, en 1984 (il y a 35 ans),le chercheur Richard Cloutier, signait un rapport de recherche La garderie ou la maternelle, quelle différence pour l’enfant

Mes réflexions sont influencées par la présentation de certains mémoires à la commission parlementaire sur le projet de loi 5  touchant l’implantation des maternelles 4 ans.

D’excellents mémoires ont été présentés, entre autres ceux de:

  • L’Ordre des psychologues du Québec
  • Égide Royer, psychologue et spécialiste en adaptation scolaire
  • André Lebon, au nom de 70 acteurs en éducation, santé et services sociaux, dont des chercheurs
  • Georges Tarabulsy, psychologie Université Laval et chercheur d’expérience en petite enfance
  • Sylvana Côté (Richard E Tremblay) (GRIP)
    Monique Brodeur (chercheuse et ex-doyenne de la Faculté d’éducation UQAM)
  • Association Québécoise des CPE
  • Association des Directeurs généraux des commissions scolaires, Association de parents – garde scolaire, Organismes communautaires (Parents), Syndicats d’enseignants, etc.

La vision des chercheurs et des praticiens apportent une richesse à la compréhension des enjeux. Toutefois, la polarisation, les points de vues en opposition rendent difficiles la possibilité de se faire une idée claire sur les choix à faire. Le débat tourne autour de: doit on investir à renforcer et déployer les services à la petite enfance (CPE – garderies) ou ajouter le déploiement de la maternelle 4 ans? Se limiter aux milieux défavorisés ou déployer à tous les milieux?

Voici ce que je retiens d’important des présentations des mémoires et qui aide à se faire une meilleure idée des éléments importants à retenir, malgré la polarisation des points de vue.

  • Les recherches. Il n’existe pas à l’heure actuelle d’études longitudinales ou de recherches qui démontrent que l’environnement des CPE (garderie) ou de la maternelle 4 ans est plus efficace l’un que l’autre pour favoriser la réussite éducative et prévenir le décrochage scolaire au secondaire. Sur ce sujet, les recherches restent flous et contradictoires. Ce qui est démontré par la recherche, c’est que si l’on intervient tôt sur le développement des enfants, particulièrement ceux qui sont vulnérables, les chances de favoriser la réduction des vulnérabilités et de favoriser la réussite éducative est plus grande. Toutefois, lors des audiences sur la maternelle 4 ans, certains chercheurs, selon leurs expertises, vont orienter leurs recommandations dans des directions opposées. Favorisant un milieu plutôt qu’un autre (CPE vs Maternelle 4 ans) : Exemple de chercheurs entendus – Égide Royer, Jacques Moreau,Philip Merrigan, Sylvana Côté, Georges Tarabulsy, Monique Brodeur.

 

  • Il est important de comprendre que les chercheurs qui présentent un mémoire et qui favorisent un environnement plutôt qu’un autre se basent sur leur champ de recherche. Dans le débat actuel, deux champs de recherche sont ciblés: la recherche en éducation (favoriser la réussite éducative et prévenir le décrochage scolaire) et la recherche sur le développement de la petite enfance (domaine de la famille, de la santé et des services sociaux) – favoriser le développement du plein potentiel des enfants et contrer les vulnérabilités. Ce sont deux finalités importantes, justifiées et complémentaires.

 

  • Pas d’opposition entre service de garde et maternelle 4 ansL’on doit éviter d’opposer les services à la petite enfance (CPE, garderies) et l’offre de la maternelle 4 ans. Il est important d’offrir une panoplie de services aux parents. Selon les milieux et les régions (grande ou petite population) l’offre de services doit être variée pour répondre à la réalité du milieu (CPE – garde en milieu familial, Maison de la famille, maternelle 4 ans, halte garderie, etc.). Il est mentionné que pour les parents, la proximité (question de transport) la flexibilité, le coût sont des éléments importants dans le choix de services.

 

  • La qualité des services. Ce qui est le plus important, peu importe le type de service – CPE – garderie ou maternelle 4 ans  – c’est la qualité des services. Cette qualité de service dépend de l’environnement adéquat pour les enfants de 4 ans, la qualité du programme, la qualité et l’expertise des intervenants (enseignante ou technicienne). Plusieurs intervenants ont insisté sur cette importance de qualité.

 

  • Pas seulement la qualité du développement global. Le programme d’intervention doit dépasser le développement global de l’enfant (les cinq sphères de développement). Il faut ajouter, dans une approche ludique, la littératie et la numératie effectuée par des pédagogues formées dans ce domaine éducatif – enseignante de prématernelle. Également ajouter, suite au dépistage, l,intervention ciblée par l’intervenante et les services professionnels.

 

  • Une politique nationale de la petite enfance. Avoir une vision d’ensemble des besoins selon les territoires, selon les besoins des parentes. Avoir une stratégie de déploiement des ressources. Travailler en concertation, collaboration – les trois ministères – Santé et services sociaux – Famille – Éducation.

 

  • La qualité de la formationQue ce soit en CPE ou en maternelle 4 ans, les intervenantes doivent être bien formées en ce qui concerne le développement des enfants, la compréhension des vulnérabilités et la capacité de dépister. Il faut bonifier la formation au Collégial et à l’Université à la lumière des nouvelles connaissances. Aussi, offrir des formations continues aux intervenantes.

 

  • Dépister et intervenir tôt. Une priorité doit être mise à dépister les enfants vulnérables, mais non seulement les dépister, mais surtout offrir le service professionnel pour intervenir et les aider. L’un des problèmes actuels, c’est la non-disponibilité des services professionnels suite au dépistage d’enfants ayant une vulnérabilité. Les ressources professionnelles pour intervenir auprès des enfants vulnérables dépistés sont prioritaires. Dépister tôt a du sens s’il y a l’intervention qui l’accompagne.

 

  • Le milieu défavorisé. Le milieu défavorisé est une priorité. Toutefois, beaucoup d’enfants sont vulnérables en dehors des milieux défavorisés. Le déploiement de la maternelle 4 ans dans tous les milieux est alors souhaitable. Selon une étude, 36% des enfants qui ont une vulnérabilité à 5 ans sont de milieu défavorisé alors que c’est 25% qui proviennent de milieu non défavorisé.

 

  • Intervenir auprès des enfants et des parents. Il ne suffit pas d’intervenir seulement auprès des enfants, mais aussi auprès des parents pour les accompagner dans leur rôle de parent. L’effet des programmes est de beaucoup supérieur s’il comprend les deux volets (enfant, parent).

 

  • La période estivale et la maternelle 4 ans. Il faut offrir en parallèle à l’implantation des maternelles 4 ans, des services de garde ou des camps de jour durant la période estivale.

 

  • Évaluation de l’implantation. Très important d’évaluer l’implantation des maternelles 4 ans afin de faire les ajustements nécessaires au fur et à mesure.

 

  • Recherche longitudinale. Investir dans un projet d’étude longitudinale afin de vérifier les effets préventifs possibles et comparatifs entre les enfants qui fréquentent une maternelle 4 ans et ceux qui fréquentent seulement les services de CPE ou de garderie. Recherche difficile à réaliser étant donné les multiples variables associées à contrôler.

Ma position:

Dans un but de favoriser la réussite éducative, la qualification à la fin du secondaire et la prévention du décrochage scolaire au secondaire, je crois important d’investir dans  le déploiement de la maternelle 4 ans pour tous. À la condition d’appliquer les recommandations présentées plus haut. Ceci dit, je crois aussi important de poursuivre le développement de qualité des services de garde en petite enfance (CPE – garderies, etc.). À mon avis, il faut poursuivre le développement des deux environnements et donc investir dans les deux. Je crois important aussi d’investir en priorité dans les milieux défavorisés.

Il est important de noter que l’équipe du GRIP Sylvana Côté (Richard Tremblay) recommande l’investissement dans les CPE. Je dois dire que cette équipe de recherche est hautement qualifiée.

Note importante. En s’appuyant sur les études longitudinales québécoises, Sylvana Côté (Richard Tremblay) recommandent d’investir dans les CPE en milieu défavorisé. Selon cette équipe de recherche c’est dans cet environnement que l’on peut espérer les meilleurs résultats pour le développement de l’enfant et la prévention.

Une référence importante sur les programmes en petite enfance
Sous la direction de George M. Tarabulsy, Julie Poissant, Thomas Saïas et Cécile Delawarde: Programmes de prévention et développement de l’enfant. 50 ans d’expérimentation. PUQ.

Quelques mémoires choisis,  présentés à la commission parlementaire

Sylvana Côté – Directrice du GRIP (avec Richard E Tremblay)
http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/archives-parlementaires/travaux-commissions/AudioVideo-80667.html

Égide Royer – psychologue  expert en adaptation scolaire
http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/archives-parlementaires/travaux-commissions/AudioVideo-80665.html

Ordre des psychologues du Québec
http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/archives-parlementaires/travaux-commissions/AudioVideo-80647.html

Georges Tarabulsy – Chercheur en petite enfance
http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/archives-parlementaires/travaux-commissions/AudioVideo-80647.html

André Lebon
http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/archives-parlementaires/travaux-commissions/AudioVideo-80679.html

Monique Brodeur
http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/archives-parlementaires/travaux-commissions/AudioVideo-80779.html

 Point de vue de Camil Bouchard – sur Facebook

Pierre Potvin C’est plus compliqué que cela Marie-Claude Gagnon – voir mon analyse suite aux présentation de mémoires à la commission parlementaire – d’excellents mémoires – Les chercheurs ne s’entendent pas .
  • Camil Bouchard Les chercheurs s’entendent sauf un ou deux Pierre!😉
    Pierre Potvin Favorables: Janosz, Perron, Potvin, Royer, Brodeur. Je reconnais qu’il y a plus de chercheurs favorable aux développement des CPE.

    Camil Bouchard Pierre Les chercheurs favorables émettent des conditions que le gouvernement ne rencontrent aucunement dans son application. La complémentarité est évacuée, la question des ratios est escamotée (1 enseignant et 1/2 éducatrice ne font pas un ratio correct à temps complet il me semble), la gratuité est factice, l’environnement des élèves problématiques, et j’en passe y compris le fait que l’on déshabille Jacques pour habiller Paul. Le Québec était à l’avant-garde et est en train de copier les verniers de la classe.

     

  • Pierre Potvin Ton point de vue Camil, est hautement « fondé » sur différents savoirs (entre autres – Le Québec fou de ses enfants). Mon soutien favorable en effet suppose des conditions de mise en oeuvre

Collectif: Lettre d’appuie à l’implantation de la maternelle 4 ans

À partir du 28 mai 2019, il y aura une commission parlementaire sur le projet d’implantation de la maternelle 4 ans dans le système d’éducation québécois. La présente est une initiative pour appuyer ce projet.  

Collectif pour la réussite éducative La maternelle 4 ans , un moyen concret
pour viser la réussite de nos jeunes

 

Collectif pour la réussite éducative La maternelle 4 ans , un moyen concret pour viser la réussite de nos jeunes Alors que le taux de réussite stagne à 80%, il ne saurait être question de se priver d’une mesure universelle complémentaire aux CPE qui vise à intervenir tôt pour favoriser la réussite.

Avec l’accès universel à la maternelle 4 ans et les Centres de la petite enfance, notre gouvernement inscrit le Québec parmi les sociétés progressistes qui ont à cœur l’égalité des chances à l’école et le développement du plein potentiel de tous les enfants. Pas question de mettre en compétition deux services de qualité!

L’EQDEM rapporte qu’entre 2012 et 2017, le risque de vulnérabilité des enfants à la maternelle 5 ans a augmenté dans 4 des 5 domaines de développement : 26% de ces enfants entrent à l’école avec un facteur de vulnérabilité dans un des cinq domaines de développement que sont:

● La santé et le bien-être
● Les compétences sociales
● La maturité affective
● Le développement cognitif et langagier
● Les habiletés de communication

C’est sur cette base que nous croyons qu’il est urgent de débuter la préscolarisation de nos enfants dès l’âge de 4 ans avec le projet de maternelles 4 ans temps plein proposé par le gouvernement du Québec sur tout le territoire québécois.

L’école est le lieu où l’on retrouve des services professionnels qui peuvent soutenir les pratiques pédagogiques des enseignantes et enseignants. Certains enfants auront ainsi accès à un système de dépistage précoce des problèmes de développement et à des mesures d’intervention adaptées. Une mesure qui, selon l’Observatoire des Tout-Petits, est appuyée par 84 % des acteurs du monde de l’éducation et par 87% de la population québécoise.

La création d’un cycle de 2 ans consacré à l’éducation préscolaire aura des effets bénéfiques significatifs. Le fait d’avoir, dans le même établissement, des classes de maternelle pour les enfants de 4 ans et 5 ans facilitera la mise sur pied d’une équipe pédagogique dédiée exclusivement au préscolaire. Celle-ci pourra être attentive au développement des enfants sur un continuum de deux ans; ce qui aura vraisemblablement un effet favorable sur la transition vers le 1 er cycle du primaire diminuant ainsi les écarts d’apprentissage qui ont un impact sur la réussite de l’enfant.

Comme pour la maternelle 5 ans, les parents seront libres de faire le choix qu’ils croient le meilleur pour leur enfant. Nous n’avons aucun doute que la fréquentation de la classe de maternelle par les enfants de 4 ans fera ses preuves et sera reconnue comme un choix judicieux par les parents, tout comme l’est actuellement la maternelle 5 ans. De plus, les enfants de 4 ans qui fréquenteront la maternelle temps plein pourront bénéficier d’une enseignante et d’une éducatrice.

Chaque dollar investi en vue de donner aux enfants un meilleur départ dans la vie permet un retour sur l’investissement allant de 4 à 9 dollars ultérieurement (Center on the Developing Child 2007). C’est donc un investissement judicieux.

Il nous faut se souvenir que plusieurs décisions en éducation n’ont pas été perçues au départ comme une nécessité. Ce fut précisément le cas de la maternelle 5 ans à demi-temps devenue temps plein qui est fréquentée par la presque totalité des enfants de cet âge sans que ce soit prescrit par la Loi. Appuyé par :

Carl Ouellet, président de l’AQPDE Association québécoise du personnel de direction des écoles

Lise Madore, présidente de la FQDE Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement

Lucille Doiron, présidente directrice générale de L’institut des troubles d’apprentissage

Pierre Potvin Ph. D., professeur associé, Université du Québec à Trois-Rivières

MichelJanosz, Ph. D., professeur titulaire, Université de Montréal

Michel Perron, Ph. D., professeur retraité, Université du Québec à Chicoutimi

Égide Royer, psychologue, professeur retraité, Université Laval

Guy R. Brisson, professeur titulaire retraité, INRS

Joël Monzée, docteur en neurosciences, directeur de l’Institut du développement de l’enfant et de la famille

Isabelle Gadbois, présidente-directrice générale de l’Association des orthopédagogues du Québec

Richard Leonard, D. 3 Ec. Gest. Ed Orthopédagogue, auteur, chargé de cours et directeur d’école à la retraite

Huguette Drouin Ph. D. Professeure substitut retraitée, Agente de recherche Université de Montréal

Yolande Brunelle, chargée de cours en éducation préscolaire et en enseignement primaire, UQAM

Renée Pinard, chercheure en éducation

http://plus.lapresse.ca/screens/25d8ebc1-5ef9-4c37-85b9-c02e77e94ea2__7C___0.html

Les Élèves HDAA et les garçons traînent de la patte à l’école

 

Note: Les statistiques datent de 2016 et depuis il y a eu un peu d’amélioration, mais le problème reste alarmant.

