La piste cyclable : milieu incroyable qui représente bien notre société moderne
Depuis quelques années je fréquente la piste cyclable de la ville de Trois-Rivières au Québec. Je suis frappé par la variété des formes d’utilisation et des types de personnes qui la fréquentent et c’est pour moi le reflet de la vie « moderne » qui offre une variété sans limites de choix.
Voyons ensemble les observations qui j’y ai faites
Les multiples générations qui utilisent la piste cyclable
Les retraités et grands-parents, la génération silencieuse– les plus de 65 ans
Les baby-boomers – les 50 ans – 65 ans
Les générations X, Y – les 20 ans – 50 ans
Les Z et les alpha – adolescents et les enfants et même les bébés
Une grande variété de types d’utilisateurs
Les athlètes sur leur vélo de route de 7 000 $, habillé à la dernière mode des cyclistes. Ils sont flamboyants et affichent toutes les couleurs. Ils filent à grande vitesse, sans effort. Ils sont des jeunes hommes et jeunes femmes, musclés et en grande forme.
Les athlètes hommes et femmes en patin à roues alignées qui filent à grande allure dans un mouvement rythmé et souple et dans un balancement harmonieux du corps. On dirait le rythme de la valse.
Les hommes et les femmes que je qualifie de « monsieur et madame tout le monde» sur leur vélo ou leurs patins à roues alignées. Sur leurs patins, certains se débrouillent très bien, mais d’autres semblent souffrir… vraiment pas solide sur leurs patins.
Les adolescents ou enfants à vélo ou en patin accompagnés ou non de leurs parents.
Les mères et parfois les pères, qui tout en courant, poussent la poussette carrosse » ou encore poussent en patin à roues alignées.
Les mères et les pères en vélo qui tirent un carrosse pour enfant» avec un ou deux enfants à l’intérieure qui eux habituellement dorment. Je me demande si vraiment les enfants aiment cela ?
Les mères et les pères en vélo un enfant assis sur un banc à l’arrière ou à l’avant du vélo (ce dernier est plutôt rare).
Les personnes âgées en vélo électrique (c’est mon cas) qui font de l’exercice adapté à leur niveau et qui sont regardées de haut par les vrais cyclistes. Certains « vrais cyclistes » disent d’eux qu’ils font semblant de faire du vélo étant donné l’assistance du moteur électrique. Mais, c’est un préjugé.
Les personnes âgées (parfois handicapées) en voiturette électrique.
Les personnes âgées en manchette.
Les « Joggers » (hommes et les femmes ) entourés de leur ceinture avec bouteilles d’eau, leur téléphone intelligent sur le bras et les écouteurs pour écouter leur musique.
Les marcheurs (hommes et les femmes), seuls ou en groupe, silencieux ou placotant.
Les marcheurs (plus rare), surtout des hommes qui se préparent pour leur voyage en Europe de marche du Chemin de Compostelle. Ils ont tous la même allure, dans la cinquantaine ou la soixantaine, habillés de bottes de marche, de short et veste sans manche ou gilet, d’un gros sac-à-dos qui semble pesant et bien plein, d’un chapeau pour se protéger du soleil, de lunette de soleil et bien entendu de bâtons de marche. Je les reconnais tout de suite et parfois je les salut en posant la question: » vous vous préparez pour le chemin de la Compostelle? » et je suis certain de la réponse -Oui!
Les variétés d’activités physiques
La marche
Le jogging
Le patin à roues alignées
La planche à roulettes
La trottinette
Le vélo
La voiturette électrique
La promenade du chien ou des chiens
En marchant, en joggant, en patin, en vélo le chien courant à côté.
En vélo le chien dans un panier en avant.
En vélo le chien installé dans le carrosse pour enfant.
En planche à roulettes, le chien tirant la personne.
Phénomènes bizarres que j’ai observés
Pour le patin, des enfants ou des adultes « hyper protégés » : casque, protection des coudes, protection des poignets et protection des genoux. Il y avait une petite fille de 8 ou 10 ans, tellement protégée par ses accessoires qu’elle disparaissait sous les protections.
Sur la piste cyclable, ce vieux monsieur de 80 ans qui pousse sa marchette dans un pas chambranlant et dans une lenteur extrême qui se fait dépasser par ce jeune athlète à vélo hyper musclé et en forme.
Cet homme à vélo, en sandale et sans casque protecteur qui s’arrête pour faire sa pause et fumer une cigarette. Plutôt bizarre: activité physique – santé et cigarette.
Cette jeune mère que je voyais de loin et qui marchait avec son sac à dos. Puis, en me rapprochant j’ai constaté que ce n’était pas un sac à dos, mais plutôt un jeune enfant endormi, attaché au dos de sa mère par une sangle. Un peu comme les mères africaines qu’on voit travailler dans les champs avec leur enfant « attaché » à leur dos.
Une variété de vélos peu ordinaire :
Vélo à deux roues d’une hauteur normale où le cycliste est couché sur le dos et pédale.
Vélo à trois roues, très bas, proche du sol où le cycliste est couché sur le dos et pédale.
Vélo à trois roues, très bas proche du sol où le cycliste pédale avec ses mains.
Le tandem, ce vélo à deux personnes habituellement un homme à l’avant et une femme à l’arrière qui pédalent au même rythme.
En conclusion, je constate qu’en 2017 ou en 2024, chacun sait répondre à ses besoins, de la personne âgées avec sa marchette à cet athlète de haut niveau. Cette piste cyclable n’est que le reflet de notre société où chacun et chacune tente à sa façon de répondre à ses besoins. Ce qui est bon pour l’un, ne l’est pas du tout pour l’autre. Personnellement je suis fasciné par cette variété de réponses aux besoins et je continue à répondre aux miens avec mon vélo électrique et mes 10km par jour.
La guerre en Afghanistan a coûté jusqu’ici 1000 milliards de $ OUF! Imaginez-vous si la paix existait, s’il n’y avait pas de guerre comme le chantait John Lennon dans « Imagine »:
combien de misérables qui meurent de faim on pourrait nourrir?
combien d’itinérants on pourrait aider?
combien de maisons pour femmes victimes de violence conjugale on pourrait soutenir financièrement?
combien de professionnels on pourrait accorder aux écoles pour aider les élèves en difficulté?
combien de psychothérapies on pourrait offrir à des personnes qui ne peuvent pas payer 90 $/h?
combien de bourses il serait possible d’offrir à des jeunes décrocheurs afin qu’ils poursuivent leurs études?
comment il serait alors possible de rehausser le salaire minimum à 15 $/h.
Pensez à tous les besoins de la société (éducation, santé, etc.) et imaginez-vous tout ce qu’on pourrait faire. Tout le bien qu’on pourrait réaliser. Bien entendu la guerre génère des emplois, permet à l’industrie de l’armement de prospérer, permet de récupérer des impôts, etc. Mais entre vous et moi, on pourrait s’en passer. 1 milliard $ c’est 1000 millions de $ imaginez-vous 1000 milliards.
Suite à un accident d’automobile qui a occasionné la mort d’un jeune homme suite à l’erreur d’un conducteur âgé de 90 ans qui avait pris en sens contraire l’entrée d’une autoroute, une coroner demandait à ce qu’on resserre la vérification des permis de conduire des personnes âgées à partir de 75 ans. Ce qui dans les faits se réalise au Québec par un contrôle de l’SAAQ. Chaque personne de 75 ans et plus doit subir un examen de santé par un médecin et un examen de la vue par un optométriste.
Développement
Cette situation malheureuse il faut en convenir, peut être l,occasion « d’âgisme » qui est une discrimination fondée sur l’âge, en particulier à l’encontre de toute personne âgée. Les faits parlent par eux-mêmes, les personnes âgées ne sont pas celles qui causent le plus d’accidents d’automobile, au contraire. Voici quelques statistiques pour le Québec:
les personnes âgées de 75+ représentent 6% de l’ensemble des personnes qui détiennent un permis de conduire et sont la causent de seulement 4% des accidents avec dommage corporel.
les jeunes de 16-24 ans représentent 10% de l’ensemble des personnes qui détiennent un permis de conduire et sont la causent de 20 à 22% des accidents avec dommage corporel.
Pour 1000 titulaires de permis, les personnes âgées de 74+ sont la cause de 22 accidents, alors que les personnes de 16-24 ans sont la cause de 43 accidents soit presque deux fois plus.
Le réel problème selon certains analystes concernant la conduite des personnes âgées, n’est pas l’âge comme facteur de cause, mais les éléments suivants: la santé, le fait de moins pratiquer la conduite, sur de plus courtes distances et moins fréquente.
Chez les plus jeunes, les principaux facteurs de risque sont le manque d’expérience de conduite (ils sont en apprentissage), la vitesse et le risque, la conduite en état de boisson ou de drogue (cette partie est de moi).
En conclusion, soyons prudents à ne pas céder à l’âgisme, pratiquons la prévention tant auprès des jeunes que des personnes âgées. Auprès des jeunes qui nous sont proches assurons-nous qu’ils conduisent avec prudence et toujours sans effet de l’alcool (évidemment, il faut prêcher par l’exemple de notre propre conduite). Auprès de des personnes âgées qui nous sont proches assurons-nous que leur santé est adéquate (attention, concentration, réflexes, etc.) et qu’ils utilisent régulièrement leur automobile (maintenir la pratique et les habiletés).
Le débat sur la laïcité, sur les signes religieux, sur nos valeurs québécoises.
Depuis 10 ans au Québec on débat sur la question de la laïcité, sur les signes religieux, sur nos valeurs québécoises. Pas simple de se faire une idée, pas simple de s’affirmer sur nos valeurs comme Québécois et Québécoises sans se faire taxer de « raciste » ou de « xénophobe ». Voici donc comment je vois les choses.
Un peu d’histoire du Québec, aide à comprendre pourquoi d’une façon générale les Québécois sont hypersensibles à la question des signes religieux sur la place publique. Notre histoire explique aussi pourquoi je suis hypersensible moi-même à la question. Dans toute cette question qui touche l’émigration, entre en jeu la religion. Toutes formes de manifestations de religion sur la place publique.
Notre histoire québécoise est marquée par une domination religieuse (religion catholique) qui a dirigé nos vies, nos croyances et nous a interdit d’avoir l’esprit critique (obéissance et infaillibilité du Pape),
Notre histoire est marquée par l’alliance du pouvoir religieux et du pouvoir politique avec toutes les conséquences que cela suppose,
Notre histoire est marquée par l’encouragement de l’Église à la domination des hommes sur les femmes par le patriarcat dans la famille et dans la société. Ainsi que par le contrôle des religieux sur les femmes en situant la femme dans l’Église comme une fidèle de niveau inférieur (pas de prêtrise pour les femmes – au service des prêtes),
Nos grands-mères, nos mères, nos sœurs ont payé le prix des discours religieux et de leur domination sur leur vie, leur droit à décider d’avoir ou pas d’enfant ou du nombre d’enfants, d’obéir à leur mari,
Le peuple québécois a eu le courage avec la Révolution tranquille de s’affranchir du pourvoir de l’Église, de se libérer de cette emprise et de mener une lutte durant des décennies pour s’offrir un lieu ou l’égalité homme – femme serait l’une des valeurs à ne jamais remettre en question.
Durant notre croissance, comme peuple québécois nous avons accueilli de nombreux émigrants de plusieurs ethnies : Grecs, Italiens, Juifs, Portugais, Irlandais, Vietnamiens, etc. À ma connaissance il n’y a pas eu de problème d’intégration, pas eu vraiment de choc culturel.
Là ou ça ne va plus, c’est lorsque nous accueillons des personnes d’une autre culture, d’une autre ethnie, entre autres, les musulmans
qui ont des valeurs religieuses qui les obligent à les afficher sur la place publique et,
qui demandent des accommodements religieux,
que ces accommodements touchent à nos valeurs fondamentales et nous ramènent 70 ans en arrière, avant la Révolution tranquille,
que ces signes remettent en question des acquis fondamentaux : l’égalité homme femme, en traitant les femmes comme des êtres de second niveau ou d’être dominé par les hommes.
Pour moi, c’est clair, je suis ouvert à accueillir dans notre Québec des personnes d’autres pays, d’autres cultures, mais pas au prix que ces personnes viennent témoigner « d’anti valeurs » québécoises comme celles que j’ai nommées plus haut.
En conclusion, il faut avoir des critères clairs de sélection de l’immigration et des lois qui protègent nos acquis et nos valeurs. Que les accommodations accordées ne touchent pas ces valeurs. Voici quelques exemples d’accommodements inacceptables, déraisonnables:
signes religieux de personnes en autorité y compris les enseignants et les éducatrices en garderie,
médecin homme qui ne peut intervenir auprès d’une femme (musulmane). On demande que ce soit une femme médecin,
horaire de piscine seulement pour les femmes et seulement pour les hommes.
Visage voilé où l’on ne voit que les yeux (niqab, burka).
Ces différents signes religieux sont nettement la manifestation d’une religion (pour ceux qui la comprennent ainsi) ou d’une culture qui oblige les femmes à voiler leurs cheveux, leur visage et parfois tout le corps, dans le but de ne pas stimuler l’homme. En tenant pour acquis que les hommes sont « faibles » et incapables de résister à la tentation. C’est infantilisant pour les hommes et cela ramène la femme au rôle d’Ève dans le paradis terrestre ou elle était la tentatrice qui a déchu l’humanité.
Pas besoin d’être une aînée ou un aîné pour être membre et profiter des ateliers de formation du RIAQ (Réseau d’Information des Aînés et Aînées du Québec)
Le RIAQ, dont je suis membre et qui s’adresse à tout le monde (pas seulement les aînées) est un organisme qui offre des ateliers de formation afin de devenir plus compétent dans l’utilisation des outils technologiques. L’originalité de ces formations d’une durée d’une heure, c’est qu’elle se font à distance à partir de votre ordinateur en contact virtuel avec le formateur à l’aide d’un petit logiciel MIKOGO.
De multiples ateliers: Facebook, Tablette, Google Chrome, Gestion de Windows, Word, de Mac. Aussi un service de dépannage informatique à distance. J’ai suivi 4 ateliers et j’ai appris plein de « trucs » qui me sauvent du temps… Je vous le recommande.
Auteur : Jean-François Veilleux – Historien et doctorant en études québécoises UQTR
OYÉ OYÉ !!! Découvert en 1534-1535 par Jacques Cartier, premier européen à pénétrer dans le majestueux fleuve St-Laurent, ce « nouveau monde » devient aussitôt ce qu’il appelle le «Canada», un territoire qu’il conquiert au nom de François 1er alors roi de France.
Habité continuellement dès 1608 par Samuel de Champlain et ses valeureux camarades, la Nouvelle-France devient la première province royale sous Louis XIV en 1663. Conquis par les britanniques un siècle plus tard, en 1760, uni de force avec l’Ontario loyaliste en 1840 puis confédéré par Londres en 1867 – sans vote populaire – le Québec, qui a aussi repoussé deux fois l’invasion armée américaine, est de cette « race qui ne sait pas mourir »!
Le Québec a aussi tenté deux fois d’atteindre son indépendance politique, mais sans succès.
D’une superficie de 1,6 million de km carrés, le Québec a longtemps été convoité parce qu’il possède l’un des sols les plus riches de la planète. Son territoire 4 à 5 fois plus grand que la France, 10 fois la Belgique, comprend des fourrures, du bois, des minéraux auxquels s’ajoutent 3% de toute l’eau douce au monde; on parle de 130 000 rivières et 1 million de lacs qui permettent à mon pays d’être 1 pionnier et 1 champion mondial en hydroélectricité.
Aujourd’hui devenue la société avec le plus bas taux de criminalité en Amérique du Nord, plus de 8 millions de personnes habitent son territoire incluant 11 nations autochtones
Terre d’accueil par le métissage des traditions amérindiennes, de la culture française, du goût canadien pour l’aventure, de l’héritage anglo-saxon du parlementarisme, le Québec est une société multi-ethnique qui mise sur l’inter-culturalisme et l’intégration par l’idée du français langue commune, d’ailleurs unique langue officielle du Québec depuis 1974.
Étant donné que les francophones sont seulement 2% des gens en Amérique du Nord, le Québec porte en lui cette image du village gaulois qui résiste à l’envahisseur anglo-saxon… C’est pour cette raison qu’il a toujours été prompt à adopter divers symboles identitaires.
Ayant le plus ancien parlement démocratique des Amériques, possédant sa fête nationale depuis le 24 juin 1834, son hymne national depuis la St-Jean-Baptiste de 1880 puis son drapeau officiel dès le 21 janvier 1948 (presque 20 ans avant le Canada anglais), le Québec a toujours gagné à valoriser son identité unique, source de fierté partout dans le monde.
Trônant parmi tous nos symboles, quelle est notre devise nationale ? JE ME SOUVIENS !
Près de 500 ans d’histoire, de culture et de pratiques artistiques originales font mentir Lord Durham qui écrivait en 1839 que les Canadiens-français étaient « un peuple sans histoire et sans littérature ». Même s’il n’est pas encore un État souverain et qu’il n’a toujours pas signé la constitution canadienne de 1982, mon pays vous souhaite la bienvenue à tous, dans ce Québec français qui a besoin de vous pour affirmer son indépendance politique et sa souveraineté populaire. Vive le Québec libre, éduqué et francophone!!
