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Le RIAQ et les ateliers d’informatique
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Une courte histoire du Québec
Une courte histoire du Québec
Auteur : Jean-François Veilleux – Historien et doctorant en études québécoises UQTR
OYÉ OYÉ !!! Découvert en 1534-1535 par Jacques Cartier, premier européen à pénétrer dans le majestueux fleuve St-Laurent, ce « nouveau monde » devient aussitôt ce qu’il appelle le «Canada», un territoire qu’il conquiert au nom de François 1er alors roi de France.
Habité continuellement dès 1608 par Samuel de Champlain et ses valeureux camarades, la Nouvelle-France devient la première province royale sous Louis XIV en 1663. Conquis par les britanniques un siècle plus tard, en 1760, uni de force avec l’Ontario loyaliste en 1840 puis confédéré par Londres en 1867 – sans vote populaire – le Québec, qui a aussi repoussé deux fois l’invasion armée américaine, est de cette « race qui ne sait pas mourir »!
Le Québec a aussi tenté deux fois d’atteindre son indépendance politique, mais sans succès.
D’une superficie de 1,6 million de km carrés, le Québec a longtemps été convoité parce qu’il possède l’un des sols les plus riches de la planète. Son territoire 4 à 5 fois plus grand que la France, 10 fois la Belgique, comprend des fourrures, du bois, des minéraux auxquels s’ajoutent 3% de toute l’eau douce au monde; on parle de 130 000 rivières et 1 million de lacs qui permettent à mon pays d’être 1 pionnier et 1 champion mondial en hydroélectricité.
Aujourd’hui devenue la société avec le plus bas taux de criminalité en Amérique du Nord, plus de 8 millions de personnes habitent son territoire incluant 11 nations autochtones
Terre d’accueil par le métissage des traditions amérindiennes, de la culture française, du goût canadien pour l’aventure, de l’héritage anglo-saxon du parlementarisme, le Québec est une société multi-ethnique qui mise sur l’inter-culturalisme et l’intégration par l’idée du français langue commune, d’ailleurs unique langue officielle du Québec depuis 1974.
Étant donné que les francophones sont seulement 2% des gens en Amérique du Nord, le Québec porte en lui cette image du village gaulois qui résiste à l’envahisseur anglo-saxon… C’est pour cette raison qu’il a toujours été prompt à adopter divers symboles identitaires.
Ayant le plus ancien parlement démocratique des Amériques, possédant sa fête nationale depuis le 24 juin 1834, son hymne national depuis la St-Jean-Baptiste de 1880 puis son drapeau officiel dès le 21 janvier 1948 (presque 20 ans avant le Canada anglais), le Québec a toujours gagné à valoriser son identité unique, source de fierté partout dans le monde.
Trônant parmi tous nos symboles, quelle est notre devise nationale ? JE ME SOUVIENS !
Près de 500 ans d’histoire, de culture et de pratiques artistiques originales font mentir Lord Durham qui écrivait en 1839 que les Canadiens-français étaient « un peuple sans histoire et sans littérature ». Même s’il n’est pas encore un État souverain et qu’il n’a toujours pas signé la constitution canadienne de 1982, mon pays vous souhaite la bienvenue à tous, dans ce Québec français qui a besoin de vous pour affirmer son indépendance politique et sa souveraineté populaire. Vive le Québec libre, éduqué et francophone!!
Version Web
https://www.youtube.com/watch?v=D0APeHhUtC8&feature=youtu.be
Beauté de la passion même âgée: Une scientifique neurologue et féministe
C’est impressionnant, une femme âgée, une scientifique neurologue, prix Nobel en médecine. Quel beau message de « passion » pour nous tous et toutes, jeunes et âgés.
Çà vaut la peine de prendre quelques minutes pour regarder.
Rita Levi Montalcini
Publié dans b. Société, c. Universitaire
La violence conjugale, comment s’en sortir ?
Avant propos
Ceux qui suivent mes articles sur mon Blogue Éducation – Psychoéducation – Société et mes interventions sur Facebook se demanderont peut-être, comment se fait-il que j’écris un article sur la violence conjugale ? Voici la réponse. En parallèle à mon domaine de recherche en éducation et en psychoéducation, depuis 20 ans j’ai collaboré avec Denise Tremblay psychologue et directrice de La Séjournelle maison pour femmes victimes de violence conjugale ainsi qu’au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Mes travaux de recherche ont porté sur la validation du Modèle du Processus de Domination Conjugale (PDC) et d’un outil d’évaluation de la sécurité des femmes victimes de violence conjugale. À un niveau plus personnel, j’ai connu la violence conjugale de l’intérieur de ma famille d’origine et je peux témoigner des effets négatifs que cela produit sur les personnes. Je me sens donc légitime de parler de violence conjugale.
La motivation qui me pousse à écrire cet article est stimulée par le fait que tous les mois des jeunes femmes perdent la vie, victime de la violence de leur conjoint ou ex-conjoint. Il arrive même parfois que des enfants soient impliqués en étant assassinés et pour terminer le tout, souvent l’agresseur se suicide.
À cette violence conjugale s’ajoute ces temps-ci la violence sexuelle à l’université. Ce problème de société s’explique par une culture de relation inégalitaire et violente entre les hommes et les femmes, par un processus de domination des hommes sur les femmes.
C’est tout simplement inacceptable et cela doit cesser. Il est possible de réduire ces drames par l’éducation et la prévention.
La violence conjugale
Essentiellement, selon le modèle du PDC, la violence conjugale peut s’expliquer par la dynamique du processus de domination du conjoint (plus souvent l’homme) sur la femme. Une domination violente : soit physique, et/ou psychologique, et/ou sexuelle et/ou économique.
Cette violence peut s’installer graduellement sans que la femme s’en rendre trop compte et lorsqu’elle en prend conscience cela représente tout un défi que d’apporter des changements à une relation toxique.
Au départ, pour de multiples raisons, certaines femmes peuvent être vulnérables dans leur relation conjugale, soit du point de vue économique, soit par le fait d’avoir des enfants et de se sentir responsable de leur vécu ou encore d’être vulnérable affectivement. Ces vulnérabilités peuvent devenir des outils de domination pour les conjoints. Ces conjoints violents, ces hommes possèdent une habileté raffinée pour piéger leur conjointe dans une relation toxique.
Les femmes victimes de violence aiment leur conjoint et celui-ci promet de changer et donne espoir, pour finalement ne jamais changer. Après un certain nombre d’années, la femme finit par prendre conscience que la situation ne changera jamais et veut mettre un terme à cette relation.
Arrive le moment où la femme victime décide que c’est terminé. La relation est finie. C’est la période dangereuse, car le conjoint violent perd tout son contrôle et aussi son « équilibre psychologique ». Souvent le passage à l’acte arrive suite à une séparation ou le conjoint violent se rend compte que c’est vraiment fini, qu’il perd son pouvoir de domination. Cette situation devient pour lui une question de vie ou de mort.
Quelques solutions
Protéger les femmes victimes et augmenter leur sécurité. Les travaux de recherche et l’expertise de La Séjournelle et du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (VVC) ont permis de développer des outils d’évaluation de la sécurité des femmes VVC ainsi que du travail de partenariat entre les différents acteurs en VC (justice, policier, maison pour femme VVC, Organismes pour hommes violents, etc.). Il faut davantage implanter à travers le Québec ces outils de prévention et de sécurité pour les femmes et pour ce faire financer davantage ces programmes.
Programmes de prévention de la violence. Dès le primaire et également au secondaire, dans les programmes de prévention de la violence à l’école, il faut ajouter un volet sur les rapports égalitaires garçon/fille. Il existe déjà des programmes de ce type au Québec, entre autres : Branchons-nous sur les rapports de force pour les écoles primaires et Enlignons-nous sur des mots sans maux pour les écoles secondaires (voir sur le site internet du Regroupement).
Éduquer les adolescentes et les adolescents aux rapports égalitaires et respectueux dans les relations amoureuses :
- Pour les filles, apprendre les indices qui permettent de déceler une relation amoureuse qui peut devenir toxique. Les indices de contrôle, de jalousie, d’inégalité dans la relation. Apprendre aux filles le danger de vouloir jouer le rôle d’aidante, de « sauveuse ». Un rôle qui peut être naturel, parfois important à jouer, mais pouvant aussi devenir très dangereux si la relation est inégalitaire et dominante.
- Pour les garçons, apprendre à être capable de s’affirmer sans dominer. Apprendre ce qu’est une relation égalitaire et respectueuse. Apprendre à gérer les émotions, telles la jalousie et l’acceptation d’une fin de relation.
Conclusion
Si l’on applique ces quelques moyens et solutions, il y a de fortes chances que l’on arrive à réduire de beaucoup la violence conjugale et aussi à sauver des vies. Sans compter l’importance de réduire tous les effets collatéraux de la violence conjugale (effet sur le développement des enfants, de la femme, des hommes violents, de l’entourage, etc.)
La Séjournelle
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.
***
Publication sur Facebook le 17 décembre 2018
Je suis complètement découragé par les deux cas de violence conjugale et l’assassinat des deux jeunes femmes par leur conjoint violent survenu ces deux derrières semaines (décembre 2018). Dans les deux cas les conjoints avaient un passé violent et criminel. Notre système de justice n’a pas de bon sens tant pour les cas d’agressions sexuelles que pour les cas de violence conjugale. Pourtant au Québec je sais pour y avoir participer dans mes travaux de recherche en violence conjugale, beaucoup d’énergie et d’investissement ont été fait pour la sécurité des femmes victimes de violence conjugale.