Triste statistiques.

  • Seulement 25 % des élèves en difficulté terminent leur secondaire

  • 65% des Élèves HDAA qui n’ont ni diplômes ni attestations ou certifications sont des garçons.

  • Ce qui est vraiment étonnant c’est que seulement 17% des Élèves HDAA  obtiennent une certification ou attestation qui sont supposé être des « programmes » adaptés à cette clientèle.

  • L’école Vanguard,   elle, réussit à diplômer 75% de ses élèves qui ont une trouble d’apprentissage. Important: c’est une école spéciale, avec des critères de sélection, privée mais avec un statut particulier.

Le secteur de l’adaptation scolaire québécois nécessite une analyse évaluative du dispositif dans son ensemble.

Article sur le sujet

https://www.journaldemontreal.com/2016/12/16/25–des-eleves-en-difficulte-terminent-leur-secondaire

https://www.journaldequebec.com/2019/05/10/peu-deleves-en-difficulte-finissent-leur-secondaire?fbclid=IwAR3ThkJoXhMw9shz7r_EEf_NTShuCIq195d3uBSCUzo4Y_ih0sVf29Ikkas

(Livre) Une alliance psychoéducative

Voici un nouveau livre de Denis Beauregard en collaboration avec Juan Morin et Rina Petretta, tous trois psychoéducateur et psychoéducatrices. Publié en 2018.

 

Ce livre se réfère à la longue expérience des auteur.e.s en intervention psychoéducative.

Il y a eu l’alliance, puis l’alliance thérapeutique. Pour l’intervenant en vécu partagé ou en soutien au vécu partagé, il y a maintenant l’alliance psychoéducative : concept-outil issu de la pratique.

L’expérience sur le terrain nous a fait découvrir que l’alliance psychoéducative constitue un outil accessible, riche et utile à tout intervenant éducatif dans tous ses accompagnements.

L’alliance psychoéducative s’appuie sur la partie saine des gens dont elle favorise la croissance, ici et maintenant, tout en prenant en compte les sensibilités, les limites et les vulnérabilités des acteurs en présence.

Le creuset de l’alliance psychoéducative lui donne sens, couleur et profondeur. Par la priorité que l’alliance psychoéducative donne à la personne ou au groupe accompagné, par la considération et la reconnaissance de la liberté par sa démarche appuyée par des composantes clairement définies, par sa précision, par sa souplesse et sa solidité, par son appui sur la conscience, l’alliance psychoéducative a souvent fait la différence entre la croissance et l’étiolement.

Le contenu de ce livre représente un point de vue issu de la pratique, le nôtre. Nos réflexions constituent une réponse partielle et contextuelle aujourd’hui à des questions éducatives « éternelles ».

Pour vous procurer le livre aux Éditions Premières Chance
http://leseditionspremierechance.com/produit/alliance-psychoeducative-denis-beauregard-joan-morin-rina-petretta/

La tables des matières

Table des matières Alliance pséd.

Conférence de consensus : La mixité sociale et scolaire – CTREQ

La conférence de consensus – (Fiche résumé) : La mixité sociale et scolaire

http://www.ctreq.qc.ca/des-recommandations-pour-une-ecole-au-benefice-de-toutes-et-de-tous/?utm_medium=email&utm_campaign=Infolettre%20du%2013%20mars%202019&utm_content=Infolettre%20du%2013%20mars%202019+CID_7c7257e36b96ed0bbef1785210f7d89a&utm_source=InfoCTREQ&utm_term=Pour%20en%20savoir%20plus

Le Rapport sur la conférence de consensus et les recommandations

http://www.ctreq.qc.ca/wp-content/uploads/2019/03/VF_CTREQ-Conf%C3%A9rence-de-consensus-Cahier-des-recommandations-28299-v7.pdf

Les neurosciences et le développement de l’enfant (Dr Catherine Gueguen)

Conférence du Dr Catherine Gueguen, pédiatre, au sujet de son livre « pour une enfance heureuse » qui explique l’apport des neurosciences affectives dans la compréhension du développement de l’enfant. Il s’agit d’une véritable révolution qui provient en majeure partie de chercheurs américains et qui est mise à la portée des parents français dans cette vidéo et ce livre époustouflants. Je ne peux que conseiller très vivement l’écoute de cette conférence!

https://www.youtube.com/watch?v=DvcJtn7ZCfU

Les compétences du XXIe siècle (Normand Baillargeon)

Un texte intéressant de Normand Baillargeon sur une critique des compétences du XXIe siècle

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/548973/les-competences-du-xxie-siecle

Article sur le numérique en éducation du même auteur
https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/553609/de-l-ecole-et-des-ecrans?utm_source=infolettre-2019-05-04&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Débat Maternelle 4 ans vs CPE : veut-on préscolariser nos enfants de 4 ans ou non?

 

Le débat sur la question des maternelles 4 ans et des CPE nous amène à une question de fond qui n’a pas encore été posée (à ma connaissance) : voulons-nous préscolariser les enfants du Québec à partir de 4 ans? Pour moi, c’est la réponse à cette question qui peut nous aider a solutionner en partie le débat actuel.

Comment m’est venue cette question? C’est simple. C’est en prenant connaissance des deux programmes du gouvernement du Québec qui s’adressent à la petite enfance. Pour les CPE : Accueillir la petite enfance. Le programme éducatif des services de garde du Québec. (mise à jour). Pour les maternelles 4 ans : Programme de formation de l’école québécoise – Éducation préscolaire 4 ans.

Les deux programmes se préoccupent du développement global des petits dans toutes les sphères de leur personne.  Celui des CPE présente le programme pour les 0-5 ans et est bien centré sur la stimulation de toutes les sphères de développement. Celui de la maternelle 4 ans s’en tient uniquement à l’enfant de prématernelle 4 ans et touche également toutes les sphères de développement.

Ce qui m’a frappé, c’est que le programme de maternelle 4 ans est centré sur l’apprentissage et est très opérationnalisé. L’aspect pédagogique de l’apprentissage y ressort.  Donc, une préoccupation de préscolarisation menant à la maternelle 5 ans et au primaire.

Alors, si l’on veut préscolariser les enfants de 4 ans, le milieu à choisir et les professionnels à choisir ce sont les pédagogues du milieu de l’éducation. Si ce n’est pas ce choix, alors il faut s’orienter vers les CPE et les garderies.

Un programme donne de bonnes indications de la mission du milieu qui l’applique et oriente aussi sur quel personnel à la formation pour le réaliser. Pour le programme de la petite enfance CPE ce sont les techniciennes en service de garde qui sont les mieux outillées pour le réaliser. Pour le programme préscolaire, ce sont les enseignantes formées à l’université en éducation préscolaire et enseignement primaire.

À mon avis, le programme de prématernelle 4 ans peut très bien s’implanter autant dans un environnement de CPE que dans un milieu scolaire, à la condition que ce soit une enseignante formée à l’université qui le réalise.

Ma position dans ce débat, c’est de dire oui à la préscolarisation des enfants de 4 ans en ayant un duo formé d’une enseignante de prématernelle et d’une éducatrice en petite enfance.

Autres articles – la taille du groupe joue sur le développement cognitif de l’enfant.

https://www.ledevoir.com/societe/education/554271/maternelle-4-ans-10-enfants-par-classe-tant-mieux?utm_source=infolettre-2019-05-14&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Article sur l’importance de la maternelle 4 ans : Égide Royer

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1172422/egide-royer-maternelles-4-ans-amelioration-reussite-scolaire?fbclid=IwAR3C8bVukjvxzGmRCzyMvWUADyzfY9Uciyyyo-jnp_CcHJJCkXEPk1S04B4

Article sur l’idée de créer une maternelle 4 ans dans un CPE

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1154617/cpe-garderie-maternelle-ordre-psychologues-mrc-montcalm

Une campagne de désinformation par la CSN sur la maternelle 4 ans
https://www.journaldemontreal.com/2019/06/01/profs-victimes-de-salissage?fbclid=IwAR3uMZFPfat2b5hbOLvkxycU4wTmyip0UQNqM8QwVohn9-Be6_YJxyzvWAU

Les enseignants : la psychologie cognitive plutôt que les neurosciences.

 

Titre officiel: Ce que les enseignants doivent savoir sur la science de l’apprentissage …

Natalie Wexler 

Note : C’est un texte en anglais traduit par Google
(donc très imparfait). |…| signifie que j’ai enlevé des passages
 

Version originales en anglais
https://www.forbes.com/sites/nataliewexler/2019/02/19/what-teachers-need-to-know-about-the-science-of-learning-and-what-they-dont/?fbclid=IwAR2_8o-wqWgEVLDXX9o0djBgmQmS1Dv-FmRcJNUkOvJl0DVXwYhvP5NHlvQ#6b1650065829

 

Dernièrement, on a tenté de familiariser les enseignants avec «la science de l’apprentissage». Mais seuls certains aspects de cette science aident réellement les enseignants à faire leur travail. D’autres perdent leur temps.

Vous pensez peut-être qu’avant que les futurs enseignants ne prennent leurs fonctions, ils apprennent ce que les scientifiques ont découvert sur la façon dont les enfants apprennent. En fait, de nombreux enseignants ne sont pas au courant de ces recherches et, pour des raisons complexes, certains sont hostiles aux recommandations scientifiques.

Les efforts récents visant à mettre les éducateurs en contact avec ces résultats, notamment par les doyens des écoles d’enseignement et par les enseignants eux – mêmes , commencent à porter leurs fruits. Et certaines fondations, notamment celles dirigées par Mark Zuckerberg et Bill Gates, consacrent des ressources importantes à la diffusion de la science de l’apprentissage dans les salles de classe.

Mais il existe deux catégories fondamentales d’apprentissage scientifique: les neurosciences cognitives et la psychologie cognitive. Certains efforts, en particulier l’initiative Zuckerberg, sont axés sur les neurosciences plutôt que sur la psychologie, tandis que d’autres mêlent les deux. C’est un problème car, quelle que soit sa valeur, les neurosciences sont nettement moins utiles aux enseignants.

Quelle est la différence? Les neurosciences se concentrent sur la structure du cerveau et les régions activées lorsque des personnes s’acquittent de diverses tâches. La psychologie, quant à elle, met l’accent sur l’esprit et le comportement. La distinction peut sembler théorique, mais ce n’est pas le cas.

Les neurosciences sont attrayantes, en partie parce que les données semblent indiscutables: il suffit de regarder comment différentes parties du cerveau « s’illuminent » |…|  Les changements dans le cerveau peuvent ou non avoir un impact sur le comportement.

La psychologie cognitive, en revanche, a permis de mieux comprendre ce qui rend l’enseignement et l’apprentissage efficaces. Il est bien établi, par exemple, que les élèves ont davantage envie de se poser des questions au sujet de quelque chose qu’ils ont lu – ou d’être interrogés par l’enseignant – que de relire et de mettre en évidence le texte. Les psychologues ont également montré que la compréhension de la lecture est beaucoup plus liée aux connaissances de base et au vocabulaire d’un lecteur sur un sujet particulier qu’aux compétences supposées de compréhension générale de la lecture. Mais comme ces résultats ne sont pas largement connus, les élèves sont plus susceptibles de relire et de mettre en valeur que de se poser eux-mêmes des questions, et les enseignants du primaire sont beaucoup plus susceptibles de se concentrer sur des compétences de compréhension illusoires que pour développer les connaissances des élèves

Lorsque les neurosciences apportent un soutien à une approche pédagogique particulière, il ne s’agit souvent que de confirmer quelque chose que nous savons déjà de la psychologie cognitive. Par exemple, des études psychologiques ont montré qu’il est plus efficace d’espacer l’apprentissage sur une période donnée |…|.

Selon le psychologue cognitif Daniel Willingham, familiariser les enseignants avec les neurosciences est un « gaspillage colossal » de leur temps. L’expert des tests, Dylan Wiliam, affirme qu’il n’est pas au courant d’«une seule découverte en neuroscience qui aide les enseignants», et il n’est pas certain qu’il y en aura dans le futur. Certains neuroscientifiques s’accordent pour dire que la psychologie cognitive fait le gros du travail intellectuel lorsqu’il s’agit de guider les enseignants.

Se focaliser sur le cerveau plutôt que sur l’esprit est parfois non seulement inutile, mais aussi néfaste; cela peut empêcher les éducateurs d’explorer des moyens efficaces de résoudre les difficultés d’apprentissage qui relèvent de la psychologie plutôt que de la neuroscience. Un exemple typique est la communauté de la dyslexie, qui a adopté les neurosciences qui mettent en lumière l’aspect de la lecture appelé décodage, c’est-à-dire la connexion des sons avec des lettres. Il existe des preuves que l’activation et la structure du cerveau des individus dyslexiques diffèrent de celles des lecteurs typiques.

Laissant de côté la question de savoir si ce type de preuve est nécessaire pour résoudre les difficultés de décodage, l’orientation de la communauté vers les neurosciences a posé problème en ce qui concerne l’autre élément important de la lecture: la compréhension. Dans la mesure où les enseignants d’élèves dyslexiques se sont concentrés sur la compréhension (ce qui n’est pas si grave), ils ont envisagé les problèmes en termes de déficits neurobiologiques de la «fonction exécutive», de la compréhension du langage oral ou de la mémoire de travail. Ou, comme la plupart des enseignants, ils ont constaté un manque d’aptitudes supposées en compréhension, comme la capacité de faire des déductions ou de visualiser des images. Ce sur quoi ils ne se sont pas concentrés, du moins jusqu’à récemment, est de fournir aux étudiants ce que la psychologie a jugé être le facteur le plus important pour la compréhension: la connaissance.

Rien de tout cela ne veut dire que les neurosciences manquent de valeur. Les scientifiques devraient certainement continuer à élargir nos connaissances sur le cerveau. Leurs résultats pourraient aider ceux qui posent les diagnostics à déterminer les causes profondes des difficultés d’apprentissage et d’autres aspects du comportement humain. La question est de savoir si les enseignants doivent consacrer leur temps limité à l’apprentissage des neurosciences.

Selon un argument, si les enseignants en savaient plus sur les neurosciences, ils seraient moins sensibles aux « neuromythes », croyances persistantes et répandues sans fondement probatoire, comme l’idée selon laquelle différents élèves ont des styles d’apprentissage différents. Mais pourquoi ne pas simplement dire aux enseignants que ces mythes sont faux? Ou mieux encore, ne pas répandre les mythes en premier lieu? Comme Daniel Willingham l’a fait remarquer , «les enseignants… ne devraient pas avoir besoin d’apprendre les neurosciences pour se protéger des charlatans».

Un autre argument est que les neurosciences peuvent identifier les troubles d’apprentissage avant qu’ils ne se manifestent dans le comportement. Même si cela est vrai – ce qui n’est pas clair – les enseignants eux-mêmes ne sont pas en mesure d’analyser le cerveau de leurs élèves pour prédire ceux qui sont à risque.

