Archives de l’auteur : Pierre Potvin

L’art d’éduquer : la recherche et les données probantes – un regard critique

On parle d’un Institut d’excellence en éducation, de la recherche pour éclairer les pratiques enseignantes et l’intervention qui s’appuie sur des données probantes.

Je suis en partie en faveur de ces fondements. J’ai écrit un livre sur le sujet : Alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience.  Je ne peux pas être contre « la vertu ».

Je suis 100 % d’accord qu’il ne faille pas en éducation (en milieu scolaire) être orienté par le goût du jour, les modes « pédagogiques » et les inventions « non fondées » ou mal évaluées.

Toutefois, il y a en moi une petite voix qui me dit « attention » le savoir, les bonnes pratiques en éducation (scolaire ou familiale)  ne peuvent pas se baser uniquement sur la recherche universitaire. Le savoir d’expérience de l’enseignant qui a une pratique réflexive, qui partage son expérience avec des collègues, qui s’accorde de la formation continue en participant à des colloques, qui éclaire sa pratique avec certaines théories et qui observe et évalue les effets de ses pratiques sur les apprentissages de ses élèves, a pour moi autant de valeur pour la pratique que la recherche.

Le gros problème de la recherche (pour qu’elle soit valide et  publiable) c’est que pour avoir une bonne validité elle doit mettre en place de multiples contrôles pour éviter divers biais. Les conditions de validité sont liées à ces contrôles qui souvent ne représentent pas la réalité d’un milieu « ordinaire ». Alors, plus on s’éloigne des conditions originales et plus la validité baisse.

L’avantage du savoir d’expérience, c’est qu’il se construit sur le quotidien et la réalité du terrain avec les moyens du bord.

L’idéal c’est ce que j’ai écrit dans mon livre, la combinaison (alliance) de la recherche (les chercheurs) et du savoir d’expérience (les praticiens). À la condition que les deux parties (chercheurs et praticiens) fassent équipe et travaillent en partenariat en se considérant les uns et les autres comme indispensables et ce du début à la fin d’un projet.

Un deuxième aspect de ma réflexion qui me déséquilibre avec la question des « bonnes pratiques » et des « données probantes » c’est de concevoir qu’un enseignant devienne « l’applicateur » de pratiques « préformatées » de démarches planifiées et bien validées.

Je crois que l’éducation est une « science humaine » qui nécessite de la flexibilité, de la créativité, de la passion. Qu’il doit y avoir une place pour l’innovation, la créativité, le risque. Il me semble que l’enseignant « efficace » est celui qui oui est influencé par les orientations de la recherche, mais qui reste critique, inventif, et maître de l’environnement des situations d’apprentissage. Ce n’est surtout pas un technicien applicateur de méthodes.

Que ce soit l’institut d’excellence en éducation, ou la recherche, ou l’information sur des pratiques qui s’appuient sur des données probantes, tout ça ne devrait qu’être un éclairage d’orientation possible pour l’enseignant qui selon moi est un professionnel qui devrait faire partie d’un ordre professionnel.

Selon mes souvenirs, mes meilleurs enseignants étaient des passionnés pour ce qu’ils enseignaient (français, mathématiques, chimie, éducation physique), établissaient une relation de bienveillance avec nous les élèves de la classe, nous transmettaient cette conviction qu’on apprendrait.

En conclusion, soyons prudent avec la gestion axée sur les résultats, la recherche de l’excellence et les hauts niveaux de la performance,  les bonnes pratiques, les données probantes,  la recherche… « l’autorité que nous donne la vérité ».

Ne prenez pas ma réflexion pour une « survalorisation de l’expérience », car le savoir d’expérience n’a de valeur à mes yeux que s’il rencontre les conditions que j’ai énumérées plus haut (analyse, réflexion, observation, partage, évaluation, théorie).

Mobilisation territoriale et persévérance scolaire. Conférence de Michel Perron

La mobilisation territoriale pour favoriser la persévérance scolaire et la réussite scolaire
Conférence de Michel Perron
(15 juin 2017)
(durée 43 minutes)

Une vision sociogéographique de l’éducation

https://www.youtube.com/watch?v=ZGhvt3ZcwlU&feature=youtu.be

Un regard novateur sur la persévérance scolaire et la réussite scolaire. Une approche originale de sociogéographie et d’échosystémie.

Répertoire de pratiques au préscolaire et au primaire: Agir dès les premiers signes

Voici le lien du Répertoire de pratiques pour prévenir les difficultés de comportement au préscolaire et au primaire :
Agir dès les premiers signes.

Agir dès les premiers signes_VF (1)

Présentation PowerPoint du répertoire

http://pierrepotvin.com/6.%20Publications/AGIR%20-%20Pr%C3%A9sentation%20CQJDC%20VF.pptx

 

La prévention des difficultés de comportement au préscolaire et au primaire : Agir dès les premiers signes

La communauté scientifique et professionnelle en éducation reconnait que le processus menant à l’échec scolaire et ultimement au décrochage scolaire au secondaire commence dès le préscolaire et le primaire et qu’il est recommandé d’agir dès les premiers signes (Fortin et al., 2013; Garnier et al.,  1997; Janosz, et al.,  2000; Jimerson, et al., 2000). Pour répondre à ce besoin, le CTREQ a développé le Répertoire de pratiques pour prévenir les difficultés de comportement au préscolaire et au primaire : Agir dès les premiers signes. Ce répertoire est issu d’une alliance entre l’université  (Potvin,  UQTR) et le milieu scolaire (enseignants, CP et professionnels de la CS des Premières-Seigneuries). Il fait suite à une recension des répertoires et référentiels existants (commissions scolaires,  MELS) et d’une recension des écrits sur les pratiques auprès des élèves qui présentent des difficultés de comportement.  Le répertoire est conçu pour les enseignantes, mais il peut également servir aux professionnels de l’éducation qui les soutiennent (psychologues, psychoéducatrices, éducatrices spécialisées, etc.). Il présente des pratiques universelles et ciblées (en cohérence avec le modèle RAI). Les pratiques universelles sont des incontournables, tels : l’établissement de relations positives, l’utilisation de stratégies axées sur le développement de l’autonomie et du sentiment de compétence, la gestion des comportements et l’organisation de la classe. Les pratiques ciblées concernent des interventions pour répondre aux besoins des élèves qui ont des comportements d’agitation, d’inattention, d’agressivité (difficultés extériorisées),  ainsi que d’anxiété et de retrait (difficultés intériorisées).

Références

Fortin, L., Marcotte, D.  Diallo, D, Potvin, P. et Royer, É. (2013). A multidimensional model of school dropout from and 8-year longitudinal study in a general high school population. European Journal of  Psychology of Education, 27(3), 563-583. doi : 10.1007/s10212-012-0129-2

Garnier, H. E., Stein, J. A. & Jacobs, J. K.(1997). The process of dropping out of school: A 19 year perspective, American Educational Research Journal, 34, 395-419.

Janosz, M., Leblanc, M., Boulerice, B. et Tremblay, R. E. (2000). Predicting different types of school dropouts : A typological approach with two longitudinal samples. Journal of Educational Psychology, 92(1), 171-190

Jimerson, S., Anderson, G. E. et Whipple, A. D. (2002). Winning the battle and losing the war: Examining the relation between grade retention and dropping out of high school.  Psychology in School, 39(4), 441-457. doi: 10.1002/pits.10046

Potvin, P., Nicole, M.-C., Picher, M.-J. et Roy, A. (2017). Agir dès les premiers signes : Répertoire de pratiques pour prévenir les difficultés de comportement au préscolaire et au primaire. CTREQ.

L’estime de soi revisitée (2)

Note aux lectrices et aux lecteurs: la première version de ce texte  avait quelques coquilles, voici le texte corrigé.

 

L’estime de soi est reconnue comme un élément incontournable de la personnalité. Le présent texte revisite ce concept en réajustant et en corrigeant une façon de le concevoir qui peu nuire au développement des enfants et des adolescents. Le sur-encouragement parfois utilisé pour faire du bien, peut être nuisible au développement. Croire que l’estime de soi se construit par les encouragements est un mythe et une croyance mal fondée. L’estime de soi se construit par l’expérience positive et négative et des rétroactions réalistes sur ce vécu.

 

Ce texte sur l’estime de soi est un extrait d’un futur livre intitulé: 
Élève à risque d’échec scolaire. Un regard sur la résilience et les facteurs de protection. Illustré par le témoignage du vécu scolaire de l’auteur.

 

L’estime soi correspond à une autoévaluation de soi-même, une appréciation qu’on a de soi qui peut être positive, négative, réaliste ou irréaliste. Elle se construit par l’expérience,  par les résultats des apprentissages dans tous les domaines. Seligman (2013) mentionne que l’estime de soi est un sous produit de la réussite et qu’une fois que l’estime de soi est ancrée chez un enfant, elle suscite encore d’autres réussites. Ce chercheur insiste sur le fait que l’estime de soi est une conséquence (de la maîtrise et de la réussite) et non la cause. C’est pour cela que l’estime de soi ne s’enseigne pas directement, elle s’acquière par l’expérience. Elle se construit aussi par les rétroactions reçues de la part de son entourage (parent, enseignant, pairs, patron, etc.) en relation avec les activités réalisées. L’estime de soi idéal est positive et réaliste. Elle sera une alliée de la résilience lors du vécu de l’adversité. Les élèves en difficulté scolaire ont tendance à  avoir une estime de soi négative, ce qui peut nuire à la confiance en soi, à la persévérance ainsi qu’à la résilience.

Seligman (2013) nous met en garde contre une approche à éviter concernant l’estime de soi. L’approche en question met l’accent sur la manière dont l’enfant se sent, au détriment de ce qu’il fait (maîtrise, persévérance, surmonter la frustration et l’ennuie, relever des défis). Cette approche nuit au développement de l’enfant en lui envoyant des messages positifs souvent irréalistes, non fondés sur la réalité des activités réalisées. Une approche qui évite à ce que l’enfant fasse des erreurs ou soit en échec. Une approche qui renforce l’enfant sans qu’il le mérite réellement. En utilisant des slogans « creux » comme : « tu es un être spécial », « bravo, tu es unique… ». Les enfants apprennent rapidement à ne pas tenir compte de ces flatteries si elles ne s‘appuient pas sur la réalité.  L’approche qu’il préconise est issue de la psychologie positive qui se préoccupe d’aider l’enfant à réussir et à être conscient de la relation réelle entre les moyens qu’il prend et les résultats obtenu. L’on cherche à développer une estime de soi positive mais réaliste. L’erreur, l’échec, la frustration font partie de la normalité dans le processus d’apprentissage et de la construction de l’estime de soi. Seligman (2013) avance comment il est important pour l’enfant d’apprendre à faire face à l’erreur, à l’échec, à la frustration et à fournir l’effort et persévérer malgré l’adversité. Ce sont entre autres ces apprentissages avec l’aboutissement à la réussite qui permettent le développement de la résilience.

Cette estime de soi se construit aussi dans le cadre de relation de bienveillance, par le développement de la connaissance de soi, des encouragements, mais aussi par des remarques constructives qui lui donnent l’heure juste. Comme le mentionne Rousseau (2010) elle se construit surtout par l’accumulation d’expériences variées adaptées aux capacités de la personne, de défis qui l’amène à se dépasser et par les réussites découlant de ses réalisations. Dans l’approche de l’estime de soi préconisée par Seligman (2013), le bien être ressenti par l’enfant arrive en second, après l’effort, la persévérance et la réussite. L’accent n’est pas mis sur le sentiment de bien être, car celui-ci est considéré comme une conséquence, un effet suite  à l’action de l’enfant. 

Références

Rousseau, S. (2010). Développer et renforcer sa résilience. Vivre heureux même si… Les Éditions Québécor.

Seligman, M. E.P. (2013). L’école de l’Optimisme. Développer la résilience chez l’enfant. Les Éditions de l’Homme.

Un article intéressant sur une vision sociologique de l’estime de soi

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/571212/la-promotion-de-l-estime-de-soi-a-la-source-de-la-censure

Décrochage scolaire et le 1000$ par diplômé (Prise 2)

Une analyse du journaliste Alain Dubuc de La presse, est fort intéressante et remet en question la proposition de Mitch Garbert d’offrir 1000$ pour chaque jeune qui obtient son diplôme du secondaire afin de contrer le décrochage scolaire.

 

http://plus.lapresse.ca/screens/740dbc02-fa9e-44f4-a5b3-c22612593530%7C_0.html

La solution du décrochage scolaire: offrir 1000$ à chaque futur diplomé du secondaire??

L’idée de Mitch Garber (entrepreneur) qui propose ici une solution pour contrer le décrochage scolaire Payer 1000$ (60 millions que cela coûterait) pour chaque jeune du secondaire qui obtient son diplôme.

Mitch Garber je l’apprécie pour son rôle « Dans l’œil du dragon » mais je qualifie de simpliste sa solution.  Il a de bonnes intentions, comme ma grand-mère qui disait « il suffit de les aimer ». Mitch Garber est un entrepreneur, que je suppose très riche et qui voit l’argent $$$ comme une bonne solution. Je dis avec humour, et sans vouloir manquer de respect pour cet homme « Quand le seul outil qu’on a (exempte l’argent $) tous les problèmes sont des clous « 

http://www.lapresse.ca/actualites/education/201706/09/01-5105864-decrochage-scolaire-1000-contre-un-diplome-une-fausse-bonne-idee.php

 

La relation de bienveillance – Présentation PowerPoint – auteur: Martin Bourgeois

Concept de la Bienveillance pour le 8 mai 2017

En éducation, la relation de bienveillance (le caring) est un incontournable pour établir une relation positive enseignant-élève, professionnel-élève, professionnel-enseignant, et autres. 