C’est impressionnant, une femme âgée, une scientifique neurologue, prix Nobel en médecine. Quel beau message de « passion » pour nous tous et toutes, jeunes et âgés.
Çà vaut la peine de prendre quelques minutes pour regarder.
Ceux qui suivent mes articles sur mon Blogue Éducation – Psychoéducation – Société et mes interventions sur Facebook se demanderont peut-être, comment se fait-il que j’écris un article sur la violence conjugale ? Voici la réponse. En parallèle à mon domaine de recherche en éducation et en psychoéducation, depuis 20 ans j’ai collaboré avec Denise Tremblay psychologue et directrice de La Séjournelle maison pour femmes victimes de violence conjugale ainsi qu’au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Mes travaux de recherche ont porté sur la validation du Modèle du Processus de Domination Conjugale (PDC) et d’un outil d’évaluation de la sécurité des femmes victimes de violence conjugale. À un niveau plus personnel, j’ai connu la violence conjugale de l’intérieur de ma famille d’origine et je peux témoigner des effets négatifs que cela produit sur les personnes. Je me sens donc légitime de parler de violence conjugale.
La motivation qui me pousse à écrire cet article est stimulée par le fait que tous les mois des jeunes femmes perdent la vie, victime de la violence de leur conjoint ou ex-conjoint. Il arrive même parfois que des enfants soient impliqués en étant assassinés et pour terminer le tout, souvent l’agresseur se suicide.
À cette violence conjugale s’ajoute ces temps-ci la violence sexuelle à l’université. Ce problème de société s’explique par une culture de relation inégalitaire et violente entre les hommes et les femmes, par un processus de domination des hommes sur les femmes.
C’est tout simplement inacceptable et cela doit cesser. Il est possible de réduire ces drames par l’éducation et la prévention.
La violence conjugale
Essentiellement, selon le modèle du PDC, la violence conjugale peut s’expliquer par la dynamique du processus de domination du conjoint (plus souvent l’homme) sur la femme. Une domination violente : soit physique, et/ou psychologique, et/ou sexuelle et/ou économique.
Cette violence peut s’installer graduellement sans que la femme s’en rendre trop compte et lorsqu’elle en prend conscience cela représente tout un défi que d’apporter des changements à une relation toxique.
Au départ, pour de multiples raisons, certaines femmes peuvent être vulnérables dans leur relation conjugale, soit du point de vue économique, soit par le fait d’avoir des enfants et de se sentir responsable de leur vécu ou encore d’être vulnérable affectivement. Ces vulnérabilités peuvent devenir des outils de domination pour les conjoints. Ces conjoints violents, ces hommes possèdent une habileté raffinée pour piéger leur conjointe dans une relation toxique.
Les femmes victimes de violence aiment leur conjoint et celui-ci promet de changer et donne espoir, pour finalement ne jamais changer. Après un certain nombre d’années, la femme finit par prendre conscience que la situation ne changera jamais et veut mettre un terme à cette relation.
Arrive le moment où la femme victime décide que c’est terminé. La relation est finie. C’est la période dangereuse, car le conjoint violent perd tout son contrôle et aussi son « équilibre psychologique ». Souvent le passage à l’acte arrive suite à une séparation ou le conjoint violent se rend compte que c’est vraiment fini, qu’il perd son pouvoir de domination. Cette situation devient pour lui une question de vie ou de mort.
Quelques solutions
Protéger les femmes victimes et augmenter leur sécurité.Les travaux de recherche et l’expertise de La Séjournelle et du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (VVC) ont permis de développer des outils d’évaluation de la sécurité des femmes VVC ainsi que du travail de partenariat entre les différents acteurs en VC (justice, policier, maison pour femme VVC, Organismes pour hommes violents, etc.). Il faut davantage implanter à travers le Québec ces outils de prévention et de sécurité pour les femmes et pour ce faire financer davantage ces programmes.
Programmes de prévention de la violence. Dès le primaire et également au secondaire, dans les programmes de prévention de la violence à l’école, il faut ajouter un volet sur les rapports égalitaires garçon/fille. Il existe déjà des programmes de ce type au Québec, entre autres : Branchons-nous sur les rapports de force pour les écoles primaires et Enlignons-nous sur des mots sans maux pour les écoles secondaires (voir sur le site internet du Regroupement).
Éduquer les adolescentes et les adolescents aux rapports égalitaires et respectueux dans les relations amoureuses :
Pour les filles, apprendre les indices qui permettent de déceler une relation amoureuse qui peut devenir toxique. Les indices de contrôle, de jalousie, d’inégalité dans la relation. Apprendre aux filles le danger de vouloir jouer le rôle d’aidante, de « sauveuse ». Un rôle qui peut être naturel, parfois important à jouer, mais pouvant aussi devenir très dangereux si la relation est inégalitaire et dominante.
Pour les garçons, apprendre à être capable de s’affirmer sans dominer. Apprendre ce qu’est une relation égalitaire et respectueuse. Apprendre à gérer les émotions, telles la jalousie et l’acceptation d’une fin de relation.
Conclusion
Si l’on applique ces quelques moyens et solutions, il y a de fortes chances que l’on arrive à réduire de beaucoup la violence conjugale et aussi à sauver des vies. Sans compter l’importance de réduire tous les effets collatéraux de la violence conjugale (effet sur le développement des enfants, de la femme, des hommes violents, de l’entourage, etc.)
Je suis complètement découragé par les deux cas de violence conjugale et l’assassinat des deux jeunes femmes par leur conjoint violent survenu ces deux derrières semaines (décembre 2018). Dans les deux cas les conjoints avaient un passé violent et criminel. Notre système de justice n’a pas de bon sens tant pour les cas d’agressions sexuelles que pour les cas de violence conjugale. Pourtant au Québec je sais pour y avoir participer dans mes travaux de recherche en violence conjugale, beaucoup d’énergie et d’investissement ont été fait pour la sécurité des femmes victimes de violence conjugale.
Ici je m’adresse aux femmes, surtout ne pensez pas que votre amour peut « guérir » un homme au passé de violence. Laissez ce travail aux organismes qui viennent en aide aux hommes violents (comme par exemple L’Accord Mauricie). Avant de vous engager dans une relation avec un homme, informez-vous de son passé et s’il y a eu de la violence dans une relation,cessez immédiatement cette relation. Si vous sentez le moindre contrôle, la même chose. Si vous êtes prise dans une relation de violence et que vous avez peur de le quitter, peur pour votre sécurité, préparer votre « rupture », car ce peut être dangereux. La rupture est l’un des indicateur important de haut risque. Vous pouvez être aidé par un organisme d’aide aux femmes victime de violence conjugales. Voir les coordonnées dans mon article plus haut.
Je m’adresse aux hommes. Si vous éprouvez des difficultés dans vos relations avec les femmes, si vous sentez un besoin de contrôler, des sentiments de jalousie. Faites de la prévention et aller chercher de l’aide il en existe pour les hommes. Soit en psychothérapie ou demander de l’aide à une organisme pour homme (en Mauricie: L’Accord Mauricie).
Dossier : Le problème de réussite scolaire des garçons
Avant-propos
Aborder le problème scolaire des garçons est un sujet sensible où les avis sont très partagés, il n’y a pas de consensus. Pourtant, les statistiques sont là et très parlantes comme on pourra le voir plus loin dans cet article. Il y a une crise actuellement concernant la réussite des garçons et je dirais une crise aussi au niveau de l’identité des hommes. Pour ce qui est des garçons le problème date de plusieurs décennies et est planétaire.
J’aimerais ici bien faire comprendre à mes lectrices et à mes lecteurs, que de se préoccuper du problème des garçons et du problème des hommes n’enlève rien à la réalité qui existe depuis des siècles concernant les problèmes des filles et des problèmes des femmes. Du moins, se préoccuper des garçons et des hommes ne doit en rien nuire à tous les efforts féministes réalisés depuis des décennies afin d’en arriver à une égalité homme/femmes dans notre société. Égalité au niveau du rôle social, familial et au niveau économique.
Pour terminer sur cet avant-propos, j’aimerais préciser que je suis « féministe » (pour la promotion de l’égalité des femmes et des hommes) et que depuis plus de 20 ans je fais de la recherche évaluative sur la sécurité des femmes victimes de violence conjugale en collaboration avec la directrice de La Séjournelle (maison pour femme victime de violence conjugale) Denise Tremblay.
État de situation 1 : le problème de la réussite scolaire des garçons au primaire et au secondaire
La question de la réussite scolaire des garçons comparée à celle des filles suscite de vifs débats depuis de nombreuses années. De nombreux travaux de recherche ont été réalisés sur le sujet et ce problème préoccupe les acteurs de l’éducation depuis plus de 20 ans. Préoccupation scolaire au départ, cette réalité est devenue un problème de société. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’état de la question est loin de faire l’unanimité.
Un courant dominant laisse entendre que les garçons réussissent mal à l’école et que celle-ci n’est pas adaptée à leurs caractéristiques et à leurs besoins (J’en fais partie). Ce problème serait même accentué en milieu défavorisé. Les dernières années ont vu poindre un autre point de vue qui a tendance à minimiser le problème des garçons à l’école. Ainsi, en 2012 la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) (1)publiait un document ayant pour but de déconstruire les mythes au sujet de la problématique des garçons à l’école et de rétablir les faits. Ce document s’appuie sur des faits qui relativisent la question du problème des garçons. On y démontre que les garçons sont surtout en difficulté en français et qu’ils sont supérieurs aux filles en mathématiques et en sciences (je crois qu’actuellement les filles sont au même niveau ou dépassent les garçons – re : OCDE), qu’il y a plus de différences dans la réussite scolaire selon l’origine sociodémographique qu’entre les sexes, que c’est un mythe de croire que l’école au féminin nuirait à la réussite des garçons et ainsi de suite. Cette position de la CSQ rejoint en bonne partie le point de vue de St-Amant (2007) (8), qui fait une analyse semblable. Il rejoint également les constats de la synthèse de méta-analyses d’Hattie (2009) (4), qui s’étonne des débats sur le problème des garçons, alors que la variable sexe n’est pas une variable de grande importance dans l’apprentissage et le rendement scolaire.
Cloutier (2004) (2) a un point de vue différent de ce qui est présenté plus haut et englobe le problème des garçons dans ce qu’il appelle les vulnérabilités masculines et précise que malgré le contexte d’une dominance masculine clairement et largement inscrite dans l’univers humain, les vulnérabilités masculines existent et sont largement perceptibles.
En effet, dans plusieurs domaines d’intervention psychosociale, on observe que les individus de sexe masculin risquent davantage de vivre des difficultés au cours de leur vie. Par exemple :
dès la naissance, il semble que les garçons rencontrent plus de difficultés que les filles. Par exemple, pour chaque tranche de 1 000 naissances vivantes, 5,8 garçons meurent la première année de leur vie, comparativement à 4,7 filles. De 1 an à 4 ans, les garçons sont beaucoup plus susceptibles d’être hospitalisés que les filles (3)
les filles se développent plus rapidement que les garçons durant la petite enfance (3).
les garçons manifestent plus de problèmes de comportement que les filles durant la petite enfance. Par exemple, les garçons de 5 ans sont moins attentifs (note de 8,5) que les filles (note de 9,3). Environ 16 % des garçons de 4 à 11 ans ont un comportement agressif, comparativement à seulement 9 % des filles, et 14 % des garçons du même groupe d’âge sont hyperactifs comparativement à seulement 6 % des filles (3).
les garçons présentent plus de comportements agressifs et subissent plus de suspensions internes et externes à l’école
les garçons ont plus de chances de subir des accidents physiques,
ils risquent d’avoir plus de problèmes de langage,
présentent plus de retards et de difficultés d’apprentissage,
plus de redoublements tant au primaire qu’au secondaire,
plus de difficultés en lecture et en écriture,
plus de retards et de problèmes de langage,
plus de dyslexie
plus d’autisme
plus de décrochage scolaire (le taux de diplomation des garçons est inférieur de près de 8 % à celui des filles (MELS, 2011).
on retrouve une proportion de plus de 3 garçons pour 1 fille dans les classes spéciales (6)
d’avoir des problèmes avec la justice, des comportements antisociaux, de la délinquance ou des troubles de comportement, la prévalence du rapport garçons/filles est de 4 à 1 (2)
de présenter des conduites suicidaires (3 fois plus de suicides chez les hommes comparé aux femmes)
État de situation 2 : le faible taux d’hommes inscrits à l’université
Le problème de réussite des garçons au primaire et au secondaire semble avoir aussi des conséquences au niveau universitaire. À l’université le problème concerne le fait que les inscriptions des hommes comparées à celles des femmes déclinent de plus en plus depuis quelques années.
La Presse canadienne (2015) (7) présentait les données de l’Institut de la statistique du Québec précisant que la scolarisation universitaire chez les femmes présentait un écart de 10 points entre les jeunes femmes et les jeunes hommes. Chez les Québécois âgés de 25 à 34 ans, la proportion de titulaires d’un grade universitaire atteint 29,9 % soit 24,5 % chez les jeunes hommes et 35,3 % chez les jeunes femmes. Ce constat ne semble pas propre au Québec, car en Ontario on observe le même écart.
La tendance s’accentue, en 2003, 38,8 % des femmes de 19 ans ont fréquenté l’université, comparativement à 25,7 % des hommes, soit un écart de 13,1 points (3).
Une publication de Statistique Canada (2008) en référence avec une étude des chercheurs de Statistique Canada (3), ont tenté d’expliquer Pourquoi les femmes sont-elles devenues majoritaires à l’université?
Ces chercheurs établissent d’abord le profil des filles et des garçons de la naissance jusqu’à 15 ans.
dès le début de la scolarisation, les garçons accusent du retard par rapport aux filles dans plusieurs aspects physiques, cognitifs et affectifs
à mesure que les jeunes progressent dans le système scolaire, les écarts entre les sexes ont tendance à s’accentuer
à 15 ans, moment où bien des jeunes commencent à envisager les avenues possibles après le secondaire, les filles ont un bien meilleur rendement scolaire que les garçons.
Piste d’explication de l’écart entre les sexes des taux d’inscription à l’université
La question suivante est posée par les chercheurs : dans quelle mesure les avantages dont bénéficient les filles à 15 ans expliquent l’important écart entre les sexes quant à l’inscription à l’université à 19 ans.
plus des trois quarts (76,8 %) de cet écart peuvent être expliqués par des différences entre les garçons et les filles pour certaines caractéristiques observables. Les principaux facteurs sont les différences dans :
les notes scolaires obtenues à 15 ans,
les notes aux tests normalisés de lecture obtenues à 15 ans
le temps consacré aux devoirs
les attentes des parents et
les gains supérieurs associés à un diplôme universitaire comparativement à un diplôme d’études secondaires.
Les résultats aux tests normalisés de lecture, les notes moyennes globales et le temps consacré aux devoirs sont tous des facteurs associés de façon positive à l’inscription à l’université. Cette association est, en grande partie, sans égard au sexe.
Comme l’ont montré d’innombrables études, le niveau d’études des parents est positivement corrélé à la poursuite d’études universitaires, et ce, dans la même mesure pour les filles que pour les garçons
Les attentes parentales envers leurs enfants jouent un rôle important. L’accroissement des attentes parentales est associé à un accroissement du taux d’inscription à l’université, et la relation est plus forte chez les filles.
Conséquences possibles du problème de scolarisation des garçons et des hommes
L’une des conséquences possibles est le passage à une autre inégalité des sexes Homme/Femme, mais à l’envers avec une absence importante des hommes et une prédominance des femmes dans les professions.
On a souffert et on souffre encore du manque d’égalité homme/femme dans notre société. L’histoire de l’humanité démontre bien que dans son ensemble, il y a eu une domination par les hommes à plusieurs niveaux : politique, économique, social, religieux.
Au Québec et ailleurs dans le monde on travaille fort à rétablir l’équilibre et l’égalité homme/femme. Le grave problème démontré plus haut concernant les difficultés de scolarisation des garçons et des hommes risque de menacer à l’avenir cette recherche d’équilibre.
Si les garçons continuent à présenter des difficultés importantes au niveau de leur scolarisation et s’il y a de moins en moins d’hommes formés à l’université, ceci veut dire de moins en moins d’hommes professionnels : ingénieur, médecin, avocat, notaire, comptable, juge, architecte, psychologue (c’est le cas actuellement), psychoéducateur (c’est le cas actuellement), enseignant (c’est le cas actuellement) etc.
Les solutions
Il existe de nombreuses solutions, car le problème est multifactoriel. Les principales solutions passent par : l’éducation familiale, le rôle des pères, les attentes parentales, l’école et la société en général.
L’éducation familiale
La famille est le lieu de socialisation de choix et le lieu par excellence pour le développement de l’identité des garçons et des filles. Les parents sont les premiers modèles de ce qu’est un homme et une femme dans notre société. Un modèle de l’égalité des hommes et des femmes dans un partage équilibré de rôle et de tâches qui concernent l’éducation des enfants. Tout en respectant les différences individuelles les rôles et les tâches sont le moins possible « sexués ». Chose certaine, il ne doit pas y avoir de privilèges d’attribués pour des raisons de genre (garçon vs fille, homme vs femme, père vs mère).
