Archives de l’auteur : Pierre Potvin

La mode au changement de terminologie en éducation – Un chat c’est un chat


La mode du changement de terminologie en éducation
Un chat c’est un chat

Selon les époques on change les termes qu’on utilise en éducation, c’est la mode, et ce particulièrement dans le domaine des « élèves en difficulté ». Parfois on change pour des raisons justifiées, pour des changements dans les valeurs véhiculées. Parfois, je crois, qu’on change pour des raisons qui sont peu justifiables.  Voici quelques termes qui ont changé en éducation.

  • L’enseignant n’enseigne plus, il est accompagnateur d’apprentissage,
  • On ne parle pas en éducation de l’attitude de l’enseignant, mais de sa posture,
  • L’élève, n’est plus un élève, c’est un apprenant,
  • L’élève n’est pas en situation de « recevoir » des connaissances, des savoirs, mais construit lui-même ses savoirs en interaction avec les autres,
  • L’école ne transmet plus des connaissances, des savoirs, mais soutient l’élève à construire des compétences,
  • Il n’y a pas « d’élève en difficulté » ou «  d’élève à risque », mais des élèves à besoins particuliers,
  • Il n’y a pas non plus des élèves « handicapés », mais des élèves en situation de handicap,
  • Il n’est pas question de décrochage scolaire, mais bien de persévérance scolaire,
  • On ne parle plus d’intégration scolaire, mais d’inclusion,
  • … et sans doute bien d’autres terminologies que j’oublie.

J’éprouve un certain malaise concernant ces changements ou ces « modes » qui on le sait, se veulent une indication de « changements », de paradigmes différents. Mon malaise n’est pas une peur de la nouveauté, il se situe au niveau du sens et des conséquences.

Est-ce qu’il se pourrait que parfois on change de terme pour éviter d’identifier le « problème »? Ou parce qu’on ne veut pas faire ressortir une réalité en changeant la terminologie

  • Le décrochage scolaire est un « problème » – scolaire, familial et social. Persévérer est autre chose, c’est l’un des moyens, certes pas le seul.
  • Élève en difficulté, à risque, représente un problème. Une difficulté, un risque d’échec c’est une réalité. Besoins particuliers, c’est au niveau des moyens.
  • L’élève handicapé a un handicap, c’est une réalité.

Réflexion à suivre…

Parfois il faut appeler un chat, un chat.

Approche systémique ???

Approche systémique ???

Je réalise présentement un projet d’écriture, de recherche personnelle sur Qui sommes-nous? Nous les êtres humains? Dans le cadre de mes lectures pour le sujet, j’ai revisité les fondements de notre organisme Le corps humain surtout le cerveau. J’ai pris conscience, mais pourtant je le  savais, que notre organisme est composé de plusieurs systèmes (digestif, circulatoire, respiratoire, nerveux, etc.) et que tous ces systèmes travaillent en collaboration, chacun sa spécialité, mais aucun vraiment isolé. L’équilibre de notre organisme que l’on nomme l’homéostasie est constamment « maintenu ».

Depuis longtemps en psychoéducation, entre autres, on adhérait à l’approche systémique. Gendreau avec son modèle de la structure d’ensemble, les composantes d’un milieu, d’une activité, prônait l’interaction entre les systèmes.   Depuis quelques années, en éducation on fait référence à l’approche écosystémique, par exemple, à la relation École-Famille-Communauté. Du côté de la persévérance scolaire et de la lutte au décrochage scolaire, on a mis l’accent sur l’implication des différents acteurs et des différents systèmes (école – parents – communauté – citoyens). Certains écrits parlaient des Alliances éducatives. Le slogan trop abondamment utilisé (un proverbe africain) disait : « Ça prend tout un village pour éduquer un enfant ».

Personnellement j’étais un peu réticent à la « surutilisation » de cette approche « systémique » craignant qu’on « s’éparpille » et que l’on soit en fin de compte moins efficace. Quand un problème appartient à tout le monde, il risque de n’appartenir à personne.

Mes lectures sur le corps humain, le cerveau et ses composantes, sur l’interaction des systèmes et leur inter collaboration m’a fait réfléchir. Je me suis dit, la nature, les organismes vivants, agissent d’une façon efficace par l’interaction et la collaboration entre tous les systèmes. Et c’est efficace.

Alors, j’en suis arrivé à penser que si la nature, les organismes vivants utilisent l’approche « systémique » et que c’est efficace, alors, en éducation et en psychoéducation ce devrait être une approche à recommander. Je reste cependant prudent malgré tout.