Le principal argument en faveur de la connaissance des enseignants en neurosciences est que cela peut les aider à gérer les élèves souffrant de « stress toxique », un traumatisme chronique souvent associé à la pauvreté, qui peut affecter le cerveau des élèves de manière à nuire à leur capacité d’apprentissage. Lorsque de tels élèves agissent en classe ou ont du mal à se concentrer, les enseignants doivent comprendre que le meilleur moyen de contrer les effets du stress toxique est de créer une atmosphère chaleureuse et propice . Dans le même temps, cette connaissance peut ne pas être très utile si l’approche pédagogique de l’enseignant n’est pas informée de la psychologie cognitive. Si les enseignants utilisent des méthodes qui ne fonctionnent pas, les élèves vont probablement être frustrés et avoir l’impression d’échecs, tout comme les enseignants eux-mêmes.

Les enseignants ont un travail difficile et nous perdons assez de temps avec des cours de formation et des sessions de «développement professionnel» qui ne leur fournissent que peu d’informations utiles. N’ajoutons pas au problème en leur demandant de se renseigner sur les schémas d’activation du cortex préfrontal, de la jonction bilatérale temporo-pariétale et des structures médiales postérieures. Ils ont besoin d’informations pratiques sur ce qui aide réellement les étudiants à apprendre.

Natalie Wexler est l’auteur de « L’écart de connaissances: la cause cachée du système éducatif américain en ruine – et comment y remédier », publié par Avery en août 2019. Elle est également co-auteur de Judith C. Hochman,  » La révolution de l’écriture: un guide pour faire avancer l’écriture de tous les sujets et de toutes les classes « (Jossey-Bass, 2017). Ses articles et essais ont paru dans le New York Times, le Washington Post et d’autres publications.

 

 

L’éloge du tiraillage à l’école (Revue L’actualité)

Voici une entrevue parue dans la revue L’actualité sur l’éloge du tiraillage à l’école. Précisons que tiraillage ne veut pas dire battaille.

https://lactualite.com/societe/2019/02/06/pierre-potvin-eloge-du-tiraillage/?utm_campaign=daily&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_content=article1_button&fbclid=IwAR0J2WrYXdOIPF5kgAOzJXDThdkjYlDKP1f_dT4sUcUyRobIfFBU3N6ZhBg

Entrevue radiophonique à QUB avec Richard Martineau
Voir: 
Un bilan positif pour le projet « zone de chamaillage » d’une école

https://www.qub.radio/balado?id=d3600861-fa50-40d7-b6a6-a96f000320f5

Autre article sur le tiraillage dans la cour d’école
https://www.lapresse.ca/actualites/education/201902/24/01-5215940-zone-de-tiraillage-entre-eleves-un-franc-succes.php?fbclid=IwAR3P2uHLWmMc-uCwiKAeN1WSwZorOH4OKM6FhyhgLtHZT709NA5apLvoxZY

 

L’importance des jeux de bataille chez les enfants en CPE – Chercheur Daniel Paquet.

https://www.lesoleil.com/actualite/education/plaidoyer-pour-les-jeux-de-bataille-dans-les-cpe-b0e553cf032be720925926a7a0ad5bef?fbclid=IwAR1dSG2Jd3ofzFjnlku8rgzcMQFekE8Z-L7xftMgUdSt5lNbe8R4-Kvzo_g

Autre article sur le sujet

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/jeux/fiche.aspx?doc=jeux-bataille&fbclid=IwAR0Nk9ckYXd5oD1n2K9DNZ6bSZoTdk0relwHT5rlafCJT8AwY2TEj0pjGgo

Réactions aux jeux dans la cour d’école

J’aimerais qu’on parle de la cour d’école… Moi et ma collègue on travaille très fort depuis le début de l’année afin de diminuer les comportements de violence et les conflits sur la cour.

    • Animation d’atelier en classe sur la gestion de conflit

    • Présence à chaque récréations à l’extérieur et animation de jeux structurés (tout le monde est invité mais j’ai des amis qui doivent jouer avec moi et on se pratique à jouer adéquatement.)

    • Formation et mise en place du projet Jeune leader (Mes grands animent des jeux pour les plus petits pendant les récréations et sur l’Heure du diner.

  • Sensibilisation et tournée de classe à plusieurs reprises sur plusieurs sujets. (fort de neige par exemple)
Tout ces gestes que nous posons au quotidien donnent des résultats positifs mais ;
Je serais preneuse de vos idées afin d’aider nos élèves à s’occuper adéquatement (il ne savent pas quoi faire .. ) et de continuer de diminuer la violence et de rendre notre cour plus harmonieuse.

Brina Bisso A mon école j’ai implanté des jeux de « bataille » supervisé, a des moment et un endroit précis durant la semaine. Les règles sont claires et j’ai modélisé le bon comportement en jouant avec eux. Donc les jeux de bataille qui fini mal on diminuer ! Et les petits garçons apprécie beaucoup

  • Annie McClure idem dans l’école ou va mon gars, ils ont fait une zone « bataille »… mon gars adore ce coin de tiraillage autorisé (et ça a beaucoup diminuer ceux d’avec sa soeur en fin de journée alors maman aussi est très contente) 😉

Le problème des garçons à l’école (vidéo conférence)

Voici une vidéo conférence du problème des garçons à l’école (durée 35 min.)

https://www.youtube.com/watch?v=0M2KUhgljvc

En complément, voir le dossier : Le problème de la réussite scolaire des garçons 

http://pierrepotvin.com/wp/index.php/2017/01/15/le-probleme-de-reussite-scolaire-des-garcons/

L’autocompassion favorise la motivation scolaire

L’autocompassion est préférable à la question du développement de l’estime de soi. Personnellement j’ai toujours été un peu réticent en regard de l’exagération qu’on met en éducation scolaire et familiale sur le développement de l’estime de soi. Ce texte met l’emphase sur l’autocompassion un allier de la motivation scolaire.

http://rire.ctreq.qc.ca/2019/02/lien-autocompassion-motivation-scolaire-et-bien-etre-emotionnel/?utm_medium=email&utm_campaign=Infolettre%20du%2013%20fvrier%202019&utm_content=Infolettre%20du%2013%20fvrier%202019+CID_1c0b0c98f9d991bfcf5ce8b1bd75efec&utm_source=InfoCTREQ&utm_term=Pour%20en%20savoir%20plus

 

(Humour – vidéo) L’école d’hier et d’aujourd’hui

Une belle caricature humoristique de l’école d’hier et d’aujourd’hui. Presque la réalité. (5 minutes).

Résilience: d’élève doubleur à professeur d’université

Je crois en toi -Conférence témoignage sur mon vécu scolaire

https://www.youtube.com/watch?v=2E6fgxHQyJE

CTREQ: Le RIRE une foule d’information en éducation à portée de main

Extrait du CTREQ: Le RIRE (Réseau d’information sur la Réussite éducative)

http://www.ctreq.qc.ca/le-rire-une-foule-dinformations-a-portee-de-main/?utm_medium=email&utm_campaign=Infolettre%20du%2030%20janvier%202019&utm_content=Infolettre%20du%2030%20janvier%202019+CID_64b5a2703edac78b74a9193622f2875a&utm_source=InfoCTREQ&utm_term=LE%20RIRE%20%20UNE%20FOULE%20DINFORMATIONS%20%20PORTE%20DE%20MAIN

Comment les parents peuvent-ils favoriser la persévérance chez leurs enfants

Extrait du RIRE du CTREQ.

http://rire.ctreq.qc.ca/2019/01/comment-les-parents-peuvent-ils-favoriser-la-perseverance-chez-leurs-enfants/?utm_medium=email&utm_campaign=Infolettre%20du%2030%20janvier%202019&utm_content=Infolettre%20du%2030%20janvier%202019+CID_64b5a2703edac78b74a9193622f2875a&utm_source=InfoCTREQ&utm_term=Pour%20en%20savoir%20plus

Les problèmes émotifs et comportementaux à l’école : petite encyclopédie de l’enseignant efficace: Table des matières

Les problèmes émotifs et comportementaux à l’école : petite encyclopédie de l’enseignant efficace
Égide Royer

Égide Royer, vient publier un ouvrage fort intéressant et pratique pour les enseignants, enseignantes et les éducateurs éducatrices qui interviennent auprès d’élèves qui présentent des problèmes de comportement.

60 chapitres, 425 pages.

Un outil de PRATICIEN pour des PRATICIENS qui présente concrètement, solidement appuyé par la recherche dans le domaine, comment prévenir et composer à l’école avec les problèmes émotifs et comportementaux des enfants, des adolescents et des jeunes adultes. Comment intervenir auprès d’un élève désobéissant? Gérer les comportements perturbateurs en classe? Aider les adolescents anxieux? Prévenir l’absentéisme? Composer avec les enfants qui mordent? Reconnaître les premiers signes de maladie mentale chez les adolescents et les jeunes adultes? Un « must » à conserver à portée de main pour tous les enseignants et les éducateurs spécialisés, actuellement en formation ou en emploi.

Un outil adapté aux salles de classe par Égide Royer

Professeur associé en adaptation scolaire au Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage, Égide Royer a lancé un outil adapté à la réalité des salles de classe intitulé la Petite encyclopédie de l’enseignant efficace: les problèmes émotifs et comportementaux à l’école.

(Extrait du Journal de l’université Laval)

Le professeur associé y suggère plusieurs moyens concrets pour lutter contre les absences répétées d’un élève. Il propose ainsi aux enseignants et enseignantes d’accueillir chaleureusement l’élève à son retour – une marque d’attention – tout en le complimentant sur une tâche bien exécutée ou en l’orientant vers des activités valorisantes. Une façon bien plus efficace d’encourager sa présence à l’école que de se contenter de commentaires négatifs!

 

Très pratico-pratique, ce livre vise à fournir des conseils directement applicables par les éducateurs et éducatrices spécialisés, et les enseignants et enseignantes du primaire et du secondaire. Il se compose de chapitres courts et d’un index. Ce livrepermet de trouver rapidement de l’information à propos de sujets aussi divers que l’anxiété en classe, la conduite agressive, les morsures ou les mythes concernant l’apprentissage. L’ouvrage contient aussi des suggestions pour pratiquer les renforcements positifs ou pour réfléchir à la portée des suspensions scolaires.

 

Aux yeux de son auteur, cette encyclopédie ressemble donc en quelque sorte aux listes de vérification qu’utilisent certains professionnels et professionnelles, comme les pilotes d’avion avant chaque envolée. «Avec ce livre, j’ai voulu donner accès aux enseignants et enseignantes aux résultats des nombreuses publications sur les jeunes en difficulté qui ont des problèmes émotifs et de comportement, explique Égide Royer. Trop souvent, les enseignants et enseignatnes ne savent pas comment agir avec ce sous-groupe d’élèves, qui se retrouvent en grand nombre dans beaucoup d’écoles publiques.»

Selon le chercheur en adaptation scolaire, le réseau scolaire québécois souffre actuellement d’une grande inégalité. Les écoles privées et publiques à projet éducatif particulier recrutent les meilleurs élèves, tandis que les classes ordinaires regroupent un nombre disproportionné d’élèves en retard d’apprentissage ou aux prises avec des difficultés émotives et comportementales.

Les outils et stratégies proposés par le livre visent donc à aider les enseignants et enseignantes à choisir des pratiques qui ont fait leurs preuves. Bien connues des chercheurs et chercheuses, elles restent, selon lui, très peu enseignées encore par les facultés de sciences de l’éducation. «Face à une situation difficile comme une bagarre, un enfant qui mord, un élève agressif, il faut bien sûr intervenir, mais aussi comprendre l’environnement et le contexte autour des situations», précise le chercheur et psychologue.

Souvent sollicité à titre d’expert par les différents partis politiques ou les ministres de l’Éducation, Égide Royer apporte aussi son concours actuellement au Collège de Bois-de-Boulogne à Montréal. Ce cégep met sur pied un profil en enseignement des sciences humaines, qui va notamment aborder dans son programme la façon d’intervenir avec les jeunes en difficulté. L’auteur de la Petite encyclopédie y présentera d’ailleurs une conférence le 13 février pour proposer des pistes de solution visant à contrer la pénurie d’enseignants au Québec

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Voici la table des matières

table des matières-encyclopédie

En enseignement et en apprentissage: la relation avant tout!

Si vous êtes enseignant: un brillant texte de David Brooks du NY Times.

« Cette percée précoce dans le domaine des neurosciences nous a rappelé qu’un travail essentiel pour une école est:

– de donner aux élèves de nouvelles choses à aimer;
– un domaine d’étude intéressant;
– de nouveaux amis.

Cela nous a rappelé que ce que les enseignants enseignent réellement:

-c’est eux-mêmes
– leur passion contagieuse pour leurs matières et leurs étudiants.

Cela nous a rappelé que:

-les enfants apprennent des personnes qu’ils aiment et que l’amour, dans ce contexte, signifie vouloir le bien d’autrui et offrir des soins actifs à la personne toute entière. »

 

Ce la s’appelle de la Bienveillance (le caring) (Potvin, 2019).

Trois constats alarmants sur nos écoles (Égide Royer)

TROIS CONSTATS ALARMANTS SUR NOS ÉCOLES

Je vous invite, en ce début d’année, à porter attention à trois indicateurs critiques de notre système éducatif : ils rendent nécessaire la prise, par le ministre de l’Éducation, de trois décisions importantes en 2019.

42 % 

C’est la proportion des jeunes québécois qui fréquentent, au secondaire, une école privée ou publique à projet particulier. Ces élèves ont deux fois plus de chances d’accéder au cégep et, respectivement, neuf et six fois plus de chances d’aller à l’université que ceux inscrits à une école « ordinaire » publique.

Dois-je de nouveau le rappeler, le réseau scolaire québécois est considéré comme le plus inégalitaire au Canada. Plusieurs écoles privées et publiques à projet éducatif particulier continuent à recruter souvent les meilleurs élèves et ceux qui présentent les difficultés scolaires les moins importantes. Ce tamisage amène plusieurs écoles « ordinaires » à accueillir un nombre disproportionné d’élèves présentant des retards d’apprentissage importants ou des besoins particuliers, entre autres en ce qui a trait aux difficultés émotives et comportementales.

Il est impératif qu’en 2019, la réussite de tous les élèves devienne une responsabilité partagée par toutes les écoles, qu’elles soient privées, publiques à projet éducatif particulier ou « ordinaires ». Toute école secondaire devrait compter au minimum, dans l’état actuel de la situation de l’adaptation scolaire au Québec, de 18 à 20 % d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation et d’apprentissage, les deux tiers de tous ces élèves étant des garçons.

33 % 

C’est le taux de diplomation, après sept années passées au secondaire, des élèves en difficulté ou handicapés au Québec (EHDAA). Il est de 60 % ailleurs en Amérique du Nord. Le taux de décrochage (sortie sans diplôme) de ces élèves est d’ailleurs 3,4 fois plus élevé que celui des élèves ordinaires. Leur taux d’inclusion dans les classes ordinaires francophones n’est que de 60,3 % alors qu’il est de 84,1 % dans les écoles anglophones.