Le rôle paternel des hommes
Les hommes doivent activement jouer leur rôle de père et d’engagement vis-à-vis des études de leur fille et de leur garçon. Pour corriger la situation actuelle du problème des garçons, une attention particulière doit cibler les garçons. Valoriser les études, l’effort, la persévérance. Éduquer à l’auto contrôle du « plaisir » et voir à l’investissement dans les travaux scolaires. Également pour corriger la situation actuelle attribuer plus de tâches au père en ce qui concerne l’école (visite parentale, lien avec les professeurs, etc.). La tendance actuelle est que les mères s’occupent davantage des études.
Les attentes parentales
Plusieurs études ont bien démontré le pouvoir des attentes parentales ou des enseignants sur le comportement des enfants. Des attentes positives, élevées, mais réalistes envers les enfants et les adolescents sont souhaitables. Ces attentes doivent être accompagnées de soutien à leur réalisation de la part des parents.
L’école
Bien entendu l’école joue un rôle crucial dans la réussite des garçons et des filles. Il faut apprendre aux garçons à s’adapter aux conditions nécessaires à l’apprentissage, mais il faut revoir en profondeur la culture de l’école qui est conçue davantage pour les filles que pour les garçons. Tout le climat pédagogique de l’école actuelle et d’avant correspond à la nature des filles (coopérer, attentive, concentré, etc.). Il y a eu beaucoup d’effort pour changer la pédagogie (rendre l’apprentissage actif, apprentissage par les projets, etc.), malgré tout, ce n’est pas suffisant. Il faut davantage de situation active, d’activités physiques, d’expérimentation, de recherche, etc.
Augmenter la présence masculine à l’école afin d’apporter une autre vision de l’éducation et rejoindre davantage les garçons. Actuellement en 2018, au primaire seulement 11% des enseignants sont des hommes et au secondaire c’est seulement 35% (source: É. Royer 2018)
Références
(1) Centrale des syndicats du Québec (CSQ) (2012). Le décrochage et la réussite des garçons : déconstruire les mythes, rétablir les faits.
(2) Cloutier, R. (2004). Les vulnérabilités masculines. Une approche biopsychosociale. Éditions de l’Hopital Sainte-Justine, Montréal.
(4) Hattie, J. (2009). Visible learning. A synthesis of over 800 meta-analyses relating to achievement. Routledge Ed.
(5) Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) (2011): Taux annuel de sorties sans diplôme ni qualification (décrochage), selon le sexe, ensemble du Québec, de 1999-2000 à 2009-2010 (données officielles). Système Charlemagne, novembre 2011.
Un dossier très intéressant de la journaliste Daphnée Dion-Viens. 10 solutions pour sauver nos gars du décrochage . Journal de Montréal et Journal de Québec 1er sept. 2018
Être parent c’est tout un défi. Suite au rapport de l’observatoire des tout-petits les médias diffusent l’information qu’au Québec 50% des tout-petits sont victime de violences physiques mineures (quand on le dit) de la part de leur parent. Qu’est-ce que la violence physique mineure: c’est une punition corporelle comme secouer ou brasser un enfant (2 ans ou plus), lui taper la main, les fesses à mains nues, etc.
Il faut faire attention, je trouve que les médias en mettant l’accent sur le 50% de violence physique auprès des tout-petits de la part des parents envoient le message qu’au Québec on est une gagne de parents violents, ce qui à mon avis, n’est pas le cas.
Bien entendu dans le meilleur des mondes il serait souhaitable qu’un parent évite d’utiliser la « violence physique mineure » ou le « châtiment corporel », mais la vie étant ce qu’elle est, tout n’est pas parfait et ce n’est pas la catastrophe. Je ne crois pas que parce qu’un parent de temps à autre donne quelques tapes sur les fesses à son enfant fait de lui un mauvais parent et nuit au développement de son enfant. Le parent qui donne aucune conséquence à son enfant devant des comportements inacceptables nuit beaucoup plus au développement de son enfant (exemple: enfant roi).
Je trouve qu’on exagère et que les médias finalement nuisent en centrant toujours l’intérêt sur des éléments « spectaculaires ».
Au Québec, comme ailleurs, nous sommes confrontés avec la violence sexuelle. On parle de culture du viol – je croyais que c’était réservée à l’Inde. Dernièrement aux résidences de l’université Laval des étudiantes ont été agressées, de plus, un autre événement d’agression sexuelle à frappé l’Assemblée nationale du Québec – un député en cause (pour ce dernier événement l’enquête est en cours – donc, présumée agression).
La sexualité, le sexe, les relations sexuelles sont profondément ancrés dans notre « système », dans notre « organisme ». Au départ dans l’évolution de l,espèce, c’était un besoin fondamental de survie de l’espèce (procréer), puis c’est devenue une « activité » en lien avec l’amour ou tout simplement avec la recherche de plaisir. La sexualité est fortement renforcée par le plaisir. De plus, au cœur de la sexualité il y a les rapports « humains », les relations égalitaires ou inégalitaires « homme-femme » (entre autres).
C’est donc par l’éducation et la culture que comme être humain on apprend à développer des attitudes et des comportements adéquats, acceptables et respectueux de l’autre – le partenaire (homme et femme). Cet apprentissage doit se faire tôt, tant pour les garçons que pour les filles et ce tout au long de la vie (au départ, dans la famille et à l’école).
Je trouve excellent le slogan « Sans oui, c’est non!
L’un des problèmes actuellement dans notre société est la banalisation de la sexualité, l’hypersexualisation et les modèles diffusés par la pornographie qui est facilement accessible.
Il faut donc informer, sensibiliser, éduquer les garçons et les filles aux messages à transmettre et à décoder de part et d’autres lors de relations sexuelles. Particulièrement pour les garçons: c’est quoi un oui et c’est quoi un non; que le non-verbal parle aussi, que le silence n’est pas nécessairement un oui. Que chaque partenaire à le droit de dire non à des types de pratiques qu’ils ne veulent pas, etc.
Il faut donc: Éduquer, Éduquer, Éduquer!
L’importance de l’éducation à la sexualité doit être une priorité (voir l’article – le lien)
État de situation
Que ce soit en éducation, en psychoéducation, en politique, ou ailleurs, depuis quelques années (+-) 5 ans, réunir le monde, les faire participer, les consulter, brasser les idées, est devenu une mode.
J’ai eu l’occasion de participer à de nombreux événements qui avaient pour méthode de faire participer les gens:
petits ateliers de discussion, un animateur-rapporteur et plénière;
Méthode du world café,une méthodologie de discussion entre acteurs permettant, en intelligence collective, de faire émerger d’un groupe des propositions concrètes et partagées par tous;
méthode en plénière avec un logiciel qui traite toutes les idées et projettent une synthèse graphique aux participants
J’ai vécu à plusieurs reprises ces méthodes « actives »: colloques, congrès, symposiums, Grandes rencontres interrégionales, Consultation sur la réussite éducative, etc.
Réflexion
Les avantages
Un avantage est d’être actif et non passif (?)
Permettre de témoigner de son expérience, de ses convictions, croyances et valeurs
Favoriser le contact avec d’autres collègues – faire du réseautage (?)
Mais après?
Après avoir eu ce sentiment d’avoir partagé son expérience, d’avoir écouté toutes ces idées – parfois valables et d’autres vraiment pas.
Quelles sont les retombées? Comment est-ce utilisé, si c’est utilisé – On analyse, on fait une synthèse et on diffuse, oui mais qu’est-ce que ça donne finalement ?
Comment trier ce qui est valide de l’inutile?
Je m’interroge vraiment sur la valeur, l’efficacité, la validité de tous ces propos partagés.
Si vous avez des témoignages à faire sur le sujet, vous êtes les bienvenus
J’oubliais, la nouvelle grande mode ce sont les « Communautés de partage » – Communauté d’apprentissage professionnel, de CoDéveloppement… C’est bon, mais quand c’est trop, c’est comme pas assez.
La critique doit être présente dans notre société – les intellectuels, les philosophes, les universitaires, les journalistes doivent bien jouer ce rôle essentiel:
Documenter – Analyser – Questionner – Remettre en question – Critiquer – Proposer des orientations ou des solutions.
État de situation
Nous sommes constamment bombardés d’information de toutes sortes, parfois valides et parfois biaisées
La révolution numérique avec Internet et les médias sociaux nous donnent accès à d’innombrables informations et permettent à n’importe qui de diffuser de l’information parfois valide et parfois invalide ou inutile.
Un grand nombre de politiciens (pas toutes et pas tous) sont davantage préoccupés par le pouvoir de leur partie que par le bien-être des citoyens. Les politiques se développant alors à court terme (4 ans).
Même certains chercheurs qui sont subventionnés par de grandes firmes (entre autres, pharmaceutique, alimentaire, etc.) ne dévoilent pas toute la vérité sur leurs découvertes (exemple: les dangers de la cigarette, le sucre, etc.).
En éducation, depuis des années on se donne des réformes, on suit la mode des pratiques « nouvelles » (le socioconstructivisme, les intelligences multiples, les Communautés d’Apprentissage Professionnel (CAP, et bien d’autres). On évalue peu les pratiques, on utilise peu les résultats issus de la recherche et le savoir d’expérience n’est pas nécessairement soumis à la critique ou à l’évaluation.
L’importance de la critique
Il nous faut des personnes qui jouent le rôle de nous « Alerter », de défaire s’il y a lieu la « désinformation »
Ces intellectuels qui vont à contre-courant et qui ne sont pas « politiquement correcte ». Qui dérangent.
Dans notre monde « d’action », de multiples communications – sans vraiment communiquer, de course à la performance et aux multiples tâches en même temps… il nous faut ces personnes qui sonnent « la cloche » pour nous inciter à la prise de recul, au temps minimal de réflexion.
Article sur la liberté d’expression – L’importance du droit à la critique – événement : les menace envers le journaliste et auteur Mathieu Bock-Côté
André Melançon ainsi que sa conjointe Andrée Lachapelle ont été impliqués comme bénévoles et Porte-paroles de La Maison Oxygène du Carrefour familial Hochelaga.
Un lanceur d’alerte a livré des informations secrètes sur des placements dans le paradis fiscal qu’est le Panama. De nombreuses personnes (célèbres) dont le président de l’Islande sont impliquées dans ce « scandale ». Le peuple Islandais a manifesté et obtenu la démission de leur président. Peut être qu’il va y avoir « d’autres têtes qui vont tombées »
Compréhension du paradis fiscal
Des personnes riches, des compagnies, des criminels (mafia pour blanchir l’argent) soutenus par des firmes de comptables placent et « cachent » leurs argents dans des pays étrangers avec la garantie du secret. Selon ce que je comprends, il n’est pas défendu selon la loi de notre pays de placer de l’argent dans d’autres pays, mais il faut déclarer ces avoirs et ces revenus dans nos déclarations d’impôts.
Conséquences
Pour bien comprendre comment cette tricherie nous touche tous, regardons notre réalité de citoyen ordinaire et honnête. C’est la période des impôts et l’on constate que pour chaque dollar gagné on doit en retirer plus du tiers pour les impôts. De plus, à chaque dollar dépensé on doit payer 15% de taxes. Ceci veut dire que nos revenus sont coupés de 50%. Ces sommes servent à soutenir les divers services pour l’ensemble de la communauté (système de santé, éducation, CPE, régime des rentes, etc.).
De l’autre côté, des personnes riches et favorisés trichent le système en cachant leurs avoirs et en évitant ainsi de payer des sommes importantes d’impôts. Ces argents normalement dus permettraient d’alléger nos propres impôts, d’investir davantage en santé, en éducation et dans nos infrastructures.
La bonne nouvelle
Un nouveau phénomène semble voir le jour depuis quelque temps et menacer les fraudeurs et les tricheurs. Ceux-ci risque fortement d’être découvert, de perdre leur réputation et de vivre des conséquences légales importantes.
Il semble que le « secret » n’est plus aussi imperméable qu’il était, grâce aux lanceurs d’alerte, aux journalistes d’enquête et aux ravages que peuvent faire les médias sociaux.
J’espère que mon analyse n’est pas seulement le reflet de ce que je souhaite, mais que c’est une réalité qui va permettre de lutter contre ce fléau « injuste ».
Je vous recommande la lecture de ce livre. Il est une occasion exceptionnelle de réfléchir sur nous les Humains, sur notre compréhension de l’évolution ou de la régression. Les hiérarchies, la richesse, la pauvreté, le racisme, la domination des hommes sur les femmes, etc…
Yuval Noah Harari
Sapiens. Une brève histoire de l’humanité
Extrait de la 4e couverture
L’histoire a commencé quand les hommes ont inventé les dieux. Elle s’achèvera
quand ils deviendront des dieux.
Il Y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d’hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes, des royaumes? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l’homme? À dépendre de l’argent, des livres et des lois? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir?
Véritable phénomène d’édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d’Histoire à l’Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l’Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l’humanité: nos pensées, nos actes, notre héritage … et notre futur.
« Sapiens s’est rapidement imposé partout dans le monde, parce qu’il
aborde les plus grandes questions de l’histoire moderne dans une langue limpide et précise. » Iared Diamond, prix Pulitzer, auteur d’Effondrement
Préambule Actuellement en mars 2016, selon certains sondages, il semblerait que les québécois sont « désabusés » de la politique et de leurs politiciens. Malheureusement, je fais partie de ces personnes qui n’en reviennent pas des agir irresponsables de certains de nos politiciens.
Il est important de préciser ici, que la très grande majorité de nos politiciens sont honnêtes, responsables et engagés à servir les québécois. J’en suis convaincu.
Que reproche-t-on ? La tricherie
Essentiellement, c’est la « tricherie » qui ne respecte pas les règles fondamentales de notre démocratie. Dans notre société démocratique, il existe des règles précises qui font en sorte que les différents partis politiques ont une égale chance de compétitionner entre eux et que le meilleure gagne. L’une de ces règles est le financement du parti et de la caisse électorale. Le respect de ces règles est très important, car l’on sait à quel point l’argent aide énormément dans les campagnes électorales.
L’une des tricheries pour un parti politique consiste à établir un système (stratagème) qui permet de remplir les coffres de la caisse électorale en demandant à des « firmes » d’être généreux envers le Parti et en retour d’ascenseur les favoriser dans l’octroi de contrats pour des travaux publics. On parle ici « d’argent sale ».
Une première conséquence de cette malhonnêteté est de fausser les règles de la compétition entre les parties politiques et qui favorisent le partie tricheur. C’est une brèche très importante dans notre système démocratique.
Une deuxième conséquence de cette malhonnêteté est de faussé les règles de la compétition entre les « firmes » pour avoir des contrats au niveau des travaux publics.
Constats, réflexion
Comment se fait-il que notre peuple québécois ait permis à ce Parti politique d’être au pouvoir ?
Comment pouvons-nous empêcher que notre système démocratique soit ainsi menacé, bafoué ?
Ce qui me désole de plus en plus, c’est de me rendre compte à quel point le sens moral et des valeurs fondamentales comme l’honnêteté, la justice, le respect des autres, le partage du pouvoir sont de moins en moins présents dans notre société québécoise.
Si vous avez des réflexions, des propositions qui pourraient nous éclairer, ce serait grandement apprécié.