Potvin, P. (2009). La réussite éducative et la prévention du décrochage scolaire : une responsabilité partagée entre l’école, les parents et la communaté. Présentation au 10e symposium québécois de recherche sur la famille. Trois-Rivières. 29-30 cotobre 2009.
É-F-C

(Humour) Regarder sous un autre angle

Chat

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Pilule du lendemain et conviction religieuse -Charte Canadienne

Un pharmacien (nom d’une autre ethnie) d’une pharmacie Jean Coutu de Longueuil, refuse à une jeune femme une Pilule du lendemain à cause des ses convictions religieuses. Non seulement c’est une situation inacceptable au Québec en 2015, mais en plus, l’Ordre des pharmaciens a déclaré que les pharmaciens avaient le droit de ne pas prescrire « un traitement – exemple: médicament » si cela allait en l’encontre de leurs croyances ou de leur religion.

###$$$!!!!  🙁 Je suis complètement « déprimé » et je trouve incroyable qu’une telle situation se produise dans « Mon Québec » en 2015 avec nos Valeurs et notre acceptation du libre choix de la femme de décider ce qu’elle veut qu’il se passe avec son corps … entre autres l’avortement.

Réponse de l’Ordre des pharmaciens

Bonjour Monsieur,

Je vous remercie pour votre commentaire. J’aimerais préciser certains éléments. D’abord, ce n’est pas l’Ordre qui octroie le droit au pharmacien de refuser de prescrire un médicament pour des convictions religieuses, mais la Charte canadienne des droits et libertés. L’article 2 de cette charte protège la liberté de conscience et de religion de tout individu. En vertu de cette liberté fondamentale, un professionnel de la santé – médecin, pharmacien, infirmière – peut refuser de prescrire un traitement ou de fournir un soin de santé pour des raisons de convictions morales ou religieuse. Ce texte de loi a préséance sur tout autre loi ou règlement qui pourrait émaner des ordres professionnels comme l’Ordre des pharmaciens. Évidemment, à l’Ordre, notre préoccupation est que les patients obtiennent les traitements requis et ne soient pas lésés par cette situation. C’est pourquoi le Code de déontologie des pharmaciens précise clairement que le pharmacien a l’obligation de référer le patient à un autre pharmacien qui pourra le prendre en charge (voir l’article 26). Nous ne pouvons pas parler du cas précis présenté dans le reportage auquel vous faites référence puisque nous ne connaissons pas les détails, mais une chose est certaine, dans une telle situation, la patiente ne doit pas se sentir jugée et doit être prise en charge par le professionnel, même s’il n’offre pas personnellement le service de prescription de la contraception orale d’urgence. Cette obligation est très importante car la patiente ne doit pas être laissé à elle-même. J’espère que ces précisions apportent un éclairage supplémentaire.

Meilleures salutations.

Julie Villeneuve Directrice des communications 266 rue Notre-Dame Ouest, bureau 301, Montréal (Québec) H2Y 1T6 Téléphone : 514 284-9588 Sans frais : 1 800 363-0324 Télécopieur : 514 284-2285 www.opq.org<https://mail.opq.org/owa/www.opq.org>

Ma réponse

Bonjour Mme Villeneuve, je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre et de bien expliquer la situation. Je suis surpris que la Charte canadienne permette à un professionnel de refuser un traitement pour des raisons de croyances religieuses… c’est une situation vraiment dangereuse au niveau des « accommodements », je comprends mieux pourquoi nous devons avoir des ajustements pour notre charte québécoise. Heureusement comme vous le mentionnez, le professionnel a le devoir de s’assurer que la personne en besoin aura le service de la part d’un autre pharmacien.

Je vous demande en tant qu’Ordre, qui protège le public, de faire enquête sur le cas présent et de vérifier si la personne a pu recevoir le service d’un autre pharmacien… à la même pharmacie… idéalement. Il serait bon également que l’Ordre informe les médias sur la situation et clarifie, comme vous l’avez fait afin que le public soit bien informé.

Merci de votre démarche.

 


Sur le sujet, lettre de Lise Payette dans le devoir (7 août, 2015)

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/446972/le-pharmacien-et-sa-religion

Extrémismes vs terrorismes

Pour se démêler un peu
Extrémismes vs terrorismes
Courte recherche dans les dictionnaires

Terroriste :  Le terrorisme est l’emploi de la terreur à des fins politiques. Personne qui utilise la terreur et la violence pour imposer ses idées politiques ou son autorité.

Terrorisme: idéologie, mais surtout ensemble d’actes violents et illégaux commis avec l’objectif de provoquer un climat de terreur au sein de l’opinion publique ou d’ébranler la force d’un gouvernement ou d’un groupe.  