La présentation suivante est réalisée par un professionnel en psychoéducation en milieu scolaire. Elle retrace l’historique des conceptions d’intervention en lien avec les comportements des élèves et fait la promotion du soutien aux comportements positifs et à la relation de bienveillance. 

 

 

Martin Bourgeois,
Conseiller pédagogique en adaptation scolaire,
tél.: 819-326-0333 poste 2080
bourgeoism@cslaurentides.qc.ca

 COACH SCP-PEP/CICO

Témoignages inspirants: relation maître-élève – source PRÉCA

Je vous présente des témoignages remarquables,  inspirants d’enseignants qui ont été diffusé par le PRÉCA  (l’instance régionale de concertation pour la persévérance scolaire et la réussite éducative dans la Chaudière-Appalaches).

http://www.preca.ca/

La relation maître-élèves

La présente thématique est la relation maître-élèves, l’un des déterminants de la persévérance scolaire qui fait partie des facteurs scolaires. L’enseignant est un adulte significatif pour le jeune, au même titre que ses parents. La qualité de la relation entre l’enseignant et l’élève exerce ainsi une influence prépondérante sur la réussite scolaire de ce dernier.

Voici des témoignages inspirants d’enseignants travaillant dans notre région de la Chaudière-Appalaches et qui font une réelle différence par la relation positive entretenue avec leur élèves. La persévérance scolaire : c’est l’affaire de tous, et à longueur d’année!

***

Dominique C. Poulin, polyvalente Saint-François
Ma porte de classe est toujours ouverte pour eux et très souvent, il y a beaucoup d’élèves qui viennent jaser. J’obtiens une belle confiance d’eux de cette façon.

Claudie Boivin, école du Tournesol
Le sourire et la bonne humeur! Je me fais un devoir d’accueillir mes élèves avec le sourire et les saluer en début de journée.

Roxanne Bélanger, école Saint-Noël
L’enseignement, c’est ma passion et j’investis tout le temps nécessaire pour la réussite de mes élèves. Je ne fais rien d’exceptionnel. Je les aime, c’est tout!

Sylvie Groleau, école primaire de la Ruche
Réaliser des projets qui partent de leurs intérêts et de leurs passions. Être à l’écoute et innover, voilà le secret!

Amélie Parent, école Arc-en-Ciel de Saint-Narcisse
Créer un lien avec l’enfant et utiliser l’humour

Annie Guay, école l’Accueil
J’ai des attentes élevées pour tous mes élèves et je les aide à croire en eux pour les atteindre. J’aime que mes élèves se sentent fiers d’eux

Catherine Bédard, école La Source
L’intégration des TIC est un facteur important dans la réussite et la motivation scolaires dans ma classe. L’élève est au cœur des choix dans ma classe

Tony Deblois, école des Appalaches
Il faut être accueillant, disponible, drôle, rigoureux, respectueux et passionné!

Annick Plourde, école l’Étincelle de Sainte-Marguerite
Donner des choix, être à l’écoute de leurs idées, faire des rétroactions positives et les AIMER.

Lisa Bolduc, école secondaire Veilleux
Aimer les jeunes comme ils sont et ne pas faire de distinction entre l’élève qui performe le mieux et celui qui éprouve le plus de difficulté. 

Marylène Bourget, école des Moussaillons
Les complimenter, reconnaître leurs forces, les écouter, comprendre leurs différents besoins, faire preuve de souplesse lorsque c’est nécessaire et toujours faire ce qu’on dit qu’on fera.

Caroline Vachon, école l’Étincelle de Sainte-Marguerite
Je vais voir chaque enfant individuellement afin qu’on se dise bonjour avec un sourire et en se regardant dans les yeux. Le sourire et le regard sont optionnels pour certains amis; je respecte chacun d’eux. 

Ruth Lambert, polyvalente des Abénaquis
Il faut aimer notre travail et croire au pouvoir de cette relation maître-élève. Cette relation ne se fait pas toujours facilement; cependant, une fois que le lien est établi, il est très fort

Kaven McCarthy, polyvalente Benoît-Vachon
Je les félicite publiquement lorsqu’ils font de bons coups (dans la classe, dans l’école ou dans leur communauté). Je suis simplement conscient du privilège que j’ai de travailler avec eux à chaque jour.

Mélanie Therrien, école Arc-en-ciel de Saint-Narcisse
Les aimer de tout mon cœur et leur donner la possibilité de s’épanouir chaque jour. Communiquer avec les parents, les inviter souvent en classe.

Isabelle Lachance, école La Martinière
Avec les petits, je crois que le secret est de prendre le temps de les mettre en confiance et d’établir le lien… Par la suite, nous pouvons les amener à se dépasser!

Marie-Josée Roy, école Monseigneur-De Laval
Pour ma part, ce n’est pas un secret, je fais des blagues et des tours à mes élèves. De plus, j’accepte qu’ils me taquinent eux aussi. Il y a des limites, que tous connaissent.

Guylaine Bélanger, école l’Éco-Pin
Il ne faut pas avoir peur de sortir des sentiers battus et de poser des questions. De plus, il faut respecter notre style d’enseignement. 

Jeannie Quigley, polyvalente Benoît-Vachon
Je suis exigeante envers mes élèves, tout en considérant les capacités de chacun. Je leur demande de la rigueur, du travail acharné et du dépassement de soi. Je tente aussi de leur inculquer la fierté dans le travail bien fait.

Sylvie Boulanger, polyvalente de Saint-Georges
Je m’exige le même respect envers eux que je leur exige entre eux ou envers moi. J’admets mes torts et mes erreurs. Je ne demande pas la perfection, mais le gros bon sens!

Sonia Quirion, école des Deux-Rives
De petits gestes simples: un sourire, un bonjour le matin, un encouragement au bon moment, un petit moment avec lui quand on sent que quelque chose ne va pas…

Pierre Couture, école secondaire Saint-Charles
Croire en le potentiel des jeunes, développer un lien avec l’étudiant, motiver le jeune en lui offrant des défis, encourager une démarche orientante et surtout, avoir du plaisir!

David Gourde, école secondaire Saint-Charles
Je suis tuteur, ce qui m’oblige à les suivre de plus près dans toutes les facettes de leur développement. Je ne me gêne pas pour leur dire que j’apprécie travailler avec eux lorsque ça va bien. Bref, j’essaie d’être un modèle positif!

Louise Tanguay, école des Appalaches
Prendre le temps de les connaître, montrer de l’intérêt pour leurs activités en dehors de l’école, ce qui leur tient à cœur.

Patricia Lessard, polyvalente de Thetford Mines
J’essaie toujours de rendre mes cours intéressants en variant mes approches. Je m’implique beaucoup dans mon école aussi! C’est mon milieu de vie.

 

Savoir d’expérience, recherche et transfert de connaissances

Je vous présente une entrevue réalisée lors du lancement collectif des auteurs de l’UQTR qui ont publié un livre en 2016. L’entrevue est réalisée avec Patricia Power. Le clip vidéo dure 7 minutes 

 

https://www.youtube.com/watch?v=pSjw3NzwWn4

Des conférences (Webinaire) en éducation

Voici une série de conférences (Webinaires) en éducation réalisée par le PRÉCA (Partenaires pour la réussite éducative en Chaudière Appalaches).

Une excellente conférence de Steve Masson sur Connaître les neuromythes pour mieux enseigner.

Il y a plusieurs autres conférences accessibles dont deux d’Égide Royer

 

Voir « Nos Webinaires »
plus bas sur la page

http://www.preca.ca/conference/

Être enseignant(e), de multiples rôles

Voici un texte sur ce qu’est d’être enseignant, du moins dans certains pays et pour certains enseignants très engagés.

Je considère ce texte très beau et pour plusieurs parties réaliste.

 

Enseigner

Verbe.
Transmettre un savoir. Apprendre une science, une discipline à quelqu’un. Instruire. Cultiver. Éduquer. Civiliser.

Réparer la photocopieuse.

Nettoyer le vomi. Soigner les petits bobos. Garder son sang-froid devant les GROS bobos. Eviter les bagarres dans la cour et parfois se prendre un coup de poing au passage. Bosser 50h par semaine quand le monde entier pense que tu ne travailles que 15h. Se faire traiter de feignasse.

Réparer la colle remontée tout en haut du tube pour voir jusqu’où ça va et du coup s’en mettre plein les doigts. Nettoyer le pipi. Nettoyer le caca. Moucher des nez. Justifier ses 4 mois de vacances.

Gérer la colère des enfants. Apprendre aux enfants à gérer leur colère. Gérer la colère des parents. Apprendre aux parents à gérer leur colère. Voir les yeux d’un enfant pétiller. Accepter la surdité précoce.

Réparer le serre-tête cassé en trois. Apprendre de ses erreurs. Attraper 2 gastros, 1 angine, 1 série de poux et 1 grippe par an. Comprendre que les enfants ont bien meilleur fond que certains adultes. Expliquer qu’une gomme coupée aux ciseaux en vaut deux.

Déminer les taille-crayons. Fermer les fermetures éclairs. Réparer les fermetures éclairs. Lacer les chaussures. Apprendre aux enfants à lacer leurs chaussures. Enfiler une paire de gants à 30 enfants et maudire l’hiver.

Finir la journée avec au minimum une trace de craie ou de velleda sur les doigts ET les vêtements. Expliquer à un enfant que donner un coup de pied à un camarade, ça fait MAL. Justifier le trop-peu de devoirs. Justifier le trop-plein de devoirs. Expliquer aux enfants la politesse.

Répéter 6 fois la même phrase. Aimer. Répéter 6 fois la même phrase. Créer. Répéter 6 fois la même phrase. Coiffer. Répéter 6 fois la même phrase. Rire. Répéter 6 fois la même phrase. Écouter. Répéter 6 fois la même phrase.

Ne pas pleurer devant les enfants. Ne pas pleurer devant les parents. Pleurer. Se décourager. Se remotiver. Faire grandir les enfants. Aider. Corriger. Comprendre que « maîtresse » est désormais ton 2ème prénom. Essuyer les larmes d’un enfant. Essuyer les larmes des parents. Essuyer les larmes des collègues. Essuyer ses propres larmes.

Avoir de la compassion. Vivre dans le bruit. Former la génération de demain. Être fier. Compter le nombre de prénoms que tu connaîtras à la fin de ta carrière. Être aimé, adoré, admiré, détesté. Être ferme, attentionné, bienveillant, passionné. Être au centre de l’attention.

Compter en années scolaires. Apprécier les mois de Juillet et Août. Travailler pendant les vacances. Travailler les week-ends. Faire des photocopies. Plein. Dépenser de ta poche pour la classe. Avoir mal au crâne. Avoir mal à la gorge. Être aphone.

Dire chut dans la classe. Dire chut au restaurant. Dire chut chez toi. Dire chut dans les magasins. Se retenir d’aller aux toilettes et attraper une cystite. Faire des bisous. Recevoir des bisous. Plein. Tout plein. Être fatigué et adorer son métier.

Enseigner, c’est ça. <3

 

Source : https://www.facebook.com/Desperate-ma%C3%AEtresse-450322571841566/?fref=nf

Un beau site internet pour aider les jeunes: Une place pour toi

Voici un site remis à neuf qui s’adresse aux adolescentes et adolescents du secondaire et vise la prévention du décrochage scolaire. Il offre des outils et des témoignages très inspirants. 

http://uneplacepourtoi.ctreq.qc.ca/

Élèves à risque: est-ce que les interventions sont efficaces?

État de situation

Dernièrement les journaux (semaine du 6 mars 2017) mentionnaient qu’on retrouvait une hausse en deux ans de 15 000 élèves en difficulté dans nos écoles du Québec. D’autre part, les Collèges sont inondés depuis quelques années d’étudiants qui présentent des difficultés d’apprentissage (dyslexie, dysorthographie, etc.). Que se passe-t-il- au juste concernant l’aide aux besoins particuliers des élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire?

Hypothèse d’explication

J’identifie quatre hypothèses d’explications possibles au problème persistant des élèves à risque et des élèves EHDAA.

  1. Depuis quelques années on insiste beaucoup (les chercheurs, le ministère de l’Éducation, les professionnels de l’éducation) sur le dépistage tôt des élèves à risque. J’y ai contribué moi-même avec le Logiciel de dépistage Premiers signes du CTREQ. Il est donc possible qu’on soit plus actif à identifier les élèves ayant des besoins particuliers dans nos écoles et que cela contribue à augmenter leur nombre.
  2. Le Gouvernement a coupé (semble-t-il un milliard de dollars $) en éducation. Ces coupures ont eu des effets sur le soutien aux enseignants et sur les services à offrir aux élèves à risque (ayant des besoins particuliers). Coupures de personnels professionnels, de services d’aide.
  3. Tout le domaine de l’adaptation scolaire (politique de l’adaptation scolaire) est à revoir. Selon les dernières statistiques, moins de  50% des élèves du secondaire en adaptation scolaire se qualifient ou obtiennent un diplôme. Il semble bien qu’il faille revoir en profondeur ce qui se passe dans ce secteur de l’éducation.
  4. Malgré les efforts des enseignants et des professionnels de l’éducation (orthopédagogue, psychoéducatrice, orthophoniste, éducatrice spécialisée) tant au préscolaire qu’au primaire, l’aide apporté aux élèves qui présentent des difficultés d’apprentissage et de comportement ne semble pas très efficace.