Ici je m’adresse aux femmes, surtout ne pensez pas que votre amour peut « guérir » un homme au passé de violence. Laissez ce travail aux organismes qui viennent en aide aux hommes violents (comme par exemple L’Accord Mauricie). Avant de vous engager dans une relation avec un homme, informez-vous de son passé et s’il y a eu de la violence dans une relation,cessez immédiatement cette relation. Si vous sentez le moindre contrôle, la même chose. Si vous êtes prise dans une relation de violence et que vous avez peur de le quitter, peur pour votre sécurité, préparer votre « rupture », car ce peut être dangereux. La rupture est l’un des indicateur important de haut risque. Vous pouvez être aidé par un organisme d’aide aux femmes victime de violence conjugales. Voir les coordonnées dans mon article plus haut.
Je m’adresse aux hommes. Si vous éprouvez des difficultés dans vos relations avec les femmes, si vous sentez un besoin de contrôler, des sentiments de jalousie. Faites de la prévention et aller chercher de l’aide il en existe pour les hommes. Soit en psychothérapie ou demander de l’aide à une organisme pour homme (en Mauricie: L’Accord Mauricie).
Autres articles sur la violence conjugale
https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/565873/les-mots-pour-le-dire?utm_source=infolettre-2019-10-30&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne
Publié dans b. Société
Le problème de réussite scolaire des garçons
Dossier : Le problème de réussite scolaire des garçons
Avant-propos
Aborder le problème scolaire des garçons est un sujet sensible où les avis sont très partagés, il n’y a pas de consensus. Pourtant, les statistiques sont là et très parlantes comme on pourra le voir plus loin dans cet article. Il y a une crise actuellement concernant la réussite des garçons et je dirais une crise aussi au niveau de l’identité des hommes. Pour ce qui est des garçons le problème date de plusieurs décennies et est planétaire.
J’aimerais ici bien faire comprendre à mes lectrices et à mes lecteurs, que de se préoccuper du problème des garçons et du problème des hommes n’enlève rien à la réalité qui existe depuis des siècles concernant les problèmes des filles et des problèmes des femmes. Du moins, se préoccuper des garçons et des hommes ne doit en rien nuire à tous les efforts féministes réalisés depuis des décennies afin d’en arriver à une égalité homme/femmes dans notre société. Égalité au niveau du rôle social, familial et au niveau économique.
Pour terminer sur cet avant-propos, j’aimerais préciser que je suis « féministe » (pour la promotion de l’égalité des femmes et des hommes) et que depuis plus de 20 ans je fais de la recherche évaluative sur la sécurité des femmes victimes de violence conjugale en collaboration avec la directrice de La Séjournelle (maison pour femme victime de violence conjugale) Denise Tremblay.
État de situation 1 : le problème de la réussite scolaire des garçons au primaire et au secondaire
La question de la réussite scolaire des garçons comparée à celle des filles suscite de vifs débats depuis de nombreuses années. De nombreux travaux de recherche ont été réalisés sur le sujet et ce problème préoccupe les acteurs de l’éducation depuis plus de 20 ans. Préoccupation scolaire au départ, cette réalité est devenue un problème de société. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’état de la question est loin de faire l’unanimité.
Un courant dominant laisse entendre que les garçons réussissent mal à l’école et que celle-ci n’est pas adaptée à leurs caractéristiques et à leurs besoins (J’en fais partie). Ce problème serait même accentué en milieu défavorisé. Les dernières années ont vu poindre un autre point de vue qui a tendance à minimiser le problème des garçons à l’école. Ainsi, en 2012 la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) (1) publiait un document ayant pour but de déconstruire les mythes au sujet de la problématique des garçons à l’école et de rétablir les faits. Ce document s’appuie sur des faits qui relativisent la question du problème des garçons. On y démontre que les garçons sont surtout en difficulté en français et qu’ils sont supérieurs aux filles en mathématiques et en sciences (je crois qu’actuellement les filles sont au même niveau ou dépassent les garçons – re : OCDE), qu’il y a plus de différences dans la réussite scolaire selon l’origine sociodémographique qu’entre les sexes, que c’est un mythe de croire que l’école au féminin nuirait à la réussite des garçons et ainsi de suite. Cette position de la CSQ rejoint en bonne partie le point de vue de St-Amant (2007) (8), qui fait une analyse semblable. Il rejoint également les constats de la synthèse de méta-analyses d’Hattie (2009) (4), qui s’étonne des débats sur le problème des garçons, alors que la variable sexe n’est pas une variable de grande importance dans l’apprentissage et le rendement scolaire.
Cloutier (2004) (2) a un point de vue différent de ce qui est présenté plus haut et englobe le problème des garçons dans ce qu’il appelle les vulnérabilités masculines et précise que malgré le contexte d’une dominance masculine clairement et largement inscrite dans l’univers humain, les vulnérabilités masculines existent et sont largement perceptibles.
En effet, dans plusieurs domaines d’intervention psychosociale, on observe que les individus de sexe masculin risquent davantage de vivre des difficultés au cours de leur vie. Par exemple :
- dès la naissance, il semble que les garçons rencontrent plus de difficultés que les filles. Par exemple, pour chaque tranche de 1 000 naissances vivantes, 5,8 garçons meurent la première année de leur vie, comparativement à 4,7 filles. De 1 an à 4 ans, les garçons sont beaucoup plus susceptibles d’être hospitalisés que les filles (3)
- les filles se développent plus rapidement que les garçons durant la petite enfance (3).
- les garçons manifestent plus de problèmes de comportement que les filles durant la petite enfance. Par exemple, les garçons de 5 ans sont moins attentifs (note de 8,5) que les filles (note de 9,3). Environ 16 % des garçons de 4 à 11 ans ont un comportement agressif, comparativement à seulement 9 % des filles, et 14 % des garçons du même groupe d’âge sont hyperactifs comparativement à seulement 6 % des filles (3).
- les garçons présentent plus de comportements agressifs et subissent plus de suspensions internes et externes à l’école
- les garçons ont plus de chances de subir des accidents physiques,
- ils risquent d’avoir plus de problèmes de langage,
- présentent plus de retards et de difficultés d’apprentissage,
- plus de redoublements tant au primaire qu’au secondaire,
- plus de difficultés en lecture et en écriture,
- plus de retards et de problèmes de langage,
- plus de dyslexie
- plus d’autisme
- plus de décrochage scolaire (le taux de diplomation des garçons est inférieur de près de 8 % à celui des filles (MELS, 2011).
- on retrouve une proportion de plus de 3 garçons pour 1 fille dans les classes spéciales (6)
- d’avoir des problèmes avec la justice, des comportements antisociaux, de la délinquance ou des troubles de comportement, la prévalence du rapport garçons/filles est de 4 à 1 (2)
- de présenter des conduites suicidaires (3 fois plus de suicides chez les hommes comparé aux femmes)
État de situation 2 : le faible taux d’hommes inscrits à l’université
Le problème de réussite des garçons au primaire et au secondaire semble avoir aussi des conséquences au niveau universitaire. À l’université le problème concerne le fait que les inscriptions des hommes comparées à celles des femmes déclinent de plus en plus depuis quelques années.
La Presse canadienne (2015) (7) présentait les données de l’Institut de la statistique du Québec précisant que la scolarisation universitaire chez les femmes présentait un écart de 10 points entre les jeunes femmes et les jeunes hommes. Chez les Québécois âgés de 25 à 34 ans, la proportion de titulaires d’un grade universitaire atteint 29,9 % soit 24,5 % chez les jeunes hommes et 35,3 % chez les jeunes femmes. Ce constat ne semble pas propre au Québec, car en Ontario on observe le même écart.
La tendance s’accentue, en 2003, 38,8 % des femmes de 19 ans ont fréquenté l’université, comparativement à 25,7 % des hommes, soit un écart de 13,1 points (3).
Une publication de Statistique Canada (2008) en référence avec une étude des chercheurs de Statistique Canada (3), ont tenté d’expliquer Pourquoi les femmes sont-elles devenues majoritaires à l’université?
Ces chercheurs établissent d’abord le profil des filles et des garçons de la naissance jusqu’à 15 ans.
- dès le début de la scolarisation, les garçons accusent du retard par rapport aux filles dans plusieurs aspects physiques, cognitifs et affectifs
- à mesure que les jeunes progressent dans le système scolaire, les écarts entre les sexes ont tendance à s’accentuer
- à 15 ans, moment où bien des jeunes commencent à envisager les avenues possibles après le secondaire, les filles ont un bien meilleur rendement scolaire que les garçons.
Piste d’explication de l’écart entre les sexes des taux d’inscription à l’université
La question suivante est posée par les chercheurs : dans quelle mesure les avantages dont bénéficient les filles à 15 ans expliquent l’important écart entre les sexes quant à l’inscription à l’université à 19 ans.
- plus des trois quarts (76,8 %) de cet écart peuvent être expliqués par des différences entre les garçons et les filles pour certaines caractéristiques observables. Les principaux facteurs sont les différences dans :
- les notes scolaires obtenues à 15 ans,
- les notes aux tests normalisés de lecture obtenues à 15 ans
- le temps consacré aux devoirs
- les attentes des parents et
- les gains supérieurs associés à un diplôme universitaire comparativement à un diplôme d’études secondaires.
- Les résultats aux tests normalisés de lecture, les notes moyennes globales et le temps consacré aux devoirs sont tous des facteurs associés de façon positive à l’inscription à l’université. Cette association est, en grande partie, sans égard au sexe.
- Comme l’ont montré d’innombrables études, le niveau d’études des parents est positivement corrélé à la poursuite d’études universitaires, et ce, dans la même mesure pour les filles que pour les garçons
- Les attentes parentales envers leurs enfants jouent un rôle important. L’accroissement des attentes parentales est associé à un accroissement du taux d’inscription à l’université, et la relation est plus forte chez les filles.
Conséquences possibles du problème de scolarisation des garçons et des hommes
L’une des conséquences possibles est le passage à une autre inégalité des sexes Homme/Femme, mais à l’envers avec une absence importante des hommes et une prédominance des femmes dans les professions.