Pourtant, une importante étude américaine de Laura A. Schifter (2016) révèle que, pour toutes les catégories de handicaps, les élèves inclus dans des classes où se trouvent leurs homologues non handicapés ont des taux d’obtention du diplôme du secondaire dans les temps attendus nettement plus élevés que les élèves regroupés en milieu ségrégué, même si l’on tient compte des facteurs individuels et communautaires, y compris le type de handicap ou de difficulté ainsi que le revenu familial. D’autres recherches sur la question indiquent également que ces élèves obtiennent de meilleurs résultats scolaires lorsqu’ils sont encouragés à suivre un parcours ordinaire qui présente les mêmes exigences que celles que doivent remplir les élèves sans handicap.

La classe ordinaire doit être en 2019 la première option valorisée pour l’offre de services éducatifs aux jeunes qui présentent des difficultés d’apprentissage, des problèmes de comportement ou tout autre besoin particulier. Tous les décideurs, et entre autres les organisations syndicales, doivent résister à la tentation de revenir aux classes spécialisées pour compenser l’iniquité actuelle de notre système scolaire. Recourir aux pratiques de ségrégation du siècle dernier serait encore plus injuste, consacrant très tôt dans leur vie l’échec scolaire et la sous-scolarisation de plusieurs milliers de ces jeunes.

50 %

C’est la proportion des adultes souffrant de troubles associés à l’anxiété et au contrôle de l’impulsivité, qui affirment en avoir vécu avant l’âge de 12 ans les premiers signes identifiables, selon une étude de Kessler et coll. (2012). Pour leur part, la majorité des adolescents chez qui on a diagnostiqué un trouble d’opposition ou de dépression rapportent qu’ils en ont ressenti les premiers symptômes avant leur entrée au deuxième cycle du secondaire. Enfin, la majorité des élèves ayant une phobie ou un TDAH en ont décelé les premiers signes dès la maternelle ou la première année.

Il ne fait aucun doute que la santé mentale des jeunes a un impact sur leur réussite scolaire.

Il est impératif que dès 2019, des programmes de santé mentale en milieu scolaire soient offerts universellement et deviennent partie intégrante de la culture et des valeurs de l’école. Il faut en effet être en mesure de prévenir ces problèmes plutôt que d’uniquement y réagir. Pour ce faire, il importe de favoriser, entre autres, le développement de la « littératie en santé mentale » (mental health literacy) des enseignants et des autres intervenants scolaires, pour leur permettre de repérer rapidement les premières manifestations de problèmes éventuels de santé mentale, d’apporter les adaptations pertinentes et, au besoin, de diriger ces élèves vers les professionnels pouvant leur venir en aide.

UN LEADERSHIP MINISTÉRIEL À EXERCER EN 2019

À la lumière de ces trois indicateurs et des constats qui en découlent, le ministre de l’Éducation se doit de faire au moins les trois gestes suivants dans la prochaine année : 

1- Modifier d’ici décembre 2019 la Loi sur l’instruction publique et la Loi sur l’enseignement privé afin que toutes les écoles du Québec soient dans l’obligation d’offrir, en respectant les taux de prévalence en adaptation scolaire, des services éducatifs à tous les jeunes, sans discrimination quant à la nature des difficultés ou du handicap.

2- Réviser en profondeur la politique de l’adaptation scolaire en y affirmant dès les premières pages qu’à compter de septembre 2020, toutes les écoles deviennent inclusives et que les 2,6 milliards annuellement consacrés aux élèves handicapés et en difficulté seront accessibles autant aux écoles privées que publiques.

3- Établir, d’ici la rentrée de septembre 2019, un plancher garanti de services professionnels dans toutes les écoles du Québec avec entre autres l’objectif d’intervenir très tôt dans la vie des jeunes vulnérables et tout particulièrement dans celle des élèves qui présentent des difficultés émotives, comportementales et de santé mentale. Tout jeune québécois dont le développement ou la santé mentale inquiète un enseignant devrait être rencontré par un professionnel dans les 30 jours suivant l’expression de cette préoccupation.

* Égide Royer publiera ce mois-ci, chez École et Comportement, Les problèmes émotifs et comportementaux à l’école : petite encyclopédie de l’enseignant efficace 

Lien de l’article.

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Le décrochage scolaire: Les Instances Régionales de Concertation (IRC) sur la persévérance scolaire et la réussite éducative

Voici un très bon article sur l’analyse des Instances Régionales de Concertation et le décrochage scolaire au Québec. Voir plus bas mes commentaires à l’auteur Jean Bernachez (UQAR)

Les instances régionales de concertation (IRC) sur la persévérance scolaire et la réussite éducative

Analyse politique d’un instrument d’action publique visant à contrer le décrochage scolaire au Québec
Jean Bernatchez, Université du Québec à Rimouski

IRC et décrochage

 

Mes commentaires sur l’article

Bonjour Jean, j’ai reçu via la « veille » Google scholar ton article Analyse politique d’un instrument d’action publique visant à contrer le décrochage scolaire au Québec.  Après lecture, je veux te féliciter pour ce très bel et bon article.

Ton article est bien écrit, clair, rigoureux et surtout prudent concernant les liens possibles entre les actions des IRC et la baisse possible du décrochage scolaire. 

C’était une première fois que je voyais un article rigoureusement écrit sur les IRC et sur une visée évaluative. Malgré la reconnaissance que je fais à l’endroit des travaux de Michel Perron (cofondateur de la première IRC (CRÉPAS, 1996), j’ai toujours été critique et très réticent sur l’importance accordée au Québec à ce mouvement « périscolaire ». Michel Perron est bien au courant de ma vision et cela, pour moi, n’enlève rien à son engagement et à tout ce qu’il a fait en persévérance scolaire.

Dans ton article, tu es très prudent concernant le lien de causalité possible (les effets) entre les actions des IRC et la diplomation. Félicitation.  

Quelques commentaires

  • très intéressant les présentations historiques p. 26, 30 et 34 – j’ai appris.

  • p. 29 , je ne partage pas la mention que le décrochage commence dès la conception de l’enfant. Selon ma compréhension, il débute avec le préscolaire lors des expériences d’échecs scolaires, de frustration et de dévalorisation qui se cumulent. 

  • p.29 les déterminants extrascolaires ne sont pas, à mon avis, aussi importants que les déterminants scolaires. Selon nos travaux (Fortin, Potvin, Royer et Marcotte – étude longitudinale de 11 ans – 1996-2007) ainsi que ceux de Hattie (2009) ce sont les variables de proximité à l’élève qui ont le plus de poids (ce qui se passe en classe entre l’enseignant et l’élève – la famille et les parents) et toutes les actions directes sur l’élève. Le périscolaire (ce que font globalement les IRC) est important et influence ces variables de proximité, mais ces actions n’ont pas le même poids. La SIAA en a payée le prix en ayant des actions (péri-classe) qui ne pénétraient pas la classe.

Voilà brièvement mon point de vue. J’aime tellement ton article que je vais le mettre sur mon site. 

Guide pratique pour accompagner les élèves en problème de comportement

Ce Guide très pratique pour les enseignants et les professionnels de l’éducation est un Repère et Outils pour aider et accompagner les élèves en difficulté de comportement. Il a été développé par une équipe de l’ Académie de Toulouse en France. Diffusé sur le site du RIRE du CTREQ.

https://drive.google.com/file/d/1KlKjkd8L_cnfnXVzN3bH6368gJ85gksG/view

Enfant désorganisé – Ces tout-petis qui explosent

Une description des désorganisations de tout petits. Cela n’a pas de sens comment notre système d’éducation tolère l’intolérable. On nuit aux enfants qui se désorganisent et au personnel. Cette tolérance n’a pas sa place dans notre système d’éducation (sous prétexte d’intégration ou d’inclusion). Ces enfants ont besoin de services spécialisés, de classes spéciales avec intégration graduelle en classe régulière après avoir appris la gestion de la colère, des émotions. Il existe plein de programmes de ce types (voir les travaux de Line Massé et ses publications de programmes)

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L’histoire des services à la jeunesse:tremplin vers le future – acte du colloque 17 novembre 2017

Actes du colloque sur: Les services à la jeunesse – au Québec

La thématique proposée : d’où venons-nous? Où en sommes-nous?
Quelles leçons en tirer pour le futur.

D’où venons-nous? Considérant les lois, les commissions et rapports de
toutes sortes, les recherches, les réformes, les changements sociaux et
organisationnels multiples d’une part et en s’inspirant des gens témoins
et acteurs de l’histoire d’autre part, pointer les faits saillants, les enjeux
significatifs et les constats pour en tirer des leçons et identifier les conditions
gagnantes qui transcendent les époques.

Où en sommes- nous ? Considérant l’actuelle réforme du système de santé
et des services sociaux, les différentes problématiques auxquelles sont
confrontés les services à la jeunesse, il devient important de dresser un constat
des enjeux actuels, des menaces et opportunités qui se présentent en regard
de différents volets : le profil des intervenants, la formation, les lois et politiques
gouvernementales, les structures, la réorganisation des services, les courants
scientifiques dominants.

Cahier Histoire des services

Témoignage d’une enseignante: Le jour où Katya Dufault a craqué

Voici le texte du journaliste Patrick Lagacé de La Presse (25-10-2018) sur le témoignage d’une enseignante de secondaire 2 dans une école publique du Québec.

Prenez le temps de lire ce texte du témoignage d’une enseignante de secondaire qui a décidé de démissionner. C’est à faire brailler! Cela rejoint mes analyses – classes ordinaires, devenues ingérables – la sélection et ses effets pervers (privé et programmes particuliers). C’est vraiment dépriment ce qu’on a fait de notre système d’éducation. Je ne le reconnais plus. Moi je me rappelle de mes années au secondaire et comment c’était intéressant et stimulant (au public). Bon, évidemment les temps ont changés, les enfants et les adolescents ne sont plus ceux des années 1950 ou 1960 et c’est correct. Toutefois, il faut revaloriser la profession enseignante et faire en sorte que la première mission des enseignants est d’enseigner et des élèves d’apprendre. 

 

http://plus.lapresse.ca/screens/42a642d9-3462-4f77-b8f1-40519efdb226__7C___0.html?utm_medium=Facebook&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen&fbclid=IwAR0NxpZmevHWtF79EtduMKcb4xw96ApeqjCVthn7ss0_F9W5BEu7T-vJwFE

 

Kathya Dufault. L’enseignante en question signe un article: S’enfuir pour sauver sa peau.

http://plus.lapresse.ca/screens/bf2564f7-6207-48b4-9cc1-cc050271b64c__7C___0.html?utm_medium=Facebook&utm_campaign=Microsite+Share&utm_content=Screen&fbclid=IwAR1XlvFovJgm9lAq7NtLeNU0LsdTMDoOuseCIyo-0A1nYrAVt2xn37_nWqw

Malheureusement pour elle, sa sortie sur les média lui a valu comme conséquence de perdre son emploi.

https://www.985fm.ca/nouvelles/faits-divers/173901/apres-le-cri-du-coeur-dune-enseignante-la-commission-scolaire-lui-montre-la-porte?fbclid=IwAR3-0-vvKTq1V8lvjtKG7i1rhgj3qOuPf-_rS2JhgwMN7T68KjK1phC3fIQ

Le ministre de l’éducation intervient et veut briser la loi du silence en éducation
http://plus.lapresse.ca/screens/08183cd1-9414-41d9-98b8-0a9aad264465__7C___0.html?utm_medium=Facebook&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen&fbclid=IwAR1fwReUqip1eqX2k-aVZ2igzN6XX0kBGxhIcnFg-Fh8xLRiSQgM0TcHOm0

Fondements de la psychoéducation et recherche en éducation et en psychoéducation

Une entrevue vidéo réalisé par Claude Bilodeau à l’occasion du colloque L’histoire des services à la jeunesse: tremplin vers le futur, le 27 novembre 2017

Durée de la vidéo 61 minutes

  • 0.00 min.  à 2.30 min.     Carrière
  • 2.30 min.  à 7.30 min.     Les leçons de Boscoville
  • 7.30 min.  à 16.00 min.   Relation d’aide et conditions de formation universitaire
  • 16.00 min.à  31.00 min.  Le système d’éducation du Québec
  • 31.00 min.à  43.00 min.  Évolution de la psychoéducation – les fondements – le rôle conseil et l’évaluation
  • 43.00 min.à  49.00 min.  La recherche, les données probantes, les bonnes pratiques, le savoir d’expérience
  • 49.00 min. à 61.00 min.  L’avenir, la psychoéducation – l’école idéale.

 

Résumé. Homme de réflexion et éducateur dans l’âme, Pierre Potvin parle avec émotion des leçons de Boscoville et de sa vision des éléments clés de l’approche psychoéducative, notamment du développement d’une relation construite dans l’action du quotidien, de l’importance de croire au potentiel du jeune et aussi de la capacité d’utilisation des événements du vécu partagé. Il traite de certaines inquiétudes concernant le rôle d’intervenant et celui de rôle conseil chez les psychoéducateurs. Il insiste sur l’importance des types de recherche et de certains enjeux de recherche en psychoéducation. Suites à ses travaux des dernières années, il jette un regard critique sur le système d’éducation et propose une vision de l’école de demain. Il rêve d’une école qui est un milieu de vie, une école bienveillante et aussi accueillante pour les jeunes en plus grandes

 

Les 10 incontournables pour une politique de la réussite éducative au Québec – proposés par Égide Royer

Voici la proposition d’Égide Royer (expert en éducation) de 10 incontournables qui devraient faire partie de la politique de la réussite éducative pour le ministère de l’éducation du Québec. C’est une proposition de grille d’analyse pour tous.

Je suis personnellement en accord avec ces 10 incontournables.

http://plus.lapresse.ca/screens/777bf04a-02bc-42bc-ad69-70d06040d2ab__7C___0.html

Intervention précoce: maternelle 4 ans plutôt que CPE ?

Note: Suite à diverses nouvelles lectures, analyses de critiques, j’ai apporté quelques ajustement à mon argumentaire. Entre autres, de réduire la comparaison maternelle 4 ans et CPE. (19-02-2019)

Mise en contexte

La mise en oeuvre en septembre 2019 par le gouvernement du Québec (CAQ) de maternelles 4 ans déclenche un débat en éducation et dans la société qui opposent les partis politiques et certains chercheurs en éducation. Deux groupes principaux s’affrontent: les Pro investissement dans le réseau des CPE et les Pro implantation de maternelles 4 ans.

L’enjeu principal est la prévention de l’échec scolaire et ultérieurement du décrochage scolaire chez les élèves du secondaire.

Certains chercheurs, dont moi-même,  soutenons que la prévention demande l’établissement en premier lieu de maternelle 4 ans en milieu défavorisé et idéalement d’un réseau de maternelles 4 ans pour tous les enfants du Québec peu importe leur milieu. 

D’autres chercheurs et intervenants en petites enfance proposent plutôt un investissement plus grand dans le système actuel des CPE (Centre de petite enfance – les garderies). 

Ce débat en éducation – CPE ou maternelle 4 ans pour tous, s’est actualisé, entre autres, lors d’une entrevue à 24/60 R-C lundi soir (10 septembre 2018) entre Égide Royer spécialiste en adaptation scolaire de l’Université Laval et une chercheuse de l’UQAM Nathalie Bigras spécialiste en CPE et petite enfance. 