Pour l’hypothèse 4 je m’appuie sur des données de dépistage et d’analyse longitudinale d’élèves du préscolaire (maternelle 5 ans) et du primaire (1re à la 6e année). Ces élèves ont été identifiés par les enseignantes à l’aide du logiciel Premiers signes. Le tableau ci-dessous présente les résultats d’un dépistage d’élèves du préscolaire et du primaire. Voici la signification des termes utilisés:

  • élève à risque: signifie des élèves qui présentent des difficultés d’apprentissage ou de comportement identifiés par l’enseignante titulaire;
  • sans risque: ce sont des élèves qui ne présentent pas de difficulté;
  • à surveiller: ce sont des élèves qui ne sont pas à risque, mais qui sont susceptibles de le devenir;
  • stable : ce sont des élèves, qui, sur 2 à 5 ans ont conservé leur statut soit de « sans risque », « à risque » ou « à surveiller »;
  • amélioration: ce sont des élèves qui ont amélioré leur statut;
  • dégradation: ce sont des élèves qui n’étaient pas risque et qui le sont devenus.

Le tableau de résultats ci-dessous nous indique qu’en prenant pour acquis qu’il y a de l’aide apportée aux élèves identifiés à risque, les effets bénéfiques ne sont pas très forts: 20% des élèves restent soit à risque ou à surveiller d’une année à l’autre. De plus, 12% des élèves qui n’étaient pas à risque le deviennent au cours des années du primaire. Enfin, la bonne nouvelle, mais ce n’est pas très fort, 17% des élèves se sont améliorés.

Risque

Conclusion

Rien de nouveau sous le soleil, on le dit et redit depuis au moins deux décennies, pour vraiment venir en aide aux élèves à risque et prévenir le décrochage scolaire au secondaire il faut:

  • Faire de l’éducation au Québec une valeur prioritaire;
  • Investir ($$$) en éducation et non pas couper;
  • Réaliser le dépistage systématique tôt et Agir dès les premiers signes;
  • Revoir les pratiques, particulièrement les pratiques orthopédagogiques (apprentissage);
  • Revoir en profondeur la politique de l’adaptation scolaire;
  • Appliquer en classe et à l’école ce que les recherches en éducations découvrent et préconisent;
  • Venir en aide aux parents ayant des enfants en difficulté.

Article sur les statistiques de diplomation des élèves en difficulté

https://www.journaldemontreal.com/2016/12/16/25–des-eleves-en-difficulte-terminent-leur-secondaire

Recherche, Pratique et données probantes (Conférence)

Voici une conférence que j’ai présenté le 21 février 2017 au Réseau d’action professionnelle de la CSQ: 

L’alliance entre la recherche et le savoir d’expérience en éducation:
valeur et limites des données probantes en éducation

CSQ 2017- Données probantes

Le contenu de cette présentation est tiré essentiellement de mon livre Potvin, P. (2016). L’alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience. Un regard sur le transfert de connaissances.

 

Pour la référence entrez « Alliance » dans le moteur de recherche du Blogue

 

Un article sur la validité des recherches – très intéressant

http://www.liberation.fr/sciences/2015/08/29/selon-une-etude-scientifique-les-etudes-scientifiques-ne-sont-pas-fiables_1371394

Autre article intéressant sur les données probantes

https://www.cairn.info/revue-les-sciences-de-l-education-pour-l-ere-nouvelle-2011-2-page-31.html#re5no5

Le débat sur la laïcité, sur les signes religieux, sur nos valeurs québécoises.

Le débat sur la laïcité, sur les signes religieux, sur nos valeurs québécoises.

Depuis 10 ans au Québec on débat sur la question de la laïcité, sur les signes religieux, sur nos valeurs québécoises. Pas simple de se faire une idée, pas simple de s’affirmer sur nos valeurs comme Québécois et Québécoises sans se faire taxer de « raciste » ou de « xénophobe ». Voici donc comment je vois les choses.

Un peu d’histoire du Québec, aide à comprendre pourquoi d’une façon générale les Québécois sont hypersensibles à la question des signes religieux sur la place publique. Notre histoire explique aussi pourquoi je suis hypersensible moi-même à la question. Dans toute cette question qui touche l’émigration, entre en jeu la religion. Toutes formes de manifestations de religion sur la place publique. 

  • Notre histoire québécoise est marquée par une domination religieuse (religion catholique) qui a dirigé nos vies, nos croyances et nous a interdit d’avoir l’esprit critique (obéissance et infaillibilité du Pape),

  • Notre histoire est marquée par l’alliance du pouvoir religieux et du pouvoir politique avec toutes les conséquences que cela suppose,

  • Notre histoire est marquée par l’encouragement de l’Église à la domination des hommes sur les femmes par le patriarcat dans la famille et dans la société. Ainsi que par le contrôle des religieux sur les femmes en situant la femme dans l’Église comme une fidèle de niveau inférieur (pas de prêtrise pour les femmes – au service des prêtes),

  • Nos grands-mères, nos mères, nos sœurs ont payé le prix des discours religieux et de leur domination sur leur vie, leur droit à décider d’avoir ou pas d’enfant ou du nombre d’enfants, d’obéir à leur mari,

  • Le peuple québécois a eu le courage avec la Révolution tranquille de s’affranchir du pourvoir de l’Église, de se libérer de cette emprise et de mener une lutte durant des décennies pour s’offrir un lieu ou l’égalité homme – femme serait l’une des valeurs à ne jamais remettre en question.

Durant notre croissance, comme peuple québécois nous avons accueilli de nombreux émigrants de plusieurs ethnies : Grecs, Italiens, Juifs, Portugais, Irlandais, Vietnamiens, etc. À ma connaissance il n’y a pas eu de problème d’intégration, pas eu vraiment de choc culturel.

Là ou ça ne va plus, c’est lorsque nous accueillons des personnes d’une autre culture, d’une autre ethnie, entre autres, les musulmans

  • qui ont des valeurs religieuses qui les obligent à les afficher sur la place publique et,

  • qui demandent des accommodements religieux,

  • que ces accommodements touchent à nos valeurs fondamentales et nous ramènent 70 ans en arrière, avant la Révolution tranquille,

  • que ces signes remettent en question des acquis fondamentaux : l’égalité homme femme, en traitant les femmes comme des êtres de second niveau ou d’être dominé par les hommes.

Pour moi, c’est clair, je suis ouvert à accueillir dans notre Québec des personnes d’autres pays, d’autres cultures, mais pas au prix que ces personnes viennent témoigner « d’anti valeurs » québécoises comme celles que j’ai nommées plus haut. 

En conclusion, il faut avoir des critères clairs de sélection de l’immigration et des lois qui protègent nos acquis et nos valeurs. Que les accommodations accordées ne touchent pas ces valeurs. Voici quelques exemples d’accommodements inacceptables, déraisonnables:

  • signes religieux de personnes en autorité y compris les enseignants et les éducatrices en garderie,

  • médecin homme qui ne peut intervenir auprès d’une femme (musulmane). On demande que ce soit une femme médecin,

  • horaire de piscine seulement pour les femmes et seulement pour les hommes.

  • Visage voilé où l’on ne voit que les yeux (niqab, burka).

Ces différents signes religieux sont nettement la manifestation d’une religion (pour ceux qui la comprennent ainsi) ou d’une culture qui oblige les femmes à voiler leurs cheveux, leur visage et parfois tout le corps, dans le but de ne pas stimuler l’homme. En tenant pour acquis que les hommes sont « faibles » et incapables de résister à la tentation. C’est infantilisant pour les hommes et cela ramène la femme au rôle d’Ève dans le paradis terrestre ou elle était la tentatrice qui a déchu l’humanité.

 

Le RIAQ et les ateliers d’informatique

Pas besoin d’être une aînée ou un aîné pour être membre et profiter des ateliers de formation du RIAQ (Réseau d’Information des Aînés et Aînées du Québec)

Le RIAQ, dont je suis membre et qui s’adresse à tout le monde (pas seulement les aînées)  est un organisme qui offre des ateliers de formation afin de devenir plus compétent dans l’utilisation des outils technologiques. L’originalité de ces formations d’une durée d’une heure, c’est qu’elle se font à distance à partir de votre ordinateur en contact virtuel avec le formateur à l’aide d’un petit logiciel MIKOGO.

De multiples ateliers: Facebook, Tablette, Google Chrome, Gestion de Windows, Word, de Mac. Aussi un service de dépannage informatique à distance. J’ai suivi 4 ateliers et j’ai appris plein de « trucs » qui me sauvent du temps… Je vous le recommande.

http://www.riaq.ca
RIAQ

Mon livre: Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer

Pour se procurer le livre
Comprendre l’apprentissage

Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer

Qu’est-ce donc qu’apprendre? Existe-t-il différentes façons de définir ce qu’on entend par l’apprentissage? Quelles sont les racines des grandes théories de l’apprentissage? Qu’est-ce qu’on apprend, en fait? Et quel rôle le cerveau joue-t-il dans l’apprentissage? Quels sont les liens entre l’apprentissage et nos émotions, nos valeurs, nos croyances? Voilà autant de questions auxquelles ce véritable tour d’horizon de l’apprentissage tente de répondre.

Le lecteur y trouvera une présentation accessible de connaissances complexes: les éléments clés qui font le lien entre le cerveau et l’apprentissage; les concepts fondamentaux de l’apprentissage appliqués à l’éducation et au développement de la personne (comportements, valeurs, émotions, croyances et attitudes); de même que des applications pratiques pour l’éducation, la psychoéducation et le développement personnel.  

Cet ouvrage est une synthèse intégratrice issue de l’expérience professionnelle et personnelle de l’auteur, enrichie par plus de quarante années de travaux de recherche en éducation et en psychoéducation. Une occasion pour lui de faire un legs aux étudiants, aux parents et aux professionnels de l’éducation, de la psychoéducation et de la psychologie.

 

COMPRENDRE L’APPRENTISSAGE POUR MIEUX ÉDUQUER

Table des matières
Préface de Linda Saint-Pierre, 
présidente-directrice générale du CTREQ
Remerciements
Introduction                                                                                            

PARTIE 1 THÉORIE
CHAPITRE 1. LE CERVEAU CHEF D’ORCHESTRE DE NOS APPRENTISSAGES                                                         

Les neurosciences et la biopsychologie
La composition de notre cerveau
Le cerveau et le circuit de récompense
La mémoire
Le cerveau et la conscience
Le cerveau et l’apprentissage
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                           

CHAPITRE 2. L’APPRENTISSAGE ET LA PART DE L’INNÉ ET DE L’ACQUIS                                                    

L’inné et l’acquis
L’intelligence, les talents, les aptitudes, les capacités
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                           

CHAPITRE 3. L’APPRENTISSAGE ET SES GRANDES THÉORIES                                                                                

L’empirisme et le rationalisme
Le béhaviorisme
Le cognitivisme
Le constructivisme
Le socioconstructivisme
Les théories contemporaines
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 4. UNE CONCEPTION PSYCHOÉDUCATIVE DE L’APPRENTISSAGE                                                            

La psychoéducation
Le lien entre les concepts d’adaptation et
d’apprentissage: l’activité psychoéducative
Le processus d’apprentissage
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                           

CHAPITRE 5. L’APPRENTISSAGE ET LES TYPES DE SAVOIRS                                                                             

Les savoirs
Les stratégies cognitives
Le savoir-être
Le savoir-faire
Les savoirs et le concept de compétence
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 6. L’APPRENTISSAGE ET LA MOTIVATION

Ce qu’est la motivation
La motivation générale à l’émission d’un comportement
La motivation dans le processus d’apprentissage
Les sources de la motivation
Les diverses formes d’engagement  dans l’apprentissage
L’amotivation ou la résignation acquise
Les types de motivations: intrinsèque et extrinsèque
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 7. L’APPRENTISSAGE ET LES ÉMOTIONS

Les émotions, les humeurs et les sentiments
Quelques caractéristiques des émotions
Le système nerveux et les émotions
Le rôle des émotions
Le lien entre les émotions et la cognition
Les émotions et l’apprentissage
Les différents types d’émotions
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 8. L’APPRENTISSAGE, LES VALEURS, LES CROYANCES ET LES ATTITUDES   
Les valeurs
Les croyances
Les attitudes
La relation entre les croyances, les attitudes et les comportements: la théorie de l’action raisonnée
Essai d’un modèle de l’apprentissage
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 9. UNE INTÉGRATION THÉORIQUE: ESSAI D’UN MODÈLE D’APPRENTISSAGE                                   

Quelques assises biopsychologiques de l’apprentissage et de l’émission des comportements
Quelques éléments liés à l’inné et à l’acquis
Quelques notions retenues des grandes théories de l’apprentissage et de l’approche psychoéducative
Les éléments importants de la motivation, des émotions ainsi que des valeurs, croyances et attitudes
L’essai d’un modèle de l’apprentissage
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

PARTIE 2 APPLICATIONS PRATIQUES
CHAPITRE 10. COMME PARENT, COMMENT FAVORISER 
DES APPRENTISSAGES CHEZ NOS ENFANTS     
Adopter un style éducatif parental démocratique
L’engagement comme parent
Encadrer suffisamment son enfant ou son adolescent
Le mythe de «tout se joue avant six ans»
Encourager l’apprentissage de l’autonomie et du sens de la responsabilité                                                                           Encourager son enfant ou son adolescent à entretenir de bonnes relations avec ses amis                                              L’apprentissage par observation
L’apprentissage de saines habitudes de vie
L’apprentissage de la gestion des émotions
L’apprentissage de l’effort et de la persévérance
Le développement d’une estime de soi  positive et réaliste
L’identification des valeurs et des croyances familiales
L’inné et l’acquis au niveau familial
L’utilisation des renforçateurs dans l’apprentissage
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 11. COMME ÉDUCATEUR OU ENSEIGNANT, COMMENT FAVORISER L’APPRENTISSAGE CHEZ
LES APPRENANTS                                                                     

L’importance de la motivation dans l’apprentissage
Une approche pédagogique favorisant la participation active de l’apprenant
La notion des défis dans l’apprentissage
La valorisation des comportements positifs
Une approche pédagogique intéressante: l’enseignement explicite
La force de la relation enseignant-élève de type bienveillant
Quelques mythes en éducation éclairés par les neurosciences: les neuromythes
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 12. COMME PERSONNE, COMMENT UTILISER L’APPRENTISSAGE POUR SE DÉVELOPPER                 

Le changement
La gestion des émotions
La gestion du stress
L’utilisation de la psychothérapie
Le journal personnel
Quelques moyens de contrer ou d’exploiter les conditionnements
Prévention du vieillissement de notre cerveau
Conclusion
Questionnement réflexif au lecteur                                             

CHAPITRE 13. DES RÉFÉRENCES ET DES OUTILS  

Pour les parents
Pour l’éducateur et l’enseignant
Pour le développement
Conclusion                                                                                               

Glossaire
Références
Bibliographie
Sites internet consultés        

Une courte histoire du Québec

 

Une courte histoire du Québec

Auteur : Jean-François Veilleux – Historien et doctorant en études québécoises UQTR

OYÉ OYÉ !!! Découvert en 1534-1535 par Jacques Cartier, premier européen à pénétrer dans le majestueux fleuve St-Laurent, ce « nouveau monde » devient aussitôt ce qu’il appelle le «Canada», un territoire qu’il conquiert au nom de François 1er alors roi de France.