On a souffert et on souffre encore du manque d’égalité homme/femme dans notre société. L’histoire de l’humanité démontre bien que dans son ensemble, il y a eu une domination par les hommes à plusieurs niveaux : politique, économique, social, religieux.
Au Québec et ailleurs dans le monde on travaille fort à rétablir l’équilibre et l’égalité homme/femme. Le grave problème démontré plus haut concernant les difficultés de scolarisation des garçons et des hommes risque de menacer à l’avenir cette recherche d’équilibre.
Si les garçons continuent à présenter des difficultés importantes au niveau de leur scolarisation et s’il y a de moins en moins d’hommes formés à l’université, ceci veut dire de moins en moins d’hommes professionnels : ingénieur, médecin, avocat, notaire, comptable, juge, architecte, psychologue (c’est le cas actuellement), psychoéducateur (c’est le cas actuellement), enseignant (c’est le cas actuellement) etc.
Les solutions
Il existe de nombreuses solutions, car le problème est multifactoriel. Les principales solutions passent par : l’éducation familiale, le rôle des pères, les attentes parentales, l’école et la société en général.
L’éducation familiale
La famille est le lieu de socialisation de choix et le lieu par excellence pour le développement de l’identité des garçons et des filles. Les parents sont les premiers modèles de ce qu’est un homme et une femme dans notre société. Un modèle de l’égalité des hommes et des femmes dans un partage équilibré de rôle et de tâches qui concernent l’éducation des enfants. Tout en respectant les différences individuelles les rôles et les tâches sont le moins possible « sexués ». Chose certaine, il ne doit pas y avoir de privilèges d’attribués pour des raisons de genre (garçon vs fille, homme vs femme, père vs mère).
Le rôle paternel des hommes
Les hommes doivent activement jouer leur rôle de père et d’engagement vis-à-vis des études de leur fille et de leur garçon. Pour corriger la situation actuelle du problème des garçons, une attention particulière doit cibler les garçons. Valoriser les études, l’effort, la persévérance. Éduquer à l’auto contrôle du « plaisir » et voir à l’investissement dans les travaux scolaires. Également pour corriger la situation actuelle attribuer plus de tâches au père en ce qui concerne l’école (visite parentale, lien avec les professeurs, etc.). La tendance actuelle est que les mères s’occupent davantage des études.
Les attentes parentales
Plusieurs études ont bien démontré le pouvoir des attentes parentales ou des enseignants sur le comportement des enfants. Des attentes positives, élevées, mais réalistes envers les enfants et les adolescents sont souhaitables. Ces attentes doivent être accompagnées de soutien à leur réalisation de la part des parents.
L’école
Bien entendu l’école joue un rôle crucial dans la réussite des garçons et des filles. Il faut apprendre aux garçons à s’adapter aux conditions nécessaires à l’apprentissage, mais il faut revoir en profondeur la culture de l’école qui est conçue davantage pour les filles que pour les garçons. Tout le climat pédagogique de l’école actuelle et d’avant correspond à la nature des filles (coopérer, attentive, concentré, etc.). Il y a eu beaucoup d’effort pour changer la pédagogie (rendre l’apprentissage actif, apprentissage par les projets, etc.), malgré tout, ce n’est pas suffisant. Il faut davantage de situation active, d’activités physiques, d’expérimentation, de recherche, etc.
Augmenter la présence masculine à l’école afin d’apporter une autre vision de l’éducation et rejoindre davantage les garçons. Actuellement en 2018, au primaire seulement 11% des enseignants sont des hommes et au secondaire c’est seulement 35% (source: É. Royer 2018)
Références
(1) Centrale des syndicats du Québec (CSQ) (2012). Le décrochage et la réussite des garçons : déconstruire les mythes, rétablir les faits.
(2) Cloutier, R. (2004). Les vulnérabilités masculines. Une approche biopsychosociale. Éditions de l’Hopital Sainte-Justine, Montréal.
(3) Frenette, M. et Zeman, K. (2007). Pourquoi la plupart des étudiants universitaires sont-ils des femmes? Analyse fondée sur le rendement scolaire, les méthodes de travail et l’influence des parents, Direction des études analytiques : documents de recherche, produit numéro 11F0019MIF au catalogue de Statistique Canada, numéro 303. Statistique Canada (2008). http://www.statcan.gc.ca/pub/81-004-x/2008001/article/10561-fra.htm
(4) Hattie, J. (2009). Visible learning. A synthesis of over 800 meta-analyses relating to achievement. Routledge Ed.
(5) Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) (2011): Taux annuel de sorties sans diplôme ni qualification (décrochage), selon le sexe, ensemble du Québec, de 1999-2000 à 2009-2010 (données officielles). Système Charlemagne, novembre 2011.
(6) Ministère de l’éducation des loisirs et du sport (MELS). (2009). À la même école – Les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage : évolution des effectifs et cheminement scolaire à l’école publique. Document consulté le 30 avril 2012 de http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/SICA/DRSI/ALaMemeEcoleEHDAA_f.pdf
(7) Presse canadienne (2015) http://www.lapresse.ca/vivre/societe/201412/11/01-4827312-universite-important-ecart-entre-les-jeunes-hommes-et-femmes.php
(8) St-Amant (2007). Les garçons et l’école. Éditions Sisyphe. Collection contrepoint. Montréal
Autres articles sur le problème des garçons à l’école
Statistiques récentes – écart des garçons vs filles (2020)
http://plus.lapresse.ca/screens/8c42c8b5-f430-4431-ae89-3ec074171e06__7C___0.html?utm_medium=Facebook&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen&fbclid=IwAR291TcxFSq-9iDdsaVbu4HgLtpraC5wselp-GMbmmH8umLTIpRMwvDUhu4
Conférence que j’ai réalisée sur le problème des garçons à l’école
Liste d’article tirée du RIRE du CTREQ
http://rire.ctreq.qc.ca/2010/08/les-garcons-et-lecole/
Article intéressant: Éric Lanthier (sept. 2018) Réussite des garçons en milieu scolaire: lecture et identité vont de pair.
Un dossier très intéressant de la journaliste Daphnée Dion-Viens. 10 solutions pour sauver nos gars du décrochage . Journal de Montréal et Journal de Québec 1er sept. 2018
NOTE: Malheureusement pas accessible en Europe
https://www.journaldequebec.com/actualite/education
https://www.journaldequebec.com/2018/08/31/10-solutions-pour-contrer-le-decrochage-scolaire-chez-les-garcons
https://www.journaldemontreal.com/2018/08/31/10-solutions-pour-contrer-le-decrochage-scolaire-chez-les-garcons
https://www.journaldemontreal.com/2018/09/02/le-parascolaire-un-antidote-au-decrochage
https://www.journaldequebec.com/2018/09/03/les-papas-doivent-simpliquer-davantage-a-lecole
https://www.journaldequebec.com/2018/09/03/il-faut-plus-dhommes-dans-nos-salles-de-classe
https://www.journaldequebec.com/2018/09/03/permettre-aux-gars-detre-des-gars
Dossier Garçon
https://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2019/01/finir-fabrique-garcons
***
Voici un article complémentaire du devoir 09-05-2018 présentant le point de vue d’Égide Royer de l’Université Laval.
Problème des garçons au CÉGEP
https://www.journaldequebec.com/2019/01/08/baisse-de-la-diplomation–des-garcons-au-cegep?fbclid=IwAR0W0gElw67HnoAGxh6ge5BFzjbvyzVPwc2hSDUVHjzbegEg-kSOHx-zn8k
Statistiques de diplomation des élèves EHDAA
https://www.journaldemontreal.com/2016/12/16/25–des-eleves-en-difficulte-terminent-leur-secondaire
Publié dans 1.Éducation, 2. La Psychoéducation, b. Société
Violence envers les tout-petits : les médias exagèrent
Être parent c’est tout un défi. Suite au rapport de l’observatoire des tout-petits les médias diffusent l’information qu’au Québec 50% des tout-petits sont victime de violences physiques mineures (quand on le dit) de la part de leur parent. Qu’est-ce que la violence physique mineure: c’est une punition corporelle comme secouer ou brasser un enfant (2 ans ou plus), lui taper la main, les fesses à mains nues, etc.
Il faut faire attention, je trouve que les médias en mettant l’accent sur le 50% de violence physique auprès des tout-petits de la part des parents envoient le message qu’au Québec on est une gagne de parents violents, ce qui à mon avis, n’est pas le cas.
Bien entendu dans le meilleur des mondes il serait souhaitable qu’un parent évite d’utiliser la « violence physique mineure » ou le « châtiment corporel », mais la vie étant ce qu’elle est, tout n’est pas parfait et ce n’est pas la catastrophe. Je ne crois pas que parce qu’un parent de temps à autre donne quelques tapes sur les fesses à son enfant fait de lui un mauvais parent et nuit au développement de son enfant. Le parent qui donne aucune conséquence à son enfant devant des comportements inacceptables nuit beaucoup plus au développement de son enfant (exemple: enfant roi).
Je trouve qu’on exagère et que les médias finalement nuisent en centrant toujours l’intérêt sur des éléments « spectaculaires ».
Publié dans 3. Réflexion, b. Société
Sans oui, c’est Non! : Contre la violence sexuelle
Au Québec, comme ailleurs, nous sommes confrontés avec la violence sexuelle. On parle de culture du viol – je croyais que c’était réservée à l’Inde. Dernièrement aux résidences de l’université Laval des étudiantes ont été agressées, de plus, un autre événement d’agression sexuelle à frappé l’Assemblée nationale du Québec – un député en cause (pour ce dernier événement l’enquête est en cours – donc, présumée agression).