Intégrisme : Refus de toute évolution, particulièrement de la religion, au nom du respect de la tradition. Adversaire du modernisme qui s’attache à maintenir et à défendre l’intégrité de la foi, de la doctrine et de la tradition; celui qui s’oppose au progressisme

Fondamentalisme, on désigne au sens large toutes les radicalités religieuses qui défendent une conception intransigeante de la religion, au risque d’une confrontation avec la société environnante

Rigorisme désigne un respect très strict des règles de la religion ou de la morale. C’est une forme de radicalisation religieuse, et pouvant être apparentée ou associée à de la rigidité morale.

Radicalisme. Attitude qui refuse tout compromis en allant jusqu’au bout de la logique de ses convictions.

Conclusion. Les intégristes, fondamentalistes, rigoristes, radicalistes, ne sont pas des « terroristes ». Ce sont des « extrémistes ».

Réflexions de chercheur

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Si vous pensez avoir toutes les réponses, c’est qu’il vous manque des questions… (Actualité, décembre, 1995)

 

En Recherche il faut être clair…  exemple:
Plus on pédale moins vite, moins on avance plus vite

 

On trouve beaucoup de chercheurs qui cherchent.. mais on cherche les chercheurs qui trouvent

Révolution: l’informatisation de notre société

 

Quelles sont et seront les conséquences possibles sur nos vies, notre cerveau, nos rapports sociaux suite à la « révolution » venant de l’informatisation de notre société (iPhone, iPad, Médias sociaux, Facebook, Twitter, etc.).

Je trouve cette révolution à la fois fascinante et épeurante. J’observe dans la vie de tous les jours, dans les congrès et au travail, comment les gens sont « dépendants » de leur « machine (surtout le iPhone). Au restaurant, à l’épicerie on voit les gens branchés sur leur téléphone. Dans les congrès aux pauses, nombre de personnes sont concentrées sur leur téléphone…

Il semble y avoir de moins en moins de place pour le silence, la réflexion, « ne rien faire ».

Et puis, Facebook, c’est parfois l’étalage de tout ce que les gens font, voyages, fêtes, problèmes… Parfois, il y a des sujets de réflexions… Mais toute cette attention donnée à ce qu’on vit, à ce qu’on fait, ce besoin de partager… est-ce vraiment sain pour notre développement?

Il y a aussi cette habitude maintenant à réaliser les « multiples tâches » – écouter une personne, une conférence – téléphoner – utiliser son iPad– etc. Écouter de la musique – travailler (écrire) et en même temps faire son exercice sur le tapis roulant… Il semble que l’idée, c’est que la vie est courte et qu’il faut la remplir…

Je n’ai pas de réponse, je me questionne…

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(Humour) Décourageant d’être enseignant

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Parfois c’est décourageant d’être enseignant !

Prof. Qu’est-ce qu’une voyelle?
Élève: C’est la femme du voyou!

 

Humour 1

(Humour) Danger des croyances

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Toujours important de vérifier si nos croyances sont valides

Humour 2

Mes croyances

Les croyances

Une partie de cet article puise dans mon livre : Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer. Une approche psychoéducative. Collection psychoéducation. Béliveau éditeur. 2015.  Le chapitre 8 : L’apprentissage, les valeurs, les croyances et les attitudes. Comprendre l’apprentissage

On ne se rend pas toujours compte à quel point nos croyances, conscientes ou inconscientes à l’instar de nos valeurs, influencent notre façon de vivre, de décider, de se comporter. Comme le mot l’indique, les croyances nous portent à « croire que… », comme si c’était une vérité — cela peut parfois l’être, mais bien souvent cela peut en être loin.

Les croyances sont en lien avec nos valeurs. Parfois il est même difficile de faire la différence entre les valeurs et les croyances. Certains auteurs comme  Rokeach, Ajzen et Fishbein vont considérer les valeurs comme des croyances profondes. Pour ma part, je vois les valeurs comme plus englobantes. Elles intègrent les croyances et les attitudes.

Il faut aussi faire la différence entre une connaissance, un savoir et une croyance. La connaissance et le savoir relèvent du domaine de la cognition et ont pour finalité une recherche de vérité qui s’appuie sur des fondements objectifs, la plupart du temps sur la science. Différemment, la croyance est une certitude subjective dans un domaine donné, parfois fondée sur la connaissance[1], mais parfois aussi considérée comme une vérité sans nécessairement faire l’objet d’une évaluation ou d’une vérification.