Rappelons que la motivation première d’implanter des maternelles 4 ans, soit en milieu défavorisé ou dans tous les milieux, c’est une question de prévention en intervenant tôt dans le développement des enfants. Cette intervention vise principalement la préparation à la scolarisation, entre autres, par les apprentissages fondamentaux en littératie (lecture et écriture) et en numératie. Nombre de recherches ont bien démontré que bon nombre d’enfants, particulièrement en milieu défavorisé (mais pas seulement) n’ont pas les préalables nécessaires aux apprentissages scolaires en arrivant à la maternelle 5 ans et au primaire avec des retards dans certains domaines de leur développement. 

Ceux qui sont favorables aux CPE plutôt qu’à la maternelle 4 ans 

Parmi les principaux arguments des chercheurs en petite enfance, c’est qu’à l’âge de 4 ans l’environnement des CPE offre une qualité d’interactions et un climat de vie très favorable à la petite enfance (3 ans et 4 ans) et qu’à cet âge il faut préconiser une  approche d’exploration plutôt qu’une approche d’apprentissage préscolaire réalisée par le milieu scolaire et les enseignantes formées en préscolaire. 

L’autre argument, c’est le danger d’affaiblir le réseau déjà fragilisé des CPE. Qu’il serait plus pertinent d’investir l’argent  dans le développement du réseau des CPE et garderies.

Il y a aussi d’autres arguments comme la non faisabilité du projet à cause du manques d’espace (locaux), du manque de ressources, etc.

Quelques critiques sur l’approche CPE plutôt que maternelle 4 ans

Les pro CPE et garderies mentionnent que « la scolarisation hâtive » de tous peut mettre les plus jeune à risque ». Pour moi, c’est le contraire. Cette préscolarisation à 4 ans peut permet aux enfants de développer les préalables nécessaires à la scolarisation.  

Les pro CPE et garderies voient une menace pour le système de garde au Québec en instaurant les maternelles 4 ans pour tous. Ils souhaitent un investissement plus grand dans les CPE et les garderies.

Ma vison c’est qu’il faut les deux systèmes qui sont complémentaires et qu’ils n’ont pas la même mission. Oui les trois première années sont très importantes et il faut avoir un système de CPE et de garderies de grande qualité et accessibles pour tous. Il n’est pas question que les maternelles 4 ans remplacent les CPE et les garderies. Les deux système doivent collaborer ensemble – ministère de la famille (CPE et garderie) et ministère de l’éducation (maternelle 4 ans). Partager les compétences aussi.

Quelques statistiques sur l’état actuelle des CPE et des garderies.

 

Au Québec, selon statistique Canada il y a plus de 91 000 enfants de 4 ans

Les données tirées de l’Association québécoise des CPE démontrent que le système actuel en petite enfance ne peut pas assurer la mission d’offrir à tous les enfants de 4 ans du Québec des interventions précoces de qualité dans le but de favoriser le plein développement, la prévention des retards et la préparation à la scolarisation future au primaire.

Selon mon analyse, les CPE et les garderies supervisées se partagent environ 47 % de cette population. De son côté le Ministre de l’Éducation J-F Roberge  (entrevue de dimanche 17-02-2019) mentionne qu’en ce moment les CPE n’accueillent que 25% des enfants de 4 ans, ce qui fait que 75% ne sont pas en CPE, et 20% ne sont dans aucun service de garde.

Ainsi, l’implantation graduelle de maternelles 4 ans pour tous serait la stratégie qui permettrait de s’assurer que tous les enfants de 4 ans reçoivent des services éducatifs de qualité. Bien entendu, parallèlement il faut poursuivre le développement de l’implantation de CPE et de garderies accessibles à tous et aussi à un prix convenable.

Pourquoi moi je suis favorable à la maternelle 4 ans 

Tout d’abord je dois préciser aux lecteurs et lectrices que je crois important de poursuivre le développement du réseau des CPE, car c’est un acquis de grande qualité pour les familles et les enfants du Québec. Notre système de garderie (CPE) avec son personnel (les éducatrices en petite enfance – formation collégiale) fait un excellent travail pour le développement des enfants et comme soutien aux familles.

Ceci dit, la stratégie de miser sur un réseau de maternelle 4 ans pour les enfants en milieu défavorisé d’abord, puis étendu à tous les enfants de 4 ans du Québec s’appuie sur le principe de l’intervention préventive précoce afin que tous les enfants soient préparés aux apprentissages scolaires. Ce n’est pas la mission directe, à ma connaissance, des CPE. C’est aussi de favoriser le dépistage des difficultés chez l’enfant, d’identifier les besoins particuliers dès la petite enfance (4 ans et 5 ans) et  dès les premiers signes  de difficulté offrir des services. 

Nombre d’études ont bien démontré que pour prévenir les difficultés scolaires et le futur décrochage au secondaire, qu’il faut intervenir d’une façon précoce dès les premiers signes. Qu’il existe deux types d’interventions préventives : l’universelle et la ciblée (pour les enfants en besoins particuliers). Que la prévention doit miser sur les apprentissages liés à la littératie (lecture – écriture) et à la numératie ainsi qu’au développement de la socialisation (le vivre ensemble)

L’avantage des maternelles 4 ans 

  • Le milieu de l’éducation avec les maternelle 4 ans a pour mission première, entre autres,  le développement global des enfants et plus directement le développement de préalables d’apprentissages préscolaires liés à la littératie (lecture – écriture) et à la numératie (à ma connaissance);

  • Le milieu scolaire à non seulement le personnel enseignant formé en pédagogie de l’enseignement au préscolaire, mais comprend également des ressources professionnels spécialisés pour soutenir les enseignantes et les enfants en besoins particuliers (orthopédagogue, orthophoniste, éducatrice spécialisée, psychoéducatrice, psychologue scolaire, etc.);

  • Pour favoriser la réussite éducative et scolaire ainsi que prévenir le décrochage scolaire ultérieurement au secondaire il ne faut en plus de dépister tôt, offrir des services d’intervention préventive aux enfants en difficulté. Particulièrement en milieu défavorisé, mais pas seulement là. cette intervention préventive doit se faire tôt dès l’âge de 4 ans.

  • L’approche, tout en respectant le niveau de développement des enfants (4 ans et 5 ans) ne doit pas se limiter à une approche par le jeu et par l’exploration, mais aussi par une approche systématique d’apprentissage préscolaire en littératie et en numératie.

Proposition de solution

  • Afin de préserver nos acquis d’un système de CPE de bonne qualité et de profiter de l’expertise du personnel en petite enfance, l’implantation de maternelles 4 ans doit se réaliser en collaboration avec le réseau des garderies et tenir compte des conséquences négatives possibles de perte de clientèles pour le réseau des CPE;

  • L’on doit favoriser une  collaboration  étroite (organisationnelle et financière) entre les ministères et organismes responsables du réseau des CPE et du préscolaire (4 ans et 5 ans) (commissions scolaires – écoles);

  • Que la maternelle 4 ans soit sous la responsabilité d’une enseignante formée en préscolaire, mais  accompagnée d’une technicienne en petite enfance (en collaboration avec les CPE);

  • Que l’implantation se réalise progressivement en débutant par l’implantation en milieu défavorisé et en deuxième étape auprès de tous les milieux;

  • Qu’il faut s’assurer que le programme de prématernelle s’appuie sur des pratiques reconnues par la recherche et le savoir d’expérience évalué. 

Il est important de comprendre qu’il existe aussi beaucoup d’arguments favorables au déploiement plus grand  des CPE (service de garde). En voici plusieurs.

Voici une analyse des coûts de l’implantation de maternelles 4 ans, selon Marc St-Pierre ex Directeur général d’une commission scolaire (12 septembre 2018) – publié sure Facebook

Dans ce dossier-là, si tu sais compter, ne compte pas sur la CAQ. Quand j’ai fait un rapide calcul des impacts financiers de ce projet, je suis arrivé sensiblement au même montant que le bureau d’enquête du JdM. Pour une CS comme celle où je travaillais (25 000 élèves) et où les écoles sont à pleine capacité, il faudrait créer près de 3600 places pour accueillir les maternelles 4 ans, soit 200 classes à pleine capacité, soit le ratio maximum de 18 enfants de 4 ans par groupe. Si on devait regrouper toutes ces classes dans écoles dédiées, il faudrait construire au moins 4 grosses écoles primaires pouvant accueillir trente classes chacune. À 14-15 millions par école, on en est à quelque chose comme 50-60 millions pour une seule commission scolaire. Et on n’a pas encore engagé les profs requis, les accompagnatrices en salle de classe, les professionnels, TES et autres, ni les éducatrices des services de garde, personnel de soutien, le transport de ces enfants, etc. Alors, quand la CAQ dit pouvoir faire tout ça avec 150 millions et un peu plus pour les 72 commissions scolaires du Québec, permettez-moi de douter. Ça va prendre un gros « dix-roues » de poudre de perlimpinpin pour y arrive

Une suite de Marc St-Pierre tirée de Facebook 15-02-2019

Marc St-Pierre On ne s’entend pas encore sur quoi « enseigner » et comment intervenir en maternelle 5 ans. Après quelques années dans le cadre d’une implantation progressive du 4 ans en milieu défavorisé, la qualité n’est pas encore au rendez-vous, encore une fois en raison d’approches non-partagées, de formation et d’accompagnement insuffisants. Et ne te trompe pas, je suis allé plaidé en commission parlementaire en faveur du 4 ans en milieu défavorisé. On aurait dû poursuivre prioritairement l’implantation en milieu défavorisé, resserer la concertation avec les CPE, assouplir la règle des codes postaux pour régir l’admissibilité et consolider le programme. Au lieu de ça, on se lance tête baissée dans une implantation mur à mur, défiant toute logique sous-tendant le déploiement efficace d’actions découlant de politiques publiques qui prennent appui sur des données probantes. 

Point de vue qui favorise la maternelle 4 ans
https://www.journaldemontreal.com/2019/02/23/une-maternelle-pour-la-reussite-des-enfants?fbclid=IwAR3etGEkjJJKlY9o-vtURS5wnSEbatmgFlXIUif4ufjUXxBWqjCVGUTY2As

 

https://www.ledevoir.com/societe/education/548473/la-maternelle-une-invention-francaise?fbclid=IwAR1rWjWFfyX-RlqQn8taEduXGD_NcPQY8jiHj935Jnekfg1AWeOX_8ddXFU

https://www.journaldemontreal.com/2019/03/07/innover-dans-la-tourmente?fbclid=IwAR0qSKs1jVk3BineYr5RcrCjyML4xeY0h066PyhyNoG8cXvcQ8K1vdJwAJc

Une solution créative – une maternelle 4 ans dans un CPE

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1154617/cpe-garderie-maternelle-ordre-psychologues-mrc-montcalm?fbclid=IwAR2npl_Rwor3ywDR_Lilc51yR4uoPt4766U2AIuTbvEuBDdwj3Rt_QuhxOI

Point de vue qui favorise les CPE plutôt que les maternelles 4 ans : Une mauvaise affaire pour tous – Article signé par plusieurs universitaires.

http://plus.lapresse.ca/screens/4e7d70dc-38f0-48b7-bec6-c7c8a9409627__7C___0.html

Études sur les maternelles 4 ans – résultats jugés inefficaces

https://www.lesoleil.com/actualite/education/lecole-a-4ans-inefficace-ee68d08cff7d9bc60e4d6c86809b824c

Autre article d’analyse

https://www.journaldequebec.com/2019/01/22/pas-de-maternelle-4-ans-a-tous-les-coins-de-rue

Point de vue de Camil Bouchard (Auteur de: Un Québec fou de ses enfants). 

https://www.lesoleil.com/opinions/point-de-vue/maternelles-4-ans-arguments-revus-et-corriges-e2c04b30a9a691810470889b726952d2?utm_campaign=lesoleil&utm_medium=article_share&utm_source=facebook&fbclid=IwAR1mWbcn-7o82Yjl2Uew6wIjPDP8jfggzgBcZx-m5K-ngtlXKd6Va6mi190

Propos de Marie Malavoie ex-ministre de l’éducation: CPE maternelle 4 ans
https://www.ledevoir.com/opinion/idees/548280/un-detournement-de-sens

 

Autre article intéressant

https://www.journaldequebec.com/2019/03/13/maternelle-4-versus-cpe-8-propositions-pour-soutenir-le-developpement-des-enfants

Une critique un peu « raide » de mon argumentaire
(sur Facebook – 18-02-2019).

Propos tenus par: Dave DesRosiers

J’ai de la difficulté avec la posture: Je suis pro maternelle 4 ans… Elle me semble incompatible avec une posture de chercheur, surtout quand vos arguments pour la maternelle 4 ans témoignent essentiellement d’une méconnaissance flagrante du réseau des CPE et de la petite enfance. Je tente de les reprendre ici:

– Reprocher aux CPE de privilégier le développement global plutôt que les pré-requis scolaire est complètement farfelu. Premièrement, ils privilégient un développement global parce que le développement d’un tout-petit EST global. Et même à l’intérieur de cette perspective, je ne compte plus les initiatives d’éveil à la lecture et à l’écriture dont j’ai été témoin, sans même oeuvrer directement dans ce réseau.

– Affirmer que les éducatrices en CPE ne sont pas formées à la pédagogie préscolaire relève d’une grande méconnaissance du réseau et de la qualité des interventions et de la préparation à l’école qui s’y fait. Pour le moment, les quelques données disponibles indiquent qu’on trouve une plus grande qualité éducative (qui incluait aussi le développement de concept/connaissance) dans les CPE que les maternelles 4 ans actuellement déployées sur le territoire.

– En quoi la pénurie de professionnels disponibles en petite enfance se résorberait une fois les enfants de 4 ans intégrés dans le réseau scolaire. Je connais moins ce dernier, mais assez pour comprendre que les ressources professionnelles sont déjà surchargées et qu’elles auront peu de temps à consacrer à cette toute nouvelle clientèle. Tant qu’à engager des nouvelles ressources, consacrons-les aux bons endroits.

– Je suis bien d’accord avec vous que l’intervention doit être précoce et universelle, mais ce n’est aucunement un argument propre à la maternelle 4 ans…

– Votre dernier argument sur l’approche par le jeu ne tient pas du tout la route des connaissances actuelles sur le sujet et semble réduire le jeu à un simple passe-temps. Je vous invite vraiment à vous documenter sur le sujet avant de lancer de telles affirmations. Petite suggestion rapide, un outil comme le CLASS pourrait vous intéresser et vous démontrer tout l’intérêt d’interactions éducatives de grande qualité dans un contexte de jeu libre, mais accompagné.

Bref, votre « argumentaire » pro maternelle 4 ans me semble vraiment mal appuyé et je vous invite à approfondir votre réflexion avant de lancer de telles affirmations, surtout considérant l’autorité que vous confère votre statut de chercheur. Il ne s’agit pas juste d’un enjeu corporatiste entre deux réseaux, mais bien de s’appuyer sur les meilleures pratiques. Mon emploi n’est pas du tout mis en péril par les maternelles 4 ans, mais mon expertise en petite enfance me permet d’affirmer sans hésitation que ce projet fait complètement fausse route pour répondre aux besoins des tout-petits et à leur éventuelle scolarisation.