La sexualité, le sexe, les relations sexuelles sont profondément ancrés dans notre « système », dans notre « organisme ». Au départ dans l’évolution de l,espèce, c’était un besoin fondamental de survie de l’espèce (procréer), puis c’est devenue une « activité » en lien avec l’amour ou tout simplement avec la recherche de plaisir. La sexualité est fortement renforcée par le plaisir. De plus, au cœur de la sexualité il y a les rapports « humains », les relations égalitaires ou inégalitaires « homme-femme » (entre autres).
C’est donc par l’éducation et la culture que comme être humain on apprend à développer des attitudes et des comportements adéquats, acceptables et respectueux de l’autre – le partenaire (homme et femme). Cet apprentissage doit se faire tôt, tant pour les garçons que pour les filles et ce tout au long de la vie (au départ, dans la famille et à l’école).
Je trouve excellent le slogan « Sans oui, c’est non!
L’un des problèmes actuellement dans notre société est la banalisation de la sexualité, l’hypersexualisation et les modèles diffusés par la pornographie qui est facilement accessible.
Il faut donc informer, sensibiliser, éduquer les garçons et les filles aux messages à transmettre et à décoder de part et d’autres lors de relations sexuelles. Particulièrement pour les garçons: c’est quoi un oui et c’est quoi un non; que le non-verbal parle aussi, que le silence n’est pas nécessairement un oui. Que chaque partenaire à le droit de dire non à des types de pratiques qu’ils ne veulent pas, etc.
Il faut donc: Éduquer, Éduquer, Éduquer!
L’importance de l’éducation à la sexualité doit être une priorité (voir l’article – le lien)
Publié dans 3. Réflexion, b. Société
Rôle important de la critique dans notre société
La critique doit être présente dans notre société – les intellectuels, les philosophes, les universitaires, les journalistes doivent bien jouer ce rôle essentiel:
Documenter – Analyser – Questionner – Remettre en question – Critiquer – Proposer des orientations ou des solutions.
État de situation
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Nous sommes constamment bombardés d’information de toutes sortes, parfois valides et parfois biaisées
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La révolution numérique avec Internet et les médias sociaux nous donnent accès à d’innombrables informations et permettent à n’importe qui de diffuser de l’information parfois valide et parfois invalide ou inutile.
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Un grand nombre de politiciens (pas toutes et pas tous) sont davantage préoccupés par le pouvoir de leur partie que par le bien-être des citoyens. Les politiques se développant alors à court terme (4 ans).
-
Même certains chercheurs qui sont subventionnés par de grandes firmes (entre autres, pharmaceutique, alimentaire, etc.) ne dévoilent pas toute la vérité sur leurs découvertes (exemple: les dangers de la cigarette, le sucre, etc.).
-
En éducation, depuis des années on se donne des réformes, on suit la mode des pratiques « nouvelles » (le socioconstructivisme, les intelligences multiples, les Communautés d’Apprentissage Professionnel (CAP, et bien d’autres). On évalue peu les pratiques, on utilise peu les résultats issus de la recherche et le savoir d’expérience n’est pas nécessairement soumis à la critique ou à l’évaluation.
L’importance de la critique
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Il nous faut des personnes qui jouent le rôle de nous « Alerter », de défaire s’il y a lieu la « désinformation »
-
Ces intellectuels qui vont à contre-courant et qui ne sont pas « politiquement correcte ». Qui dérangent.
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Dans notre monde « d’action », de multiples communications – sans vraiment communiquer, de course à la performance et aux multiples tâches en même temps… il nous faut ces personnes qui sonnent « la cloche » pour nous inciter à la prise de recul, au temps minimal de réflexion.
Article sur la liberté d’expression – L’importance du droit à la critique – événement : les menace envers le journaliste et auteur Mathieu Bock-Côté
Publié dans 3. Réflexion, b. Société
La Maison Oxygène: Hommage à André Melançon
André Melançon ainsi que sa conjointe Andrée Lachapelle ont été impliqués comme bénévoles et Porte-paroles de La Maison Oxygène du Carrefour familial Hochelaga.
Le présent communiqué leur rend hommage.
hommage aux André(e)
Publié dans b. Société
Paradis fiscaux et injustice économique et sociale
État de situation
Un lanceur d’alerte a livré des informations secrètes sur des placements dans le paradis fiscal qu’est le Panama. De nombreuses personnes (célèbres) dont le président de l’Islande sont impliquées dans ce « scandale ». Le peuple Islandais a manifesté et obtenu la démission de leur président. Peut être qu’il va y avoir « d’autres têtes qui vont tombées »
Compréhension du paradis fiscal
Des personnes riches, des compagnies, des criminels (mafia pour blanchir l’argent) soutenus par des firmes de comptables placent et « cachent » leurs argents dans des pays étrangers avec la garantie du secret. Selon ce que je comprends, il n’est pas défendu selon la loi de notre pays de placer de l’argent dans d’autres pays, mais il faut déclarer ces avoirs et ces revenus dans nos déclarations d’impôts.
Conséquences
Pour bien comprendre comment cette tricherie nous touche tous, regardons notre réalité de citoyen ordinaire et honnête. C’est la période des impôts et l’on constate que pour chaque dollar gagné on doit en retirer plus du tiers pour les impôts. De plus, à chaque dollar dépensé on doit payer 15% de taxes. Ceci veut dire que nos revenus sont coupés de 50%. Ces sommes servent à soutenir les divers services pour l’ensemble de la communauté (système de santé, éducation, CPE, régime des rentes, etc.).
De l’autre côté, des personnes riches et favorisés trichent le système en cachant leurs avoirs et en évitant ainsi de payer des sommes importantes d’impôts. Ces argents normalement dus permettraient d’alléger nos propres impôts, d’investir davantage en santé, en éducation et dans nos infrastructures.
La bonne nouvelle
Un nouveau phénomène semble voir le jour depuis quelque temps et menacer les fraudeurs et les tricheurs. Ceux-ci risque fortement d’être découvert, de perdre leur réputation et de vivre des conséquences légales importantes.
Il semble que le « secret » n’est plus aussi imperméable qu’il était, grâce aux lanceurs d’alerte, aux journalistes d’enquête et aux ravages que peuvent faire les médias sociaux.
J’espère que mon analyse n’est pas seulement le reflet de ce que je souhaite, mais que c’est une réalité qui va permettre de lutter contre ce fléau « injuste ».
Publié dans 3. Réflexion, b. Société
Sapiens. Une brève histoire de l’humanité
Je vous recommande la lecture de ce livre. Il est une occasion exceptionnelle de réfléchir sur nous les Humains, sur notre compréhension de l’évolution ou de la régression. Les hiérarchies, la richesse, la pauvreté, le racisme, la domination des hommes sur les femmes, etc…
Yuval Noah Harari
Sapiens. Une brève histoire de l’humanité
Extrait de la 4e couverture
L’histoire a commencé quand les hommes ont inventé les dieux. Elle s’achèvera
quand ils deviendront des dieux.
Il Y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes
d’hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète? Pourquoi
nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes, des royaumes? Comment
en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits
de l’homme? À dépendre de l’argent, des livres et des lois? À devenir esclaves
de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse? Et à quoi
ressemblera notre monde dans le millénaire à venir?
Véritable phénomène d’édition, traduit dans une trentaine de langues,
Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d’Histoire
à l’Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l’Histoire
à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l’humanité: nos pensées, nos actes, notre héritage … et notre futur.
« Sapiens s’est rapidement imposé partout dans le monde, parce qu’il
aborde les plus grandes questions de l’histoire moderne dans une langue
limpide et précise. » Iared Diamond, prix Pulitzer, auteur d’Effondrement
Publié dans 3. Réflexion, b. Société
Politique québécoise et tricherie
Préambule
Actuellement en mars 2016, selon certains sondages, il semblerait que les québécois sont « désabusés » de la politique et de leurs politiciens. Malheureusement, je fais partie de ces personnes qui n’en reviennent pas des agir irresponsables de certains de nos politiciens.
Il est important de préciser ici, que la très grande majorité de nos politiciens sont honnêtes, responsables et engagés à servir les québécois. J’en suis convaincu.
Que reproche-t-on ? La tricherie
Essentiellement, c’est la « tricherie » qui ne respecte pas les règles fondamentales de notre démocratie. Dans notre société démocratique, il existe des règles précises qui font en sorte que les différents partis politiques ont une égale chance de compétitionner entre eux et que le meilleure gagne. L’une de ces règles est le financement du parti et de la caisse électorale. Le respect de ces règles est très important, car l’on sait à quel point l’argent aide énormément dans les campagnes électorales.
L’une des tricheries pour un parti politique consiste à établir un système (stratagème) qui permet de remplir les coffres de la caisse électorale en demandant à des « firmes » d’être généreux envers le Parti et en retour d’ascenseur les favoriser dans l’octroi de contrats pour des travaux publics. On parle ici « d’argent sale ».
Une première conséquence de cette malhonnêteté est de fausser les règles de la compétition entre les parties politiques et qui favorisent le partie tricheur. C’est une brèche très importante dans notre système démocratique.
Une deuxième conséquence de cette malhonnêteté est de faussé les règles de la compétition entre les « firmes » pour avoir des contrats au niveau des travaux publics.
Constats, réflexion
Comment se fait-il que notre peuple québécois ait permis à ce Parti politique d’être au pouvoir ?
Comment pouvons-nous empêcher que notre système démocratique soit ainsi menacé, bafoué ?
Ce qui me désole de plus en plus, c’est de me rendre compte à quel point le sens moral et des valeurs fondamentales comme l’honnêteté, la justice, le respect des autres, le partage du pouvoir sont de moins en moins présents dans notre société québécoise.
Si vous avez des réflexions, des propositions qui pourraient nous éclairer, ce serait grandement apprécié.