Habité continuellement dès 1608 par Samuel de Champlain et ses valeureux camarades, la Nouvelle-France devient la première province royale sous Louis XIV en 1663. Conquis par les britanniques un siècle plus tard, en 1760, uni de force avec l’Ontario loyaliste en 1840 puis confédéré par Londres en 1867 – sans vote populaire – le Québec, qui a aussi repoussé deux fois l’invasion armée américaine, est de cette « race qui ne sait pas mourir »!

Le Québec a aussi tenté deux fois d’atteindre son indépendance politique, mais sans succès.

D’une superficie de 1,6 million de km carrés, le Québec a longtemps été convoité parce qu’il possède l’un des sols les plus riches de la planète. Son territoire 4 à 5 fois plus grand que la France, 10 fois la Belgique, comprend des fourrures, du bois, des minéraux auxquels s’ajoutent 3% de toute l’eau douce au monde; on parle de 130 000 rivières et 1 million de lacs qui permettent à mon pays d’être 1 pionnier et 1 champion mondial en hydroélectricité.

Aujourd’hui devenue la société avec le plus bas taux de criminalité en Amérique du Nord, plus de 8 millions de personnes habitent son territoire incluant 11 nations autochtones

Terre d’accueil par le métissage des traditions amérindiennes, de la culture française, du goût canadien pour l’aventure, de l’héritage anglo-saxon du parlementarisme, le Québec est une société multi-ethnique qui mise sur l’inter-culturalisme et l’intégration par l’idée du français langue commune, d’ailleurs unique langue officielle du Québec depuis 1974.

Étant donné que les francophones sont seulement 2% des gens en Amérique du Nord, le Québec porte en lui cette image du village gaulois qui résiste à l’envahisseur anglo-saxon… C’est pour cette raison qu’il a toujours été prompt à adopter divers symboles identitaires.

Ayant le plus ancien parlement démocratique des Amériques, possédant sa fête nationale depuis le 24 juin 1834, son hymne national depuis la St-Jean-Baptiste de 1880 puis son drapeau officiel dès le 21 janvier 1948 (presque 20 ans avant le Canada anglais), le Québec a toujours gagné à valoriser son identité unique, source de fierté partout dans le monde.

Trônant parmi tous nos symboles, quelle est notre devise nationale ? JE ME SOUVIENS !

Près de 500 ans d’histoire, de culture et de pratiques artistiques originales font mentir Lord Durham qui écrivait en 1839 que les Canadiens-français étaient « un peuple sans histoire et sans littérature ». Même s’il n’est pas encore un État souverain et qu’il n’a toujours pas signé la constitution canadienne de 1982, mon pays vous souhaite la bienvenue à tous, dans ce Québec français qui a besoin de vous pour affirmer son indépendance politique et sa souveraineté populaire. Vive le Québec libre, éduqué et francophone!!    

Version Web

https://www.youtube.com/watch?v=D0APeHhUtC8&feature=youtu.be

L’éducation familiale – la base de la socialisation

Je trouve originale cette affiche pour l’éducation familiale complétée par l’éducation à l’école. Les fondements de la socialisation des enfants et des adolescents se réalisent au départ dans la famille. L’école vient compléter ou renforcer les bases acquises

 

Éducation

Beauté de la passion même âgée: Une scientifique neurologue et féministe

C’est impressionnant, une femme âgée, une scientifique neurologue, prix Nobel en médecine. Quel beau message de « passion » pour nous tous et toutes, jeunes et âgés.

Çà vaut la peine de prendre quelques minutes pour regarder.

 

Rita Levi Montalcini

Les travaux de R.E. Tremblay sur l’agressivité: études longitudinales

Richard E. Tremblay, psychoéducateur de formation est reconnu mondialement comme chercheur pour ses travaux sur l’agressivité chez les jeunes enfants. Richard Tremblay a été mon collègue de travail à Boscoville durant les années 1970 et fut mon premier directeur de recherche pour mon mémoire de maîtrise en psychoéducation (voir mon autobiographie) en début des années 1980. C’est avec lui que j’ai débuté ma formation en recherche.

Il me fait plaisir de partager la vidéo suivante sur son oeuvre.

 

http://zonevideo.telequebec.tv/media/27264/richard-tremblay-le-chercheur-qui-a-demontre-que-l-agressivite-est-innee/le-code-chastenay

La violence conjugale, comment s’en sortir ?

Avant propos

Ceux qui suivent mes articles sur mon Blogue Éducation – Psychoéducation – Société et mes interventions sur Facebook se demanderont peut-être, comment se fait-il que j’écris un article sur la violence conjugale ?  Voici la réponse. En parallèle à mon domaine de recherche en éducation et en psychoéducation, depuis 20 ans j’ai collaboré avec Denise Tremblay psychologue et  directrice de La Séjournelle maison pour femmes victimes de violence conjugale ainsi qu’au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Mes travaux de recherche ont porté sur la validation du Modèle du Processus de Domination Conjugale (PDC) et d’un outil d’évaluation de la sécurité des femmes victimes de violence conjugale. À un niveau plus personnel, j’ai connu la violence conjugale de l’intérieur de ma famille d’origine et je peux témoigner des effets négatifs que cela produit sur les personnes. Je me sens donc légitime de parler de violence conjugale.

La motivation qui me pousse à écrire cet article est stimulée par le fait que tous les mois des jeunes femmes perdent la vie, victime de la violence de leur conjoint ou ex-conjoint. Il arrive même parfois que des enfants soient impliqués en étant assassinés et pour terminer le tout, souvent l’agresseur se suicide.

À cette violence conjugale s’ajoute ces temps-ci la violence sexuelle à l’université. Ce problème de société s’explique par une culture de relation inégalitaire et violente entre les hommes et les femmes, par un processus de domination des hommes sur les femmes.

C’est tout simplement inacceptable et cela doit cesser. Il est possible de réduire ces drames par l’éducation et la prévention.

 La violence conjugale

Essentiellement, selon le modèle du PDC, la violence conjugale peut s’expliquer par la dynamique du processus de domination du conjoint (plus souvent l’homme) sur la femme. Une domination violente : soit physique, et/ou psychologique, et/ou sexuelle et/ou économique.

Cette violence peut s’installer graduellement sans que la femme s’en rendre trop compte et lorsqu’elle en prend conscience cela représente tout un défi que d’apporter des changements à une relation toxique.

Au départ, pour de multiples raisons, certaines femmes peuvent être vulnérables dans leur relation conjugale, soit du point de vue économique, soit par le fait d’avoir des enfants et de se sentir responsable de leur vécu ou encore d’être vulnérable affectivement. Ces vulnérabilités peuvent devenir des outils de domination pour les conjoints. Ces conjoints violents, ces hommes possèdent une habileté raffinée pour piéger leur conjointe dans une relation toxique.

Les femmes victimes de violence aiment leur conjoint et celui-ci promet de changer et donne espoir, pour finalement ne jamais changer. Après un certain nombre d’années, la femme finit par prendre conscience que la situation ne changera jamais et veut mettre un terme à cette relation.

Arrive le moment où la femme victime décide que c’est terminé. La relation est finie. C’est la période dangereuse, car le conjoint violent perd tout son contrôle et aussi son « équilibre psychologique ». Souvent le passage à l’acte arrive suite à une séparation ou le conjoint violent se rend compte que c’est vraiment fini, qu’il perd son pouvoir de domination. Cette situation devient pour lui une question de vie ou de mort.

 Quelques solutions

 Protéger les femmes victimes et augmenter leur sécurité. Les travaux de recherche et l’expertise de La Séjournelle et du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (VVC) ont permis de développer des outils d’évaluation de la sécurité des femmes VVC ainsi que du travail de partenariat entre les différents acteurs en VC (justice, policier, maison pour femme VVC, Organismes pour hommes violents, etc.). Il faut davantage implanter à travers le Québec ces outils de prévention et de sécurité pour les femmes et pour ce faire financer davantage ces programmes.

Programmes de prévention de la violence. Dès le primaire et également au secondaire, dans les programmes de prévention de la violence à l’école, il faut ajouter un volet sur les rapports égalitaires garçon/fille. Il existe déjà des programmes de ce type au Québec, entre autres : Branchons-nous sur les rapports de force pour les écoles primaires et Enlignons-nous sur des mots sans maux pour les écoles secondaires (voir sur le site internet du Regroupement).

Éduquer les adolescentes et les adolescents aux rapports égalitaires et respectueux dans les relations amoureuses :

  • Pour les filles, apprendre les indices qui permettent de déceler une relation amoureuse qui peut devenir toxique. Les indices de contrôle, de jalousie, d’inégalité dans la relation. Apprendre aux filles le danger de vouloir jouer le rôle d’aidante, de « sauveuse ». Un rôle qui peut être naturel, parfois important à jouer, mais pouvant aussi devenir très dangereux si la relation est inégalitaire et dominante.
  • Pour les garçons, apprendre à être capable de s’affirmer sans dominer. Apprendre ce qu’est une relation égalitaire et respectueuse. Apprendre à gérer les émotions, telles la jalousie et l’acceptation d’une fin de relation.

 Conclusion

 Si l’on  applique ces quelques moyens et solutions, il y a de fortes chances que l’on arrive à réduire de beaucoup la violence conjugale et aussi à sauver des vies. Sans compter l’importance de réduire tous les effets collatéraux de la violence conjugale (effet sur le développement des enfants, de la femme, des hommes violents, de l’entourage, etc.)

La Séjournelle

http://lasejournelle.ca/

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

http://maisons-femmes.qc.ca/

***

Publication sur Facebook le 17 décembre 2018

Je suis complètement découragé par les deux cas de violence conjugale et l’assassinat des deux jeunes femmes par leur conjoint violent survenu ces deux derrières semaines (décembre 2018). Dans les deux cas les conjoints avaient un passé violent et criminel. Notre système de justice n’a pas de bon sens tant pour les cas d’agressions sexuelles que pour les cas de violence conjugale. Pourtant au Québec je sais pour y avoir participer dans mes travaux de recherche en violence conjugale, beaucoup d’énergie et d’investissement ont été fait pour la sécurité des femmes victimes de violence conjugale.

Ici je m’adresse aux femmes, surtout ne pensez pas que votre amour peut « guérir » un homme au passé de violence. Laissez ce travail aux organismes qui viennent en aide aux hommes violents (comme par exemple L’Accord Mauricie). Avant de vous engager dans une relation avec un homme, informez-vous de son passé et s’il y a eu de la violence dans une relation,cessez immédiatement cette relation. Si vous sentez le moindre contrôle, la même chose. Si vous êtes prise dans une relation de violence et que vous avez peur de le quitter, peur pour votre sécurité, préparer votre « rupture », car ce peut être dangereux. La rupture est l’un des indicateur important de haut risque. Vous pouvez être aidé par un organisme d’aide aux femmes victime de violence conjugales. Voir les coordonnées dans mon article plus haut.

Je m’adresse aux hommes. Si vous éprouvez des difficultés dans vos relations avec les femmes, si vous sentez un besoin de contrôler, des sentiments de jalousie. Faites de la prévention et aller chercher de l’aide il en existe pour les hommes. Soit en psychothérapie ou demander de l’aide à une organisme pour homme (en Mauricie: L’Accord Mauricie).

Autres articles sur la violence conjugale

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/565873/les-mots-pour-le-dire?utm_source=infolettre-2019-10-30&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

 

Le problème de réussite scolaire des garçons

Dossier : Le problème de réussite scolaire des garçons

Avant-propos

Aborder le problème scolaire des garçons est un sujet sensible où les avis sont très partagés, il n’y a pas de consensus. Pourtant, les statistiques sont là et très parlantes comme on pourra le voir plus loin dans cet article. Il y a une crise actuellement concernant la réussite des garçons et je dirais une crise aussi au niveau de l’identité des hommes. Pour ce qui est des garçons le problème date de plusieurs décennies et est planétaire.