Et dans un monde aux ressources humaines et financières limitées, nous n’avons malheureusement pas le choix d’opposer les deux mesures, alors nous avons tout intérêt à poursuivre la discussion…

***

  • Lui ayant communiqué qu’il avait été pas mal « raide » à mon égard
    Mes excuses, mon intention n’était pas de vous attaquer de manière si incisive. Si je suis votre page facebook, c’est d’abord parce que j’ai un respect pour votre contribution en éducation. Je suis probablement plutôt sensible sur le sujet par les temps qui courent et les arguments que vous avez repris, je les entend fréquemment actuellement et ils sont vraiment éloignés de ce que je côtoie professionnellement.
     

  • Dave DesRosiers Ceci étant dit, je ne pense pas que l’on puisse totalement éviter « d’opposer » ces deux dispositifs. Comme je l’ai mentionné dans mon commentaire initial, les ressources limitées feront nécessairement en sorte que ces deux modèles ne pourront co-exister très longtemps pour les enfants de 4 ans. Est-ce que les services éducatifs offerts aux enfants de 4 ans qui existent actuellement pourraient être améliorés? Certainement! Est-ce que les ressources immenses que l’on s’apprête à consacrer aux maternelles 4 ans seront la meilleure amélioration possible avec tout cet argent? Personnellement, je ne crois pas du tout..

Qualité des services en CPE et garderies
https://www.lapresse.ca/actualites/education/201805/22/01-5182693-qualite-des-services-de-garde-au-quebec-on-nest-pas-dans-lexcellence.php?fbclid=IwAR0SHfSQ7rZMOoXqACB4ViBAhOZdmjWFYK67yq7Tp-QdBaN4ryucWUU4HJo

 

Pro CPE plutôt que maternelle 4 ans

https://www.lapresse.ca/actualites/education/201902/22/01-5215799-lopposition-a-la-maternelle-4-ans-sorganise.php

Références

Afin d’informer le lecteur et la lectrice sur ma connaissance du domaine du préscolaire voici quelques éléments importants.

J’ai réalisé avec ma collègue Louise Paradis (sc. de l’éducation de l’UQTR) une étude longitudinale pour la direction de la recherche du ministère de l’éducation d’une durée de 11 ans. Soit de la maternelle 5 ans à la fin du secondaire. Avec le CTREQ, je suis auteur et coauteur d’un outil de dépistage des élèves à risque (préscolaire et primaire)  (Logiciel Premiers signes) ainsi que d’un répertoire de pratiques préventives pour les problèmes de comportement en classe Agir dès les premiers signes. J’ai accompagné et formé des enseignantes de maternelle et du primaire à l’utilisation du logiciel de dépistage dans deux commissions scolaires (CSCR et CSMB). Enfin, j’ai travaillé comme éducateur et spécialiste en psychomotricité en garderie éducative  durant deux ans, à raison d’une journée semaine (il y a de nombreuses années).

Note: Mon degré de connaissances de ce qui se fait dans les CPE et les garderie, reste limité. Mon expertise est plus en éducation.

Potvin, P. (2018). Élève à risque d’échec scolaire. Un regard sur la résilience et les facteurs de protection. Béliveau Éditeur

Potvin, P. (2010). Premiers signes. Logiciel de dépistage des élèves à risque au préscolaire et primaire. CTREQ

Leclerc, D., Potvin, P. et Massé, L. (2016 – avril). Perceptions du type d’élève, du cheminement anticipé, de l’attitude des enseignants à la maternelle, première, deuxième année et qualification des élèves à la fin du secondaire : Diplomation ou décrochage ? Revue de psychoéducation 45 (1) 113-130.

Potvin, P., et Paradis, L (2000). Facteurs de réussite dès le début du primaire. Rapport de recherche. Présenté à la Direction de recherche du ministère de l’Éducation du Québec. Université du Québec à Trois-Rivières. 180p.

Système d’éducation au Québec : quatre questions adressées aux partis politiques (automne 2018)

Dans le cadre de la campagne électorale au Québec, l’émission de TV de Radio-Canada 24-60 avec Anne-Marie Dusseault a demandé à ses téléspectateurs et téléspectatrices de lui envoyer des questions concernant le système d’éducation qui s’adressaient aux représentants des quatre partis politiques.

Voici les questions que j’ai envoyées :

Questions 1. Le double système d’éducation – privé et public

Pourquoi est-ce qu’au Québec l’on maintient un double système d’éducation (privé et public) en subventionnant généreusement le privé (60% de financement) au détriment du système public qui se voit perdre de sa meilleure clientèle. Les conséquences sont multiples, le système public absorbe en grande majorité les clientèles en difficulté et est poussé à développer à l’image du système privé des écoles à vocations particulières qui sélectionnent les élèves sur leur rendement et leurs aptitudes. On s’éloigne d’une valeur fondamentale au Québec soit « l’égalité des chances » au profit de l’élitisme. Pourquoi maintenir ce double système alors que l’ensemble des autres provinces subventionne très peu ou pas du tout leur système privé   Question : Est-ce qu’un parti politique aura le courage de favoriser l’intégration de ces deux systèmes et réduire le financement de l’école privé?

Voir l’excellent article sur les méfaits de la sélection (école privée et publique)
https://www.ledevoir.com/opinion/idees/536510/la-segregation-scolaire-au-secondaire-une-derive-largement-ignoree

Question 2. La diplomation en adaptation scolaire (EHDAA)

Le taux de qualification ou de diplomation en adaptation scolaire (EHDAA) est très faible (à peine 52%), et encore plus faible chez les garçons.  Est-ce qu’un parti politique s’engage à étudier en profondeur ce qui se passe dans le secteur de l’adaptation scolaire au Québec  ? 

Question 3. Les hommes enseignants sont très peu présents en éducation

Les hommes enseignants sont très peu présents dans les programmes de formation des enseignants et par conséquent dans les écoles primaires et secondaires. Forcément l’éducation manque d’une influence « masculine » qui pourrait aider, entre autres, le problème de scolarisation des garçons qui manque de modèle masculin. Est-ce qu’un parti politique envisage une stratégie afin d’attirer plus d’hommes dans la profession enseignante?

Question 4. La maternelle 4 ans et les CPE

La maternelle 4 ans est une stratégie reconnue pour favoriser la prévention de l’échec scolaire. D’autre part nous avons un système de qualité en petite enfance (les CPE). L’une des stratégies afin de profiter de l’expertise de ces deux mondes (CPE-petite enfance et enseignement préscolaire) c’est l’alliance entre les deux systèmes (CS et CPE). Est qu’un parti politique a pour stratégie de voir à réaliser cette alliance afin d’implanter des maternelles 4 ans pour tous?

 

 

Une belle leçon de vie

Une belle leçon de vie

https://www.facebook.com/christophe.duprat.52/videos/1703460923065421/?t=134

Entrevue sur l’éducation (Daniel Pennac)

Voici une vidéo d’une courte conférence sur l’éducation (7 min.) de Daniel Pennac (Écrivain et ancien professeur). Il était un mauvais élève et pourtant il est devenu un professeur et un écrivain de renom.

Une grande sagesse dans ses propos. J’adore.

2018: un moment propice pour l’éducation (Égide Royer)

Un article d’Égide Royer sur l’importance de l’éducation lors des élection 2018 au Québec.

La Presse +. Nous avons demandé à cinq spécialistes ce qu’ils souhaitaient jeter, transformer, conserver et ajouter dans leur secteur d’activités pour la nouvelle année. Aujourd’hui, Égide Royer aborde le thème de l’éducation.

http://plus.lapresse.ca/screens/51d6e26f-5da1-4a47-b595-9d8953fea0ce__7C___0.html

La neuroéducation peut-elle directement améliorer l’enseignement en classe ?

Voici un article critique sur la neuroéducation

Didier Goudeseune 

juillet 18, 2018

Source Info CTREQ http://par-temps-clair.blogspot.com/2018/07/la-neuroeducation-peut-elle-directement.html

Un compte-rendu et une synthèse personnelle de la première partie d’une conférence essentielle donnée par Franck Ramus, associé à quelques développements autour d’un article polémique de Jeffrey S. Bowers, auquel il se réfère.

***

Enseigner est une pratique

Enseigner n’est ni une science, ni un art. Il y a une fausse dichotomie entre science et art, ce n’est ni l’un ni l’autre. Considérer ces perspectives, c’est oublier la réelle nature et responsabilité de la profession d’enseignant, envers les élèves qui lui sont confiés :

Enseigner est, avant toutes choses, une pratique (comme la médecine, la psychologie clinique ou l’ingénierie) qui doit être fondée sur des connaissances scientifiques : 

  1. Sur son propre objet : les apprentissages scolaires

  2. Sur une évaluation scientifique de ses pratiques (comme la médecine, la psychologie clinique, l’ingénierie)

Comme pour la médecine la psychologie clinique ou l’ingénierie, on peut distinguer :
1. La science fondamentale qui est vraiment l’objet de la connaissance et qui offre un cadre théorique : la psychologie pour l’éducation, la biologie pour la médecine et la mécanique pour l’ingénierie.

2. La science appliquée qui porte sur les pratiques concrètes : les sciences de l’éducation pour les pratiques éducatives, les sciences médicales pour les pratiques médicales ou les sciences de l’ingénieur pour les pratiques de l’ingénieur. 

L’assise fondamentale est que l’enseignement se traduit par une pratique qui doit être fondée sur des connaissances scientifiques plutôt que sur des croyances, des intuitions, des philosophies, des expériences personnelles, des anecdotes ou des idéologies. La connaissance scientifique est ce que l’on a de plus fiable. Ce que l’on attend d’un médecin ou d’un ingénieur, on est en droit de l’attendre à un enseignant à qui l’on confie l’éducation d’un enfant. 

La méthode scientifique

L’éducation est un domaine sur lequel tout le monde a un avis, beaucoup d’entre nous sont parents, nous avons tous été élèves un temps considérable. Fort de ces expériences prolongées, tout le monde a un avis sur ce à quoi ressemblerait la bonne manière d’enseigner, sur ce qui conviendrait à l’épanouissement intellectuel des enfants et adolescents.

Beaucoup de points de vue et d’affirmations dans le cadre de l’éducation (que ce soit dans des débats, dans des articles, dans des livres pédagogiques) sont souvent énoncés sans justification particulière, sans preuve et se réduisent dès lors à des opinions régulièrement contradictoires, qui se confrontent les unes aux autres. Cela mène à une cacophonie ambiante permanente, voire à un relativisme contre-productif où tout le monde aurait en partie tort, en partie raison.

Comment se faire un avis ? Qu’est ce qui permet de savoir qui a raison ? Comment différencier science et pseudoscience ? Comment distinguer les faits établis des affabulations ?

De tous les critères de choix, le meilleur qu’on connaisse finalement c’est la méthode scientifique. C’est la science qui va nous amener des éléments de preuve entre les différentes opinions. 

Les neurosciences auraient-elles dès lors champ libre dans le domaine de l’éducation ? Seraient-elles porteuses d’un vent nouveau ? 

Un enjeu de marketing promotionnel

Il faut faire attention à la distinction entre approche de marketing et apport scientifique réellement pertinent.

La neuroéducation est à la mode: beaucoup de livres, d’articles, de conférences, de formations, de logiciels éducatifs sont proposés. Les enseignants sont incités à prendre le train en marche, d’un domaine qui ne leur est pas naturellement familier. L’allusion aux neurosciences peut ainsi être, chez certains auteurs, un outil promotionnel utilisé pour créer une impression de crédibilité et jouer sur l’autorité de scientifiques. 

Invoquer le cerveau et les neurones rend crédule

Diverses recherches scientifiques ont montré très clairement qu’invoquer des concepts des neurosciences ou montrer des images du cerveau, limite l’esprit critique et donne l’impression que c’est solide et convaincant.

Le problème est que cela influe sur l’acceptation des idées présentées. Lorsqu’une explication est donnée en invoquant des concepts de neurosciences, elle va sembler plus plausible, a plus de chances de s’imposer. 

Les neurosciences ont un côté séduisant qui peut engendrer des effets pervers. 

IRM et salles de classe, le grand écart

Des références en neuro-imagerie sont parfois avancés comme éléments de preuve. Des troubles de l’apprentissage comme la dyslexie peuvent être mis en évidence par ce moyen. Cependant la relation entre des activations dans le cerveau et des phénomènes d’amélioration liés à l’apprentissage n’est pas automatique. Ce n’est pas parce que l’on constate des phénomènes en imagerie cérébrale que des implications et des résultats automatiques peuvent être inférés au niveau de l’apprentissage. 

Une IRM cérébrale n’a pas de lien direct avec une pratique de salle de classe et ne peut que difficilement faire l’impasse de recherches approfondies en sciences de l’éducation.

Le passage obligé par la psychologie cognitive et les sciences de l’éducation

Il est plus facile de caractériser les capacités cognitives des enfants sur la base de mesures comportementales que sur la base de mesures cérébrales. Par conséquent, les neurosciences offrent rarement un aperçu de l’enseignement sans passer par l’intermédiaire de la psychologie.

Dans le cadre des troubles de l’apprentissage, les neurosciences sont utilisées pour caractériser les déficits sous-jacents. La démarche naturelle serait alors que l’enseignement vise à corriger les déficits en les ciblant par ses pratiques. 

Cependant, les formes d’enseignement les plus efficaces peuvent souvent reposer sur le développement de compétences compensatoires (non altérées). Les neurosciences seules ne peuvent ainsi servie à déterminer si l’enseignement devrait cibler les compétences affaiblies ou non. A nouveau, le passage par la psychologie cognitive et les sciences de l’éducation s’impose. 

La psychologie se préoccupe du comportement et le comportement est la seule mesure pertinente pour évaluer la valeur d’une intervention pédagogique. 

En fait, la relation pourrait même être plus performante dans l’autre sens. Si l’enfant apprend, cela se reflète avant tout dans son comportement et ses capacités cognitives. La preuve que le cerveau a changé en réponse à l’enseignement n’est pas essentielle pour l’enseignant. Mais c’est intéressant à caractériser pour les neurosciences, ainsi les enseignants peuvent aider les neuroscientifiques dans leurs recherches. 

Par contre, les neurosciences sont pertinentes et cruciales quand elles révèlent des contraintes d’ordre médical, comme la nécessité de fournir aux enfants malentendants des implants cochléaires avant l’âge de 3 ans. Elles ont également un potentiel important dans le diagnostic préventif de troubles qui sont susceptibles dès lors d’être directement pris en compte par des pratiques éducatives. 

Emballement autour de la plasticité cérébrale

J’ai déjà abordé la notion de plasticité cérébrale en neurosciences et ses implications dans le cadre du développement du cerveau dans de précédents articles.

Le danger lié aux conceptions sur la plasticité cérébrale en matière d’enseignement tiennent à un point de vue réducteur, qui est celui de croire que l’on peut inconditionnellement modifier son cerveau, que tout est possible, on peut apprendre, il suffit de le vouloir vraiment

En réalité, pour ce qui est du fonctionnement courant de l’enseignement et de l’apprentissage, les notions de plasticité n’apportent rien de neuf, juste un éclairage biologique sur des phénomènes précédemment observés par la psychologie cognitive : les humains sont capables d’apprendre et ils sont capables de changer. 