Publié dans 3. Réflexion, b. Société
Le plaisir, la consommation…
Dans ce texte j’analyse l’importance accordée, à notre époque (2015), au plaisir et à la consommation. Le tout bien soutenu par le système économique capitaliste qui se nourri essentiellement de la dépendance de la population à consommer. Avant d’aborder ma réflexion sur le plaisir et la consommation, il est important de bien comprendre comment fonctionne notre organisme au niveau neuropsychologique. Pour ce faire je me réfère à mon livre Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer (Potvin, 2015) Béliveau éditeur. Deux thèmes sont alors pertinents: le cerveau et le circuit de récompense et la motivation générale à l’émission d’un comportement.
Le cerveau et le circuit de récompense
Afin de favoriser la survie de l’espèce, la nature a prévu de nous récompenser lorsqu’on assumait nos fonctions vitales, comme se nourrir, réagir à l’agression et se reproduire. Au cours de l’évolution de notre espèce, se sont développées dans notre cerveau des régions dont le rôle est de récompenser l’exécution de ces fonctions vitales par une sensation agréable (le plaisir, la sensation de satisfaction lors de la réponse à un besoin).
Ce processus de récompense, ou de renforcement, lors de la réalisation de nos comportements est fondamental, puisqu’il favorise la reproduction ou la répétition de nos comportements. Il est indispensable à notre survie, car il nous fournit la motivation nécessaire à la réalisation des actions ou des comportements qui nous protègent et nous permettent de survivre.
Ce système est un véritable circuit de la récompense qui s’est développé afin de favoriser les comportements reliés, au départ, à nos besoins fondamentaux. Un circuit de la récompense situé au cœur de notre activité mentale et qui oriente nos comportements. Avec le temps, ce circuit s’est graduellement élargi à l’ensemble de nos apprentissages et à l’ensemble de nos besoins non nécessairement vitaux, permettant de nous inciter à répéter les expériences plaisantes apprises au cours de notre vie. C’est un système de connexions nerveuses, dont le messager chimique qui assure la connexion entre ces neurones est la dopamine.
Malheureusement, ce processus de récompense et de gratification peut aussi jouer en notre défaveur, lorsque nous développons des habitudes de vie néfastes pour notre santé physique ou psychologique et qui sont renforcées par le circuit de récompense*. C’est le cas par exemple des pratiques excessives liées à l’habitude de fumer, aux jeux de hasard, à la consommation de psychotropes ou encore au sexe.
La motivation générale à l’émission d’un comportement
La motivation fondamentale ou primitive de l’organisme se caractérise par la réponse à un besoin physiologique essentiel à sa survie ou vital, comme c’est le cas de la faim, de la soif, du sommeil. L’incapacité de répondre à ce type de besoins vitaux met en cause la survie de l’individu.
Un besoin représente un manque dont la présence est ressentie comme indispensable (besoins physiologiques) à la vie, sinon très important (besoin d’estime de soi). Le besoin, c’est l’écart entre ce qui existe présentement et ce qui est nécessaire ou souhaitable. C’est dans ce sens que la motivation générale à l’émission d’un comportement est dictée par la nécessité ou non de répondre à un besoin. La motivation est présente à plusieurs niveaux puisqu’elle tend à répondre à divers besoins en interaction :
- les besoins biologiques (faim, soif, sommeil,etc.) ;
- les besoins appris (télévision, voiture, médias sociaux, etc.) ;
- les besoins symboliques (prix, l’argent, les honneurs, etc.) ;
- les besoins cognitifs (intérêt, découverte, etc.).
L’une des fonctions de la motivation sera de répondre à des besoins qui auront pour conséquence de motiver le comportement de l’individu qui cherche à combler un besoin matériel ou psychologique.
On doit à Maslow (1908-1970) l’une des théories sur les besoins, celle de la hiérarchie des besoins. Ce chercheur a identifié cinq besoins fondamentaux qu’il considérait comme hiérarchisés, c’est-à-dire qu’un besoin de niveau supérieur ne pouvait, selon lui, s’exprimer que lorsqu’un besoin immédiat ou inférieur avait été satisfait.
Les besoins d’ordre inférieur
- Besoin physiologique ou biologique : besoins vitaux comme boire, manger et dormir ;
- Besoin de sécurité : besoin de protection, de stabilité, de tranquillité et d’équilibre sur le plan matériel, dans la vie quotidienne comme dans les relations interpersonnelles ;
- Besoins sociaux : besoin d’amour, d’affection ; besoin d’appartenance à un groupe et à une collectivité;
Les besoins d’ordre supérieur
- Besoin d’estime : besoin d’être reconnu, respecté et estimé, d’avoir du prestige ; besoin d’être fier de soi, de se sentir compétent et maître de sa destinée ;
Besoin de réalisation de soi : de s’épanouir, de développer ses talents et de les mettre à profit de la manière la plus créative possible.
Réflexions sur le plaisir et la consommation
On constate qu’au départ notre organisme (notre cerveau) est doté d’un système de récompense qui nous aide à assumer nos fonctions vitales de survie. Ce système de récompense avec le temps ne s’est pas limité aux fonctions vitales (survie). En effet, comme humain « intelligent » nous avons développé la faculté d’exploiter ce système de récompense afin d’en tirer les bienfaits, soit le plaisir
- plaisir de la table (bons plats, bon vins, etc.)
- plaisir du divertissement (spectacles, musiques, etc.)
- plaisir sexuel (autre que se reproduire)
- plaisir du jeu
À ce système de récompense s’ajoute la motivation et les besoins. Encore ici, on a dépassé largement les besoins fondamentaux, soit physiologique, de sécurité, d’amour et d’estime pour répondre à des besoins « appris » (consommation)
- besoin d’argent pour consommer
- besoin de beaux habits, bijoux (pour faire l,envie des autres) ou afficher son pouvoir
- besoin de techno (téléphone intelligent, tablette, etc.)
- besoin d’une belle maison, belle auto
- besoins…
Pour bien comprendre pourquoi à notre époque il y a un « excès » de recherche du plaisir et de la consommation, il faut alors ajouter au système de récompense de notre organisme et à la motivation (les besoins) la question des conditionnements. Les conditionnements, particulièrement le conditionnement classique (pavlovien) entretient nos comportements d’une façon inconsciente (automatique).
À suivre…
Le système économique capitaliste
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Mots-clés : consommation, plaisir
Médecin et pouvoir: prise 2
Il n’y a rien de plus précieux que la santé. Les médecins détiennent le pouvoir, dans certaines circonstances, sur la vie et la mort. C’est tout un pouvoir.
Un tel pouvoir donne de la prise à la négociation des conditions salariales. La population est très sensible à la question de la santé, de la maladie et de la mort. Elle est aussi très sensible aux écarts entre les riches et les pauvres. Les médecins font partie des Riches, des « Gros poissons ».
La rémunération des médecins a fait l’objet d’un rattrapage afin d’en arriver à être comparable aux salaires des médecins Canadiens. Ce rattrapage a tenu compte, selon la présidente des médecins spécialistes des facteurs jouant pour chaque province (ex: à Vancouver le coût de la vie ne se compare pas à Montréal, etc.).
Le problème se situe à plusieurs niveaux:
- le principal est le fait de payer à l’acte. Plus tu poses de gestes médicaux, plus ton salaire s’élève. Pourquoi ne seraient-ils pas payés à « salaire ». la présidente des médecins spécialistes a mentionné qu’il était reconnu qu’un médecin payé à salaire « performe » moins bien que lo0rsqu’il est payé » à la pièce ». Est-ce vraiment une raison suffisante?
- il semblerait exister toutes sortes de conditions liées aux actes. Je me demande si une infirmière qui vaccine un patient coûte la même chose qu’un médecin? le même acte.
- ..
Je reste perplexe sur la situation médicale au Québec, les salaires très élevés, sans parler ici de toute la question des médicaments et de leurs coûts exagéré.
Ajout le 24 mars 2016
Cet article du Devoir, parle du faible salaire des enseignant comparé aux enseignants Ontariens. Une comparaison est établit avec la parité des salaires des médecins. On constate le principe de « Deux poids deux mesure »
http://www.ledevoir.com/non-classe/466370/vivre-de-l-air-du-temps
Réforme de l’aide sociale: prise 2
Le Gouvernement du Québec réforme l’aide sociale en mettant un accent, entre autres, sur l’employabilité des jeunes. Les inciter à se trouver un emploie et quitter l’Aide sociale. Sinon… on coupe le chèque ($)…
Il semble que cela peut toucher de 20 000 à 30 000 jeunes. Les organismes qui s’occupent des jeunes (exemple; les auberges du cœur, organismes communautaires, etc.) mentionnent que ce n,est pas en punissant les jeunes qu’on favorisera leur insertion socioprofessionnel. Au contraire. Nombre de ces jeunes sont au prise avec des problèmes personnels importants (consommation, santé mentale, etc.) qui demande au contraire, de l,accompagnement, pas de la punissions.
personnellement, je crois aussi que le Gouvernement met de l’avant une approche « économique », de rendement, de performance.. inefficace. Je crois qu’il faut au contraire investir et soutenir les organismes communautaires qui s’occupent des jeunes.
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Mots-clés : aide sociale
L’amour au temps du numérique (un documentaire)
Préambule.
C’est un documentaire qui est passé à Télé Québec en début décembre 2015 et qui avait été présenté à Tout le monde en parle en fin novembre 2015.
Étant donné la nature des propos rapportés dans ce documentaire, j’ai trouvé important d’extraire les propos de jeunes dans la vingtaine sur l’amour, les fréquentations et l’utilisation des médias sociaux pour le « dating »
- Auteures: Sophie Lambert et Line Richard
- Réalisatrice: Sophie Lambert
Les jeunes interviewés (toutes et tous célibataires)
- Sandrine Duhamel-Gonthier (21 ans) Hôtesse – manequin
- Timothé Gill (19 ans)
- Gabrielle Perreault (21 ans) a un bébé de quelques mois (serait selon sa psy une « nymphomane »
- Karine St-Michel (19 ans) a été en couple durant 6 mois lors du tournage du documentaire
- Stef Stoica (21 ans) travaille dans un nigth club
- Stevo Trann (24) est gay
Ce documentaire est très intéressant, mais n’est pas une étude sociologique sur les valeurs des jeunes de 20 ans. Il n’est pas selon moi, non plus, représentatif de la jeunesse. Le choix des six participants apporte un biais dès le départ, de même que l’intention de la réalisatrice.