Préface de Lorraine Savoir-Zajc Remerciements Quelques éléments d’information pour faciliter l’utilisation de ce livre Témoignage de l’auteur sur son vécu de la culture universitaire : le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience
Introduction
PARTIE 1 • Théorie
Chapitre 1 LES SAVOIRS
La signification des termes : notion, concept* et théorie* La signification des termes : connaissance et savoir* Les différents types de savoirs Les savoirs et les croyances* La validité des savoirs Les savoirs et le concept de compétence* Conclusion Questionnement réflexif au lecteur
Chapitre 2 LES SAVOIRS ISSUS DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE :
LES APPROCHES ET LES TYPES DE RECHERCHE
La science* Les différents domaines des sciences La recherche en sciences humaines et sociales : éducation et psychoéducation Les approches de recherche Les principaux types de recherche Conclusion Questionnement réflexif au lecteur
Chapitre 3 LES SAVOIRS ISSUS DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE :
LES MÉTHODES DE RECHERCHE
Les différentes méthodes de recherche Les forces et les limites de la recherche Conclusion Questionnement réflexif au lecteur
Chapitre 4 LE SAVOIR D’EXPÉRIENCE
La clarification des termes Le savoir d’expérience Les conditions de validité du savoir d’expérience Les forces et les limites du savoir d’expérience Conclusion Questionnement réflexif au lecteur
Chapitre 5 LE TRANSFERT DE CONNAISSANCES
L’historique du transfert de connaissances La variété de la terminologie associée au transfert de connaissances Les différents motifs favorisant l’utilisation du transfert de connaissances Les modèles de transfert de connaissances Les conditions facilitant l’utilisation du transfert de connaissances Apports et limites du transfert de connaissances Conclusion Questionnement réflexif au lecteur
Chapitre 6 L’ALLIANCE ENTRE LA RECHERCHE ET LA PRATIQUE
Les approches en transfert de connaissances Le pont entre les chercheurs et les praticiens Les conditions pour favoriser l’alliance entre chercheurs et praticiens Conclusion Questionnement réflexif au lecteur
Chapitre 7 LA PRATIQUE PROFESSIONNELLE
Qu’est que la pratique professionnelle en éducation (enseignement) et en psychoéducation ? Qu’est-ce qu’une « bonne pratique* » ? Les bonnes pratiques et les données probantes Conclusion Questionnement réflexif au lecteur
PARTIE 2 • Applications pratiques
Chapitre 8 L’ANALYSE D’UNE PRATIQUE
L’analyse d’une pratique professionnelle Le choix d’une nouvelle pratique Conclusion Questionnement réflexif au lecteur
Chapitre 9 L’ACCOMPAGNEMENT DU DÉVELOPPEMENT PROFESSIONNEL
Qu’est-ce que l’accompagnement ? Les objectifs de l’accompagnement Les rôles de l’accompagnateur Le rôle de l’accompagné Un outil pour l’accompagnement : École et Stratégies Conclusion Questionnement réflexif au lecteur
Chapitre 10 LE DÉVELOPPEMENT PROFESSIONNEL ET SES OUTILS
Les caractéristiques du développement professionnel Le changement Les conditions du développement professionnel Les compétences professionnelles en éducation et en psychoéducation Les outils de développement professionnel Conclusion Questionnement réflexif
Conclusion
Glossaire
Références
Références à des sources secondes
Documents consultés
Commentaires des « amis critiques » (2015)
Annexe A LA PSYCHOÉDUCATION
Annexe B LES COMPÉTENCES. LES COMPÉTENCES PROFESSIONNELLES EN ENSEIGNEMENT ET EN PSYCHOÉDUCATION
Annexe C OUTILS UTILISANT LE TRANSFERT DE CONNAISSANCES DÉVELOPPÉS PAR L’AUTEUR
Annexe D RÔLE-CONSEIL DU PSYCHOÉDUCATEUR
Préface
Un regard sur le transfert de connaissances. La préface de Lorraine Savoie-Zajc
La thématique centrale du livre, les interactions nécessaires entre savoirs d’expérience et savoirs issus de la recherche, se situe au cœur des problématiques de développement professionnel et d’ajustements des pratiques professionnelles qu’il s’agisse des pratiques des praticiens ou de celles des chercheurs. Comment pourrait-on envisager le rehaussement des compétences des praticiens sans passer par la validation offerte par la recherche qui questionnera le caractère rigoureux et approprié de tels changements ? Comment les chercheurs pourraient-ils continuer à faire avancer les connaissances si la pertinence sociale et scientifique de celles-ci n’est pas reconnue et qu’elles ne trouvent ni écho ni résonnance sur le terrain de la pratique ? Comment leur pratique de recherche s’en trouvera-t-elle alors modifiée ? L’alliance recherche-pratique constitue donc les deux faces d’une même médaille : celle de l’amélioration des pratiques professionnelles dans une vision de la personne qui poursuit son parcours de formation et d’amélioration, sa vie durant, en puisant, à la fois, dans les registres des savoirs issus de son expérience et des savoirs issus de la recherche.
L’alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience: le transfert de connaissances, livre produit par Pierre Potvin, s’inscrit dans cette perspective. L’auteur développe des concepts et il offre des outils aux lecteurs afin de non seulement réfléchir à cette importante dynamique qui devrait exister entre les savoirs d’expérience et les savoirs issus de la recherche mais aussi d’en faire la promotion. Les chapitres proposés veillent à renseigner le lecteur, l’aider à faire des liens, susciter sa réflexion et fournir des outils pour passer à l’action.
Ainsi, Pierre Potvin renseigne le lecteur par des chapitres qui offrent des définitions et des réflexions sur les savoirs et les divers types de savoirs dont ceux qui proviennent de l’expérience et ceux issus de la recherche ainsi que sur les notions reliées au transfert des connaissances. La position de l’auteur est claire à cet égard : il n’y a pas de préséance entre les types de savoirs car il montre clairement que si les savoirs d’expérience sont enrichis par les savoirs issus de la recherche, ces derniers ne pourraient suffire à eux-mêmes s’ils n’étaient validés par la pratique.
L’alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience: le transfert de connaissances suscite aussi la réflexion du lecteur soutenue par celles de l’auteur. Elles sont présentées sous la forme d’encadrés et sont émaillées dans le texte. Ces réflexions communiquent le regard sage de l’auteur à propos des notions développées alors qu’il tente de faire la part des choses : est-ce réaliste ? est-ce crédible ? est-ce acceptable du point de vue de la pratique et du point de vue de la recherche ? La richesse de ces encadrés traduit l’alliance que l’auteur a lui-même réalisée dans sa carrière entre sa posture de praticien et celle de chercheur. Les réflexions proposées encouragent le lecteur à faire de même, de sorte que Pierre Potvin crée une interaction avec son lecteur et guide celui-ci dans une mise à distance éclairée.
Finalement l’ouvrage propose au lecteur des outils: des guides pour effectuer des analyses de pratiques ainsi que pour accompagner le développement professionnel sont rendus disponibles. L’auteur suggère aussi la consultation d’un ensemble de sites web où le lecteur est susceptible de trouver davantage de renseignements et de ressources sur les questions liées au développement professionnel et sur l’accompagnement.
En somme, L’alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience: le transfert de connaissances constitue un ouvrage fort riche susceptible d’intéresser un large lectorat : autant l’étudiant en éducation ou en psychoéducation (car les propos touchent les deux champs professionnels) mais aussi le professionnel en exercice qui souhaite réfléchir à son propre développement professionnel et se donner des pistes d’action et de réflexions pour le faire. Les chercheurs en éducation et en psychoéducation sont également touchés par ces questions et les propos de Pierre Potvin. En effet, le livre souligne très justement que les ajustements et les changements de pratiques professionnelles passent par l’implication des praticiens, le plus tôt possible dans l’activité de recherche. De plus, Pierre Potvin fait bien ressortir la dynamique complexe du transfert des connaissances produites par la recherche. Il met en avant-plan l’importance de l’accompagnement des praticiens pour les aider à s’orienter dans les transferts et il propose des modèles d’accompagnement issus de sa riche expérience de travail avec des milieux de pratique. Les chercheurs sont donc invités à considérer, au cours de leur lecture de l’ouvrage, les atouts d’une conception de la recherche qui se fait en collaboration avec les praticiens, une recherche qui se fait avec eux plutôt que sur eux. Ils devraient aussi se sensibiliser à la question du type de diffusion des connaissances issues de la recherche et porter une attention spéciale à la façon la plus appropriée pour rejoindre les milieux de pratique.
Le rapport 2004-2005 produit par le Conseil supérieur de l’éducation, intitulé Le dialogue entre la recherche et la pratique en éducation : une clé pour la réussite soulignait d’ailleurs l’importance d’une telle alliance. Le rapport concluait par la formulation de cinq orientations susceptibles, selon les auteurs, de renforcer l’alliance recherche-pratique. L’alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience: le transfert de connaissances produit par Pierre Potvin s’inscrit clairement dans la cinquième orientation qui se lit comme suit : « intensifier le transfert de la recherche et la diffusion des savoirs pratiques en éducation » (p. 74). Pierre Potvin développe des propos et il offre des outils clairement décrits et finement réfléchis pour le soutenir.
Lorraine Savoie-Zajc est professeure émérite de l¹Université du Québec en Outaouais. Spécialiste des thématiques associées au processus de changement en éducation, elle s¹est engagée, au cours de sa carrière, dans des formes de recherche qui mettaient au premier plan les voix et les expertises des praticiens.
Méthode de recherche et d’écriture
(26 janvier 2016)
Voici la méthode que j’ai développée et que j’utilise lors de la réalisation de mes projets d’écriture. Cette méthode à été utilisée dans les deux derniers livres: Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer et L’alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience Béliveau Éditeur.
Identification d’un thème
Documentation sur le thème
Ce que j’ai déjà écrit, s’il y a lieu
Recherche sur Google – bibliothèque UQTR – ma bibliothèque (27-01-16). Le défi ici est de m’assurer que l’information est de qualité, valide.
Lecture des documents – identification au crayon des passages importants
Traitement texte des passages importants – enregistrement dans un chapitre ou une annexe. Identification précise de l’auteur de la page. (27-01-16). Je découvre qu’il est préférable d’intégrer dans le texte de base petit à petit les nouvelles informations que je traite (lecture), plutôt que de cumuler beaucoup de nouvelles information et de l’intégrer plus tard. Attendre plus tard, devient une tâche trop lourde.
Enregistrement de la référence précise avec parfois l’adresse internet. Impression et classement du document papier s’il y a lieu.
Composition du texte, reformulation des extraits des auteurs avec identification de la référence.
Nouvelles recherches complémentaires, ajouts.
Raffinement de l’écriture, réorganisation du texte, des parties et des chapitres.
Lecture d’ensemble raffinement de l’écriture
Pour deux ouvrages, utilisation d’un réviseur du texte. Réécriture du texte avant la révision par la maison d’édition
Soumission à des Amis-critiques (+- 5 personnes) du manuscrit aux fins de la validation du contenu. corrections. Suite aux commentaires, nouveaux ajouts et retraits, corrections.
Soumission à une maison d’édition.
Révision de l’ouvrage par la maison d’édition, travail de correction.
Savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience (Potvin, déc. 2015)
Dans le savoir d’expérience, l’action c’est la pratique professionnelle.
Dans le savoir issu de la recherche, l’action c’est l’expérimentation qui permet de vérifier les hypothèses.
Il faut soumettre l’action à l’épreuve de la pensée et la pensée à l’épreuve de l’action (Goethe, cité par C. André). Cette phrase est pleine de sens et rejoint le mouvement de la pratique réflexive chez les enseignants et les professionnels.
Inspiré de Christophe André (2011). Méditer, jour après jours. 25 leçons pour vivre en pleine conscience. L’iconoclaste.
Les pollutions de l’esprit
Nos capacités attentionnelles sont à la base de notre efficacité mentale comme de notre bien-être… nos modes de vie contemporains tendent à les affaiblir et à l;es appauvrir: nous évoluons de plus en plus dans des environnements « psychotoxiques », quyi fragmentent notre attention en lui imposant de nombreuses interruptions (publicités – courriels – SMS)… ceci développe notre tendance à sauter d’un objet à un autre, d,un objet à un autre, d’une distraction à une autre… (André 2011, 96).
Il existe des pollutions psychiques qui contaminent notre esprit, violent notre intimité, perturbent notre stabilité intérieure … un matérialisme psychotoxique … (André 2011, 135).
Notre attention est sans cesse captée, attirée, et finalement fragmentée, segmentée. Elle finit pas devenir « accro » au bruyant, au clinquant, au facile, au prédigéré, au prépensé (André 2011, 135).
On est gavé d’informations qui tournent en boucle et se répètent d’un jour à l’autre… notre conscience devient encombrée de trop de choses inutiles… (André 2011, 136).
La surabondance n’a rien à voir avec la fertilité (André 2011, 137).
(Potvin). L’explosion des nouvelles technologies, particulièrement du téléphone intelligent et aussi des médias sociaux apportent avec elles de formidables possibilités, mais aussi des effets secondaires importants. J’observe autour de moi divers phénomènes:
cette nouvelle habitude d’autoportraits en surabondance (sel fi) et ce partage sur les médias sociaux – ce besoin de faire savoir qu’on existe…
cette nouvelle habitude, dans des colloques ou congrès, lors de pauses, d,être rivé à son Iphone, à texter, et envoyer des SMS. Une impression que le monde est occupé ailleurs au lieu de se parler ici et maintenant
Publié le14 décembre 2015|Commentaires fermés sur Le plaisir, la consommation…
Dans ce texte j’analyse l’importance accordée, à notre époque (2015), au plaisir et à la consommation. Le tout bien soutenu par le système économique capitaliste qui se nourri essentiellement de la dépendance de la population à consommer. Avant d’aborder ma réflexion sur le plaisir et la consommation, il est important de bien comprendre comment fonctionne notre organisme au niveau neuropsychologique. Pour ce faire je me réfère à mon livre Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer (Potvin, 2015) Béliveau éditeur. Deux thèmes sont alors pertinents: le cerveau et le circuit de récompense et la motivation générale à l’émission d’un comportement.
Le cerveau et le circuit de récompense
Afin de favoriser la survie de l’espèce, la nature a prévu de nous récompenser lorsqu’on assumait nos fonctions vitales, comme se nourrir, réagir à l’agression et se reproduire. Au cours de l’évolution de notre espèce, se sont développées dans notre cerveau des régions dont le rôle est de récompenser l’exécution de ces fonctions vitales par une sensation agréable (le plaisir, la sensation de satisfaction lors de la réponse à un besoin).
Ce processus de récompense, ou de renforcement, lors de la réalisation de nos comportements est fondamental, puisqu’il favorise la reproduction ou la répétition de nos comportements. Il est indispensable à notre survie, car il nous fournit la motivation nécessaire à la réalisation des actions ou des comportements qui nous protègent et nous permettent de survivre.
Ce système est un véritable circuit de la récompense qui s’est développé afin de favoriser les comportements reliés, au départ, à nos besoins fondamentaux. Un circuit de la récompense situé au cœur de notre activité mentale et qui oriente nos comportements. Avec le temps, ce circuit s’est graduellement élargi à l’ensemble de nos apprentissages et à l’ensemble de nos besoins non nécessairement vitaux, permettant de nous inciter à répéter les expériences plaisantes apprises au cours de notre vie. C’est un système de connexions nerveuses, dont le messager chimique qui assure la connexion entre ces neurones est la dopamine.
Malheureusement, ce processus de récompense et de gratification peut aussi jouer en notre défaveur, lorsque nous développons des habitudes de vie néfastes pour notre santé physique ou psychologique et qui sont renforcées par le circuit de récompense*. C’est le cas par exemple des pratiques excessives liées à l’habitude de fumer, aux jeux de hasard, à la consommation de psychotropes ou encore au sexe.
La motivation générale à l’émission d’un comportement
La motivation fondamentale ou primitive de l’organisme se caractérise par la réponse à un besoin physiologique essentiel à sa survie ou vital, comme c’est le cas de la faim, de la soif, du sommeil. L’incapacité de répondre à ce type de besoins vitaux met en cause la survie de l’individu.
Un besoin représente un manque dont la présence est ressentie comme indispensable (besoins physiologiques) à la vie, sinon très important (besoin d’estime de soi). Le besoin, c’est l’écart entre ce qui existe présentement et ce qui est nécessaire ou souhaitable. C’est dans ce sens que la motivation générale à l’émission d’un comportement est dictée par la nécessité ou non de répondre à un besoin. La motivation est présente à plusieurs niveaux puisqu’elle tend à répondre à divers besoins en interaction :
les besoins biologiques (faim, soif, sommeil,etc.) ;
les besoins appris (télévision, voiture, médias sociaux, etc.) ;
les besoins symboliques (prix, l’argent, les honneurs, etc.) ;
les besoins cognitifs (intérêt, découverte, etc.).
L’une des fonctions de la motivation sera de répondre à des besoins qui auront pour conséquence de motiver le comportement de l’individu qui cherche à combler un besoin matériel ou psychologique.
On doit à Maslow (1908-1970) l’une des théories sur les besoins, celle de la hiérarchie des besoins. Ce chercheur a identifié cinq besoins fondamentaux qu’il considérait comme hiérarchisés, c’est-à-dire qu’un besoin de niveau supérieur ne pouvait, selon lui, s’exprimer que lorsqu’un besoin immédiat ou inférieur avait été satisfait.
Les besoins d’ordre inférieur
Besoin physiologique ou biologique : besoins vitaux comme boire, manger et dormir ;
Besoin de sécurité : besoin de protection, de stabilité, de tranquillité et d’équilibre sur le plan matériel, dans la vie quotidienne comme dans les relations interpersonnelles ;
Besoins sociaux : besoin d’amour, d’affection ; besoin d’appartenance à un groupe et à une collectivité;
Les besoins d’ordre supérieur
Besoin d’estime : besoin d’être reconnu, respecté et estimé, d’avoir du prestige ; besoin d’être fier de soi, de se sentir compétent et maître de sa destinée ;
Besoin de réalisation de soi : de s’épanouir, de développer ses talents et de les mettre à profit de la manière la plus créative possible.
Réflexions sur le plaisir et la consommation
On constate qu’au départ notre organisme (notre cerveau) est doté d’un système de récompense qui nous aide à assumer nos fonctions vitales de survie. Ce système de récompense avec le temps ne s’est pas limité aux fonctions vitales (survie). En effet, comme humain « intelligent » nous avons développé la faculté d’exploiter ce système de récompense afin d’en tirer les bienfaits, soit le plaisir
plaisir de la table (bons plats, bon vins, etc.)
plaisir du divertissement (spectacles, musiques, etc.)
plaisir sexuel (autre que se reproduire)
plaisir du jeu
À ce système de récompense s’ajoute la motivation et les besoins. Encore ici, on a dépassé largement les besoins fondamentaux, soit physiologique, de sécurité, d’amour et d’estime pour répondre à des besoins « appris » (consommation)
besoin d’argent pour consommer
besoin de beaux habits, bijoux (pour faire l,envie des autres) ou afficher son pouvoir
besoin de techno (téléphone intelligent, tablette, etc.)
besoin d’une belle maison, belle auto
besoins…
Pour bien comprendre pourquoi à notre époque il y a un « excès » de recherche du plaisir et de la consommation, il faut alors ajouter au système de récompense de notre organisme et à la motivation (les besoins) la question des conditionnements. Les conditionnements, particulièrement le conditionnement classique (pavlovien) entretient nos comportements d’une façon inconsciente (automatique).