Si on apprend quelque chose, si quelque chose se modifie dans nos pensées ou dans notre fonctionnement cognitif, c’est nécessairement parce que quelque chose s’est modifié au sein des neurones qui constituent notre cerveau. C’est trivial, on n’a pas besoin des neurosciences pour le savoir. 

Trivialités des neurosciences éducatives

Les neurosciences avancent à partir d’expériences chez les souris et les rats, que l’émotion est pertinente pour l’apprentissage dans les écoles. Un apprentissage efficace n’a pas lieu lorsque l’apprenant éprouve de la peur ou du stress. Le principal système émotionnel à l’intérieur du cerveau est le système limbique et il a de fortes connexions avec le cortex frontal (le site principal pour le raisonnement et la résolution de problèmes). Lorsqu’un apprenant est stressé ou craintif, les connexions avec le cortex frontal deviennent altérées, avec un impact négatif sur l’apprentissage.

Mais encore une fois, cette conclusion est triviale : tout le monde sait que les élèves stressés ou craintifs font des apprenants peu efficaces ! 

D’autres exemples de neurosciences éducatives aux conclusions triviales existent sur l’importance du sommeil, de l’alimentation, d’un environnement enrichi sont bons pour l’apprentissage alors que la négligence, les mauvais traitements et la malnutrition sont mauvais; que l’apprentissage est un phénomène social et que, par conséquent, l’apprentissage collaboratif est souvent plus efficace que l’apprentissage seul, que la motivation et l’étude dans des environnements calmes améliorent l’apprentissage et ainsi de suite. 

Réinventions de la roue

Régulièrement, les neurosciences ne fournissent pas d’idées nouvelles sur la meilleure façon de dispenser l’enseignement, elles apportent des preuves certes, mais qui confirment d’autre recherches comportementales en psychologie.

Par exemple, les neurosciences éducatives revendiquent l’utilité d’une sensibilisation précoce à une seconde langue. Or des données de recherches en psychologie sont arrivées à la même conclusion depuis longtemps. Même chose pour l’effet de test, largement démontré en psychologie cognitive. 

Utilisations injustifiées des neurosciences pour motiver l’enseignement

Diverses formations, articles, livres ou interventions destinées à proposer des améliorations de l’enseignement, sous le couvert des neurosciences, véhiculent des mythes pédagogiques ou des conceptions tellement vulgarisées et bancales qu’elles en sont dénaturées : les spécificités du cerveau gauche et droit, le cerveau triunique, les styles d’apprentissage, etc.

Un certain nombre d’auteurs soutiennent que les neurosciences éducatives sont utiles dans la formation des enseignants pour les aider à être critique et rejeter des méthodes bidon justifiées par les neurosciences. Plutôt que d’introduire les neurosciences dans la formation des enseignants, ne vaudrait-il mieux pas éviter toutes les formes d’enseignement motivées par les neurosciences et favoriser ceux de la psychologie cognitive ?

En conclusion

Tout ce qu’on fait dire aux neurosciences sur l’éducation d’une manière ou d’une autre est rarement vraiment légitime. Les vrais résultats des neurosciences ont très peu de pertinence directe pour l’éducation.

Souvent sous le terme neuroéducation, dans les meilleurs ouvrages sur le sujet,  il est surtout fait appel à des concepts de psychologie cognitive
, comme l’attention, la mémoire de travail, la récompense, la motivation, la métacognition, l’autorégulation, le stress, l’inhibition, la récupération en mémoire, les fonctions exécutives, les effets de fréquence, … 

Ces concepts de la psychologie sont étudiés également en neurosciences où l’on étudie leurs bases cérébrales et neuronales. Peut-être que ces concepts de psychologie sont déguisés en neurosciences pour les faire apparaître plus crédible?

Tout ce que proposent les neurosciences ou la psychologie cognitive, notamment sur le fonctionnement du cerveau n’est pas pertinent dans le domaine de l’enseignement. Toutes deux peuvent être instructives et valider certaines théories qui sont susceptibles d’avoir des implications dans l’enseignement. Mais leur mise en pratique repasse par des expérimentations en salles de classe qui nécessite l’implication des sciences de l’éducation. Il n’y a pas de raccourci possible pour une validation scientifique. 

La mode des neurosciences est une arme à double tranchant, ça rend les choses plus convaincantes, au moins en apparence, mais ça peut revenir comme un boomerang. Certains enseignants sont enthousiastes, d’autres développent un scepticisme qui peut mener à un rejet du discours de la psychologie et à travers ça de l’éducation fondée sur les preuves. 

Bibliographie

Franck Ramus , Les neurosciences peuvent-elles éclairer l’éducation?, Conférence à l’École normale supérieure – PSL, 16 Mars 2018, https://youtu.be/2j11lMgvXR4

Jeffrey S. Bowers, The practical and principled problems with educational neuroscience, Psychological Review, Vol 123(5), Oct 2016, 600-612

Voici une autre référence sur le sujet

http://pierrepotvin.com/wp/index.php/2016/04/06/neurosciences-neuroeducation-prudence/

 

Hommage à Romain Rousseau professeur chercheur en éducation

Romain Rousseau. Décédé le 9 juillet 2018 à l’âge de 78 ans.


Hommage à Romain Rousseau 1939-2018

Romain est décédé le lundi 9 juillet 2018 à l’âge de 78 ans et six mois. La cérémonie religieuse des funérailles à eu lieu le samedi 21 juillet à l’église de Trois-Pistole. Une grande cérémonie à eu lieu avec des témoignages de son frère, de ses enfants (Pierre et Nadia) d’une représentante de la chorale de l’église où Romain était chef de choral.  Plus de 300 à 400 personnes ont assisté à la cérémonie.

***

Août 1982, il y a 36 ans,  je quitte Montréal, l’École de psychoéducation de l’université de Montréal comme professeur et je suis engagé au département des sciences de l’éducation de l’UQAR. C’est mon premier contact avec Romain qui était alors le directeur du département et m’avait invité à déjeuner au Restaurant chez Marie-Antoinette de Rimouski.

Durant plus de 10 ans nous avons collaboré ensemble à réaliser des recherches en éducation. Romain avait créé, entre autres, le Laboratoire d’Étude et d’Action pour le Développement de la Recherche en Éducation (LÉADRE) de l’UQAR. Les membres fondateurs étaient :Romain R. Simon Papillon, Yolande Tremblay et Pierre Potvin.

Durant la période active de recherche au LÉADRE les collaborateurs et collaboratrices proches de Romain étaient: Yolande Tremblay (décédée), Simon Papillon et Renée Pinard en lien avec sa thèse de doctorat dirigée par Romain.

Voici un exemple des productions scientifiques réalisées ensemble de 1982 à 1992 :

  • 10 articles scientifiques, dont deux plus célèbres.

    • Potvin, P., & Rousseau, R. (1993). Attitudes des enseignants envers les élèves en difficulté scolaire. Revue canadienne d’éducation, 18(2), 132-149.Prix Louis-Philippe Audet / Michel Allard, de l’Association canadienne des chercheurs en éducation (ACCE). Prix du meilleur article en français pour l’année 1993 pour Revue canadienne d’éducation. Article très cité.

    • Pinard, R., Potvin, P., & Rousseau, R. (2004). Le choix d’une approche méthodologique mixte de recherche en éducation [version électronique]. Recherches qualitatives24, 58-81. Article très cité issu de la thèse de doctorat de Renée Pinard 

  • 8 conférences communes. Dans ces conférences Simon Papillon est souvent co-auteur et parfois Yolande Tremblay.

  • 5 rapports de recherche.

Romain était un grand pédagogue (Prix du meilleur professeur Université du Québec) et un grand chercheur en éducation. Il a formé beaucoup d’enseignantes et d’enseignants et des chercheurs.

Romain fut pour moi un ami avec des qualités humaines de grande beauté.  Voici quelques souvenirs :

  • Lorsqu’on travaillait en recherche avec Simon Papillon, Yolande Tremblay, il y avait une place importante pour l’humour et Romain riait de bon cœur. Chacun racontait son histoire drôle. Simon P. était expert en la matière.

  • Lorsque Romain venait à Trois-Rivières pour une visite à sa fille Nadia, nous nous retrouvions avec d’autres collègues que Romain aimait bien – Chez St-Hubert BBQ.

  • Je retiens de Romain, son grand sourire, sa joie de vivre, son dévouement (aider les étudiants de doc. en statistiques), son engagement, sa foi – discrète.

Lors de mon appel téléphonique du lundi 2 juillet (une semaine avant son décès), les derniers mots de Romain lorsque je lui ai demandé : qu’est que je pourrais te souhaiter Romain? Sa réponse : Que notre amitié continue à grandir.

En plus d’être un excellent professeur universitaire et chercheur en éducation, Romain était musicien – compositeur de musique sacré, très habile en bricolage, adorait la nature, la joie de vivre et était auteur de livre de poésie : Lettres sur l’usage de la vie – Poésie. Romain Rousseau Éditeur. 2014. Regards sur le fleuve en soi – 2018

Tout au long des années, j’ai maintenu avec Romain un contact. Je suis triste de perdre ce lien d’amitié. J’espère que Romain m’entend et surtout qu’il est bien.

 

L’avis de décès de Romain Rousseau
https://www.domainefuneraire.com/avis-de-deces/Romain-ROUSSEAU-237166


***

Voici le texte poétique en hommage à Romain de la part de Raynald Horth et de sa conjointe Thérèse. Raynald a été professeur chercheur au département des sciences de l,éducation de l’UQAR. Collègue et ami de Romain.

CHER ROMAIN

Ton idéal ontologique,
ta profonde axiologie,
ton épistémologie originale
et ta praxéologie réflexive
ont fait de Toi un
professeur et un chercheur exceptionnels.

 

Toi et Micheline, vous avez tissé
vos enfants dans des morceaux de ciel.
Vous avez appris à vos enfants
et à vos petits-enfants la poésie du merveilleux.

Romain, tu es un contemplatif, tu as une profonde intériorité. Tu aimes te retrouver dans les beautés de la musique et rédiger tes recueils de poésie.

Tu as en Toi ce qu’il y a de plus beau chez l’être humain : la bonté et la générosité.

Ta  bonté et ta générosité sont éternelles puisqu’elles sont portées par tes enfants et tes petits-enfants…

AU REVOIR
Raynald et Thérèse

Toile de Renald Horth (juillet 2018) Quintessence

Ma peinture représente l’âme de Romain lorsqu’elle s’est envolée
pour le Grand Voyage.

***

***

Voici le texte en hommage à Romain de la part de Renée Pinard. Renée a été dirigée dans ses études doctorales en éducation par Romain et codirigé par moi.

Renée Pinard Saint-Fabien sur mer

Saint-Fabien sur Mer, le 26 juillet 2018

Mon conjoint et moi offrons nos sympathies à tous ceux et celles qui souffrent du départ de Romain. 
A lui, j’adresse ces mots :

Cher Romain

Lorsque j’ai été informée de ta santé déclinante, d’abord la tristesse m’a envahie puis, j’ai pensé : s’il y a un être humain prêt à l’inéluctable, ce doit bien être toi, homme de foi et d’amour! Mais pas sans te battre d’abord, ce que tu as fait. Et l’inéluctable est arrivé. Est-ce que tu voyais la mort comme un dernier accomplissement ici sur la terre? Comme tu le dis : Tu as d’abord regardé cette rumeur avec appréhension et après l’avoir sondée avec ta foi et ta raison, tu as dû l’accueillir avec confiance.

Nous t’avons accompagné à l’Église de Trois-Pistoles où tant de gens de toutes origines s’étaient rassemblés. Cette église est à ton image, plus grande que nature dans sa magnificence et la musique et la voix qui se sont fait entendre étaient étonnantes de beauté. J’ai compris par là qu’on voulait te remercier de tout ce temps consacré à plusieurs causes et qu’on t’avait réservé le plus beau.

Je t’ai exprimé de nombreuses fois ma reconnaissance pour la qualité de l’accompagnement dont j’ai été le sujet lors de mes études doctorales. J’étais alors une praticienne en réflexion sur son travail professionnel qui voulait explorer de nouvelles façons d’agir. Je souhaite clamer encore haut et fort à quel point je fus privilégiée de t’avoir comme directeur de thèse et Pierre Potvin, comme codirecteur. Vous m’avez offert un accompagnement hors du commun fait de respect, d’écoute, de rigueur, de soutien, de confiance en mon projet d’action. Vous vous êtes retrouvés hors de vos zones habituelles de recherche, m’aviez-vous dits, mais prêts à m’accompagner sur cette voie, tout en balisant mon parcours de rigueur. Vous avez contribué grandement à transformer un projet d’action-recherche professionnelle en une œuvre dont je suis fière encore aujourd’hui.

Après coup, j’ai compris qu’il n’était pas donné à tous les étudiants de vivre un accompagnement fait de passion et de raison, d’humanité et de rigueur. Il y a bien des étudiants malheureux ou, à tout le moins, insatisfaits au pays des études avancées en ce qui a trait à l’accompagnement qu’ils reçoivent.

Il y a si peu de grèves entre St-Fabien et Trois-Pistoles et pourtant je n’ai pas osé les marcher jusqu’à toi, n’osant interrompre le fil de ta vie déclinante, sachant combien ce fil portait encore d’amour, de projets, d’engagements et d’accomplissements, mais aussi d’énergie vacillante, de douleur et de recueillement.. Je t’ai alors souhaité plein de lumière courageuse et sereine pour affronter la suite de tes jours et de tes nuits. Le fleuve qui t’apportait tant d’apaisement et la salicorne qui pointait le bout de son nez ont dû te témoigner réconfort et espoir tant que ce fut possible, en plus de la famille et des amis qui t’ont entouré de leur bienveillante présence. L’heure de l’ultime vague, comme tu en parles dans « Tes lettres sur l’usage de la vie », a sonné. J’espère que la musique et l’écriture ont été tes alliées tant que ce fut possible et qu’elles t’accompagneront dans cet autre ailleurs dans lequel tu as mis ta foi.

Ma reconnaissance éternelle, Romain, pour la qualité de la présence reçue lors de mes études doctorales.

On rêve souvent d’un mentor à certaines étapes de notre vie. Tu as été le mien.

Renée Pinard

La 4e édition du Dictionnaire actuel de l’Éducation menacée

Le fameux ouvrage de Rénald Legendre Le Dictionnaire actuel de l’Éducation, sa 4e édition risque de ne jamais voir le jour . Voir l’article du Devoir 12-06-2018

https://www.ledevoir.com/societe/education/529986/croisade-pour-sauver-un-joyau-de-l-education

Guide pratique sur l’impact sociale

Voici le Guide sur l’Impact du secteur de l’innovation sociale mise en ligne par le Centre de liaison sur l’intervention et la prévention psychosociales (CLIPP))

https://creativite33.files.wordpress.com/2018/05/guide_pratique_impact_2018.pdf

Le Guide pratique sur l’impact est un projet ayant débuté en mars 2016. La genèse du guide est liée à un besoin identifié par plusieurs organisations que nous accompagnons dans le secteur de l’innovation sociale, soit le besoin de réfléchir à comment être plus pertinent tout en rayonnant davantage.