J’aimerais ici bien faire comprendre à mes lectrices et à mes lecteurs, que de se préoccuper du problème des garçons et du problème des hommes n’enlève rien à la réalité qui existe depuis des siècles concernant les problèmes des filles et des problèmes des femmes. Du moins, se préoccuper des garçons et des hommes ne doit en rien nuire à tous les efforts féministes réalisés depuis des décennies afin d’en arriver à une égalité homme/femmes dans notre société. Égalité au niveau du rôle social, familial et au niveau économique.

Pour terminer sur cet avant-propos, j’aimerais préciser que je suis « féministe » (pour la promotion de l’égalité des femmes et des hommes) et que depuis plus de 20 ans je fais de la recherche évaluative sur la sécurité des femmes victimes de violence conjugale en collaboration avec la directrice de La Séjournelle  (maison pour femme victime de violence conjugale) Denise Tremblay.

État de situation 1 : le problème de la réussite scolaire des garçons au primaire et au secondaire

La question de la réussite scolaire des garçons comparée à celle des filles suscite de vifs débats depuis de nombreuses années. De nombreux travaux de recherche ont été réalisés sur le sujet et ce problème préoccupe les acteurs de l’éducation depuis plus de 20 ans. Préoccupation scolaire au départ, cette réalité est devenue un problème de société. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’état de la question est loin de faire l’unanimité.

Un courant dominant laisse entendre que les garçons réussissent mal à l’école et que celle-ci n’est pas adaptée à leurs caractéristiques et à leurs besoins (J’en fais partie). Ce problème serait même accentué en milieu défavorisé. Les dernières années ont vu poindre un autre point de vue qui a tendance à minimiser le problème des garçons à l’école. Ainsi, en 2012 la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) (1) publiait un document ayant pour but de déconstruire les mythes au sujet de la problématique des garçons à l’école et de rétablir les faits. Ce document s’appuie sur des faits qui relativisent la question du problème des garçons. On y démontre que les garçons sont surtout en difficulté en français et qu’ils sont supérieurs aux filles en mathématiques et en sciences (je crois qu’actuellement les filles sont au même niveau ou dépassent les garçons – re : OCDE), qu’il y a plus de différences dans la réussite scolaire selon l’origine sociodémographique qu’entre les sexes, que c’est un mythe de croire que l’école au féminin nuirait à la réussite des garçons et ainsi de suite. Cette position de la CSQ rejoint en bonne partie le point de vue de St-Amant (2007) (8), qui fait une analyse semblable. Il rejoint également les constats de la synthèse de méta-analyses d’Hattie (2009) (4), qui s’étonne des débats sur le problème des garçons, alors que la variable sexe n’est pas une variable de grande importance dans l’apprentissage et le rendement scolaire.

Cloutier (2004) (2) a un point de vue différent de ce qui est présenté plus haut et englobe le problème des garçons dans ce qu’il appelle les vulnérabilités masculines et précise que malgré le contexte d’une dominance masculine clairement et largement inscrite dans l’univers humain, les vulnérabilités masculines existent et sont largement perceptibles.

En effet, dans plusieurs domaines d’intervention psychosociale, on observe que les individus de sexe masculin risquent davantage de vivre des difficultés au cours de leur vie. Par exemple :

  • dès la naissance, il semble que les garçons rencontrent plus de difficultés que les filles. Par exemple, pour chaque tranche de 1 000 naissances vivantes, 5,8 garçons meurent la première année de leur vie, comparativement à 4,7 filles. De 1 an à 4 ans, les garçons sont beaucoup plus susceptibles d’être hospitalisés que les filles (3)
  • les filles se développent plus rapidement que les garçons durant la petite enfance (3).
  • les garçons manifestent plus de problèmes de comportement que les filles durant la petite enfance. Par exemple, les garçons de 5 ans sont moins attentifs (note de 8,5) que les filles (note de 9,3). Environ 16 % des garçons de 4 à 11 ans ont un comportement agressif, comparativement à seulement 9 % des filles, et 14 % des garçons du même groupe d’âge sont hyperactifs comparativement à seulement 6 % des filles (3).
  • les garçons présentent plus de comportements agressifs et subissent plus de suspensions internes et externes à l’école
  • les garçons ont plus de chances de subir des accidents physiques,
  • ils risquent d’avoir plus de problèmes de langage,
  • présentent plus de retards et de difficultés d’apprentissage,
  • plus de redoublements tant au primaire qu’au secondaire,
  • plus de difficultés en lecture et en écriture,
  • plus de retards et de problèmes de langage,
  • plus de dyslexie
  • plus d’autisme
  • plus de décrochage scolaire (le taux de diplomation des garçons est inférieur de près de 8 % à celui des filles (MELS, 2011).
  • on retrouve une proportion de plus de 3 garçons pour 1 fille dans les classes spéciales (6)
  • d’avoir des problèmes avec la justice, des comportements antisociaux, de la délinquance ou des troubles de comportement, la prévalence du rapport garçons/filles est de 4 à 1 (2)
  • de présenter des conduites suicidaires (3 fois plus de suicides chez les hommes comparé aux femmes)

État de situation 2 : le faible taux d’hommes inscrits à l’université

Le problème de réussite des garçons au primaire et au secondaire semble avoir aussi des conséquences au niveau universitaire. À l’université le problème concerne le fait que les inscriptions des hommes comparées à celles des femmes déclinent de plus en plus depuis quelques années.

La Presse canadienne (2015) (7) présentait les données de l’Institut de la statistique du Québec précisant que la scolarisation universitaire chez les femmes présentait un écart de 10 points entre les jeunes femmes et les jeunes hommes. Chez les Québécois âgés de 25 à 34 ans, la proportion de titulaires d’un grade universitaire atteint 29,9 % soit 24,5 % chez les jeunes hommes et 35,3 % chez les jeunes femmes. Ce constat ne semble pas propre au Québec, car en Ontario on observe le même écart.

La tendance s’accentue, en 2003, 38,8 % des femmes de 19 ans ont fréquenté l’université, comparativement à 25,7 % des hommes, soit un écart de 13,1 points (3).

Une publication de Statistique Canada (2008) en référence avec une étude des chercheurs de Statistique Canada (3), ont tenté d’expliquer Pourquoi les femmes sont-elles devenues majoritaires à l’université?

Ces chercheurs établissent d’abord le profil des filles et des garçons de la naissance jusqu’à 15 ans.

  • dès le début de la scolarisation, les garçons accusent du retard par rapport aux filles dans plusieurs aspects physiques, cognitifs et affectifs
  • à mesure que les jeunes progressent dans le système scolaire, les écarts entre les sexes ont tendance à s’accentuer
  • à 15 ans, moment où bien des jeunes commencent à envisager les avenues possibles après le secondaire, les filles ont un bien meilleur rendement scolaire que les garçons.

Piste d’explication de l’écart entre les sexes des taux d’inscription à l’université

La question suivante est posée par les chercheurs : dans quelle mesure les avantages dont bénéficient les filles à 15 ans expliquent l’important écart entre les sexes quant à l’inscription à l’université à 19 ans.

  • plus des trois quarts (76,8 %) de cet écart peuvent être expliqués par des différences entre les garçons et les filles pour certaines caractéristiques observables. Les principaux facteurs sont les différences dans :
    • les notes scolaires obtenues à 15 ans,
    • les notes aux tests normalisés de lecture obtenues à 15 ans
    • le temps consacré aux devoirs
    • les attentes des parents et
    • les gains supérieurs associés à un diplôme universitaire comparativement à un diplôme d’études secondaires.
  • Les résultats aux tests normalisés de lecture, les notes moyennes globales et le temps consacré aux devoirs sont tous des facteurs associés de façon positive à l’inscription à l’université. Cette association est, en grande partie, sans égard au sexe.
  • Comme l’ont montré d’innombrables études, le niveau d’études des parents est positivement corrélé à la poursuite d’études universitaires, et ce, dans la même mesure pour les filles que pour les garçons
  • Les attentes parentales envers leurs enfants jouent un rôle important. L’accroissement des attentes parentales est associé à un accroissement du taux d’inscription à l’université, et la relation est plus forte chez les filles.

Conséquences possibles du problème de scolarisation des garçons et des hommes 

L’une des conséquences possibles est le passage à une autre inégalité des sexes Homme/Femme, mais à l’envers avec une absence importante des hommes et une prédominance des femmes dans les professions.

On a souffert et on souffre encore du manque d’égalité homme/femme dans notre société. L’histoire de l’humanité démontre bien que dans son ensemble,  il y a eu une domination par les hommes à plusieurs niveaux : politique, économique, social, religieux.

Au Québec et ailleurs dans le monde on travaille fort à rétablir l’équilibre et l’égalité homme/femme. Le grave problème démontré plus haut concernant les difficultés de scolarisation des garçons et des hommes risque de menacer à l’avenir cette recherche d’équilibre.

Si les garçons continuent à présenter des difficultés importantes au niveau de leur scolarisation et s’il y a de moins en moins d’hommes formés à l’université, ceci veut dire de moins en moins d’hommes professionnels : ingénieur, médecin, avocat, notaire, comptable, juge, architecte, psychologue (c’est le cas actuellement), psychoéducateur (c’est le cas actuellement), enseignant (c’est le cas actuellement) etc.

Les solutions

Il existe de nombreuses solutions, car le problème est multifactoriel. Les principales solutions passent par : l’éducation familiale, le rôle des pères, les attentes parentales, l’école et la société en général.

L’éducation familiale

La famille est le lieu de socialisation de choix et le lieu par excellence pour le développement de l’identité des garçons et des filles. Les parents sont les premiers modèles de ce qu’est un homme et une femme dans notre société. Un modèle de l’égalité des hommes et des femmes dans un partage équilibré de rôle et de tâches qui concernent l’éducation des enfants. Tout en respectant les différences individuelles les rôles et les tâches sont le moins possible « sexués ». Chose certaine, il ne doit pas y avoir de privilèges d’attribués pour des raisons de genre (garçon vs fille, homme vs femme, père vs mère).

Le rôle paternel des hommes

Les hommes doivent activement jouer leur rôle de père et d’engagement vis-à-vis des études de leur fille et de leur garçon. Pour corriger la situation actuelle du problème des garçons, une attention particulière doit cibler les garçons. Valoriser les études, l’effort, la persévérance. Éduquer à l’auto contrôle du « plaisir » et voir à l’investissement dans les travaux scolaires.  Également pour corriger la situation actuelle attribuer plus de tâches au père en ce qui concerne l’école (visite parentale, lien avec les professeurs, etc.). La tendance actuelle est que les mères s’occupent davantage des études.

Les attentes parentales

Plusieurs études ont bien démontré le pouvoir des attentes parentales ou des enseignants sur le comportement des enfants. Des attentes positives, élevées, mais réalistes envers les enfants et les adolescents sont souhaitables. Ces attentes doivent être accompagnées de soutien à leur réalisation de la part des parents.

L’école

Bien entendu l’école joue un rôle crucial dans la réussite des garçons et des filles. Il faut apprendre aux garçons à s’adapter aux conditions nécessaires à l’apprentissage, mais il faut revoir en profondeur la culture de l’école qui est conçue davantage pour les filles que pour les garçons. Tout le climat pédagogique de l’école actuelle et d’avant correspond à la nature des filles (coopérer, attentive, concentré, etc.). Il y a eu beaucoup d’effort pour changer la pédagogie (rendre l’apprentissage actif, apprentissage par les projets, etc.), malgré tout, ce n’est pas suffisant. Il faut davantage de situation active, d’activités physiques, d’expérimentation, de recherche, etc.

Augmenter la présence masculine à l’école afin d’apporter une autre vision de l’éducation et rejoindre davantage les garçons. Actuellement en 2018, au primaire seulement 11% des enseignants sont des hommes et au secondaire c’est seulement 35% (source: É. Royer 2018)

Références

(1) Centrale des syndicats du Québec (CSQ) (2012). Le décrochage et la réussite des garçons : déconstruire les mythes, rétablir les faits.

(2) Cloutier, R. (2004). Les vulnérabilités masculines. Une approche biopsychosociale. Éditions de l’Hopital Sainte-Justine, Montréal.

(3) Frenette, M. et Zeman, K. (2007). Pourquoi la plupart des étudiants universitaires sont-ils des femmes? Analyse fondée sur le rendement scolaire, les méthodes de travail et l’influence des parents, Direction des études analytiques : documents de recherche, produit numéro 11F0019MIF au catalogue de Statistique Canada, numéro 303. Statistique Canada (2008). http://www.statcan.gc.ca/pub/81-004-x/2008001/article/10561-fra.htm

(4) Hattie, J. (2009). Visible learning. A synthesis of over 800 meta-analyses relating to achievement. Routledge Ed.

(5) Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) (2011): Taux annuel de sorties sans diplôme ni qualification (décrochage), selon le sexe, ensemble du Québec, de 1999-2000 à 2009-2010 (données officielles). Système Charlemagne, novembre 2011.