À suivre…
Le système économique capitaliste
.
Commentaires fermés sur Le plaisir, la consommation…
Inspiré de Christophe André (2011). Méditer, jour après jours. 25 leçons pour vivre en pleine conscience. L’iconoclaste.
La pleine conscience. Qu’est-ce que c’est au juste? On peut considérer cela comme une forme de méditation, mais aussi, comme une façon de vivre.
La pleine conscience consiste à intensifier sa présence à l’instant , à s’immobiliser pour s’en imprégner, au lieu de s’en échapper ou de vouloir le modifier par l’acte ou la pensée.(p.18)
Le but de la pleine conscience n’est pas seulement, ou prioritairement, de nous faire du bien ou de nous conduire à la détente, mais simplement d’être conscients de ce qui se passe en nous (p.46)
La pleine conscience, ce n’est pas de la relaxation (où l’on a besoin du silence ou du calme), mais de la méditation (où il s’agit de cultiver un rapport apaisé au monde). (p. 57)
Dans la pleine conscience, nous allons ainsi renoncer à vouloir arrêter ou fuir le flot de nos pensées, et choisir de l’observer. .. Légèrement décalé, on s’observe penser… ON utilise ainsi nos capacités de conscience réflexive, qui consistent à s’observer soi-même. (p.67)
Le travail de la pleine conscience sur les pensées consiste simplement à prendre conscience du bavardage irrépressible de l’esprit! (73)
Vivre, c’est vivre l’instant présent. On ne peut pas vivre dans le passé ni le futur: on ne peut qu’y réfléchir, y spéculer, y ressasser ses regrets, ses espoirs, ses craintes. Pendant ce temps on n’existe pas. Rien ne remplace l’expérience de l’instant présent (p.29)
Parmi les pratiques méditatives, la peine conscience repose notamment sur une expérience respectueuse des sensations corporelles (p.44)
La respiration « est le moyen le p-lus puissant pour se connecter à l’instant présent » (p. 32). Le souffle, c’est l’ancre de la pleine conscience, qui nous aide à nous amarrer à l’instant présent (p.36).
La pleine conscience va l,encontre de notre tendance naturelle à retenir l’agréable et à repousser le désagréable (p.80)
Concernant les émotions: … nous allons travailler sur nos émotions. Non pour les empêcher, mais pour les observer... prendre le temps de ressentir ce qui se passe en nous, se connecter doucement à notre état émotionnel… juste nous rendre présent à ce que nous éprouvons (p. 82)
Elle nous propose de ne rien faire et juste de rester là. À notre poste d’observation, à la vigie de l’introspection. La pratique de la pleine conscience nous aide à décrocher: on n,y recherche rien, il n’y a pas de but. On se donne le temps, on décide, librement, d,aller doucement. on prend le temps de s’asseoir, d’observer, d’éprouver (p.141).
Il n’y a rien de plus précieux que la santé. Les médecins détiennent le pouvoir, dans certaines circonstances, sur la vie et la mort. C’est tout un pouvoir.
Un tel pouvoir donne de la prise à la négociation des conditions salariales. La population est très sensible à la question de la santé, de la maladie et de la mort. Elle est aussi très sensible aux écarts entre les riches et les pauvres. Les médecins font partie des Riches, des « Gros poissons ».
La rémunération des médecins a fait l’objet d’un rattrapage afin d’en arriver à être comparable aux salaires des médecins Canadiens. Ce rattrapage a tenu compte, selon la présidente des médecins spécialistes des facteurs jouant pour chaque province (ex: à Vancouver le coût de la vie ne se compare pas à Montréal, etc.).
Le problème se situe à plusieurs niveaux:
le principal est le fait de payer à l’acte. Plus tu poses de gestes médicaux, plus ton salaire s’élève. Pourquoi ne seraient-ils pas payés à « salaire ». la présidente des médecins spécialistes a mentionné qu’il était reconnu qu’un médecin payé à salaire « performe » moins bien que lo0rsqu’il est payé » à la pièce ». Est-ce vraiment une raison suffisante?
il semblerait exister toutes sortes de conditions liées aux actes. Je me demande si une infirmière qui vaccine un patient coûte la même chose qu’un médecin? le même acte.
..
Je reste perplexe sur la situation médicale au Québec, les salaires très élevés, sans parler ici de toute la question des médicaments et de leurs coûts exagéré.
Ajout le 24 mars 2016
Cet article du Devoir, parle du faible salaire des enseignant comparé aux enseignants Ontariens. Une comparaison est établit avec la parité des salaires des médecins. On constate le principe de « Deux poids deux mesure »
Publié le9 décembre 2015|Commentaires fermés sur Réforme de l’aide sociale: prise 2
Le Gouvernement du Québec réforme l’aide sociale en mettant un accent, entre autres, sur l’employabilité des jeunes. Les inciter à se trouver un emploie et quitter l’Aide sociale. Sinon… on coupe le chèque ($)…
Il semble que cela peut toucher de 20 000 à 30 000 jeunes. Les organismes qui s’occupent des jeunes (exemple; les auberges du cœur, organismes communautaires, etc.) mentionnent que ce n,est pas en punissant les jeunes qu’on favorisera leur insertion socioprofessionnel. Au contraire. Nombre de ces jeunes sont au prise avec des problèmes personnels importants (consommation, santé mentale, etc.) qui demande au contraire, de l,accompagnement, pas de la punissions.
personnellement, je crois aussi que le Gouvernement met de l’avant une approche « économique », de rendement, de performance.. inefficace. Je crois qu’il faut au contraire investir et soutenir les organismes communautaires qui s’occupent des jeunes.
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C’est un documentaire qui est passé à Télé Québec en début décembre 2015 et qui avait été présenté à Tout le monde en parle en fin novembre 2015.
Étant donné la nature des propos rapportés dans ce documentaire, j’ai trouvé important d’extraire les propos de jeunes dans la vingtaine sur l’amour, les fréquentations et l’utilisation des médias sociaux pour le « dating »
Auteures: Sophie Lambert et Line Richard
Réalisatrice: Sophie Lambert
Les jeunes interviewés (toutes et tous célibataires)
Gabrielle Perreault (21 ans) a un bébé de quelques mois (serait selon sa psy une « nymphomane »
Karine St-Michel (19 ans) a été en couple durant 6 mois lors du tournage du documentaire
Stef Stoica (21 ans) travaille dans un nigth club
Stevo Trann (24) est gay
Ce documentaire est très intéressant, mais n’est pas une étude sociologique sur les valeurs des jeunes de 20 ans. Il n’est pas selon moi, non plus, représentatif de la jeunesse. Le choix des six participants apporte un biais dès le départ, de même que l’intention de la réalisatrice.
selon la réalisatrice Sophie Lambert, le but était de savoir comment les réseaux sociaux influencent la quête amoureuse;
parmi 80 interviews, 6 jeunes sont retenues à cause de leur façon particulière d’utiliser les sites de rencontre et leur manière de gérer leur image en ligne
Extraits de propos des jeunes
Selon la réalisatrice: à 20 ans on cherche à créer des liens, à être connu, on désir partager et être aimé.
Les sites de rencontres utilisés, sur téléphone intelligent: Tinder – Badou – Instagram.
C’est un bar open.
On est de la génération où il faut avoir:
les plus beaux « char »
la plus belle maison
la plus belle famille
le plus beau linge,
à l’école le plus beau coffre à crayon…
(un gars dit): si j’ai pas un « déclic » quand je vois la photo de la fille…
… après une nuit… faut pas que je sois tanné de la voir…
(Karine): je ne crois pas à cette notion du « couple ».. établi par la société. Un couple qui reste ensemble des années… fidèle.. je ne crois pas à ça… je ne crois pas que ce couple puisse être heureux. C’est déprimant de penser qu’une personne va coucher seulement avec une personne pendant 30 ans. ça serait bénéfique (en parlant de ses parents) qu’ils aillent voir ailleurs.
(parlant de son couple): on est un couple ouvert – actuellement on a pas couché avec d’autres, mais c’est certain que ça va arriver (note: elle est allé voir ailleurs, lorsque son chum l’a appris, il l’a quitté. De plus, elle a appris que son chum est allé voir ailleurs, ne lui a pas dit…).
(Gabrielle): elle vient d’avoir un enfant, mais ne sait pas qui est le père… et ça ne la dérange pas (finalement, suite à un test de paternité le père a été identifié. Ellle a couché avec 104 haommes différents… elle dit aimer la diversité.
(Sandrine): le sexe est une activité comme une autre… avec lui ou avec un autre c’est pas mal tout pareil.
(Stef): les parents ne comprennent pas c’est quoi le « Night life », a consommation de drogue. Si tu parrait bien et que tu as de l’argent ($) les filles viennent à toi. La fille qui te donne son numéro de téléphone c’est qu’elle veut du sexe pour la soirée.
Pour moi, ma futur femme devrait venir d’une bonne famille et que pas trop de gars qui sont passé dessus (note: Stef ne manquait pas les occasions pour « passer » sur plein de fille…).
Un gars (vison positive): c’est comme une clé qui rentre dans toutes les serrures (passe-partout)
Une fille (vision négative): une serrure qui se fait rentrer par toutes les clés = une saloppe (OUF!).
(parlant de couple): quand il ya un petit quelque chose (désaccord) à la place de règler cela on lâche… on lâche trop vite…
pourquoi qu’on resterait fâché avec elle, alors qu’on peut en avoir 15 autres.
(Timothé): il à une amie qui est une « fuck frend »… l,entente est clair… faire attention pour ne pas s’attacher. cette amie a aménagé chez lui, ils couchaient ensemble, mais sans sexe (?).
(Sandrine): elle a quatre prétendants pour être le père de ses enfants…
Aujourd’hui la réputation d’un gars – ce qui parait bien c’est de paraître épais, être courailleux, matcho, beau et chaud… la fille, elle, qui montre trop ses seins, se maquille trop et sort trop, c’est une saloppe.
Conclusion de la réalisatrice
Ces jeunes sont-ils différents? Ils ont les mêmes rêves d’engagement, mais vivent dans environnement – d’image – de surabondance de partenaires potentiel qui bouscule tout.
Ces jeunes, finalement veulent de la stabilité, mais les ruptures faciles les ramènent à la case départ.
À la question: Comment vous vous voyez dans 10 ans. Toutes et tous se voient dans une relation stable; avec une famille, des enfants, une maison.
La réalisatrice dit: moi je suis de l’époque où on était en amour et où on rêvait de sexe – tout bascule aujourd’hui, on est dans le sexe et on rêve d’amour.
Mes réflexions
je ne crois pas que ces jeunes sont représentatifs des jeunes dans la vingtaine
je vois ça comme un « trip » de jeunesse… pour certains
les propos des jeunes démontrent une injustice, une inégalité au niveau des perceptions et des relations gars/fille. Il est beaucoup plus toléré les « écarts de conduites » pour les gars comparés à celles des filles
on présente le corps, la sexualité comme un produit, un objet de convoitise, une consommation. Le « sexe » est considéré au même titre que n’importe quel autres activités de consommation (aller au cinéma, au théâtre, prendre un bon repas au restaurant, « baiser »).
il y a une confusion entre « faire l’amour » (avoir du sexe) et être en amour.
le numérique, les réseaux sociaux et les sites de rencontre facilitent grandement la « quête amoureuse ». L’époque actuelle (2015) avec la pression à la consommation, à la performance, à la satisfaction de soi, à la quête de plaisir ouvre grande les portes aux excès de toute nature.
avec la révolution tranquille au Québec est arrivé un vent de liberté. S’est produit en même temps la pratique du « utilisez et jetez » (les crayons Bic, les Kleenex, les couches jetables). Par la suite l’informatisation et la rapidité d’accès à tout. Ces environnements où le « rapide », le « jetable », le « remplaçable », ont influencé les relations humaines. Ces relations sont devenues plus facilement: échangeables, jetables, etc.
ceci dit, je ne crois pas que ce qui ressort de ce documentaire représente le vécu et les aspirations des jeunes (du moins je le souhaite).
quelques expressions clés qui m’ont impressionnés:
c’est comme un bar ouvert
ne pas s’attacher
tout le monde est infidèle
avec lui ou avec un autre, c’est pas mal tout pareil
pourquoi rester avec elle qui est fâchée alors qu’il y en a 15 qui sont disponibles
ce documentaire a le grand mérite de nous faire réfléchir…
La résilience… réussir malgré tout ce qui va à l’encontre de la réussite.
réussir ses études et même plus
réussir une carrière professionnelle de « haut niveau »
Pourtant, tout était en place pour « une vie d’échecs »
famille d’origine en grande difficulté
pauvreté (aujourd’hui on parle de milieu défavorisé) – sauf que chez-nous pas défavorisé au niveau des valeurs
fragilité psychologique à l’enfance
vécu scolaire à l’enfance – primaire – très difficile – deux redoublements
des prédictions d’un enseignants (conseiller en orientation) selon les tests d’intelligence « tu ne devrais pas poursuivre des études… tu n’as pas les capacités qu’il faut »
Mais!… de très beaux facteurs de protection
le plus important! est cette énergie intérieure à vouloir « comprendre » « réussir » et chercher de l’aide
le sport, la gymnastique et la compétition
la créativité, l’inventivité… une force intérieure importante
mes mentors… ceux qui croyaient en moi…(voir mes mentors dans ma biographie)
une marraine qui croyait que j’étais « intelligent » (c’est impossible.. les Potvin sont intelligents) et qui m’a fait passé d’autres tests… plus positifs
un déblocage à l’adolescence et ce goût, cette motivation pour les études… j’aimais l’école
alors… la fusée à décollée… vers les sommets.
Finalement… 2 certificats universitaires, 2 baccalauréats, une maîtrise, un doctorat.
C’est l’une des raison pour lesquelles j’ai consacré ma carrière de psychoéducateur, de chercheur universitaire à la réadaptation à Boscoville puis à la recherche en éducation concernant les élèves en difficulté.
Message: il faut croire dans les capacités, dans les ressources, dans la résilience des enfants, des adolescents… il faut être pour eux des « mentors ».
686 rue Allard à Verdun. Ma famille (une mère, un père, une soeur et un frère) nous étions sur le Bien-être social, une famille pauvre sur la liste des familles pauvres de la Paroisse de Notre-Dame de la Garde.
On ne sait pas qu’on est pauvre, seulement quand on regarde autour de soi les autres enfants qui sont mieux habillés, qui partent en vacances ou qui ont un chalet pour l’été ou qui vont au club de tennis et au collège classique.
On se demande pourquoi à Noël on reçoit un « panier d’épicerie gratuit » (le Noel des pauvres de l’époque » et que les souliers neufs que je porte sont payés par le curé de la paroisse (le curé Naud).
C’est par la suite qu’on découvre la pauvreté et pourquoi à la maison il y a plein « d’étrangers »: des chambreurs, des oncles et des cousins qui permettent à ma mère de « faire un peu de sous » pour faire vivre sa famille.Mon père est « malade », ne travaille plus…
Noel, pas de cadeaux, pas d’arbre de Noel, seulement celui des chambreurs que je vois lorsqu’ils ouvrent la porte de leur pièce… un bel arbre de Noel, avec des lumières de toutes les couleurs.
Eh oui la pauvreté … pas fort pour construire l’estime de soi…
Québec modifiera certaines modalités de son programme d’aide sociale afin d’économiser 11 à 15 millions de dollars, a annoncé le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale.
Il est question de faire du ménage dans la loi et d’aider les jeunes à l’employabilité. Tout ceci est très louable et personne n’est contre le fait de faire des économies et d’éviter les abus.
La députée Thérèse David, qui s’y connait dans ce domaine, estime que le Gouvernement au lieu de couper dans les prestations devrait investir des millions dans les organismes communautaires qui ont l’expertise pour venir en aide aux assistés sociaux. Je partage ce point de vue.
La problématique liée à la question des bénéficiaires de l’aide social est très complexe. On y retrouve les conséquences du décrochage scolaire, la non-qualification pour l’emploi, les problèmes de pauvreté et toutes les conséquences associées, les problèmes de santé physique et de santé mentale ainsi que la transmission intergénérationnelle. C’est à ces problèmes que le Gouvernement doit s’attaquer s’il veut favoriser l’employabilité et amener les assistés sociaux à quitter ce statut.
En octobre 2015, dans la région de Laval au Québec (Canada) un jeune homme de 19 ans perd la vie après avoir été agressé à coup de marteau par un homme ayant des problèmes de santé mentale. Deux autres personnes sont gravement blessées par cet agresseur.
L’homme de 34 ans arrêté pour une attaque mortelle au marteau avait des antécédents judiciaires et psychiatriques. Il avait déjà été reconnu coupable de voies de fait à deux reprises au cours des dernières années, dont une fois sur sa propre mère.
Cette personne ayant de lourds antécédents psychiatriques et de nombreuses accusations criminelles agissait dangereusement depuis plusieurs années.