À ce titre, et depuis quelques années, on voit le terme « impact » utilisé à toutes les sauces et le plus souvent sans qu’on prenne le temps de définir ce qu’il en est. Le mot impact n’est pas nouveau en soi mais il semble que dans le contexte actuel de grandes transitions ce mot résonne particulièrement, et plusieurs y voient une opportunité de l’utiliser. Mais au fait, qu’est-ce que l’impact?

Nouveau livre: Élève à risque d’échec scolaire

La présente est pour vous informer de la sortie de mon nouveau livre Élève à risque d’échec scolaire. Un regard sur la résilience et les facteurs de protection. Collection Psychoéducation. Béliveau Éditeur. L’une des originalités de ce livre c’est qu’il est illustré par le témoignage de mon propre vécu scolaire et du développement de ma résilience. 

 Veillez noter que le livre est disponible en librairie et également sur le site de Béliveau Éditeur : https://www.beliveauediteur.com/

Présentation de la couverture
C1-4 – Élève à risque déchec scolaire-04

La table des matières
Élève

 

Le Québec, dernier de classe au Canada dans la qualification de ses élèves – Analyse et hypothèses de solution

Le Québec, dernier de classe au Canada dans la qualification de ses élèves – Analyse et hypothèses de solution

 Note aux lectrices et aux lecteurs. Je ne suis pas un spécialiste des politiques et de l’administration de l’éducation. Par contre, je suis un spécialiste des élèves en difficulté et du décrochage scolaire depuis plus de 30 ans. L’analyse que je présente dans ce texte s’appuie sur un savoir issu de la recherche, de mes accompagnements de milieux scolaires, mais surtout sur mon savoir d’expérience. C’est une vision de l’éducation surement discutable. Enfin, je suis conscient que les solutions que je propose avec mes hypothèses restent possiblement difficiles d’application.

 État de situation

Les statistiques suivantes ne tiennent pas compte des résultats au privé alors que 20% des élèves québécois le fréquentent alors que c’est 5% dans les autres provinces, dont l’Ontario. Toutefois, même lorsqu’on tient compte du privé, le taux de diplomation en cinq ans reste au dernier rang des provinces avec 68% ou 69%.

  • Le Québec est bon dernier dans la diplomation de ses élèves du secondaire du secteur public dans le temps requis soit : 64% comparé à 77% pour la moyenne canadienne et à 20 points d’écart avec la province de l’Ontario (84%);

  • Le Québec stagne depuis 2008, malgré les nombreux efforts tant financiers qu’en programmes d’intervention;

  • Toujours au public, à peine 57% des garçons réussissent leur secondaire en cinq ans.

 Les efforts réalisés au Québec depuis 1990 pour lutter contre le décrochage scolaire

 

Voici à titre d’exemple les nombreuses initiatives du gouvernement québécois, du fédéral et des acteurs de l’éducation, depuis 1990, pour favoriser la diplomation et lutter contre le décrochage scolaire.

  • Le gouvernement fédéral du Canada a lancé en 1990 un programme de lutte au décrochage scolaire intitulé «L’école avant tout – Stay in school». Un investissement de 10 milliards de dollars dans le secteur de l’éducation en 1992-1993;

  • En 1992, Michel Pagé, ministre de l’Éducation s’est attaqué à l’abandon des études à l’école secondaire avec la stratégie Chacun ses devoirs. Quelque 42 millions de dollars ont pu être mobilisés pour lutter, au Québec, contre le décrochage scolaire, en 1992-1993;

  • À partir des années 2000, le Ministère de l’Éducation des Loisirs et du Sport (MELS) implante la Stratégie d’Intervention Agir Autrement (SIAA) (défavorisation). Le but est de contrer les écarts de réussite entre les milieux défavorisés et ceux qui sont plus favorisés. Un investissement de plusieurs millions de dollars durant plus de 10 ans;

  • En 2002, c’est l’application du projet de loi modifiant la Loi sur le Conseil supérieur de l’éducation et la Loi sur l’instruction publique (projet de loi 124), 2002 : Obligation de produire un plan de réussite pour les établissements scolaires et de produire un plan stratégique pour les commissions scolaires; précisions sur les obligations d’information et de reddition de compte;

  • Vers la fin des années 1990, c’est la création des Instances Régionales de Concertation (IRC) et investissement de plusieurs millions de dollars. Une approche citoyenne hors de l’école, avec de multiples projets voulant favoriser la persévérance scolaire : campagnes de sensibilisation, initiatives de sensibilisation à la conciliation études-travail, intervention et accompagnement dans les milieux à risque, mobilisation de milieux pour le développement de plans d’intervention pour la persévérance scolaire, initiatives de vigie et de transfert de connaissances entre les intervenants par des conférences, formations, etc, recherches, enquêtes et diffusions sur les habitudes de vie des jeunes, la conciliation études-travail, les causes de l’abandon scolaire, les perceptions qu’ont les jeunes de l’école, etc;

  • Réunir & Réussir (R2). Secrétariat à la jeunesse (Gouv. Qc) & Fondation Lucie et André Chagnon. La mission est de soutenir des initiatives encourageant la persévérance scolaire au Québec en misant plus particulièrement sur la mobilisation des instances régionales et des communautés locales (IRC). Gérer un fonds d’investissement de 50 millions de dollars

  • Création du Groupe d’Action sur la persévérance et la réussite scolaires au Québec (Jacques Ménard) (GA). Initiative citoyenne, le GA est une plateforme multisectorielle et un lieu d’échanges sur les initiatives porteuses en matière de persévérance scolaire dans tout le Québec. Objectifs: documenter et informer l’ensemble des acteurs de la société québécoise.

  • Depuis plus de 15 ans (2002), la diffusion des nombreux programmes et outils du Centre de Transfert pour la Réussite Éducative du Québec (CTREQ). Guide de prévention, logiciels de dépistage, Programme de prévention de toutes sortes.

  • Des millions d’investissements à réduire le nombre d’élèves par classe

  • Des millions dans l’aide aux devoirs

  • Les nombreux programmes de raccrochage des élèves décrocheurs pris en charge par divers types d’organismes : les Commissions scolaires, avec des programmes spéciaux ou des écoles de raccrocheurs : ex : Le Goéland (CSRS); École Boudreau (CS de la Capitale); les Carrefour Jeunesse Emploi; les Organismes Communautaires de Lutte contre le Décrochage (OCLD)

  • Les mille et un projets pour favoriser la réussite des garçons

  • Après une consultation nationale, le ministre Proulx à déposé en 2017 un plan stratégique de la réussite avec diverses mesures comme la maternelle 4 ans obligatoire en milieu défavorisé, l’accent sur la littératie dès le début de la scolarisation, etc.

  • Et combien d’autres initiatives…

Analyse et constats

Malgré tous ces efforts tant de la recherche en éducation, du transfert de connaissances, de l’implantation de programmes de prévention, de l’implication de fondations multiples et des milliards d’investissements, force est de constater que malgré les quelques progrès, le Québec n’a pas réussi à favoriser adéquatement la diplomation de ses adolescents.

Voici mes hypothèses d’explication du manque d’efficacité des moyens utilisés

Le climat d’un milieu est très important pour l’apprentissage. Ce climat dépend du corps professoral, de la direction, mais aussi grandement de la population étudiante du milieu. Dans un milieu, les modèles positifs sont importants pour créer ce climat d’apprentissage et si l’on dépasse plus de 30% d’élèves en difficulté ou peu motivés dans un groupe, dans une école, le risque de créer un climat non favorable à l’apprentissage et à la persévérance est menacé. 

Attention –  la question du 30%  comme point de reperd, à ma connaissance,   relève du jugement professionnel. Je n’ai pas de données probantes pour appuyer cet énoncé.  

  1. Le principal problème est la structure de notre système d’éducation en un double système – Privé et Public. Le gouvernement subventionne trop le privé et 20% des meilleures élèves vont au privé. L’une des principales conséquences c’est le fait de vider les écoles publiques de leurs meilleurs éléments. Ceci prive les écoles publiques de modèles positifs pour les autres élèves et prive de favoriser un sain climat d’apprentissage.

  2. Le système public assume la majorité des élèves en difficulté (les EHDAA) soit 20% alors que le privé n’assume que 12,7% de ces élèves.

  3. Le système public imite le privé en sélectionnant les élèves pour des programmes particuliers ce qui regroupe les élèves performants et vide encore une fois les classes régulières de modèles positifs.

  4. Une politique d’inclusion ou d’intégration dans les groupes réguliers au public menace le climat d’apprentissage et les modèles positifs si le nombre d’élèves en difficulté est trop élevé (plus de 10%) et si l’aide et le soutien à l’enseignant ne sont pas présents. Ce qui est le cas dans plusieurs milieux scolaires au Québec.

  5. Les garçons qui forment la moitié de la clientèle scolaire sont parmi les élèves les plus en difficulté scolaire, les plus représentés chez les EHDAA et ceux qui décrochent le plus. Parmi les 200 000 élèves en difficulté, 70% sont des garçons (É. Royer – 2018)

  6. L’éducation au Québec, contrairement à la santé et à l’économie n’est pas une priorité.

  7. Dans l’ensemble, les programmes, les initiatives, les interventions n’ont pas été appuyés sur la recherche et les pratiques re
    connues efficaces. Beaucoup de bonnes intentions, peu suivies et peu d’évaluation.

  8. Note. Concernant le rôle des parents, le ministre Proulx laisse entendre qu’ils ont décrochés. Je ne suis pas porté à mettre le « blâme » sur les parents. Honnêtement je n,ai pas assez d’information pour me prononcer sur ce facteur. bien entendu il est très important.

Hypothèse de solution

  1. Hypothèse 1. Réduire l’ampleur du système privé de 20% à 5% comme dans les autres provinces en réduisant les subventions.

  2. Hypothèse 2. Réduire les pratiques de sélection des élèves ou au moins s’assurer que les groupes réguliers soient hétérogènes.

  3. Hypothèse 3. Favoriser l’inclusion et l’intégration, mais ne pas dépasser plus de 10% d’élèves en difficulté dans les groupes réguliers (2 ou 3 élèves) et assurer l’aide et le soutien aux enseignants. Attention – le principe du 10% cause problème, car il y a une question de droits et liberté. De plus, il faut tenir compte de la gravité des difficultés en question, ce qui viendra influencer le nombre possible d’élèves à intégrer. De plus, la question du soutien de l’élève et de l’enseignant par des professionnels viendra nuancer la question du nombre. Chose certaine, dépasser un certain seuil, la classe devient difficilement gérable pour ne pas dire, une classe spéciale.

  4. Hypothèse 4. S’assurer d’aider les garçons dans leur vécu scolaire en revoyant la pédagogie possiblement actuellement plus propice aux filles. De plus, avoir davantage d’hommes enseignants tant au primaire qu’au secondaire.

  5. Hypothèse 5. Diffuser les pratiques pédagogiques et d’interventions préventives qui s’appuient sur la recherche. Accompagner les milieux pour les choisir, les implanter et les évaluer.

  6. Hypothèse 6. Faire de l’éducation une priorité nationale et faire de la profession enseignante une profession de haut niveau. Avec de meilleurs salaires et une formation améliorée.   

Conclusion

Je crains malheureusement que ce soit une révolution de notre système d’éducation qu’il faut entreprendre. Saupoudré des solutions ici et là nous maintiendra là ou nous sommes.  

Oui la maternelle 4 ans c’est important, oui un Institut National d’excellence en Éducation peut possiblement aider. Mais cela est  tout à fait insuffisant et ne règlera pas notre problème de société.

 

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Diverses références complémentaires sur les élèves à risque

Trois questions à Égide Royer sur les élèves en difficulté d’apprentissage 15-06-2018

https://www.lefil.ulaval.ca/trois-questions-a-egide-royer/

 

Rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse sur le système d’éducation du Québec et les élèves EHDAA – juin 2018

http://www.cdpdj.qc.ca/Publications/etude_inclusion_EHDAA_synthese.pdf

Voici un article de Stéphanie Morin dans le devoir -12-06-2018 Élève avec troubles d’apprentissage: il y a urgence d’agir

https://www.ledroit.com/actualites/education/eleves-avec-troubles-dapprentissage-il-y-a-urgence-dagir-f78d6d782ad982b0d5f49045434621e4

Voici un article sur le problème des EHDAA – élèves en difficulté

https://www.ledevoir.com/societe/education/529705/s-o-s-pour-les-eleves-en-difficulte

Voici un article complémentaire du devoir 09-05-2018 présentant le point de vue d’Égide Royer de l’Université Laval.

https://www.ledevoir.com/societe/education/526996/diplomation-l-ontario-fait-reellement-mieux-que-nous

Article d’Égide Royer – 12-06-2018 Réussite scolaire : le gouvernement est loin de la note de passage

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/530013/reussite-scolaire-le-gouvernement-est-loin-de-la-note-de-passsage

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Voici une vidéo et un texte sur notre système inéquitable, réalisé par le Mouvement: L’école ensemble.

https://youtu.be/3XioLWr2bk8?t=117

http://www.ecoleensemble.com/

Une analyse de la proposition de la CAQ sur l’implantation de maternelles 4 ans pour tous

https://enpoussantlecrayon.com/2018/05/28/ce-qui-devrait-etre-attache/

Intégration des EHDAA et classe spéciale

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/547542/de-part-et-d-autre-de-la-classe-speciale?fbclid=IwAR3hx5lxDdqwrezcUVaUkLJnihmxL99T7TBSdsLda2Qs4PLwLeQeEvz1fvI 

Les Émotion : revisitées

Cet article est un extrait de mon  livre Élève à risque d’échec scolaire. Un regard sur la résilience et les facteurs de protection. Collection psycoéducation. Béliveau Éditeur. (août 2018).

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Les émotions correspondent à des états affectifs dont la durée et l’intensité varient et qui sont accompagnés de réactions physiologiques. Certaines émotions sont agréables (joie, intérêt), et d’autres sont désagréables (colère, peur, tristesse). Ce sont nos émotions qui nous révèlent si nos besoins sont satisfaits ou non, et jusqu’à quel point ils le sont. Elles nous informent de manière précise sur notre équilibre psychique et renseignent notre entourage sur notre état (Potvin, 2015, 2017).

Seligman (2013) souligne le rôle important des émotions fortes comme l’anxiété qui nous préviennent d’un danger. La dépression et la tristesse nous informent de la menace d’une perte. La colère nous dit que quelque chose empiète sur notre domaine. Les émotions ont pour but de nous pousser à l’action pour nous changer nous-mêmes ou nous inciter à changer le monde, et ainsi mettre fin à l’émotion négative. Le mal-être est nécessaire, car il nous pousse au changement. Évidemment, il ne faut pas que ces émotions négatives deviennent chroniques et paralysantes ni qu’elles déclenchent de trop nombreuses fausses alertes (exemple : crises de panique). En effet, dans ce cas, il y a un problème de santé mentale.

Références

Potvin, P. (2017). Qui sommes-nous, nous, les Humains?. Les Éditions Première chance.

Potvin, P. (2015). Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer. Une approche psychoéducative. Collection psychoéducation. Béliveau éditeur.

Seligman, M. E.P. (2013). L’école de l’Optimisme. Développer la résilience chez l’enfant. Les Éditions de l’Homme.