Les croyances représentent ce que nous pensons être la vérité. Ce sont des constructions mentales à partir des informations reçues de l’éducation, des expériences que nous vivons et qui nous amènent à penser de façon telle que nous considérons qu’il s’agit de la vérité Certaines croyances sont tout à fait fausses alors que d’autres peuvent être en partie ou en totalité vraies. Il arrive parfois que certaines croyances soient tellement fortes que malgré les preuves scientifiques on ne les abandonne pas.

Les croyances nous servent dans la vie de tous les jours, car on procède régulièrement à des évaluations en faisant des hypothèses sur le résultat de nos actions et en vérifiant si elles sont confirmées ou infirmées. Ces vérifications ne sont pas toujours portées à notre conscience. C’est une forme « d’apprentissage » par l’expérience.

Une autre fonction des croyances est de nous permettre une économie d’énergie en appuyant nos décisions ou nos actes de tous les jours sur ce que nous croyons être vrais, mais sans l’obligation de toujours vérifier. Disons que parfois cela nous joue des tours, mais c’est le prix à payer pour ne pas toujours douter et vérifier.

Mes croyances

Note : cette partie sera en développement. Il pourra s’ajouter des croyances nouvelles et possiblement que certaines croyances disparaîtront… et je crois que c’est normal, car selon moi, nos croyances changent avec le temps, l’expérience, l’âge.

Voici ce que je considère « actuellement – 2015 – ajusté en 2018» comme mes principales croyances. Ces croyances sont en évolution et changent avec l’expérience, la réflexion, le vieillissement. (Ajout de croyant novembre 2017 et 2018)

Pour moi ce que signifie : « je crois que… » « je crois en… »  s’appuie sur mon histoire de vie, mon expérience professionnelle de psychoéducateur et de chercheur universitaire et aussi sur des intuitions, sur des hypothèses. Comme on le définit, les croyances ne sont pas des « Vérités ». Certaines peuvent s’en approcher  si elles sont influencées par la recherche, d’autres peuvent être loin de la vérité. D’une façon ou d’une autre, mes croyances  sont en lien avec mes valeurs et orientent mes attitudes et mes comportements.

Éducation : profession enseignante

  • Je crois que… d’une façon générale, les enseignantes et les enseignants au Québec, sont de bonne foi et se soucient du succès de leurs élèves.

  • Je crois que… au Québec nous ne valorisons pas assez la profession enseignante.

  • Je crois que… la profession enseignante devrait avoir un Ordre professionnel au même titre que les médecins, psychologues, psychoéducateurs. Cet Ordre professionnel favoriserait la valorisation de la profession et jouerait un rôle de surveillance et s’assurerait du perfectionnement continu des enseignants.

  • Je crois que…le salaire des enseignant devrait être rehaussé d’au moins 10 000$.

  • je crois…qu’il faudrait attirer beaucoup plus d’hommes dans la profession enseignante afin de contribuer à faciliter l,apprentissage chez les garçons. Déféminiser cette profession.

Éducation : réussite éducative et scolaire et prévention du décrochage scolaire 

  • Je crois que…  les trois principaux acteurs qui peuvent faire la différence pour prévenir l’abandon des études, ce sont: le jeune lui-même, ses parents et les enseignants

  • Je crois que... de répondre tôt aux besoins particuliers des élèves en difficulté pour qu’ils réussissent dans les matières de base est l’une des actions les plus importantes pour prévenir le décrochage au secondaire. 

  • Je crois que…l’attitude relationnelle enseignant-élève du Je crois en toi est gage de succès  

La culture universitaire

  • Je crois que… la culture universitaire est encore trop influencée par les sciences « purs »  et les méthodes de recherche expérimentale. On valorise trop les publications prestigieuses. Il serait très important de faire une nuance et une grande différence avec les disciplines (sciences humaines) qui forment des professionnels (éducation, psychologie, psychoéducation, etc.). Ces disciplines devraient pouvoir valoriser une recherche axée sur le travail des professionnels.

Vieillissement

  • Je crois que… le vieillissement s’accepte très bien et présente plusieurs avantages… pourvu que les problèmes importants de santé ne viennent pas tout « chambouler ». Il existe deux types de personnes âgées: celles qui sont en santé et celles qui ont d’importants problèmes de santé.