(6) Ministère de l’éducation des loisirs et du sport (MELS). (2009). À la même école – Les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage : évolution des effectifs et cheminement scolaire à l’école publique. Document consulté le 30 avril 2012 de http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/SICA/DRSI/ALaMemeEcoleEHDAA_f.pdf

(7) Presse canadienne (2015) http://www.lapresse.ca/vivre/societe/201412/11/01-4827312-universite-important-ecart-entre-les-jeunes-hommes-et-femmes.php

(8) St-Amant (2007). Les garçons et l’école. Éditions Sisyphe. Collection contrepoint. Montréal

Autres articles sur le problème des garçons à l’école

Statistiques récentes – écart des garçons  vs filles (2020)
http://plus.lapresse.ca/screens/8c42c8b5-f430-4431-ae89-3ec074171e06__7C___0.html?utm_medium=Facebook&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen&fbclid=IwAR291TcxFSq-9iDdsaVbu4HgLtpraC5wselp-GMbmmH8umLTIpRMwvDUhu4

 

Conférence que j’ai réalisée sur le problème des garçons à l’école

Liste d’article tirée du RIRE du CTREQ

http://rire.ctreq.qc.ca/2010/08/les-garcons-et-lecole/

Article intéressant: Éric Lanthier (sept. 2018) Réussite des garçons en milieu scolaire: lecture et identité vont de pair.

 

https://quebec.huffingtonpost.ca/eric-lanthier/reussite-garcons-milieu-scolaire-lecture-identite-pair_a_23533437/

Un dossier très intéressant de la journaliste Daphnée Dion-Viens.  10 solutions pour sauver nos gars du décrochage . Journal de Montréal et Journal de Québec 1er sept. 2018

NOTE: Malheureusement pas accessible en Europe

https://www.journaldequebec.com/actualite/education

https://www.journaldequebec.com/2018/08/31/10-solutions-pour-contrer-le-decrochage-scolaire-chez-les-garcons


https://www.journaldemontreal.com/2018/08/31/10-solutions-pour-contrer-le-decrochage-scolaire-chez-les-garcons

 

https://www.journaldemontreal.com/2018/09/02/le-parascolaire-un-antidote-au-decrochage

https://www.journaldequebec.com/2018/09/03/les-papas-doivent-simpliquer-davantage-a-lecole

https://www.journaldequebec.com/2018/09/03/il-faut-plus-dhommes-dans-nos-salles-de-classe

https://www.journaldequebec.com/2018/09/03/permettre-aux-gars-detre-des-gars

Dossier Garçon 

https://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2019/01/finir-fabrique-garcons

 

 

***

Voici un article complémentaire du devoir 09-05-2018 présentant le point de vue d’Égide Royer de l’Université Laval.

https://www.ledevoir.com/societe/education/526996/diplomation-l-ontario-fait-reellement-mieux-que-nous

Problème des garçons au CÉGEP
https://www.journaldequebec.com/2019/01/08/baisse-de-la-diplomation–des-garcons-au-cegep?fbclid=IwAR0W0gElw67HnoAGxh6ge5BFzjbvyzVPwc2hSDUVHjzbegEg-kSOHx-zn8k

 

Statistiques de diplomation des élèves EHDAA

https://www.journaldemontreal.com/2016/12/16/25–des-eleves-en-difficulte-terminent-leur-secondaire

Série de conférences d’Égide Royer sur la réussite

Conférence sur le problème des garçons à l’école

https://www.youtube.com/watch?v=F0cJUv8YWb4

Passionné de réussite

Intimidation

Petite enfance CPE – Vaccin de la réussite

Conséquences de la concurrence entre les écoles et des programmes particuliers

Je ne suis pas très fort habituellement à soutenir les mouvements des syndicats dans le domaine de l’éducation. C’est surtout concernant les conventions collectives des enseignants où l’on calcule les minutes pour chaque tâche…où le moindre de geste professionnel est calculé… Enfin, c’est un autre débat.

Ici, dans le cas présent, je suis en accord avec la position de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui considère ne pas être suffisamment  entendu dans cette consultation sur la future politique de la réussite éducative. Et surtout pour ce qui suit:

Selon Radio-Canada (vendredi le 2-12-2016)  « les enseignants soutiennent que certains facteurs importants pour la réussite scolaire sont oubliés dans les discussions, notamment les impacts de la concurrence entre les écoles et des programmes particuliers. Louise Chabot, présidente de la CSQ, souligne que les élèves les plus favorisés vont dans les projets particuliers ou les écoles privées tandis que de nombreux élèves en difficulté se retrouvent dans les classes régulières, sans les ressources pour les accompagner. « Ça fait une pression énorme sur la tâche des enseignantes et des enseignants et sur la réussite. Il faut que ça soit pris en compte dans une politique gouvernementale », dit-elle »

 

Autres article sur le sujet

https://www.lapresse.ca/actualites/education/201911/17/01-5250135-rendement-des-eleves-au-secondaire-la-force-du-groupe-fait-toute-la-difference.php
https://www.journaldequebec.com/2019/03/08/engouement-pour-lecole-a-la-carte-des-le-primaire?fbclid=IwAR2O3HuTFoT0bLodBDU5eyUf95aRG6aec3p4eiVdrpr4Wvm-lWDnPmDmWic

 

https://www.journaldequebec.com/2019/03/11/plaidoyer-pour-une-ecole-publique-gratuite-pour-tous?fbclid=IwAR2v4NyT6OqRv7kq1tnTBHaL62ZlsqRUINpUFtfFJGJxUqFlWgKXu_Nukr4

Les coûts exorbitant des programmes particuliers<

https://www.journaldemontreal.com/2019/05/14/un-pere-veut-etre-rembourse

Les aspirations scolaires et professionnelles et la persévérance scolaire

Une très belle initiative de PRÉCA (l’Instance régionale de concertation pour la persévérance scolaire et la réussite éducative dans la Chaudière-Appalaches) pour favoriser la persévérance scolaire et la prévention du décrochage scolaire: Une infographie sur Les aspirations scolaires et professionnelles. En plus c’est bien documenté.

https://magic.piktochart.com/output/18103651-infographie-sur-les-aspirations-scolaires-et-professionnelle

Mémoire des orthopédagogues – Politique de la réussite éducative

Mémoire de l’Association des orthopédagogues du Québec  dans le cadre de la Politique de réussite éducative

http://www.ladoq.ca/sites/default/files/ladoq_memoire_consultations-mees_11-2016.pdf

Ce que je retiens

  • Très intéressant comme analyse et proposition de la part des orthopédagogues

  • Beaucoup d’insistance sur l’utilisation de données probantes, de savoir issu de la recherche et de savoir d’expérience reconnu

  • Demande d’une formation obligatoire de niveau maîtrise professionnelle et d’un Ordre professionnel des Orthopédagogues. Actuellement il y a dans les milieux scolaires des enseignants qui jouent le rôle d’orthopédagogue sans nécessairement avoir de formation de 2e cycle comme professionnel en orthopédagogie

  • Promotion du modèle RAI (Réponse à l’Intervention) avec les 3 niveaux d’intervention selon certaines conditions.

Questionnement et remise en question

  • Ce que j’ai constaté dans mes accompagnements d’écoles, c’est qu’au primaire  l’orthopédagogie est très présente, mais je ne suis pas en mesure de dire que les interventions sont efficaces. Encore beaucoup d’interventions avec sortie de classe des élèves plutôt qu’en classe en partenariat avec les enseignants. Aussi, pas clair sur le terrain qui sont vraiment les personnes qualifiées en tant que professionnel orthopédagogue.

  • On  demande un Ordre professionnel pour les Orthopédagogues, je crois qu’il serait souhaitable qu’il y ait un Ordre professionnel pour les enseignants et une intégration des orthopédagogues à cet Ordre.

  • On propose la création d’un Institut National d’Excellence en Éducation. Je ne suis pas favorable à cette demande. Je crois qu’on a les structures actuelles à ce niveau avec le Conseil Supérieur de l’Éducation (CSÉ) et le Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ). Il s’agit d’investir financièrement davantage dans ces deux structures déjà existantes et d’élargir le mandat du CTREQ plutôt que de créer une nouvelle structure. 

Mémoire du Conseil Supérieur de l’Éducation – Pour la future politique de la réussite éducative

Je recommande la lecture de ce document qui propose les points les plus importants à tenir compte pour une future politique de la réussite éducative dans notre système québécois d’éducation

Mémoire du Conseil Supérieur de l’Éducation dans le cadre des consultations publiques pour une politique de la réussite éducative Novembre 2016

http://www.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publications/Avis/50-0498.pdf

Décrochage scolaire – Croire dans les capacités du jeune –

Voici une courte entrevue – vidéo au canal savoir universitaire. En 3 minutes j’explique un élément que je trouve très important pour prévenir le décrochage scolaire et/ou favoriser chez les jeunes la réussite dans ce qu’ils entreprennent (réussite scolaire, réussite de leur carrière professionnelle ou réussite de leurs rêves). Cet élément important est: « une personne qui croit en lui » et dont la relation est mutuellement significative. Bien entendu, la réussite ne tient pas qu’à un seul élément du genre, mais elle favorise grandement la possibilité de réussir.

Le principe est le suivant, une personne qui croit dans les capacités du jeune (enfant ou adolescent) que ce soit: un parent, un enseignant, un oncle, une tante, un grand parent, une marraine, un coach en sport, en art, en science,  transmet un message et une énergie très positive qui favorise chez le jeune le développement de sa propre estime de soi « Je crois en moi » « Je suis capable  » Yes I Can ». Cette énergie peut déclencher un cercle vertueux, ce que W. A. Staats (1976 – 1985) appelait « La spirale ascendante » .

Un principe d’intervention sera d’aider le jeune à découvrir qui sont le ou les adultes qui croient en lui et avec qui il entretient une relation significative, puis de l’aider à bien maintenir cette relation importante.

Quel est l’origine de la découverte de ce principe.  Assez simple, c’est issu de ma propre histoire où quelque quatre adultes ont cru en moi, malgré mes difficultés à l’enfance, à l’adolescence ou comme jeune adulte professionnel psychoéducateur. Voici ces personnes:

  • M. Perras, propriétaire de l’épicerie Riverview grocery à Verdun. M. Perras était mon employeur à l’adolescence et malgré les quantités d’erreurs que je faisais, je sentais qu’il me faisait confiance.

  • Ma marraine Germaine Desautels, croyait que j’étais intelligent et que je pouvais poursuivre des études universitaires. Un frère (+- conseiller en orientation) m’avait fait passer des tests d’aptitudes et m’avait conseillé de ne pas poursuivre des études, n’ayant supposément pas les capacités selon les tests. Ma marraine était insultée, elle travaillait au Ministère de l’éducation et m’a fait rencontrer un psychologue du ministère qui suite à d’autres tests, lui trouvait que j’avais de bonne capacités. – en passant, au niveau des études, j’ai réalisé: un certificat, deux baccalauréats, une maîtrise et un doctorat (Hi! Hi!). 

  • Raymond Gagnier, éducateur physique à Verdun et à Boscoville. Il était mon coach en gymnastique. Malgré mon indiscipline à l’école et dans les entraînements, M. Gagnier croyait dans mes capacités et ma bonne volonté.

  • Gilles Gendreau directeur de Boscoville. Jeune stagiaire à Boscoville, j’avais beaucoup de difficulté à réussir à être « un bon éducateur » auprès les adolescents, malgré tout, Gendreau croyait que je pourrais y arriver… j’y suis arrivé.

Voilà la donc la petite histoire de la découvert de cet élément important favorisant la réussite – Voir le lien de l’entrevue.

http://newdev.canalsavoir.tv/videos_sur_demande/campus5/em_48/media3.canalsavoir.tv$campus_s5$Campus5_E08E02.flv

Tel que mentionné dans l,entrevue, Pierre Potvin à 13 ans, lorsque j’avais gagné le concours de gymnastique à l’École Notre-Dame-de-la-Garde de  Verdun (Montréal). Le responsable était Raymond Gagnier éducateur physique.

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Le point sur les Bonnes pratiques, le savoir d’expérience et la recherche

Après plus de 30 ans en recherche universitaire, en intervention éducative et psychoéducative, en accompagnement des milieux et en développement d’outils de soutien à l’intervention et en transfert de connaissances, voici mes constats en 2016. 

Concernant le développement de bonnes pratiques

  • La recherche universitaire visant à améliorer les pratiques éducatives et psychoéducatives est utile et valide si elle tient compte du savoir d’expérience des praticiens qui utilisent ces pratiques.

  • Le savoir d’expérience des praticiens concernant les pratiques éducatives et psychoéducatives est utile et valide s’il intègre l’état des connaissances issu de la recherche universitaire et s’il tient compte de l’efficacité des pratiques.

  • Concernant la question des pratiques qui s’appuient sur des données probantes, il faut être prudent et bien comprendre ce qu’on entend actuellement par données probantes.

  • Finalement, l’idéal reste l,alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience. Un travail en équipe et en collaboration entre des chercheurs universitaires et des praticiens.

Pour les personnes intéressées par le sujet, j’ai publié un livre qui fait le tour de la question

Potvin, P. (2016). L’alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience. Un regard sur le transfert de connaissances. Collection de psychoéducation. Béliveau Éditeur.

http://www.beliveauediteur.com/DefaultPage.aspx?Key=14660&EscuelaID=135598&SumiID=130797&MyA=138917

 

 

Nécessité d’une réforme en éducation : analyse du sociologue Guy Rocher

WOW quelle belle analyse du sociologue Guy Rocher qui s’appuie sur le rapport du Conseil Supérieur de l’Éducation qui nous alerte sur les vices de notre système d’éducation et « l’inégalité des chances » surtout pour les enfants en milieu défavorisé. Le Québec est dû pour une profonde réforme en éducation… Avec tout le respect que j’ai pour l’initiative du ministre Proulx avec sa tournée  de consulotation des régions, je crois qu’il en faudra plus. Une réforme politiquement non partisane serait souhaitable. 

http://www.ledevoir.com/societe/education/485676/une-profonde-reforme-s-impose-en-education

Violence envers les tout-petits : les médias exagèrent

Être parent c’est tout un défi. Suite au rapport de l’observatoire des tout-petits les médias diffusent l’information qu’au Québec 50% des tout-petits sont victime de violences physiques mineures (quand on le dit) de la part de leur parent. Qu’est-ce que la violence physique mineure: c’est une punition corporelle comme secouer ou brasser un enfant (2 ans ou plus), lui taper la main, les fesses à mains nues, etc. 