Dans plusieurs cas similaires, notre Charte des droits et libertés donne le droit de refuser tout traitement et la personne devient libre de circuler comme « une bombe à retardement ». C’est tout simplement inacceptable, qu’au nom des droits et libertés de la personne on mette en danger la vie des citoyens. Ce jeune homme de 19 ans en a payé le prix et n’avait rien à voir avec cet agresseur.
Lorsqu’une personne est reconnue dangereuse (accusé plus d’une fois), avec des problèmes important au niveau psychiatrique (ayant un diagnostic), ses droits et libertés devraient être suspendus. Si elle décide de refuser les traitements, elle devrait perdre sa liberté afin de protéger la vie des autres et particulièrement ses proches.
Je suis un psychoéducateur et évidemment en faveur de l’aide à donner aux personnes en besoin, mais certes pas au détriment de la protection des citoyens.
J’en reviens pas, où sont passées ces valeurs qui sont les miennes et qui, il me semble, étaient les nôtres: l’honnêteté, la transparence, la recherche d’équité, de justice, de partage ?
Tous ces gens, ces organismes, ces firmes qui fraudent, qui trichent .
Je demandais à l’un de mes amis et ancien collègue universitaire « Est-ce pire qu’avant où est-ce que c’est parce qu’on est plus informé » ? Il m’a dit : « c’est pire qu’avant », je partage ce point de vue.
Je crois que la pression à la consommation, l’appât du gain, la pression à être les meilleurs, le droit et la grande recherche du plaisir, la perte du sens moral et d’un minimum d’éthique peut en bonne partie expliquer la dérive que l’on vit.
Il faut retrouver un minimum de sens moral et d’éthique.
Exemples de tricherie, de malhonnêteté…
Lacroix, et d’autres « arnaqueurs » ont frausé au niveau des placements de plusieurs petits épargnants
Lise Thibault, (Gouverneur général – représentante de la Reine) accusé d’utilisation des fonds publiques à ses fins personnelles
Volkswagen, accusé d’avoir installé un logiciel dans ses autos (diesel) qui permettait de fausser les données de performance …
Toutes ces personnes accusées à la commission Charbonneau,
Un groupe de personnes spécialisés à participer à des concours pour gagner des prix (moto neige, voyage, etc.). Ils utilisaient un système informatique qui permettait de générer des adresse courriels pour participer aux concours. des milliers d’adresses courriels. Il avait entre 80% et 92% de chance de gagner. par la suite ils vendaient les prix gagnés.
Rapport du comité olympique (Philippe Bonds?). Le comité olympique d’athlétisme faisait « chanter » des athlètes médaillés qui avait été détectés « positifs » aux tests de dopage. On leur faisait payer une somme énorme pour « garder le silence ». Une athlète russe a payé plus de 600 000$.
Les permis de CPE. La lois québécoise limite le nombre de permis de CPE qui ne doit pas dépasser 300 places. Des promoteurs utilisaient des « prêtes noms » afin d’obtenir de plus nombreux permis dépassant les 300 places.
L’affaire Marcel Aubut (présentement sous enquête – 16-01-16) . Aurait harcelé sexuellement de nombreuses employées du comité olympique. Plusieurs personnes du CA et d,autres autorités étaient au courant, mais on fermait les yeux étant donné la grande efficacité de Marcel Aubut d’aller chercher des fonds. De plus, Marcel Aubut est un avocat, ce qui pouvait faire peur aux personnes victime de se plaindre.
Un pharmacien (nom d’une autre ethnie) d’une pharmacie Jean Coutu de Longueuil, refuse à une jeune femme une Pilule du lendemain à cause des ses convictions religieuses. Non seulement c’est une situation inacceptable au Québec en 2015, mais en plus, l’Ordre des pharmaciens a déclaré que les pharmaciens avaient le droit de ne pas prescrire « un traitement – exemple: médicament » si cela allait en l’encontre de leurs croyances ou de leur religion.
###$$$!!!! 🙁 Je suis complètement « déprimé » et je trouve incroyable qu’une telle situation se produise dans « Mon Québec » en 2015 avec nos Valeurs et notre acceptation du libre choix de la femme de décider ce qu’elle veut qu’il se passe avec son corps … entre autres l’avortement.
Réponse de l’Ordre des pharmaciens
Bonjour Monsieur,
Je vous remercie pour votre commentaire. J’aimerais préciser certains éléments. D’abord, ce n’est pas l’Ordre qui octroie le droit au pharmacien de refuser de prescrire un médicament pour des convictions religieuses, mais la Charte canadienne des droits et libertés. L’article 2 de cette charte protège la liberté de conscience et de religion de tout individu. En vertu de cette liberté fondamentale, un professionnel de la santé – médecin, pharmacien, infirmière – peut refuser de prescrire un traitement ou de fournir un soin de santé pour des raisons de convictions morales ou religieuse. Ce texte de loi a préséance sur tout autre loi ou règlement qui pourrait émaner des ordres professionnels comme l’Ordre des pharmaciens. Évidemment, à l’Ordre, notre préoccupation est que les patients obtiennent les traitements requis et ne soient pas lésés par cette situation. C’est pourquoi le Code de déontologie des pharmaciens précise clairement que le pharmacien a l’obligation de référer le patient à un autre pharmacien qui pourra le prendre en charge (voir l’article 26). Nous ne pouvons pas parler du cas précis présenté dans le reportage auquel vous faites référence puisque nous ne connaissons pas les détails, mais une chose est certaine, dans une telle situation, la patiente ne doit pas se sentir jugée et doit être prise en charge par le professionnel, même s’il n’offre pas personnellement le service de prescription de la contraception orale d’urgence. Cette obligation est très importante car la patiente ne doit pas être laissé à elle-même. J’espère que ces précisions apportent un éclairage supplémentaire.
Meilleures salutations.
Julie Villeneuve Directrice des communications 266 rue Notre-Dame Ouest, bureau 301, Montréal (Québec) H2Y 1T6 Téléphone : 514 284-9588 Sans frais : 1 800 363-0324 Télécopieur : 514 284-2285 www.opq.org<https://mail.opq.org/owa/www.opq.org>
Ma réponse
Bonjour Mme Villeneuve, je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre et de bien expliquer la situation. Je suis surpris que la Charte canadienne permette à un professionnel de refuser un traitement pour des raisons de croyances religieuses… c’est une situation vraiment dangereuse au niveau des « accommodements », je comprends mieux pourquoi nous devons avoir des ajustements pour notre charte québécoise. Heureusement comme vous le mentionnez, le professionnel a le devoir de s’assurer que la personne en besoin aura le service de la part d’un autre pharmacien.
Je vous demande en tant qu’Ordre, qui protège le public, de faire enquête sur le cas présent et de vérifier si la personne a pu recevoir le service d’un autre pharmacien… à la même pharmacie… idéalement. Il serait bon également que l’Ordre informe les médias sur la situation et clarifie, comme vous l’avez fait afin que le public soit bien informé.
Merci de votre démarche.
Sur le sujet, lettre de Lise Payette dans le devoir (7 août, 2015)
Pour se démêler un peu Extrémismes vs terrorismes Courte recherche dans les dictionnaires
Terroriste : Le terrorisme est l’emploi de la terreur à des fins politiques. Personne qui utilise la terreur et la violence pour imposer ses idées politiques ou son autorité.
Terrorisme: idéologie, mais surtout ensemble d’actes violents et illégaux commis avec l’objectif de provoquer un climat de terreur au sein de l’opinion publique ou d’ébranler la force d’un gouvernement ou d’un groupe.
Intégrisme : Refus de toute évolution, particulièrement de la religion, au nom du respect de la tradition. Adversaire du modernisme qui s’attache à maintenir et à défendre l’intégrité de la foi, de la doctrine et de la tradition; celui qui s’oppose au progressisme
Fondamentalisme, on désigne au sens large toutes les radicalités religieuses qui défendent une conception intransigeante de la religion, au risque d’une confrontation avec la société environnante
Rigorisme désigne un respect très strict des règles de la religion ou de la morale. C’est une forme de radicalisation religieuse, et pouvant être apparentée ou associée à de la rigidité morale.
Radicalisme. Attitude qui refuse tout compromis en allant jusqu’au bout de la logique de ses convictions.
Conclusion. Les intégristes, fondamentalistes, rigoristes, radicalistes, ne sont pas des « terroristes ». Ce sont des « extrémistes ».
Quelles sont et seront les conséquences possibles sur nos vies, notre cerveau, nos rapports sociaux suite à la « révolution » venant de l’informatisation de notre société (iPhone, iPad, Médias sociaux, Facebook, Twitter, etc.).
Je trouve cette révolution à la fois fascinante et épeurante. J’observe dans la vie de tous les jours, dans les congrès et au travail, comment les gens sont « dépendants » de leur « machine (surtout le iPhone). Au restaurant, à l’épicerie on voit les gens branchés sur leur téléphone. Dans les congrès aux pauses, nombre de personnes sont concentrées sur leur téléphone…
Il semble y avoir de moins en moins de place pour le silence, la réflexion, « ne rien faire ».
Et puis, Facebook, c’est parfois l’étalage de tout ce que les gens font, voyages, fêtes, problèmes… Parfois, il y a des sujets de réflexions… Mais toute cette attention donnée à ce qu’on vit, à ce qu’on fait, ce besoin de partager… est-ce vraiment sain pour notre développement?
Il y a aussi cette habitude maintenant à réaliser les « multiples tâches » – écouter une personne, une conférence – téléphoner – utiliser son iPad– etc. Écouter de la musique – travailler (écrire) et en même temps faire son exercice sur le tapis roulant… Il semble que l’idée, c’est que la vie est courte et qu’il faut la remplir…
Une partie de cet article puise dans mon livre : Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer. Une approche psychoéducative. Collection psychoéducation. Béliveau éditeur. 2015. Le chapitre 8 : L’apprentissage, les valeurs, les croyances et les attitudes. Comprendre l’apprentissage
On ne se rend pas toujours compte à quel point nos croyances, conscientes ou inconscientes à l’instar de nos valeurs, influencent notre façon de vivre, de décider, de se comporter. Comme le mot l’indique, les croyances nous portent à « croire que… », comme si c’était une vérité — cela peut parfois l’être, mais bien souvent cela peut en être loin.
Les croyances sont en lien avec nos valeurs. Parfois il est même difficile de faire la différence entre les valeurs et les croyances. Certains auteurs comme Rokeach, Ajzen et Fishbein vont considérer les valeurs comme des croyances profondes. Pour ma part, je vois les valeurs comme plus englobantes. Elles intègrent les croyances et les attitudes.
Il faut aussi faire la différence entre une connaissance, un savoir et une croyance. La connaissance et le savoir relèvent du domaine de la cognition et ont pour finalité une recherche de vérité qui s’appuie sur des fondements objectifs, la plupart du temps sur la science. Différemment, la croyance est une certitude subjective dans un domaine donné, parfois fondée sur la connaissance[1], mais parfois aussi considérée comme une vérité sans nécessairement faire l’objet d’une évaluation ou d’une vérification.
Les croyances représentent ce que nous pensons être la vérité. Ce sont des constructions mentales à partir des informations reçues de l’éducation, des expériences que nous vivons et qui nous amènent à penser de façon telle que nous considérons qu’il s’agit de la vérité Certaines croyances sont tout à fait fausses alors que d’autres peuvent être en partie ou en totalité vraies. Il arrive parfois que certaines croyances soient tellement fortes que malgré les preuves scientifiques on ne les abandonne pas.
Les croyances nous servent dans la vie de tous les jours,car on procède régulièrement à des évaluations en faisant des hypothèses sur le résultat de nos actions et en vérifiant si elles sont confirmées ou infirmées. Ces vérifications ne sont pas toujours portées à notre conscience. C’est une forme « d’apprentissage » par l’expérience.
Une autre fonction des croyances est de nous permettre une économie d’énergie en appuyant nos décisions ou nos actes de tous les jours sur ce que nous croyons être vrais, mais sans l’obligation de toujours vérifier. Disons que parfois cela nous joue des tours, mais c’est le prix à payer pour ne pas toujours douter et vérifier.
Mes croyances
Note : cette partie sera en développement. Il pourra s’ajouter des croyances nouvelles et possiblement que certaines croyances disparaîtront… et je crois que c’est normal, car selon moi, nos croyances changent avec le temps, l’expérience, l’âge.
Voici ce que je considère « actuellement – 2015 – ajusté en 2018» comme mes principales croyances. Ces croyances sont en évolution et changent avec l’expérience, la réflexion, le vieillissement. (Ajout de croyant novembre 2017 et 2018)
Pour moi ce que signifie : « je crois que… » « je crois en… » s’appuie sur mon histoire de vie, mon expérience professionnelle de psychoéducateur et de chercheur universitaire et aussi sur des intuitions, sur des hypothèses. Comme on le définit, les croyances ne sont pas des « Vérités ». Certaines peuvent s’en approcher si elles sont influencées par la recherche, d’autres peuvent être loin de la vérité. D’une façon ou d’une autre, mes croyances sont en lien avec mes valeurs et orientent mes attitudes et mes comportements.
Éducation : profession enseignante
Je crois que… d’une façon générale, les enseignantes et les enseignants au Québec, sont de bonne foi et se soucient du succès de leurs élèves.
Je crois que… au Québec nous ne valorisons pas assez la profession enseignante.
Je crois que… la profession enseignante devrait avoir un Ordre professionnel au même titre que les médecins, psychologues, psychoéducateurs.Cet Ordre professionnel favoriserait la valorisation de la profession et jouerait un rôle de surveillance et s’assurerait du perfectionnement continu des enseignants.
Je crois que…le salaire des enseignant devrait être rehaussé d’au moins 10 000$.
je crois…qu’il faudrait attirer beaucoup plus d’hommes dans la profession enseignante afin de contribuer à faciliter l,apprentissage chez les garçons. Déféminiser cette profession.
Éducation : réussite éducative et scolaire et prévention du décrochage scolaire
Je crois que… les trois principaux acteurs qui peuvent faire la différence pour prévenir l’abandon des études, ce sont: le jeune lui-même, ses parents et les enseignants
Je crois que... de répondre tôt aux besoins particuliers des élèves en difficulté pour qu’ils réussissent dans les matières de base est l’une des actions les plus importantes pour prévenir le décrochage au secondaire.
Je crois que…l’attitude relationnelle enseignant-élève du Je crois en toi est gage de succès
La culture universitaire
Je crois que… la culture universitaireest encore trop influencée par les sciences « purs » et les méthodes de recherche expérimentale. On valorise trop les publications prestigieuses. Il serait très important de faire une nuance et une grande différence avec les disciplines (sciences humaines) qui forment des professionnels (éducation, psychologie, psychoéducation, etc.). Ces disciplines devraient pouvoir valoriser une recherche axée sur le travail des professionnels.
Vieillissement
Je crois que… le vieillissement s’accepte très bien et présente plusieurs avantages… pourvu que les problèmes importants de santé ne viennent pas tout « chambouler ». Il existe deux types de personnes âgées: celles qui sont en santé et celles qui ont d’importants problèmes de santé.
Je crois… qu’il est possible de se sentir vieux très jeune et de se sentir jeune très vieux…
Jeunesse
Je crois que… lorsqu’on est jeune (de 20 à 50 ans), du moins c’est mon expérience, nous avons un mécanisme humain qui nous fait croire que notre vie sera éternelle ou du moins la maladie et la mort … ce sera très loin. On travaille à fond, on se valorise, on a une famille, des enfants, on consomme, on a du plaisir, on a des projets… comme si le temps, la vie étaient sans limites… puis… l’expérience, des événements de la vie (une maladie, la perte d’une amie, de nos parents) vient secouer ce mécanisme de vie éternelle…
Richesse et pauvreté
Je crois que… c’est inacceptable qu’il y ait un écart si grand entre les « très riches » et les « très pauvres ».
Je crois…qu’on peut s’habituer à être riche, mais qu’on ne s’habitue pas à être pauvre…
Sciences, Religions et Spiritualité
Je crois que…l’explication par la science de ce qu’est l’être humain fait référence au paradigme matérialiste et que c’est une grande part de « vérité ». Les neurosciences dévoilent comment la pensée et la conscience sont du ressort du cerveau. Il existe une autre vision qui ne relève pas de la science et du paradigme matérialiste et qui ne peut pas s’accorder avec la vision matérialiste. C’est une autre dimension avec d’autres lois que celles qu’on connait. Pour l’instant je n’en sait pas plus.
Société
Je crois que… que la révolution numérique, technologique avec la robotique, l’Intelligence Artificielle (IA) va transformer notre vécu comme humain et qu’il est temps de voir comment nous allons nous y adapter.
[1] En discutant avec ma collègue et amie Marie-Martine Dimitri, sur le concept de croyance, elle me faisait remarquer que lorsqu’une croyance s’appuie sur des résultats de recherche (la science), elle perd alors son statut de croyance et devient une connaissance ou un savoir. Cette interprétation est à vérifier.
Une partie de cet article puise dans mon livre : Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer. Une approche psychoéducative. Collection psychoéducation. Béliveau éditeur. 2015. Le chapitre 8 : L’apprentissage, les valeurs, les croyances et les attitudes. Comprendre l’apprentissage
Qu’est-ce qu’une valeur?