  • Je crois… qu’il est possible de se sentir vieux très jeune et de se sentir jeune très vieux…

Jeunesse

  • Je crois que… lorsqu’on est jeune (de 20 à 50 ans), du moins c’est mon expérience, nous avons un mécanisme humain qui nous fait croire que notre vie sera éternelle ou du moins la maladie et la mort … ce sera très loin. On travaille à fond, on se valorise, on a une famille, des enfants, on consomme, on a du plaisir, on a des projets… comme si le temps, la vie étaient sans limites… puis… l’expérience, des événements de la vie (une maladie, la perte d’une amie, de nos parents) vient secouer ce mécanisme de vie éternelle…

Richesse et pauvreté

  • Je crois que… c’est inacceptable qu’il y ait un écart si grand entre les « très riches » et les « très pauvres ».

  • Je crois…qu’on peut s’habituer à être riche, mais qu’on ne s’habitue pas à être pauvre…

Sciences, Religions et Spiritualité

  • Je crois que…l’explication par la science de ce qu’est l’être humain fait référence au paradigme matérialiste et que c’est une grande part de « vérité ». Les neurosciences dévoilent comment la pensée et la conscience sont du ressort du cerveau. Il existe une autre vision qui ne relève pas de la science et du paradigme matérialiste et qui ne peut pas  s’accorder avec la vision matérialiste. C’est une autre dimension avec d’autres lois que celles qu’on connait. Pour l’instant je n’en sait pas plus.

Société

  • Je crois que… que la révolution numérique, technologique avec la robotique, l’Intelligence Artificielle (IA) va transformer notre vécu comme humain et qu’il est temps de voir comment nous allons nous y adapter.

[1] En discutant avec ma collègue et amie Marie-Martine Dimitri, sur le concept de croyance, elle me faisait remarquer  que lorsqu’une croyance s’appuie sur des résultats de recherche (la science),  elle perd alors son statut de croyance et devient une connaissance ou un savoir.  Cette interprétation est à vérifier.

Mes Valeurs

Les valeurs

Une partie de cet article puise dans mon livre : Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer. Une approche psychoéducative. Collection psychoéducation. Béliveau éditeur. 2015.  Le chapitre 8 : L’apprentissage, les valeurs, les croyances et les attitudes. Comprendre l’apprentissage

Qu’est-ce qu’une valeur?

Une valeur est ce que l’on considère comme très important dans notre vie. Ce que l’on valorise le plus. Ce pour quoi on est prêt à combattre, ce qui nous tient à cœur — l’autonomie, la liberté, la justice, la réussite, la sécurité, etc.

Les valeurs sont considérées dans la plupart des recherches comme le fondement des opinions et des comportements des individus et des groupes. Elles orientent les actions (Pronovost et Royer, 2004).  En plus de répondre à des besoins fondamentaux de l’être humain, les valeurs résultent non seulement d’une pression individuelle interne (besoin), mais aussi de l’influence de la société et des institutions (Legendre, 2005).

Nos valeurs concernent ce que nous considérons comme très important pour nous.  Elles  sont les repères qui nous servent à effectuer nos choix les plus importants et orientent pour une large part nos actions et nos comportements (Schwartz, 2006).

Une valeur est une certitude fondamentale, habituellement consciente et durable, qui nous oriente dans notre manière d’être ou d’agir. Elle s’actualise dans un idéal ou une fin qui sera hautement désirable pour la personne ou pour la société (Legendre, 2005).

Une valeur reflète l’importance que nous attribuons à nos actes, aux choses, aux gens et aux événements (Terrier, 2013).   C’est une conception explicite du degré d’importance que nous accordons à des modalités d’être ou d’agir en vue d’atteindre un but dans un secteur défini d’activité ( Perron, 1972).

On peut considérer une valeur comme une croyance durable selon laquelle un mode spécifique de conduite ou un but de l’existence est personnellement et socialement préférable à d’autres conduites ou buts (Legendre, 2005; Rokeach,1968; Schwartz, 2006).

Les valeurs sont intimement liées aux finalités. Elles représentent ce qu’il importe de réaliser pour donner un sens tant à la vie de la personne qu’à celle de toute la communauté (Legendre, 2005).

Enfin, on peut dire que tout ce que les humains apprécient, estiment, désirent obtenir, recommandent, voire proposent comme un idéal, peut être considéré comme une valeur (Rezsohazy, 2006).

Mes valeurs
*(Mise  jour en septembre 2024) 

Voici ce que je considère « actuellement » comme mes principales valeurs. Je ne les ai pas mis en ordre rang d’importance (hiérarchisée), car c’est une opération très difficile. Ces valeurs sont en évolution et pourraient changer avec l’expérience, la réflexion, le vieillissement.