Il faut faire attention, je trouve que les médias en mettant l’accent sur le 50% de violence physique auprès des tout-petits de la part des parents envoient le message  qu’au Québec on est une gagne de parents violents, ce qui à mon avis, n’est pas le cas. 

Bien entendu dans le meilleur des mondes il serait souhaitable qu’un parent évite d’utiliser la « violence physique mineure » ou le « châtiment corporel », mais la vie étant ce qu’elle est, tout n’est pas parfait et ce n’est pas la catastrophe. Je ne crois pas que parce qu’un parent de temps à autre donne quelques tapes sur les fesses à son enfant fait de lui un mauvais parent et nuit au développement de son enfant. Le parent qui donne aucune conséquence à son enfant devant des comportements inacceptables  nuit beaucoup plus au développement de son enfant (exemple: enfant roi).

Je trouve qu’on exagère et que les médias finalement nuisent en centrant toujours l’intérêt sur des éléments « spectaculaires ».

(Humour) – Enfants – animaux – entraide

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Sans oui, c’est Non! : Contre la violence sexuelle

Au Québec, comme ailleurs, nous sommes confrontés avec la violence sexuelle. On parle de culture du viol – je croyais que c’était réservée à l’Inde. Dernièrement aux résidences de l’université Laval des étudiantes ont été agressées, de plus, un autre événement d’agression sexuelle à frappé l’Assemblée nationale du Québec – un député en cause  (pour ce dernier événement l’enquête est en cours – donc, présumée agression).

La sexualité, le sexe, les relations sexuelles sont profondément ancrés dans notre « système », dans notre « organisme ».  Au départ dans l’évolution de l,espèce, c’était un besoin fondamental de survie de l’espèce (procréer), puis c’est devenue une « activité » en lien avec l’amour ou tout simplement avec la recherche de plaisir. La sexualité est fortement renforcée par le plaisir. De plus, au cœur de la sexualité il y a les rapports « humains », les relations égalitaires ou inégalitaires « homme-femme » (entre autres).

C’est donc par l’éducation et la culture que comme être humain on apprend à développer des attitudes et des comportements adéquats, acceptables et respectueux de l’autre – le partenaire (homme et femme). Cet apprentissage doit se faire tôt, tant pour les garçons que pour les filles et ce tout au long de la vie (au départ, dans la famille et à l’école).

Je trouve excellent le slogan « Sans oui, c’est non! 

L’un des problèmes actuellement dans notre société est la banalisation de la sexualité, l’hypersexualisation et les modèles diffusés par la pornographie qui est facilement accessible.

Il faut donc informer, sensibiliser, éduquer les garçons et les filles aux messages à transmettre et à décoder de part et d’autres lors de relations sexuelles. Particulièrement pour les garçons: c’est quoi un oui et c’est quoi un non; que le non-verbal parle aussi, que le silence n’est pas nécessairement un oui. Que chaque partenaire à le droit de dire non à des types de pratiques qu’ils ne veulent pas, etc.

Il faut donc: Éduquer, Éduquer, Éduquer! 

L’importance de l’éducation à la sexualité doit être une priorité (voir l’article – le lien)

http://www.lapresse.ca/le-droit/actualites/education/201610/24/01-5033917-plaidoyer-pour-leducation-sexuelle.php

 

 

Consultation, participation: est-ce si utile ?

État de situation

Que ce soit en éducation, en psychoéducation, en politique, ou ailleurs, depuis quelques années (+-) 5 ans, réunir le monde, les faire participer, les consulter, brasser les idées, est devenu une mode. 

J’ai eu l’occasion de participer à de nombreux événements qui avaient pour méthode de faire participer les gens:

  • petits ateliers de discussion, un animateur-rapporteur et plénière;
  • Méthode du world café,une méthodologie de discussion entre acteurs permettant, en intelligence collective, de faire émerger d’un groupe des propositions concrètes et partagées par tous;
  • méthode en plénière avec un logiciel qui traite toutes les idées et projettent une synthèse graphique aux participants

J’ai vécu à plusieurs reprises ces méthodes « actives »: colloques, congrès, symposiums, Grandes rencontres interrégionales, Consultation sur la réussite éducative, etc.

Réflexion

Les avantages

  • Un avantage est d’être actif et non passif (?)
  • Permettre de témoigner de son expérience, de ses convictions, croyances et valeurs
  • Favoriser le contact avec d’autres collègues – faire du réseautage (?)

Mais après?  

  • Après avoir eu ce sentiment d’avoir partagé son expérience, d’avoir écouté toutes ces idées – parfois valables et d’autres vraiment pas.
  • Quelles sont les retombées? Comment est-ce utilisé, si c’est utilisé – On analyse, on fait une synthèse et on diffuse, oui mais qu’est-ce que ça donne finalement ?
  • Comment trier ce qui est valide de l’inutile?  

Je m’interroge vraiment sur la valeur, l’efficacité, la validité de tous ces propos partagés.

Si vous avez des témoignages à faire sur le sujet, vous êtes les bienvenus

J’oubliais, la nouvelle grande mode ce sont les « Communautés de partage » – Communauté d’apprentissage professionnel, de CoDéveloppement… C’est bon, mais quand c’est trop, c’est comme pas assez. 

Dossier scolaire centralisé ?

Dans le cadre de la grande consultation du ministre de l’éducation pour une future Politique de la réussite éducative, l’idée de développer un Dossier scolaire centralisé  circule. 

À première vue, l’idée d’un dossier scolaire centralisé est intéressante. Cependant, tout dépend du contenu du dossier. Il faut surtout éviter la « stigmatisation » ou « l’étiquetage » des élèves qui présentent des difficultés. Il est à la fois important que l’enseignant soit bien informé, mais aussi qu’il puisse faire sa propre idée sur les capacités de l’élève.

J’ai développé avec le CTREQ (www.ctreq.qc.ca) un outil de dépistage Premiers signes (maternelle à 6e année) et l’une des consignes concernant les résultats (question éthique), c’est d’être très prudent sur ce qui est transmis d’année en année aux enseignants. Ce logiciel permet de réaliser un suivi longitudinal.  Dans les formations que j’ai donné sur l’utilisation du logiciel de dépistage et ses résultats, je disais: « un élève à risque un jour ne l’est pas pour toujours ». D’ailleurs, mes statistiques longitudinales de dépistage le démontrent bien. Ici, le rôle de la direction de l’école, de même que celui des professionnels de l’école (psychoéducatrice, psychologue, orthopédagogue, orthophoniste, etc.) est fondamental.

L’autre élément important c’est le type de contenu. Avoir un aperçu des difficultés de l’élève, traduites en besoins particuliers, mais aussi, les progrès, les forces, les facteurs de protection.

Donc, bonne idée, mais tout dépend de l’information et de comment cela sera utilisé.  

Future Politique de la réussite éducative: mon mémoire

Pour une politique de la réussite éducative
Mémoire présenté au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport
(octobre 2016)

Point de vue d’un praticien et d’un chercheur actif en valorisation et en transfert de connaissances dans le domaine de la réussite éducative

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Ma vision de l’école de demain…

Ma vision de l’école de demain…

  • Une école qui devient un ilot de paix pour les élèves et surtout pour les élèves en difficulté scolaire et ceux provenant de milieux défavorisé.

  • Une école qui intègre le numérique et les technologies dans la pédagogie.

  • Une école ayant un climat humain, de relations harmonieuses et sans violence.

  • Une école qui est éclairée par les meilleures pratiques, par le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience évalué et qui s’inspire des découvertes en neurosciences (particulièrement en psychologie cognitive).

  • Une école ou la classe est ouverte et assumé par une équipe d’enseignants et où les autres professionnels de l’école peuvent facilement y participer.

  • Une école ou la priorité est le bien-être de tous les élèves (les garçons, les filles, les élèves en difficulté et les élèves doués, etc.).

  • Une école ou le climat est axé sur « apprendre » « comprendre » « appliquer », centrée sur l’apprentissage, la découverte, la créativité.

  • Une école « éthique » où l’on apprend les valeurs humaines universelles (le respect des autres, les relations bienveillantes, la justice, l’inclusion, l’entraide).

  • Une école ou l’on développe chez les élèves avant tout leur capacité d’adaptation au changement, la créativité, les façons efficaces de gérer les problèmes et les conflits sans violence.

  • Une école qui apprend aux élèves le dosage de la consommation, l’esprit critique, l’utilisation éthique des médiats sociaux.

  • Une école ou les parents participent et ceux qui ont des difficultés sont soutenus, aidés.

  • Une école qui intègre la participation des différentes générations et particulièrement les personnes âgées et utilisant leur savoir d’expérience.

Éléments de mon mémoire pour la politique de la réussite éducative

Le ministre de l’éducation du Québec invite les citoyens à présenter leur point de vue en vue d’une future politique de la réussite éducative.

Voici les principaux éléments de mon mémoire que je présente au ministre.

  • Je défini la réussite éducative dans le même esprit que celle du document L’éducation parlons d’avenir (p.6) « englobe la réussite scolaire et vise le plein potentiel de la personne dans ses dimensions intellectuelles, affectives, sociales et physiques…  elle vise également l’apprentissage de valeurs, d’attitudes et de responsabilités qui formeront un citoyen responsable». J’y ajoute la dimension éthique, le développement du bien-être, de l’accomplissement de soi, et en finalité les éléments essentiels permettant l’atteinte du bonheur.

  • C’est le personnel offrant des services directs aux élèves qui a l’effet le plus déterminant sur leur réussite (Hattie, 2009; Potvin et Pinard, 2012; Wang, et coll., 1990)

    « Il s’avère plus efficace d’agir prioritairement sur les déterminants scolaires, particulièrement sur ceux qui se situent dans la classe. Une relation enseignant-élève significative et positive permet à l’enseignant de mieux connaître ses élèves et de repérer ceux qui risquent d’éprouver des difficultés » (L’éducation parlons d’avenir p. 12).

  • « Poursuivre le déploiement de la maternelle 4 ans dans les milieux défavorisés en complémentarité avec les services de garde éducatifs à l’enfance p.10 ».

    Commencer par les milieux défavoriser, mais par la suite étendre la maternelle 4 ans à tous les enfants du Québec en s’assurant de ne pas nuire au réseau des CPE. Utiliser les compétences des CPE en alliance avec les compétences des enseignantes du préscolaire. À partir de 4 ans orienter la « culture » des CPE vers des apprentissages préscolaires. Créer une alliance professionnelle (une dyade) technicienne en service de garde et enseignante au préscolaire afin de favoriser un équilibre entre les préoccupations du développement global des enfants et sa préparation scolaire.

  • « Aider les services de garde éducatifs à l’enfance et les organismes qui travaillent auprès des enfants et des familles à identifier les enfants qui pourraient éprouver des difficultés sur le plan du développement global p.10».

    Dépistage précoces au niveau des difficultés liées à la littératie, numératie et comportement (adaptation). On a des outils, mieux les utiliser, les développer

  • « Créer un organisme voué à la mise en valeur et au transfert de connaissances dans le milieu de l’éducation, à l’instar de l’Institut national d’excellence en santé, pour assurer le développement des expertises et des meilleures pratiques p. 13 ».

    • La proposition qui circule depuis quelques temps c’est une demande de création d’un Institut national en éducation comme il en existe en santé. Pour avoir pris connaissance du document du projet en question, à première vue l’idée me semble intéressante, sauf que cela pose plusieurs problèmes qui m’amènent à ne pas recommander la création d’un tel organisme.

      • Avant tout, il faut analyser la question avec prudence et rigueur afin de vérifier si c’est un réel besoin.

      • Personnellement je crois que les organismes existants en éducation jouent ce rôle et pourraient le jouer davantage. Je nomme ici Le CTREQ et le CSÉ.

      • L’ajout d’un autre organisme viendrait « diluer » le peu de finances déjà consacrés aux organismes existants et risquerait de créer des dédoublements de rôle.

Les priorités par ordre d’importance (poids relatif)

  1. Dépistage et intervention précoce au niveau des difficultés d’apprentissage et d’adaptation. Dès les premiers signes.

  2. En collaboration avec les CPE, à partir de 4ans (pour tous) préparation à la « scolarisation » – littératie, numératie et socialisation.

  3. Au préscolaire et au primaire importance mise sur la littératie et numératie

  4. Au niveau de la prévention, priorité de l’investissement t au niveau des milieux défavorisés

  5. Priorité sur ce qui se passe en classe : qualité de la gestion classe, de la relation enseignant-élève, des pratiques pédagogiques qui s’appuient sur les résultats issus de la recherche, des bonnes pratiques qui ont faites leurs preuves.

  6. Intégration dans la pédagogie des technologies, du numérique

  7. Soutien aux élèves à risque (en besoins particuliers) et aux enseignants de ces élèves

  8. Maintenir l’investissement dans l’aide aux écoles en milieu défavorisé

  9. Ne pas créer de nouvelle structure (Institut national d’éducation) mais renforcer celles qui existe et élargir leur mandat (exemple le CTREQ).