- selon la réalisatrice Sophie Lambert, le but était de savoir comment les réseaux sociaux influencent la quête amoureuse;
- parmi 80 interviews, 6 jeunes sont retenues à cause de leur façon particulière d’utiliser les sites de rencontre et leur manière de gérer leur image en ligne
Extraits de propos des jeunes
Selon la réalisatrice: à 20 ans on cherche à créer des liens, à être connu, on désir partager et être aimé.
Les sites de rencontres utilisés, sur téléphone intelligent: Tinder – Badou – Instagram.
C’est un bar open.
On est de la génération où il faut avoir:
- les plus beaux « char »
- la plus belle maison
- la plus belle famille
- le plus beau linge,
- à l’école le plus beau coffre à crayon…
(un gars dit): si j’ai pas un « déclic » quand je vois la photo de la fille…
… après une nuit… faut pas que je sois tanné de la voir…
(Karine): je ne crois pas à cette notion du « couple ».. établi par la société. Un couple qui reste ensemble des années… fidèle.. je ne crois pas à ça… je ne crois pas que ce couple puisse être heureux. C’est déprimant de penser qu’une personne va coucher seulement avec une personne pendant 30 ans. ça serait bénéfique (en parlant de ses parents) qu’ils aillent voir ailleurs.
(parlant de son couple): on est un couple ouvert – actuellement on a pas couché avec d’autres, mais c’est certain que ça va arriver (note: elle est allé voir ailleurs, lorsque son chum l’a appris, il l’a quitté. De plus, elle a appris que son chum est allé voir ailleurs, ne lui a pas dit…).
(Gabrielle): elle vient d’avoir un enfant, mais ne sait pas qui est le père… et ça ne la dérange pas (finalement, suite à un test de paternité le père a été identifié. Ellle a couché avec 104 haommes différents… elle dit aimer la diversité.
(Sandrine): le sexe est une activité comme une autre… avec lui ou avec un autre c’est pas mal tout pareil.
(Stef): les parents ne comprennent pas c’est quoi le « Night life », a consommation de drogue. Si tu parrait bien et que tu as de l’argent ($) les filles viennent à toi. La fille qui te donne son numéro de téléphone c’est qu’elle veut du sexe pour la soirée.
Pour moi, ma futur femme devrait venir d’une bonne famille et que pas trop de gars qui sont passé dessus (note: Stef ne manquait pas les occasions pour « passer » sur plein de fille…).
Un gars (vison positive): c’est comme une clé qui rentre dans toutes les serrures (passe-partout)
Une fille (vision négative): une serrure qui se fait rentrer par toutes les clés = une saloppe (OUF!).
(parlant de couple): quand il ya un petit quelque chose (désaccord) à la place de règler cela on lâche… on lâche trop vite…
pourquoi qu’on resterait fâché avec elle, alors qu’on peut en avoir 15 autres.
(Timothé): il à une amie qui est une « fuck frend »… l,entente est clair… faire attention pour ne pas s’attacher. cette amie a aménagé chez lui, ils couchaient ensemble, mais sans sexe (?).
(Sandrine): elle a quatre prétendants pour être le père de ses enfants…
Aujourd’hui la réputation d’un gars – ce qui parait bien c’est de paraître épais, être courailleux, matcho, beau et chaud… la fille, elle, qui montre trop ses seins, se maquille trop et sort trop, c’est une saloppe.
Conclusion de la réalisatrice
Ces jeunes sont-ils différents? Ils ont les mêmes rêves d’engagement, mais vivent dans environnement – d’image – de surabondance de partenaires potentiel qui bouscule tout.
Ces jeunes, finalement veulent de la stabilité, mais les ruptures faciles les ramènent à la case départ.
À la question: Comment vous vous voyez dans 10 ans. Toutes et tous se voient dans une relation stable; avec une famille, des enfants, une maison.
La réalisatrice dit: moi je suis de l’époque où on était en amour et où on rêvait de sexe – tout bascule aujourd’hui, on est dans le sexe et on rêve d’amour.
Mes réflexions
- je ne crois pas que ces jeunes sont représentatifs des jeunes dans la vingtaine
- je vois ça comme un « trip » de jeunesse… pour certains
- les propos des jeunes démontrent une injustice, une inégalité au niveau des perceptions et des relations gars/fille. Il est beaucoup plus toléré les « écarts de conduites » pour les gars comparés à celles des filles
- on présente le corps, la sexualité comme un produit, un objet de convoitise, une consommation. Le « sexe » est considéré au même titre que n’importe quel autres activités de consommation (aller au cinéma, au théâtre, prendre un bon repas au restaurant, « baiser »).
- il y a une confusion entre « faire l’amour » (avoir du sexe) et être en amour.
- le numérique, les réseaux sociaux et les sites de rencontre facilitent grandement la « quête amoureuse ». L’époque actuelle (2015) avec la pression à la consommation, à la performance, à la satisfaction de soi, à la quête de plaisir ouvre grande les portes aux excès de toute nature.
- avec la révolution tranquille au Québec est arrivé un vent de liberté. S’est produit en même temps la pratique du « utilisez et jetez » (les crayons Bic, les Kleenex, les couches jetables). Par la suite l’informatisation et la rapidité d’accès à tout. Ces environnements où le « rapide », le « jetable », le « remplaçable », ont influencé les relations humaines. Ces relations sont devenues plus facilement: échangeables, jetables, etc.
- ceci dit, je ne crois pas que ce qui ressort de ce documentaire représente le vécu et les aspirations des jeunes (du moins je le souhaite).
- quelques expressions clés qui m’ont impressionnés:
- c’est comme un bar ouvert
- ne pas s’attacher
- tout le monde est infidèle
- avec lui ou avec un autre, c’est pas mal tout pareil
- pourquoi rester avec elle qui est fâchée alors qu’il y en a 15 qui sont disponibles
- ce documentaire a le grand mérite de nous faire réfléchir…
Bien-être social : 15 millions d’économies
Québec modifiera certaines modalités de son programme d’aide sociale afin d’économiser 11 à 15 millions de dollars, a annoncé le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale.
Il est question de faire du ménage dans la loi et d’aider les jeunes à l’employabilité. Tout ceci est très louable et personne n’est contre le fait de faire des économies et d’éviter les abus.
La députée Thérèse David, qui s’y connait dans ce domaine, estime que le Gouvernement au lieu de couper dans les prestations devrait investir des millions dans les organismes communautaires qui ont l’expertise pour venir en aide aux assistés sociaux. Je partage ce point de vue.
La problématique liée à la question des bénéficiaires de l’aide social est très complexe. On y retrouve les conséquences du décrochage scolaire, la non-qualification pour l’emploi, les problèmes de pauvreté et toutes les conséquences associées, les problèmes de santé physique et de santé mentale ainsi que la transmission intergénérationnelle. C’est à ces problèmes que le Gouvernement doit s’attaquer s’il veut favoriser l’employabilité et amener les assistés sociaux à quitter ce statut.
Problème de santé mentale: le droit de dire non au traitement?
En octobre 2015, dans la région de Laval au Québec (Canada) un jeune homme de 19 ans perd la vie après avoir été agressé à coup de marteau par un homme ayant des problèmes de santé mentale. Deux autres personnes sont gravement blessées par cet agresseur.
L’homme de 34 ans arrêté pour une attaque mortelle au marteau avait des antécédents judiciaires et psychiatriques. Il avait déjà été reconnu coupable de voies de fait à deux reprises au cours des dernières années, dont une fois sur sa propre mère.
Cette personne ayant de lourds antécédents psychiatriques et de nombreuses accusations criminelles agissait dangereusement depuis plusieurs années.
Dans plusieurs cas similaires, notre Charte des droits et libertés donne le droit de refuser tout traitement et la personne devient libre de circuler comme « une bombe à retardement ». C’est tout simplement inacceptable, qu’au nom des droits et libertés de la personne on mette en danger la vie des citoyens. Ce jeune homme de 19 ans en a payé le prix et n’avait rien à voir avec cet agresseur.
Lorsqu’une personne est reconnue dangereuse (accusé plus d’une fois), avec des problèmes important au niveau psychiatrique (ayant un diagnostic), ses droits et libertés devraient être suspendus. Si elle décide de refuser les traitements, elle devrait perdre sa liberté afin de protéger la vie des autres et particulièrement ses proches.
Je suis un psychoéducateur et évidemment en faveur de l’aide à donner aux personnes en besoin, mais certes pas au détriment de la protection des citoyens.
Palmarès de la tricherie, de la malhonnêteté : quelle société !
Note: article mise à jour le 16-01-2016
J’en reviens pas, où sont passées ces valeurs qui sont les miennes et qui, il me semble, étaient les nôtres: l’honnêteté, la transparence, la recherche d’équité, de justice, de partage ?
Tous ces gens, ces organismes, ces firmes qui fraudent, qui trichent .
Je demandais à l’un de mes amis et ancien collègue universitaire « Est-ce pire qu’avant où est-ce que c’est parce qu’on est plus informé » ? Il m’a dit : « c’est pire qu’avant », je partage ce point de vue.
Je crois que la pression à la consommation, l’appât du gain, la pression à être les meilleurs, le droit et la grande recherche du plaisir, la perte du sens moral et d’un minimum d’éthique peut en bonne partie expliquer la dérive que l’on vit.
Il faut retrouver un minimum de sens moral et d’éthique.