  • Mon couple et ma famille. J’accorde une très grande importance à ma relation de couple, avec mon épouse Yolande. Prendre soin de cette relation en cherchant le meilleur équilibre possible entre mes besoins et ceux de mon épouse. Une grande importance à mes enfants: ma fille Line et  mon fils Carl, en me souciant de leur bien-être. Également à mes quatre petits enfants (Gabriel, Elsa, Mathis et Étienne) ainsi qu’à la conjointe de mon fils (Nancy). 

  • La fidélité. Être fidèle en amour (dans mon couple), en amitié et dans la vie professionnelle c’est très important pour moi. Fidèle à mes engagements, fidèle à ma parole, fidèle à mes idées. Ce qui ne signifie pas que je ne peux pas changer d’idée, mais le dire et être transparent lorsque cela se produit.

  • Protéger ma santé physique et développer ma santé psychologique. Dans la mesure du possible prendre soin de ma santé physique par mon alimentation et les exercices physiques, ainsi que les examens médicaux réguliers. Pour ma santé psychologique voir à ma croissance personnelle continuelle par des lecture et exercices appropriés (exemple: exercices de pleine conscience). Au besoin suivre des séances de psychothérapie.

  • Poursuivre à la retraite des activités intellectuelles – semi-professionnelles. Je valorise beaucoup d’être actif intellectuellement comme faire de la recherche,  analyser, faire des lectures et de l’écriture-publication. Réfléchir, lire, écrire sur la compréhension de qui est l’être humain, quelques sont les défis de vivre aujourd’hui, sur approfondir à l’aide des neurosciences.

  • Partager et léguer mon savoir issu de la recherche et mon savoir d’expérience. De mes recherches et analyses, partager, diffuser mon savoir par la publication de livres, par mon site internet, par mes interventions sur les médias sociaux (Facebook), par les courriels. 

  • Avoir un sens moral. Ce sens moral pour moi comprend les valeurs suivantes: l’honnêteté, le respect de moi-même et des autres, l’engagement en tenant parole, la préoccupation de la justice sociale et la protection des personnes vulnérables.

  • Aider ceux et celles qui me sollicitent. (Ajout en septembre 2024). Je suis régulièrement sollicité pour répondre à des demandes d’aide via les courriels: partager mes outils de soutien à l’intervention surtout. Répondre positivement à ces demande.

  • Me préoccuper de deux enjeux sociétaux importants: l’éducation et l’écart entre les riches et les pauvres. Pour l’éducation l’égalité des chances pour tous, l’inclusion de tous, particulièrement les jeunes en difficulté; contrer l’élitisme et la sélection abusive. Pour la richesse et la pauvreté lutter afin de favoriser la diminution de l’écart entre les riches et les pauvres. (Ajout en septembre 2024). Je suis surtout actif en ce qui touche à l’éducation, par mes publications, mon site Internet.

  • L’accomplissement personnel et la reconnaissance. Je donne de l’importance à réussir dans mes entreprises, avoir du succès, être reconnu dans mes efforts à partager et à aider. D’être respecté et avoir un sentiment d’utilité à la société. Note (septembre 2024). Ici faire attention de ne pas donner trop d’attention au  regard de l’autre, entre autres, de faire des actions pour plaire aux autres.

  • L’importance de la paix et de l’absence de conflit. Je donne beaucoup d’importance à l’harmonie dans les relations interpersonnelles, la recherche de la paix dans mon environnement et dans le monde. Dans la mesure du possible le moins de conflits possibles. Note (septembre 2024). Je dois avouer que j’ai peu de moyens concret qui me permettrait d’accomplir cette valeur.

  • L’humour.  Avoir des occasions de rire, de ne pas se prendre trop au sérieux. Le plaisir de l’humour raffiné. Note (septembre 2024). J’applique ceci, entre autres, dans mon rôle de proche aidant avec mon épouse Yolande, afin de dédramatiser ce qui est dramatique dans sa maladie.

À ma connaissance et pour le moment présent, ce sont les aspects de la vie que je valorise le plus.

Mes antivaleurs

J’ai des antivaleurs. celles qui déclenchent en moi des émotions négatives, pénible. Les antivaleurs sont le contraire des valeurs que j’ai présenté plus haut. Ce sont les aspects que je considère qu’il faut combattre.

  • L’infidélité – en amour – en amitié

  • La Peur  Ceci n’est pas une valeur, mais une émotion. Note (septembre 2024)

  • L’Anxiété  Ceci n’est pas une valeur, mais une émotion. Note (septembre 2024)

  • L’Immoralité

  • Les Conflits, la Guerre, le Terrorisme

  • L’Agressivité, l’intimidation

  • La Frivolité – superficialité

  • La Pauvreté  Ceci n’est pas une valeur, mais un état de vie. Note (septembre 2024)

  • La richesse extrême, la quête de l’argent et la luxure.