  10. Création d’un Ordre professionnel des enseignants

  11. Soutien aux parents dans leur engagement parental et ouverture de l’école à la collaboration parentale.

  12. Soutien aux organismes communautaires qui priorisent une action auprès des parents et auprès des jeunes à risque.

 

 

Point de vue sur un Institut national en éducation

Avec la venue de la consultation du ministre de l’éducation (Sébatien Proulx) pour une future politique de l’éducation au Québec, circule l’idée d’un Institut national de recherche en éducation ou encore d’un Institut national  en éducation.

Personnellement je trouvais l’idée intéressante d’un Institut national de recherche en éducation. Favoriser l’orientation de la recherche, orienter les priorités, stimuler la synergie entre chercheurs, etc.

Sauf, qu’à ma connaissance (sauf erreur de ma part), cette idée ne circule plus et a été remplacée par un Institut national en éducation.  Ceci est totalement  différent.

Voici ce qui est mentionné dans le document de consultation du gouvernement L’éducation parlons d’avenir:   « Créer un organisme voué à la mise en valeur et au transfert de connaissances dans le milieu de l’éducation, à l’instar de l’Institut national d’excellence en santé, pour assurer le développement des expertises et des meilleures pratiques p. 13 ».

Voici pourquoi je suis en défaveur d’un Institut national en éducation qui aurait pour mission de valoriser la recherche, les bonnes pratiques et le transfert de connaissances. La principale raison est assez simple, c’est qu’on a déjà l’organisme qui peut jouer ce rôle et qu’il est préférable d’augmenter ses ressources (financières et humaines), d’élargir un peu son mandat, plutôt que de créer une nouvelle structure avec les coûts que cela suppose.

L’organisme existant c’est le Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ).  Le CTREQ qui existe depuis 14 ans,  a pour mission de valoriser la recherche, réaliser le transfert de connaissances, favoriser le lien entre les chercheurs et les praticiens en éducation, réaliser une veille sur les bonnes pratiques, accompagner les milieux et participer aux évaluations des pratiques, développer et diffuser des outils de soutien à l’intervention préventive, etc. Un autre organisme important est le Conseil Supérieur de l’Éducation (CSÉ), qui réalise des études et conseille le ministre.

En conclusion, je suis plutôt favorable à ce que le gouvernement investisse davantage dans le CTREQ et le CSÉ plutôt que de créer un nouvel organisme.

 

Rôle important de la critique dans notre société

La critique doit être présente dans notre société – les intellectuels, les philosophes, les universitaires, les journalistes doivent bien jouer ce rôle essentiel:

Documenter – Analyser – Questionner – Remettre en question – Critiquer – Proposer des orientations ou des solutions.

 État de situation

  • Nous sommes constamment bombardés d’information de toutes sortes, parfois valides et parfois biaisées

  • La révolution numérique avec Internet et les médias sociaux nous donnent accès à d’innombrables informations et permettent à n’importe qui de diffuser de l’information parfois valide et parfois invalide ou inutile.

  • Un grand nombre de politiciens (pas toutes et pas tous) sont davantage préoccupés par le pouvoir de leur partie que par le bien-être des citoyens. Les politiques se développant alors à court terme (4 ans).

  • Même certains chercheurs qui sont subventionnés par de grandes firmes (entre autres, pharmaceutique, alimentaire, etc.) ne dévoilent pas toute la vérité sur leurs découvertes (exemple: les dangers de la cigarette, le sucre, etc.). 

  • En éducation, depuis des années on se donne des réformes, on suit la mode des pratiques « nouvelles » (le socioconstructivisme, les intelligences multiples, les Communautés d’Apprentissage Professionnel (CAP, et bien d’autres). On évalue peu les pratiques, on utilise peu les résultats issus de la recherche et le savoir d’expérience n’est pas nécessairement soumis à la critique ou à l’évaluation.

L’importance de la critique

  • Il nous faut des personnes qui jouent le rôle de nous  « Alerter », de défaire s’il y a lieu la « désinformation »

  • Ces intellectuels qui vont à contre-courant et qui ne sont pas « politiquement correcte ». Qui dérangent.

  • Dans notre monde « d’action », de multiples communications – sans vraiment communiquer, de course à la performance et aux multiples tâches en même temps… il nous faut ces personnes qui sonnent « la cloche » pour nous inciter à la prise de recul, au temps minimal de réflexion.

    Article sur la liberté d’expression – L’importance du droit à la critique – événement : les menace envers le journaliste et auteur Mathieu Bock-Côté

    https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/553409/ca-suffit-la-censure?utm_source=Le+courrier+des+id%C3%A9es&utm_campaign=b2c68a3eae-

Recherche doctorale en psychoéducation sur le Vécu partagé

J’ai eu le privilège de présider la soutenance de thèse de Sonia Daigle doctorante en psychoéducation de l’UQTR. Cette recherche est un bel exemple de ce pourquoi le doctorat en psychoéducation à l’UQTR a été créé : réaliser le développement des connaissances fondamentales en psychoéducation et les pratiques psychoéducatives.

 

Vécu partagé, spécificité identitaire et exercice contemporain de la psychoéducation en contexte québécois

Consultation pour une politique de la réussite éducative

J’espère vraiment que cette consultation pour une future politique de la réussite éducative sera un « succès ». J’ai lu le document L’éducation parlons d’avenir et c’est vraiment complet. Tout y passe:

  • dépistage tôt, intervention précoce – maternelle 4 ans – école jusqu’à 18 ans

  • concentration sur ce qui se passe en classe – pratiques pédagogiques innovantes – données probantes

  • engagement parental – ordre professionnel pour les enseignants – Une espèce d’Institut national de recherche en éducation, mais pas tout à fait cela – un organisme qui ressemble au CTREQ, mais ce n’est pas le CTREQ ???

On touche à tout… je vais réfléchir et peut-être préparer un « mémoire », je vais vous revenir

Image

Humour – Parent – enfant

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Vidéo

(Vidéo) Danse – Acrobatie sur pole

video-2

Acrobatie sur pole par des moine 

Devoirs scolaires à la maison: pour ou contre? (Dossier – plusieurs références)

Si les enseignants du primaire donnent des devoirs à réaliser à la maison,  et ce dans le but de favoriser la réussite scolaire, il semble bien selon les travaux de Hattie (800 métas analyses sur la réussite scolaire) que ce n’est pas une stratégie efficace. Par contre, il semble bien qu’au secondaire cela contribue à la réussite.

Les devoirs à la maison, ont cependant d’autres fonctions qui peuvent être valables, mais cela dépend du dosage et de la formule adoptée : c’est un moyen pour les parents d’être au courant de ce que leur enfant apprend; une occasion de responsabiliser l’enfant (autonomie, gestion du temps, sens de la responsabilité); une possibilité de réaliser une activité en famille, si par exemple c’est un projet étalé sur plusieurs semaines.

S’il n’y a pas de devoir à la maison, il serait important d’avoir un système (école-famille) qui favorise la relation enfant-parent-école – que le parent puisse être impliqué dans les apprentissages de son enfant – qu’il y ait des occasions pour le parent d’encourager son enfants dans ses apprentissages, de valoriser les sujets étudiés, etc.

Il me semble que la question n’est pas tant « doit-il y avoir des devoirs à la maison? » mais davantage,  de quelle nature, de quelle forme, de quelle ampleur doivent avoir ces devoirs. Exemple: un projet de recherche personnel de l’enfant sur quelques semaines où le parent – la famille peuvent participer – un projet de lecture à la maison – me semble intéressant.

Ajout le 22 septembre 2017

Certaines écoles primaires au Québec ont décidé de remplacer les devoirs à la maison par une période obligatoire de lecture à la maison. Disons, 15 à 30 minutes de lecture. Il est reconnu que l,apprentissage de la lecture est un facteurs important dans la réussite scolaire, surtout dans les premières années du primaire

Le lien plus bas est un article de Normand Baillargeon de l’UQAM sur les devoirs et la référence aux travaux de Hattie.

 

https://voir.ca/normand-baillargeon/2014/02/19/lecons-sur-les-devoirs/#_ftn1

 

Voici un autre article qui donne un point de vue différent en faisant la promotion des devoirs à la maison.

Thierry Karsenti, auteur de l’ouvrage Les devoirs: ce qu’en dit la recherche, stratégies gagnantes et apport des technologies, a analysé plus de 300 études sur le sujet. Ce professeur de l’Université de Montréal a tenu à réagir à un article du Journal qui rapportait cette semaine que des écoles de Québec avaient décidé d’abandonner les devoirs pour se concentrer sur la lecture et les leçons.

http://www.journaldequebec.com/2016/09/08/abolir-les-devoirs-serait-une-grave-erreur#cxrecs_s

Autre propos venant de la Finlande: pas de devoir

https://www.facebook.com/edouard.hoffmeister.9/videos/135962940490397/

 

Un dossier du CTREQ sur les devoirs et leurs efficacités

http://rire.ctreq.qc.ca/2018/07/devoirs-benefiques-non/

Ajout: 13 décembre 2018 Un texte pédagogique sur les devoirs (Belgique)

http://www.cahiers-pedagogiques.com/Les-devoirs-c-est-mon-choix

Ajout le 25 avril 2019

https://www.lesoleil.com/actualite/education/les-devoirs-et-lecons-cest-fini-263e3867aeea38fe31a379f554bef12a?fbclid=IwAR0exm08GFyRJaIEwjAhqsUnkVIR0ohx3VF1mC1D7Bs4mZe5X-ZtnSssLAc

Ajout le 25 avril 2019

Nancy Gaudreau Un aperçu de ce que dit la recherche sur ce sujet: Temps à consacrer aux travaux scolaires à la maison (devoirs + lecture + étude)selon les niveaux scolaires (Cooper, 2000)

1re à 3e année du primaire: 15 minutes, 1 à 3 fois par semaine
4e à 6e année du primaire: 15 à 45 minutes, 2 à 4 fois par semaine
1re à 3e année du secondaire: 45 à 75 minutes, 3 à 5 fois par semaine
4e et 5e années du secondaire: 75 à 120 minutes, 4 à 5 fois par semaine. En fait, il faut savoir que d’après la méta-analyse réalisée par Herrig (2011) à partir de 150 études sur le sujet, plus les élèves avancent dans leur cheminement scolaire, plus les devoirs auraient des effets substantiels. Les effets les plus probants ont été observés au secondaire. Néanmoins, selon Ramdass et Zimmerman (2011), des recherches montrent que les devoirs soutiennent aussi le développement de la maîtrise de soi, notamment de l’autoefficacité, de l’autoréflexion, de la gestion du temps et de la gratification différée.

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Le graphique suivant sur Stratégies d’études, a été pris sur Facebook  et a été produit par des enseignants-ressources – mais sans préciser de quelle commission scolaire.

Stratégies d’études
(Cliquez sur l’image pour mieux voir)

La Maison Oxygène: Hommage à André Melançon

André Melançon ainsi que sa conjointe Andrée Lachapelle ont été impliqués comme bénévoles et Porte-paroles de La Maison Oxygène du Carrefour familial Hochelaga.

Le présent communiqué leur rend hommage.

hommage aux André(e)

André Melançon, psychoéducateur à Boscoville et cinéaste: n’est plus!

André Melançon

Mon ancien collègue de Boscoville et grand cinéaste québécois, est décédé ce dimanche 23 août 2016.

Durant les années 1970,  André était mon collègue de travail au centre de réadaptation  Boscoville. Il était, si je me rappelle bien, psychoéducateur au quartier des Limites et responsable des Projets: Théâtre, Cinéma.

Je me souviens de lui comme de très bon éducateur  auprès des adolescents, un artiste, un créateur.

Je suis triste de cette grande perte pour le Québec. Je l’aimais bien et j’admirais son œuvre.


Né à Rouyn en 1942, André Melançon passe son  enfance  en Abitibi-Témiscamingue.  Pendant et après ses études en psychoéducation à l’Université de Montréal, il travaille d’abord au centre de rééducation de Boscoville pendant cinq ans. Il y réalise d’ailleurs son premier documentaire, Le camp de Boscoville (1967), lors d’un atelier de cinéma qu’il a lui-même mis sur pied. Sa passion pour le cinéma prend vite le dessus sur son travail avec les jeunes.

«Mes six années en psychoéducation n’ont pas été un détour, dit-il. Parce qu’être psychoéducateur, c’est apprendre à regarder et à écouter ».

En 2015, il a reçu le prix Jutra hommage pour l’ensemble de sa carrière. Voici son message aux jeunes cinéastes.

Permettez à un vieux qui n’est pas encore sage… à vous soumettre quelques modestes recommandations…

  • Etonnez-nous
  • Questionnez-nous
  • Bousculez-nous
  • Faites-nous rire
  • Faites-nous pleurer… c’est important
  • Faites-nous penser… c’est important
  • Faites-nous rêver… c’est essentiel
  • Proposez-nous des façons nouvelles, différentes de voir le monde
  • Amenez-nous vers l’ouverture et l’empathie…

Pour en savoir plus

https://www.onf.ca/selection/andre_melancon/

Dépistage élèves à risque au préscolaire et primaire – Communication

Nouvelle communication:
Le savoir d’expérience des enseignants permet de dépister les élèves à risque dès la maternelle.

Petite enfance et persévérance scolaire: Article – Naître et grandir

Naître et grandir: Article sur la persévérance scolaire à la petite enfance