Exemples de tricherie, de malhonnêteté…
- Lacroix, et d’autres « arnaqueurs » ont frausé au niveau des placements de plusieurs petits épargnants
- Lise Thibault, (Gouverneur général – représentante de la Reine) accusé d’utilisation des fonds publiques à ses fins personnelles
- Volkswagen, accusé d’avoir installé un logiciel dans ses autos (diesel) qui permettait de fausser les données de performance …
- Toutes ces personnes accusées à la commission Charbonneau,
- Un groupe de personnes spécialisés à participer à des concours pour gagner des prix (moto neige, voyage, etc.). Ils utilisaient un système informatique qui permettait de générer des adresse courriels pour participer aux concours. des milliers d’adresses courriels. Il avait entre 80% et 92% de chance de gagner. par la suite ils vendaient les prix gagnés.
- Rapport du comité olympique (Philippe Bonds?). Le comité olympique d’athlétisme faisait « chanter » des athlètes médaillés qui avait été détectés « positifs » aux tests de dopage. On leur faisait payer une somme énorme pour « garder le silence ». Une athlète russe a payé plus de 600 000$.
- Les permis de CPE. La lois québécoise limite le nombre de permis de CPE qui ne doit pas dépasser 300 places. Des promoteurs utilisaient des « prêtes noms » afin d’obtenir de plus nombreux permis dépassant les 300 places.
- L’affaire Marcel Aubut (présentement sous enquête – 16-01-16) . Aurait harcelé sexuellement de nombreuses employées du comité olympique. Plusieurs personnes du CA et d,autres autorités étaient au courant, mais on fermait les yeux étant donné la grande efficacité de Marcel Aubut d’aller chercher des fonds. De plus, Marcel Aubut est un avocat, ce qui pouvait faire peur aux personnes victime de se plaindre.
Pilule du lendemain et conviction religieuse -Charte Canadienne
Un pharmacien (nom d’une autre ethnie) d’une pharmacie Jean Coutu de Longueuil, refuse à une jeune femme une Pilule du lendemain à cause des ses convictions religieuses. Non seulement c’est une situation inacceptable au Québec en 2015, mais en plus, l’Ordre des pharmaciens a déclaré que les pharmaciens avaient le droit de ne pas prescrire « un traitement – exemple: médicament » si cela allait en l’encontre de leurs croyances ou de leur religion.
###$$$!!!! 🙁 Je suis complètement « déprimé » et je trouve incroyable qu’une telle situation se produise dans « Mon Québec » en 2015 avec nos Valeurs et notre acceptation du libre choix de la femme de décider ce qu’elle veut qu’il se passe avec son corps … entre autres l’avortement.
Réponse de l’Ordre des pharmaciens
Bonjour Monsieur,
Je vous remercie pour votre commentaire. J’aimerais préciser certains éléments. D’abord, ce n’est pas l’Ordre qui octroie le droit au pharmacien de refuser de prescrire un médicament pour des convictions religieuses, mais la Charte canadienne des droits et libertés. L’article 2 de cette charte protège la liberté de conscience et de religion de tout individu. En vertu de cette liberté fondamentale, un professionnel de la santé – médecin, pharmacien, infirmière – peut refuser de prescrire un traitement ou de fournir un soin de santé pour des raisons de convictions morales ou religieuse. Ce texte de loi a préséance sur tout autre loi ou règlement qui pourrait émaner des ordres professionnels comme l’Ordre des pharmaciens. Évidemment, à l’Ordre, notre préoccupation est que les patients obtiennent les traitements requis et ne soient pas lésés par cette situation. C’est pourquoi le Code de déontologie des pharmaciens précise clairement que le pharmacien a l’obligation de référer le patient à un autre pharmacien qui pourra le prendre en charge (voir l’article 26). Nous ne pouvons pas parler du cas précis présenté dans le reportage auquel vous faites référence puisque nous ne connaissons pas les détails, mais une chose est certaine, dans une telle situation, la patiente ne doit pas se sentir jugée et doit être prise en charge par le professionnel, même s’il n’offre pas personnellement le service de prescription de la contraception orale d’urgence. Cette obligation est très importante car la patiente ne doit pas être laissé à elle-même. J’espère que ces précisions apportent un éclairage supplémentaire.
Meilleures salutations.
Julie Villeneuve Directrice des communications 266 rue Notre-Dame Ouest, bureau 301, Montréal (Québec) H2Y 1T6 Téléphone : 514 284-9588 Sans frais : 1 800 363-0324 Télécopieur : 514 284-2285 www.opq.org<https://mail.opq.org/owa/www.opq.org>
Ma réponse
Bonjour Mme Villeneuve, je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre et de bien expliquer la situation. Je suis surpris que la Charte canadienne permette à un professionnel de refuser un traitement pour des raisons de croyances religieuses… c’est une situation vraiment dangereuse au niveau des « accommodements », je comprends mieux pourquoi nous devons avoir des ajustements pour notre charte québécoise. Heureusement comme vous le mentionnez, le professionnel a le devoir de s’assurer que la personne en besoin aura le service de la part d’un autre pharmacien.
Je vous demande en tant qu’Ordre, qui protège le public, de faire enquête sur le cas présent et de vérifier si la personne a pu recevoir le service d’un autre pharmacien… à la même pharmacie… idéalement. Il serait bon également que l’Ordre informe les médias sur la situation et clarifie, comme vous l’avez fait afin que le public soit bien informé.
Merci de votre démarche.
Sur le sujet, lettre de Lise Payette dans le devoir (7 août, 2015)
http://www.ledevoir.com/politique/quebec/446972/le-pharmacien-et-sa-religion
Extrémismes vs terrorismes
Pour se démêler un peu
Extrémismes vs terrorismes
Courte recherche dans les dictionnaires
Terroriste : Le terrorisme est l’emploi de la terreur à des fins politiques. Personne qui utilise la terreur et la violence pour imposer ses idées politiques ou son autorité.
Terrorisme: idéologie, mais surtout ensemble d’actes violents et illégaux commis avec l’objectif de provoquer un climat de terreur au sein de l’opinion publique ou d’ébranler la force d’un gouvernement ou d’un groupe.
Intégrisme : Refus de toute évolution, particulièrement de la religion, au nom du respect de la tradition. Adversaire du modernisme qui s’attache à maintenir et à défendre l’intégrité de la foi, de la doctrine et de la tradition; celui qui s’oppose au progressisme
Fondamentalisme, on désigne au sens large toutes les radicalités religieuses qui défendent une conception intransigeante de la religion, au risque d’une confrontation avec la société environnante
Rigorisme désigne un respect très strict des règles de la religion ou de la morale. C’est une forme de radicalisation religieuse, et pouvant être apparentée ou associée à de la rigidité morale.
Radicalisme. Attitude qui refuse tout compromis en allant jusqu’au bout de la logique de ses convictions.
Conclusion. Les intégristes, fondamentalistes, rigoristes, radicalistes, ne sont pas des « terroristes ». Ce sont des « extrémistes ».
Publié dans 3. Réflexion, b. Société
Révolution: l’informatisation de notre société
Quelles sont et seront les conséquences possibles sur nos vies, notre cerveau, nos rapports sociaux suite à la « révolution » venant de l’informatisation de notre société (iPhone, iPad, Médias sociaux, Facebook, Twitter, etc.).
Je trouve cette révolution à la fois fascinante et épeurante. J’observe dans la vie de tous les jours, dans les congrès et au travail, comment les gens sont « dépendants » de leur « machine (surtout le iPhone). Au restaurant, à l’épicerie on voit les gens branchés sur leur téléphone. Dans les congrès aux pauses, nombre de personnes sont concentrées sur leur téléphone…
Il semble y avoir de moins en moins de place pour le silence, la réflexion, « ne rien faire ».
Et puis, Facebook, c’est parfois l’étalage de tout ce que les gens font, voyages, fêtes, problèmes… Parfois, il y a des sujets de réflexions… Mais toute cette attention donnée à ce qu’on vit, à ce qu’on fait, ce besoin de partager… est-ce vraiment sain pour notre développement?
Il y a aussi cette habitude maintenant à réaliser les « multiples tâches » – écouter une personne, une conférence – téléphoner – utiliser son iPad– etc. Écouter de la musique – travailler (écrire) et en même temps faire son exercice sur le tapis roulant… Il semble que l’idée, c’est que la vie est courte et qu’il faut la remplir…
Je n’ai pas de réponse, je me questionne…
La pauvreté (prise 2)
La pauvreté
Préambule
J’ai été déclenché dans ma réflexion sur la pauvreté suite à la lecture d’un diaporama qui faisait la comparaison entre la richesse et la pauvreté en valorisant la pauvreté et ses liens avec la nature. Voici en gros ce que disait le diaporama, qui était très bien fait en présentant de belles photos de la nature et une musique de fond détendante.
C’est l’histoire d’un père qui veut faire vivre à son fils une expérience de la pauvreté en permettant au jeune garçon de séjourner trois jours chez une famille pauvre à la campagne. Lorsque le père demande à son fils comment il avait trouvé l’expérience, contrairement à toute attente, celui-ci lui raconte ce qui suit (extrait).
- Nous avons un chien, ils en ont quatre;
- Nous avons une piscine avec de l’eau traitée, ils ont une rivière avec de beaux Poissons, et plein de belle nature;
- Nous avons une installation d’éclairage électrique dans notre jardin, eux, ils ont les étoiles et la lune pour les éclairer;
- Nous écoutons des CD, eux écoutent la symphonie des oiseaux, des grillons et des petits animaux
- On utilise le micro-onde, eux ils mangent des plats mijotés à feu lent et aux multiples saveurs;
- Et cela continue ainsi…
Ce n’est pas la pauvreté que je connais. Cette connaissance me vient de deux sources principales: mes travaux de recherche sur le décrochage scolaire et mon vécu d’enfant dans une famille pauvre.