Références 

Legendre, R. (2005). Dictionnaire actuel de l’éducation. Guérin, Montréal.

Perron, J. (1972). Psychologie des valeurs : résultats et visées d’un programme de recherche en milieu québécois. Conseiller canadien, 6 (2) avril. p. 82-94.

Pronovost. G. et Royer, C. (2004). Les valeurs des jeunes. Presses de l’Université du Québec.

Rezsohazy, R. (2006). Sociologie des valeurs. Armand Colin.

Rokeach, Milton. 1968. Beliefs, Attitudes and Values: A Theory of Organizationand Change. San Francisco : Jossey-Bass Publishers.

Schwartz, S. H. (2006). Les valeurs de base de la personne : théorie, mesures et application. Revue française de sociologie. 47, (4) p. 92-128.

Terrier, C (2013). Attitudes, croyances et Valeurs. Que devrais-je être ? www.cterrier.com

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(Humour) L’intelligence du Gorille 2

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– Je ne fais jamais la même erreur deux fois…
– Chaque jour j’en fais une nouvelle !

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(Humour) L’intelligence du Gorille 1

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Maintenant que j’ai trouvé la réponse, ils ont changé la question!

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(Humour) Pour bien profiter de sa dépression – Peanuts

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1 – Ça c’est ma « posture déprimée »
2. – Quand on est déprimé, la posture fait toute la différence.
3 -La pire chose est de se tenir bien droit, les épaules dégagées
parce qu’on commence tout de suite à se sentir mieux.
4 – Pour vraiment profiter de sa dépression, il faut se tenir comme ça…

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(Humour) Nouvelle théorie et la Boite noir

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Bon travail Remy, mais je crois que nous aurons besoin
d’un peu plus de détail juste ici –
(« puis un miracle est arrivé » )

Théorie - Boite noir0001

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(Humour) Le doute sur la poursuite des études

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Quand je vois tous ces gens qui sont allés à l’école
et où ça les a menés, le doute m’envahit
Tout d’un coup !

Études0001

(Humour) – Quoi qu’il arrive… ne jamais abandonner

Persaévérance2

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(Humour) Projet de décrochage scolaire de Peanuts

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– Oui madame. je laisse l’école. Je n’aurais pas réussi grand-chose de toute façon.
– Je vais consacrer le reste de ma vie à rendre mon chien heureux.
– Non madame. Je n’ai pas encore discuté avec mes parents.
– Mais, j’en ai parlé avec mon chien et il croit que c’est une bonne idée.

Peanot

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(Humour) Conséquence du redoublement

Redoublement Humour

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(Humour) Le temps change: nouvelles technologies

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(Humour) Recette et réduire le vin

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Je ne suis pas certain que c’est ce qu’on veut dire: « maintenant réduire le vin »

Vin

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(Humour) Un gros hiver

Érablière Humour

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(Humour) Erreur de la marmotte en Météo

Humour Marmotte

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La pauvreté (prise 2)

La pauvreté

Préambule

J’ai été déclenché dans ma réflexion sur la pauvreté suite à la lecture d’un diaporama qui faisait la comparaison entre la richesse et la pauvreté en valorisant la pauvreté et ses liens avec la nature. Voici en gros ce que disait le diaporama, qui était très bien fait en présentant de belles photos de la nature et une musique de fond détendante.

C’est l’histoire d’un père qui veut faire vivre à son fils une expérience de la pauvreté en permettant au jeune garçon de séjourner trois jours chez une famille pauvre à la campagne. Lorsque le père demande à son fils comment il avait trouvé l’expérience, contrairement à toute attente, celui-ci lui raconte ce qui suit (extrait).

  • Nous avons un chien, ils en ont quatre;
  • Nous avons une piscine avec de l’eau traitée, ils ont une rivière avec de beaux Poissons, et plein de belle nature;
  • Nous avons une installation d’éclairage électrique dans notre jardin, eux, ils ont les étoiles et la lune pour les éclairer;
  • Nous écoutons des CD, eux écoutent la symphonie des oiseaux, des grillons et des petits animaux
  • On utilise le micro-onde, eux ils mangent des plats mijotés à feu lent et aux multiples saveurs;
  • Et cela continue ainsi…

Ce n’est pas la pauvreté que je connais. Cette connaissance me vient de deux sources principales: mes travaux de recherche sur le décrochage scolaire et mon vécu d’enfant dans une famille pauvre.