Une valeur est ce que l’on considère comme très important dans notre vie. Ce que l’on valorise le plus. Ce pour quoi on est prêt à combattre, ce qui nous tient à cœur — l’autonomie, la liberté, la justice, la réussite, la sécurité, etc.
Les valeurs sont considérées dans la plupart des recherches comme le fondement des opinions et des comportements des individus et des groupes. Elles orientent les actions (Pronovost et Royer, 2004). En plus de répondre à des besoins fondamentaux de l’être humain, les valeurs résultent non seulement d’une pression individuelle interne (besoin), mais aussi de l’influence de la société et des institutions (Legendre, 2005).
Nos valeurs concernent ce que nous considérons comme très important pour nous. Elles sont les repères qui nous servent à effectuer nos choix les plus importants et orientent pour une large part nos actions et nos comportements (Schwartz, 2006).
Une valeur est une certitude fondamentale, habituellement consciente et durable, qui nous oriente dans notre manière d’être ou d’agir. Elle s’actualise dans un idéal ou une fin qui sera hautement désirable pour la personne ou pour la société (Legendre, 2005).
Une valeur reflète l’importance que nous attribuons à nos actes, aux choses, aux gens et aux événements (Terrier, 2013). C’est une conception explicite du degré d’importance que nous accordons à des modalités d’être ou d’agir en vue d’atteindre un but dans un secteur défini d’activité ( Perron, 1972).
On peut considérer une valeur comme une croyance durable selon laquelle un mode spécifique de conduite ou un but de l’existence est personnellement et socialement préférable à d’autres conduites ou buts (Legendre, 2005; Rokeach,1968; Schwartz, 2006).
Les valeurs sont intimement liées aux finalités. Elles représentent ce qu’il importe de réaliser pour donner un sens tant à la vie de la personne qu’à celle de toute la communauté (Legendre, 2005).
Enfin, on peut dire que tout ce que les humains apprécient, estiment, désirent obtenir, recommandent, voire proposent comme un idéal, peut être considéré comme une valeur (Rezsohazy, 2006).
Mes valeurs *(Mise jour en septembre 2024)
Voici ce que je considère « actuellement » comme mes principales valeurs. Je ne les ai pas mis en ordre rang d’importance (hiérarchisée), car c’est une opération très difficile. Ces valeurs sont en évolution et pourraient changer avec l’expérience, la réflexion, le vieillissement.
Mon couple et ma famille. J’accorde une très grande importance à ma relation de couple, avec mon épouse Yolande. Prendre soin de cette relation en cherchant le meilleur équilibre possible entre mes besoins et ceux de mon épouse. Une grande importance à mes enfants: ma fille Line et mon fils Carl, en me souciant de leur bien-être. Également à mes quatre petits enfants (Gabriel, Elsa, Mathis et Étienne) ainsi qu’à la conjointe de mon fils (Nancy).
La fidélité. Être fidèle en amour (dans mon couple), en amitié et dans la vie professionnelle c’est très important pour moi. Fidèle à mes engagements, fidèle à ma parole, fidèle à mes idées. Ce qui ne signifie pas que je ne peux pas changer d’idée, mais le dire et être transparent lorsque cela se produit.
Protéger ma santé physique et développer ma santé psychologique. Dans la mesure du possible prendre soin de ma santé physique par mon alimentation et les exercices physiques, ainsi que les examens médicaux réguliers. Pour ma santé psychologique voir à ma croissance personnelle continuelle par des lecture et exercices appropriés (exemple: exercices de pleine conscience). Au besoin suivre des séances de psychothérapie.
Poursuivre à la retraite des activités intellectuelles – semi-professionnelles. Je valorise beaucoup d’être actif intellectuellement comme faire de la recherche, analyser, faire des lectures et de l’écriture-publication. Réfléchir, lire, écrire sur la compréhension de qui est l’être humain, quelques sont les défis de vivre aujourd’hui, sur approfondir à l’aide des neurosciences.
Partager et léguer mon savoir issu de la recherche et mon savoir d’expérience. De mes recherches et analyses, partager, diffuser mon savoir par la publication de livres, par mon site internet, par mes interventions sur les médias sociaux (Facebook), par les courriels.
Avoir un sens moral. Ce sens moral pour moi comprend les valeurs suivantes: l’honnêteté, le respect de moi-même et des autres, l’engagement en tenant parole, la préoccupation de la justice sociale et la protection des personnes vulnérables.
Aider ceux et celles qui me sollicitent. (Ajout en septembre 2024). Je suis régulièrement sollicité pour répondre à des demandes d’aide via les courriels: partager mes outils de soutien à l’intervention surtout. Répondre positivement à ces demande.
Me préoccuper de deux enjeux sociétaux importants: l’éducation et l’écart entre les riches et les pauvres. Pour l’éducation l’égalité des chances pour tous, l’inclusion de tous, particulièrement les jeunes en difficulté; contrer l’élitisme et la sélection abusive. Pour la richesse et la pauvreté lutter afin de favoriser la diminution de l’écart entre les riches et les pauvres. (Ajout en septembre 2024). Je suis surtout actif en ce qui touche à l’éducation, par mes publications, mon site Internet.
L’accomplissement personnel et la reconnaissance. Je donne de l’importance à réussir dans mes entreprises, avoir du succès, être reconnu dans mes efforts à partager et à aider. D’être respecté et avoir un sentiment d’utilité à la société. Note (septembre 2024). Ici faire attention de ne pas donner trop d’attention au regard de l’autre, entre autres, de faire des actions pour plaire aux autres.
L’importance de la paix et de l’absence de conflit. Je donne beaucoup d’importance à l’harmonie dans les relations interpersonnelles, la recherche de la paix dans mon environnement et dans le monde. Dans la mesure du possible le moins de conflits possibles. Note (septembre 2024). Je dois avouer que j’ai peu de moyens concret qui me permettrait d’accomplir cette valeur.
L’humour. Avoir des occasions de rire, de ne pas se prendre trop au sérieux. Le plaisir de l’humour raffiné. Note (septembre 2024). J’applique ceci, entre autres, dans mon rôle de proche aidant avec mon épouse Yolande, afin de dédramatiser ce qui est dramatique dans sa maladie.
À ma connaissance et pour le moment présent, ce sont les aspects de la vie que je valorise le plus.
Mes antivaleurs
J’ai des antivaleurs. celles qui déclenchent en moi des émotions négatives, pénible. Les antivaleurs sont le contraire des valeurs que j’ai présenté plus haut. Ce sont les aspects que je considère qu’il faut combattre.
L’infidélité – en amour – en amitié
La Peur Ceci n’est pas une valeur, mais une émotion. Note (septembre 2024)
L’AnxiétéCeci n’est pas une valeur, mais une émotion. Note (septembre 2024)
L’Immoralité
Les Conflits, la Guerre, le Terrorisme
L’Agressivité, l’intimidation
La Frivolité – superficialité
La PauvretéCeci n’est pas une valeur, mais un état de vie. Note (septembre 2024)
La richesse extrême, la quête de l’argent et la luxure.
Références
Legendre, R. (2005). Dictionnaire actuel de l’éducation. Guérin, Montréal.
Perron, J. (1972). Psychologie des valeurs : résultats et visées d’un programme de recherche en milieu québécois. Conseiller canadien, 6 (2) avril. p. 82-94.
Pronovost. G. et Royer, C. (2004). Les valeurs des jeunes. Presses de l’Université du Québec.
Rezsohazy, R. (2006). Sociologie des valeurs. Armand Colin.
Rokeach, Milton. 1968. Beliefs, Attitudes and Values: A Theory of Organizationand Change. San Francisco : Jossey-Bass Publishers.
Schwartz, S. H. (2006). Les valeurs de base de la personne : théorie, mesures et application. Revue française de sociologie. 47, (4) p. 92-128.
Terrier, C (2013). Attitudes, croyances et Valeurs. Que devrais-je être ?www.cterrier.com
J’ai été déclenché dans ma réflexion sur la pauvreté suite à la lecture d’un diaporama qui faisait la comparaison entre la richesse et la pauvreté en valorisant la pauvreté et ses liens avec la nature. Voici en gros ce que disait le diaporama, qui était très bien fait en présentant de belles photos de la nature et une musique de fond détendante.
C’est l’histoire d’un père qui veut faire vivre à son fils une expérience de la pauvreté en permettant au jeune garçon de séjourner trois jours chez une famille pauvre à la campagne. Lorsque le père demande à son fils comment il avait trouvé l’expérience, contrairement à toute attente, celui-ci lui raconte ce qui suit (extrait).
Nous avons un chien, ils en ont quatre;
Nous avons une piscine avec de l’eau traitée, ils ont une rivière avec de beaux Poissons, et plein de belle nature;
Nous avons une installation d’éclairage électrique dans notre jardin, eux, ils ont les étoiles et la lune pour les éclairer;
Nous écoutons des CD, eux écoutent la symphonie des oiseaux, des grillons et des petits animaux
On utilise le micro-onde, eux ils mangent des plats mijotés à feu lent et aux multiples saveurs;
Et cela continue ainsi…
Ce n’est pas la pauvreté que je connais. Cette connaissance me vient de deux sources principales: mes travaux de recherche sur le décrochage scolaire et mon vécu d’enfant dans une famille pauvre.
À partir de ces deux sources d’information, voici comment je comprends la pauvreté. Je tiens à mentionner ici que de vivre dans une famille pauvre, défavorisée ne signifie pas nécessairement un avenir catastrophique. Je n’adhère pas à une vision d’un déterminisme mécanique, automatique conditionné par le bagage génétique et l’environnement. La résilience existe et les facteurs de protection aussi. Ce qui est certain cependant c’est que vivre dans la pauvreté, dans un milieu défavorisé comprend de nombreux facteurs de risque pour les enfants et les adultes et rend le développement et le vécu plus difficile.
Quelques constats de recherche sur la pauvreté et les milieux défavorisés
Qu’est-ce que la pauvreté et être défavorisé ?
Selon le dictionnaire Antidote, la pauvreté est l’état d’une personne qui a peu de ressources, qui manque de moyens; c’est l’insuffisance matérielle ou morale; la stérilité, l’infécondité. Un complément à la pauvreté est l’état de défavorisé qui se caractérise par la situation d’une personne désavantagée économiquement, socialement ou culturellement.
Quelles sont les conséquences possibles de la pauvreté et d’être défavorisé?
Les nombreux travaux en éducation et en sociologie de l’éducation démontrent un lien clair entre l’état de défavorisé et le niveau de qualification (la diplomation). Les jeunes issues de milieux défavorisés ne commencent pas leur parcours scolaire sur la même ligne de départ.
Les jeunes issus de milieux défavorisés sont plus à risque de retard scolaire, de retard dans leur qualification, dans leur diplomation et plus à risque de décrochage scolaire. L’on sait maintenant que le décrochage scolaire est associé à un vécu plus difficile au niveau de la santé physique et mentale, au niveau de l’intégration socioprofessionnelle, au niveau de la perte d’emploi et du chômage.
Quelques statistiques
En éducation le MELS utilise un indicateur de niveau de défavorisation, soit l’Indice de Milieu Socio-Économique (IMSE). Il y a dix niveaux, le niveau 1 signifiant un haut niveau de favorisation et le niveau 10 un haut niveau de défavorisation. Certaines statistiques de 2014 du MELS utilisent une comparaison entre le taux de sortie avec diplômes selon l’IMSE. Il existe un écart de 14% de diplomation entre les élèves issus de milieux favorisés (IMSE de1) et les élèves issus de milieux défavorisés (IMSE de 10).
Pour ma part, je possède des statistiques sur les élèves à risque (en difficulté scolaire) de la maternelle 5 ans à la 6e année du primaire. Ces statistiques sont issues du logiciel de dépistage Premiers signes administré à plus de 3 000 élèves de trois commissions scolaires. Le pourcentage de risque chez les élèves d’écoles ayant un IMSE de 1 à 7 se situe autour de 26% alors que celui d’école de milieu défavorisé (écoles SIAA – IMSE de 8 à 10) se situe à 33%.
Il est clair que de vivre dans la pauvreté, être défavorisé a des effets sur la qualité de la scolarisation et devient un facteur de risque important
Quelques souvenirs d’enfance de mon vécu de la pauvreté
Maintenant, je laisse de côté les statistiques liées à cette réalité de l’état de défavorisé et je vous présente quelques souvenirs de mon vécu d’enfant vivant dans une famille pauvre, à Verdun (Montréal) et entouré d’un certain nombre de familles aisées[1].
Être pauvre signifiait que ma famille faisait partie de la liste des familles pauvres de la paroisse. À Noël on recevait «le panier du pauvre». J’étais honteux, gêné, mal à l’aise. Mes souliers neufs avaient été acheté par le curé de la paroisse.
Enfant je me sentais dévalorisé, trop différent des autres, de ses amis.
Il y avait autour de moi des familles aisées, vraiment aisées. Ce n’était pas mes amis, ils étaient trop différents. Eux ils étaient bien habillés, fréquentaient un club de tennis, un collège classique. À leur fête, à Noel ils recevaient des cadeaux et ils partaient en vacance l’été.
Regarder ceux qui sont plus riches et avoir mal à l’intérieur de constater la différence. De constater leur bonheur et d’être conscient de ses manques. Voir ces jeunes recevoir des jouets luxueux et se sentir différents, ressentir du mal à l’intérieur et savoir que je n’aurai jamais ce genre de cadeaux.
Sentir chez ces enfants que c’est naturel d’avoir des «biens», me sentir différent, être triste et me sentir vulnérable.
Nous étions trois enfants à la maison et une paire de patins pour les trois. Patins trop grands évidemment. Pas de chandail de hockey, pas de bicycle.
Bien entendu, tout n’était pas toujours sombre, il y avait parfois du « bonheur » surtout dans les moments de jeux à l’extérieur.
Conclusion
Oui il y a des familles pauvres, défavorisées qui peuvent, comme l’illustrait le diaporama, profiter de la nature, des rivières, des animaux, des plats mijotés, mais d’une façon générale la pauvreté rend la vie des personnes plus difficile, plus vulnérable. Il faut vraiment tout faire pour réduire ces écarts entre les riches et les pauvres et aider ces jeunes et leur famille à sortir de la pauvreté.
[1] Pour plus d’information sur mon vécu, le lecteur peut consulter ma biographie au menu Auteur – Biographie.
Rôle du chercheur universitaire et transfert des connaissances éducation, psychoéducation et psychologie Texte écrit le 3 déc. 2011
Préambule
Cet article analyse le rôle du chercheur universitaire en transfert de connaissances.
En tenant compte de l’expérience que j’ai comme chercheur universitaire, comme auteur d’outils de transfert, comme consultant pour le CTREQ et d’autres organismes en éducation, des échanges et réflexions lors du dernier symposium sur le transfert avec des collègues chercheurs, voici comment je vois le rôle de l’universitaire dans le processus de transfert et dans l’utilisation des connaissances issues de la recherche.
Le rôle de l’universitaire
Le chercheur universitaire (en éducation, psychoéducation, psychologie, etc.) a pour mission de faire avancer les connaissances et les pratiques professionnelles – cliniques. Sa principale mission, mis à part l’enseignement (la formation de professionnels), est de faire de la recherche. Cette recherche peut être fondamentale, collaborative, évaluative, de développement, ou de type action. Peu importe le type de recherche, il est le responsable de la recherche.
Faire de la recherche signifie obtenir des fonds de recherches, intégrer des étudiants des trois cycles dans les projets, publier ses travaux pour les autres chercheurs et les étudiants universitaires ou collégiaux, intégrer ses résultats de recherche dans ses enseignements, participer à transférer ces connaissances afin qu’elles soient accessibles et utilisables par les milieux de pratique.
Le chercheur universitaire peut participer dans le cadre d’un projet de transfert des connaissances à développer des outils de soutien à l’intervention (programmes, instruments de mesure, etc.). Si l’universitaire collabore avec un milieu de pratique, c’est dans une perspective de recherche ou de formation continue des praticiens.
Le rôle des praticiens dans les milieux
Le chercheur universitaire à la responsabilité de voir à ce que le résultat de ses travaux de recherche soit utilisable par les praticiens (les professionnels) pour améliorer leurs pratiques. C’est également dans sa responsabilité de former les futurs professionnels à l’utilisation des connaissances issues de la recherche.
C’est de la responsabilité des milieux de pratique que d’utiliser le transfert de connaissances pour éclairer et améliorer les pratiques.
Cette utilisation du transfert des connaissances peut être facilitée par une alliance entre des chercheurs et un milieu de pratique, mais ne devrait pas être une condition d’utilisation des connaissances issues de la recherche.
Les milieux de pratiques (les CS et les écoles) ont les ressources compétentes pour être autonomes dans l’utilisation des connaissances : les divers professionnels formés au 2e cycle – CP, orthopédagogues, psychoéducateurs, certains gestionnaires, etc.
Certains organismes comme le CLIPP et le CTREQ et les instituts universitaires des centres jeunesse peuvent jouer un rôle d’intermédiaire entre la recherche universitaire et les milieux, établir une alliance, un partenariat.
Conclusion
Je crois que c’est une erreur que de croire que pour qu’un milieu améliore ses pratiques ou utilise le transfert de connaissances qu’il soit nécessaire qu’un chercheur universitaire soit présent ou collabore. Bien entendu c’est une alliance souhaitable, mais pas toujours réaliste.