À partir de ces deux sources d’information, voici comment je comprends la pauvreté. Je tiens à mentionner ici que de vivre dans une famille pauvre, défavorisée ne signifie pas nécessairement un avenir catastrophique. Je n’adhère pas à une vision d’un déterminisme mécanique, automatique conditionné par le bagage génétique et l’environnement. La résilience existe et les facteurs de protection aussi. Ce qui est certain cependant c’est que vivre dans la pauvreté, dans un milieu défavorisé comprend de nombreux facteurs de risque pour les enfants et les adultes et rend le développement et le vécu plus difficile.
Quelques constats de recherche sur la pauvreté et les milieux défavorisés
Qu’est-ce que la pauvreté et être défavorisé ?
Selon le dictionnaire Antidote, la pauvreté est l’état d’une personne qui a peu de ressources, qui manque de moyens; c’est l’insuffisance matérielle ou morale; la stérilité, l’infécondité. Un complément à la pauvreté est l’état de défavorisé qui se caractérise par la situation d’une personne désavantagée économiquement, socialement ou culturellement.
Quelles sont les conséquences possibles de la pauvreté et d’être défavorisé?
Les nombreux travaux en éducation et en sociologie de l’éducation démontrent un lien clair entre l’état de défavorisé et le niveau de qualification (la diplomation). Les jeunes issues de milieux défavorisés ne commencent pas leur parcours scolaire sur la même ligne de départ.
Les jeunes issus de milieux défavorisés sont plus à risque de retard scolaire, de retard dans leur qualification, dans leur diplomation et plus à risque de décrochage scolaire. L’on sait maintenant que le décrochage scolaire est associé à un vécu plus difficile au niveau de la santé physique et mentale, au niveau de l’intégration socioprofessionnelle, au niveau de la perte d’emploi et du chômage.
Quelques statistiques
En éducation le MELS utilise un indicateur de niveau de défavorisation, soit l’Indice de Milieu Socio-Économique (IMSE). Il y a dix niveaux, le niveau 1 signifiant un haut niveau de favorisation et le niveau 10 un haut niveau de défavorisation. Certaines statistiques de 2014 du MELS utilisent une comparaison entre le taux de sortie avec diplômes selon l’IMSE. Il existe un écart de 14% de diplomation entre les élèves issus de milieux favorisés (IMSE de1) et les élèves issus de milieux défavorisés (IMSE de 10).
Pour ma part, je possède des statistiques sur les élèves à risque (en difficulté scolaire) de la maternelle 5 ans à la 6e année du primaire. Ces statistiques sont issues du logiciel de dépistage Premiers signes administré à plus de 3 000 élèves de trois commissions scolaires. Le pourcentage de risque chez les élèves d’écoles ayant un IMSE de 1 à 7 se situe autour de 26% alors que celui d’école de milieu défavorisé (écoles SIAA – IMSE de 8 à 10) se situe à 33%.
Il est clair que de vivre dans la pauvreté, être défavorisé a des effets sur la qualité de la scolarisation et devient un facteur de risque important
Quelques souvenirs d’enfance de mon vécu de la pauvreté
Maintenant, je laisse de côté les statistiques liées à cette réalité de l’état de défavorisé et je vous présente quelques souvenirs de mon vécu d’enfant vivant dans une famille pauvre, à Verdun (Montréal) et entouré d’un certain nombre de familles aisées[1].
Être pauvre signifiait que ma famille faisait partie de la liste des familles pauvres de la paroisse. À Noël on recevait «le panier du pauvre». J’étais honteux, gêné, mal à l’aise. Mes souliers neufs avaient été acheté par le curé de la paroisse.
Enfant je me sentais dévalorisé, trop différent des autres, de ses amis.
Il y avait autour de moi des familles aisées, vraiment aisées. Ce n’était pas mes amis, ils étaient trop différents. Eux ils étaient bien habillés, fréquentaient un club de tennis, un collège classique. À leur fête, à Noel ils recevaient des cadeaux et ils partaient en vacance l’été.
Regarder ceux qui sont plus riches et avoir mal à l’intérieur de constater la différence. De constater leur bonheur et d’être conscient de ses manques. Voir ces jeunes recevoir des jouets luxueux et se sentir différents, ressentir du mal à l’intérieur et savoir que je n’aurai jamais ce genre de cadeaux.
Sentir chez ces enfants que c’est naturel d’avoir des «biens», me sentir différent, être triste et me sentir vulnérable.
Nous étions trois enfants à la maison et une paire de patins pour les trois. Patins trop grands évidemment. Pas de chandail de hockey, pas de bicycle.
Bien entendu, tout n’était pas toujours sombre, il y avait parfois du « bonheur » surtout dans les moments de jeux à l’extérieur.
Conclusion
Oui il y a des familles pauvres, défavorisées qui peuvent, comme l’illustrait le diaporama, profiter de la nature, des rivières, des animaux, des plats mijotés, mais d’une façon générale la pauvreté rend la vie des personnes plus difficile, plus vulnérable. Il faut vraiment tout faire pour réduire ces écarts entre les riches et les pauvres et aider ces jeunes et leur famille à sortir de la pauvreté.
[1] Pour plus d’information sur mon vécu, le lecteur peut consulter ma biographie au menu Auteur – Biographie.
L’urgence, l’instantanéité, l’immédiateté et la vitesse
Extraits du volume de Nicole Aubert: Le culte de l’urgence
Flammarion 2003
Pierre Potvin mai 2006
Le livre cherche à comprendre comment notre époque est entrain de vivre une mutation radicale dans son rapport au temps, comment cette mutation affecte profondément notre manière de vivre et travailler et contribue à l’émergence d’un nouveau type d’individu, flexible, pressé, centré sur l’immédiat, le court terme et l’instant, un individu à l’identité incertaine et fragile. p. 21
… ce sont les individus – et non le temps – qui accélèrent toujours davantage, se contractent et se compriment toujours plus pour répondre aux exigences d’une économie et d’une société qui tourne à vitesse toujours plus grande, exigent des performances toujours plus poussées et des actions toujours plus immédiates. p 23
… l’urgence, l’instantanéité, l’immédiateté ont envahi nos vie p. 24
Le soubassement de ce nouveau rapport au temps réside dans l’alliance qui s’est opérée entre la logique du profit immédiat, celle des marchés financiers qui règnent en maître sur l’économie, et l’instantanéité des nouveaux moyens de communication. Cette alliance a donné naissance à un individu « en temps réel », fonctionnant selon le rythme même de l’économie et devenu apparemment maître du temps. Mais l’apparence est trompeuse et, derrière, se cache souvent un individu prisonnier du temps réel et de la logique de marché, incapable de différencier l’urgent de l’important, l’accessoire de l’essentiel p 24
Pris dans les rouages de l’économie du « présent éternel », englués dans les innombrables choix que nous permet la société marchande, focalisés sur la satisfaction immédiate de nos désirs, ne sommes-nous pas devenus non seulement des « hommes-présent », incapables de vivre autrement que dans le présent le plus immédiat, mais plus encore des hommes de l’Instant, collant à l’intensité du moment et cherchant des sensations fortes liées à la seule jouissance de l’instant présent? p 27
La société actuelle…semble en effet passer… d’un mode de fonctionnement « à temps long » où les repères se comptaient en année à l’échelle de l’individu, en siècle à celle de l’histoire – à un mode « à temps court », société du zapping, du fast, des clips, et des spots dans laquelle il s’agit de vivre l’intensité sans la durée et d’obtenir des résultats à l’efficacité immédiate. La quête de sens, qui se déployait naguère à l’échelle d’une vie tout entière, s’est ainsi métamorphosée en une demande de mieux être ici et maintenant.
Ce qui unit les trois premiers concepts d’urgence, instantanéité et immédiateté, disions-nous, c’est celui de vitesse, elle-même au cœur du système capitaliste : plus le capital tourne vite et plus le taux profit annuel qui imprègne toute l’histoire du capitaliste p. 32
…Le type porte tout sur ses épaules, explique ainsi un spécialiste de la gestion des ressources humaines, il porte son présent, son futur, son avenir, sa formation, son employabilité… Il est responsable de tout, de ce qui lui est arrivé, de ce qui lui arrive, de ce qui va lui arriver… p 52-53
Le temps constitue ainsi la corde sur laquelle la vie de chacun va se tendre. Et, sur ce point, les nouvelles technologies de l’instantanéité représentent une arme à double tranchant. D’un côté, elles semblent libérer l’individu de son assujettissement au temps, de l’autre elles intensifient l’obligation de réactivité immédiate dont il est l’objet et, de ce fait, contribuent à générer ou entretenir l’urgence p. 53
Quels sont les effets de ce nouveau temps relationnels, de cette capacité à établir des liens dans l’immédiat et à obtenir des réponses instantanément, de cette possibilité d’obtenir le monde entier au bout du téléphone portable ou du clavier de son ordinateur? La réponse n’est pas simple et, quand on tente de l’approfondir, c’est un tableau contradictoire qui se dessine : d’un côté un individu apparemment libéré des contraintes du temps, mais conforté dans un sentiment de toute-puissance plus ou moins illusoire, de l’autre un individu « compressé », écrasé par cette temporalité de l’immédiat qu’elle implique p57-58
Le téléphone mobile (cellulaire) ne crée pas l’urgence mais c’est lui qui, de plus en plus, la permet : le temps est brusqué afin de saisir l’occasion. Il s’agit d’être à la fois en situation de ne rien rater, c’est-à-dire à l’écoute (branché) et en disposition de commuter immédiatement (zapper) sur ce qui apparaît subitement mieux ou plus intense 59
… C’est tout à la fois l’anxiété du temps perdu, le stress du dernier moment, le désir jamais assouvi d’être ici et ailleurs en même temps, la peur de rater quelque chose d’important, l’insatisfaction des choix hâtifs, la hantise de ne pas être branché au bon moment sur le bon réseau, et la confusion due à une surinformation éphémère 60