La présence d’un chercheur dans un milieu de pratique est surtout justifiable dans le cas d’un projet de recherche. Lorsqu’un outil a été développé et validé, lorsqu’un programme a été évalué et validé, l’universitaire à fait son travail. Sauf s’il doit participer à faire de l’accompagnement, du suivi.
L’utilisation des connaissances issue de la recherche est une question de culture dans un milieu. Aujourd’hui, les professionnels dans les milieux ont la formation nécessaire pour jouer un rôle à ce niveau. Il faut cependant leur permettre de jouer ce rôle.
Je fais partie d’un Groupe de CoDévelloppement qui réunit 9 personnes à la retraite pour réfléchir sur de thèmes important de la vie quotidienne. Plus de la moitié de ces personnes sont des universitaires à la retraite. Lors de notre dernière rencontre (16-06-2016) le thème de réflexion était Vieillir. J’ai ajouté mes réflexions suite à cette rencontre.
Lors de notre réflexion sur le thème vieillir, j’ai réalisé qu’il y a une différence entre le thème vieillir et être à la retraite. Beaucoup de notre échange concernait davantage l’expérience d’être à la retraite que de vieillir. C’est la raison qui m’a motivé à changer le titre de l’article en ajoutant et être à la retraite.
Je vais séparer en deux thèmes différents et complémentaires: vieillir et la retraite
Vieillir
Il y a des inconvénients importants à vieillir, mais il y aussi certains avantages (bien oui). Bien entendu, la perception qu’on en a, dépend de notre vécu et peu varier d’une personne à l’autre.
Les principaux inconvénients
Les problèmes de santé augmentent avec l’âge. À partir de 65 ans ou 70 ans, on ressent le poids de l’âge, l’usure du corps. Les principaux problèmes sont habituellement au niveau des articulations (exemple : l’arthrose); la vision (exemple : le glaucome); l’audition; la tension artérielle ou le diabète. pour ne nommer que ceux là.
Les différents problèmes de santé ont pour conséquences l’obligation d’utiliser des médicaments pour pallier aux problèmes. On sait que chaque médicament a des effets secondaires déplaisants.
Les sensations fortes éprouvées lors de la jeunesse (20, 30 ou 40 ans) diminuent considérablement. Les sens captent moins les sensations plaisantes.
L’énergie, la résistance sont plus faibles. On peut en faire moins, il faut mettre des étapes et se reposer plus souvent. Il faut doser davantage.
Il y a aussi les nombreuses pertes, les deuils: nos artistes préférés disparaissent, certains de nos anciens collègues ou mentors nous ont quitté. Nos animaux de compagnie auxquels on s’attache nous quittent également (ajout le 11-06-2016).
Nous pouvons éprouver une plus grande difficulté à accepter les changements, l’expression de nouvelles valeurs ou le peu d’importance accordée aux valeurs importantes du passée.
Selon l’état de nos revenus en vieillissant, il peut, si ces revenu sont trop faibles, entretenir un sentiment d’insécurité (ajout le 11-06-2016).
La réalité du temps qui passe, l’avancement en âge peut favoriser le sentiment d’insécurité, la peur de la maladie car l’événement suprême approche, cet incontournable pour tout organisme vivant, la mort (ajout le 11-06-2016).
Les principaux avantages
L’un des grands avantages du vieillissant, c’est l’état de conscience, Une plus grande conscience de soi – connaissance de soi. et le cumul de l’expérience qui mène à la clarté de la compréhension de nos expériences de vie.
La conscience que le temps passe, que chaque instant présent est important à vivre. Et donc qu’il est important de vivre l’instant présent. Vivre davantage le temps qui passe.
Questionnements réflexifs sur le vieillissement
Que signifie pour vous vieillir?
perte graduelle de ses capacités , de son énergie
se rapprocher de l’ultime réalité de l’être humain – la mort
Quels ont été les principaux changements suite à la retraite (pour moi)
les problème de santé
la retraite – du nouveau, être consultant, être travailleur autonome
la découvert de l’écriture, du plaisir de s’exprimer librement – être auteur
mes valeurs à mes enfants : l’honnêteté, la justice, l’entraide,
mes productions comme auteur – mes livres – mes outils –
Certains disent qu’il y a une différence entre être âgé et être vieux. On peut être âgé sans être vieux.
À quel âge devient-on vieux? Peut-être que c’est une question de perception venant de nous et aussi des autres?
Vieillir, avancer en âge impliquerait de multiples adaptations. Certains auraient plus de faciliter à s’adapter que d’autres. S’adapter veut dire investir de l’énergie.
Conseils aux lecteurs… et à ceux qui sont jeunes
Si vous lisez ce texte et que, entre autres, vous êtes jeunes, disons moins de 50 ans, prenez le temps de « vivre la pleine conscience » (voir l’article sur la pleine conscience) et savourez le temps présent et votre « jeunesse ». Si en plus vous êtes en santé, prenez le temps d’apprécier l’état de votre corps et son bon fonctionnement.
Être à la retraite
Les principaux inconvénients
Selon l’état de nos revenus à la retraite, il se peut, si ces revenus sont trop faibles, que l’on vive un sentiment d’insécurité.
Il peut y avoir une perte de valorisation liée à la productivité, perte du sentiment d’utilité.
Être à la retraite peut demander beaucoup d’énergie à l’occasion de nouvelles adaptations.
Les principaux avantages
La liberté et la disparition des nombreuses contraintes qui sont le lot de la jeunesse (développement de carrière,responsabilités parentales, pression pour la performance, sentiment de la nécessité de tout faire, etc.).
Lorsqu’on est à la retraite, la liberté du temps disponible pour réaliser les projets qu’on veut et quand on veut.
La possibilité de réaliser les projets qu’on a longtemps désiré et qui étaient mis de côté (les voyages, la musique, l’expression artistique, etc.). La découverte de nouveaux talents, projets, de nouvelles capacités, habiletés.
Autres réflexions
La question de notre zone de confort, ce qu’on peut appeler en physiologie de notre organisme l’homéostasie. Disons une homéostasie psychologique. Découvrir ses zones de confort et les élargir graduellement, agrandir notre zone de confort en acceptant la nouveauté, la dose d’insécurité normale, pour expérimenter de nouvelles situations, de nouvelles activités.
Il existe des expressions que je trouve « terribles » : Tuer le temps, Passer le temps ou « Passe temps »
À la retraite, il s’agit de trouver comment poursuivre son développement, comment s’épanouir?
Autre texte
Un poème de Félix Leclerc, poète et chansonnier québécois, qui nous convie à vieillir avec sagesse, à concilier bonheur et vieillesse. Dans cette société où la solitude devient un fardeau, ou vivre pour satisfaire ses propres intérêts mesquins est la norme, il faut construire des réseaux de solidarité, se transformer afin de reconnaître l’autre dans sa souffrance et besoins; tout cela fait partie aussi de la joie de vieillir en santé physique et psychologique.
Ce n’est pas parce que je suis un vieux pommier
que je donne de vieilles pommes.
Félix Leclerc.
Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son cœur, Sans remords, sans regret, sans regarder l’heure. Aller de l’avant, arrêter d’avoir peur,
Car à chaque âge se rattache un bonheur.
Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son corps,
Le garder sain en dedans, beau en dehors. Ne jamais abdiquer devant un effort. L’âge n’a rien à voir avec la mort.
Vieillir en beauté, c’est donner un coup de pouce!
À ceux qui se sentent perdus dans la brousse,
Qui ne croient plus que la vie peut être douce
Et qu’il y a toujours quelqu’un à la rescousse.
Vieillir en beauté, c’est vieillir positivement.
Ne pas pleurer sur ses souvenirs d’antan. Être fier d’avoir les cheveux blancs, Car pour être heureux, on a encore le temps.
Vieillir en beauté, c’est vieillir avec amour,
Savoir donner sans rien attendre en retour,
Car où que l’on soit, à l’aube du jour, il
y a quelqu’un à qui dire bonjour.
Vieillir en beauté, c’est vieillir avec espoir, Être content de soi en se couchant le soir. Et lorsque viendra le point de non-recevoir, Se dire qu’au fond, ce n’est qu’un au revoir!
Ne regrette pas de vieillir.
C’est un privilège refusé à beaucoup!
Extraits du volume de Nicole Aubert: Le culte de l’urgence Flammarion 2003 Pierre Potvin mai 2006
Le livre cherche à comprendre comment notre époque est entrain de vivre une mutation radicale dans son rapport au temps, comment cette mutation affecte profondément notre manière de vivre et travailler et contribue à l’émergence d’un nouveau type d’individu, flexible, pressé, centré sur l’immédiat, le court terme et l’instant, un individu à l’identité incertaine et fragile. p. 21
… ce sont les individus – et non le temps – qui accélèrent toujours davantage, se contractent et se compriment toujours plus pour répondre aux exigences d’une économie et d’une société qui tourne à vitesse toujours plus grande, exigent des performances toujours plus poussées et des actions toujours plus immédiates. p 23
… l’urgence, l’instantanéité, l’immédiateté ont envahi nos vie p. 24
Le soubassement de ce nouveau rapport au temps réside dans l’alliance qui s’est opérée entre la logique du profit immédiat, celle des marchés financiers qui règnent en maître sur l’économie, et l’instantanéité des nouveaux moyens de communication. Cette alliance a donné naissance à un individu « en temps réel », fonctionnant selon le rythme même de l’économie et devenu apparemment maître du temps. Mais l’apparence est trompeuse et, derrière, se cache souvent un individu prisonnier du temps réel et de la logique de marché, incapable de différencier l’urgent de l’important, l’accessoire de l’essentiel p 24
Pris dans les rouages de l’économie du « présent éternel », englués dans les innombrables choix que nous permet la société marchande, focalisés sur la satisfaction immédiate de nos désirs, ne sommes-nous pas devenus non seulement des « hommes-présent », incapables de vivre autrement que dans le présent le plus immédiat, mais plus encore des hommes de l’Instant, collant à l’intensité du moment et cherchant des sensations fortes liées à la seule jouissance de l’instant présent? p 27
La société actuelle…semble en effet passer… d’un mode de fonctionnement « à temps long » où les repères se comptaient en année à l’échelle de l’individu, en siècle à celle de l’histoire – à un mode « à temps court », société du zapping, du fast, des clips, et des spots dans laquelle il s’agit de vivre l’intensité sans la durée et d’obtenir des résultats à l’efficacité immédiate. La quête de sens, qui se déployait naguère à l’échelle d’une vie tout entière, s’est ainsi métamorphosée en une demande de mieux être ici et maintenant.
Ce qui unit les trois premiers concepts d’urgence, instantanéité et immédiateté, disions-nous, c’est celui de vitesse, elle-même au cœur du système capitaliste : plus le capital tourne vite et plus le taux profit annuel qui imprègne toute l’histoire du capitaliste p. 32
…Le type porte tout sur ses épaules, explique ainsi un spécialiste de la gestion des ressources humaines, il porte son présent, son futur, son avenir, sa formation, son employabilité… Il est responsable de tout, de ce qui lui est arrivé, de ce qui lui arrive, de ce qui va lui arriver… p 52-53
Le temps constitue ainsi la corde sur laquelle la vie de chacun va se tendre. Et, sur ce point, les nouvelles technologies de l’instantanéité représentent une arme à double tranchant. D’un côté, elles semblent libérer l’individu de son assujettissement au temps, de l’autre elles intensifient l’obligation de réactivité immédiate dont il est l’objet et, de ce fait, contribuent à générer ou entretenir l’urgence p. 53
Quels sont les effets de ce nouveau temps relationnels, de cette capacité à établir des liens dans l’immédiat et à obtenir des réponses instantanément, de cette possibilité d’obtenir le monde entier au bout du téléphone portable ou du clavier de son ordinateur? La réponse n’est pas simple et, quand on tente de l’approfondir, c’est un tableau contradictoire qui se dessine : d’un côté un individu apparemment libéré des contraintes du temps, mais conforté dans un sentiment de toute-puissance plus ou moins illusoire, de l’autre un individu « compressé », écrasé par cette temporalité de l’immédiat qu’elle implique p57-58
Le téléphone mobile (cellulaire) ne crée pas l’urgence mais c’est lui qui, de plus en plus, la permet : le temps est brusqué afin de saisir l’occasion. Il s’agit d’être à la fois en situation de ne rien rater, c’est-à-dire à l’écoute (branché) et en disposition de commuter immédiatement (zapper) sur ce qui apparaît subitement mieux ou plus intense 59
… C’est tout à la fois l’anxiété du temps perdu, le stress du dernier moment, le désir jamais assouvi d’être ici et ailleurs en même temps, la peur de rater quelque chose d’important, l’insatisfaction des choix hâtifs, la hantise de ne pas être branché au bon moment sur le bon réseau, et la confusion due à une surinformation éphémère 60
À l’école secondaire, Mgr. Richard de Verdun, j’ai eu de bon professeurs. J’aimais l’école et ils m’ont aidé à aimer l’école. Je me souviens d’un professeur de français, il était vraiment excellent et je sentais que j’apprenais. Les frères du Sacré-Cœur, plusieurs bons pédagogues, en science (physique, chimie, mathématique). J’aimais tellement apprendre. Je me souviens d’expériences en laboratoire (chimie), d’expérience à l’extérieur de l,école sur la vitesse du son.
Le parascolaire – le sport – la gymnastique sportive
Mon professeur d’éducation physique au primaire et responsable du club de gymnastique de Verdun, Raymond Gagnier, a été pour moi un modèle d’éducateur. Je me suis valorisé par la gymnastique sportive, je me suis formé par la compétition. Je suis devenu éducateur physique, ma première profession.
Conciliation travail-études
Monsieur Perras, propriétaire de l’épicerie Reverview Grocery à Verdun. J’avais un emploi les fins de semaine et l’été quand j’étais adolescent. Ce fut pour moi tellement important dans ma formation de jeune adolescent, dans ma valorisation, dans le développement de mon identité. J’aimais y travailler et malgré mes difficultés (briser des œufs, des bouteilles de bière, etc) on me faisait confiance. En plus, je faisais de l’argent que je donnais à ma mère, je gardais un dollar et lui laissais 10 ou 12 dollars. Je me rappellerai toujours ce samedi matin ou il m’avait confié d’ouvrir seul l’épicerie. C’est incroyable le sentiment de fierté que j’avais. Et la confiance en moi que je sentais de sa part. Ces expériences merveilleuses, remplaçaient celles que je n’avais pas à la maison. Mon père était malade (santé mentale) et ne jouait pas son rôle de père.
L’influence de ma marraine sur mes études
Ma marraine Germaine Desautels filleule de mon père (du côté des Potvin) a joué un rôle important dans le fait que je poursuive des études universitaires. Un jour au secondaire, un enseignant (un frère du sacré coeur), conseiller en orientation, me fit passer des tests psychologiques. Sa conclusion c’est que je n’étais pas apte à poursuivre des études universitaires. Ma marraine a entendu parlé de cela et ne croyait pas du tout à ces résultats catastrophiques. Elle travaillait dans un des bureau du Ministère de l’éducation et connaissait des personnes qui pouvaient m’aider. Je crois que j’ai eu l’occasion de repasser des tests. Une chose certaine c’est que j’avais les capacités. Non seulement j’avais les capacités de faire des études supérieures mais j’ai participé, dirigé de nombreux étudiants à la maîtrise et au doctorat à diplômer. Heureusement qu’une prsonne de ma parenté s’est intéressé à moi.
L’influence de Gilles Gendreau et de Boscoville
L’influence de Gilles Gendreaua été au niveau de la profession de psychoéducation. Ce fut mon professeur, mon maître et un modèle. Sa vision de la psychoéducation m’a beaucoup influencé. Il avait une vision « éducative, pédagogique ». Il m’a beaucoup formé. L’expérience de Boscoville, du Centre de Psychoéducation du Québec ou pendant 20 ans j’ai travaillé avec lui. De 20 ans à 40 ans. Malgré toutes mes difficultés à Boscoville (insécurité, etc) je sentais qu’il croyait en moi.
L’influence de Jeannine Guidonétait à un autre niveau. Sa grande capacité de théorisation, l’orientation de l’intervention à l’aide d’un cadre théorique de référence. C’était plus une universitaire classique.
Aimée Leduc au doctorat Université Laval
C’était tout un personnage Aimée Leduc. J’ai reçu une formation rigoureuse en recherche dans une approche très classique de type expérimental. Malgré la rigidité de cette approche de recherche, cette formation à été pour moi une référence tout au long de ma carrière de chercheur. C’est au doctorat que j’ai été initié au béhaviorisme social de A.W. Staats.
Richard E. Tremblay à la maîtrise École de psychoéducation Université de Montréal
Un vent de fraicheur et de nouveuté frappe l’École de psychoéducation avec l’arrivée de jeunes professeurs fraîchement formés au doctorat dans différentes universités à l’étranger. Richard E. Tremblay faisait partie de ces nouveau professeur lorsque j’ai réalisé ma maîtrise. C’est vraiment mon premier contact avec la recherche et les statistiques. Ici également, cette formation m’a servit tout au long dema carrière universitaire.
Merci à ces pionniers, à ces mentors qui ont influencé mon développement, mes apprentissages et ma carrière universitaire.