À partir de ces deux sources d’information, voici comment je comprends la pauvreté.  Je tiens à mentionner ici que de vivre dans une famille pauvre, défavorisée ne signifie pas nécessairement un avenir catastrophique. Je n’adhère pas à une vision d’un déterminisme mécanique, automatique conditionné par le bagage génétique et l’environnement. La résilience existe et les facteurs de protection aussi. Ce qui est certain cependant c’est que vivre dans la pauvreté, dans un milieu défavorisé comprend de nombreux facteurs de risque pour les enfants et les adultes et rend le développement et le vécu plus difficile.

Quelques constats de recherche sur la pauvreté et les milieux défavorisés

Qu’est-ce que la pauvreté et être défavorisé ?

Selon le dictionnaire Antidote, la pauvreté est l’état d’une personne qui a peu de ressources, qui manque de moyens; c’est l’insuffisance matérielle ou morale; la stérilité, l’infécondité. Un complément à la pauvreté est l’état de défavorisé  qui se caractérise par la situation d’une personne désavantagée économiquement, socialement ou culturellement.

Quelles sont les conséquences possibles de la pauvreté et d’être défavorisé?

Les nombreux travaux en éducation et en sociologie de l’éducation démontrent un lien clair entre l’état de défavorisé et le niveau de qualification (la diplomation). Les jeunes issues de milieux défavorisés ne commencent pas leur parcours scolaire sur la même ligne de départ.

Les jeunes issus de milieux défavorisés sont plus à risque de retard scolaire, de retard dans leur qualification, dans leur diplomation et plus à risque de décrochage scolaire. L’on sait maintenant que le décrochage scolaire est associé à un vécu plus difficile au niveau de la santé physique et mentale, au niveau de l’intégration socioprofessionnelle, au niveau de la perte d’emploi et du chômage.

Quelques statistiques

En éducation le MELS utilise un indicateur de niveau de défavorisation, soit l’Indice de Milieu Socio-Économique (IMSE). Il y a dix niveaux, le niveau 1 signifiant un haut niveau de favorisation et le niveau 10 un haut niveau de défavorisation. Certaines statistiques de 2014 du MELS utilisent une comparaison entre le taux de sortie avec diplômes selon l’IMSE. Il existe un écart de 14% de diplomation entre les élèves issus de milieux favorisés (IMSE de1) et les élèves issus de milieux défavorisés (IMSE de 10).

Pour ma part, je possède des statistiques sur les élèves à risque (en difficulté scolaire) de la maternelle 5 ans à la 6e année du primaire. Ces statistiques sont issues du logiciel de dépistage Premiers signes administré à plus de 3 000 élèves de trois commissions scolaires. Le pourcentage de risque chez les élèves d’écoles ayant un IMSE de 1 à 7 se situe autour de 26% alors que celui d’école de milieu défavorisé (écoles SIAA – IMSE de 8 à 10) se situe à 33%.

Il est clair que de vivre dans la pauvreté, être défavorisé a des effets sur la qualité de la scolarisation et devient un facteur de risque important

Quelques souvenirs d’enfance de mon vécu de la pauvreté

Maintenant, je laisse de côté les statistiques liées à cette réalité de l’état de défavorisé et je vous présente quelques souvenirs de mon vécu d’enfant vivant dans une famille pauvre, à Verdun (Montréal) et entouré d’un certain nombre de familles aisées[1].

Être pauvre signifiait que ma famille faisait partie de la liste des familles pauvres de la paroisse. À  Noël on recevait «le panier du pauvre». J’étais honteux, gêné, mal à l’aise. Mes souliers neufs avaient été acheté par le curé de la paroisse.

Enfant je me sentais dévalorisé,  trop différent des autres, de ses amis.

Il y avait autour de moi des familles aisées, vraiment aisées. Ce n’était pas mes amis, ils étaient trop différents. Eux ils étaient bien habillés, fréquentaient un club de tennis, un collège classique. À leur fête, à Noel ils recevaient des cadeaux et ils partaient en vacance l’été.

Regarder ceux qui sont plus riches et avoir mal à l’intérieur de constater la différence. De constater leur bonheur et d’être conscient de ses manques. Voir ces jeunes recevoir des jouets luxueux et se sentir différents, ressentir du mal à l’intérieur et savoir que je n’aurai jamais ce genre de cadeaux.

Sentir chez ces enfants que c’est naturel d’avoir des «biens», me sentir différent, être triste et me sentir vulnérable.

Nous étions trois enfants à la maison et une paire de patins pour les trois. Patins trop grands évidemment. Pas de chandail de hockey, pas de bicycle.

Bien entendu, tout n’était pas toujours sombre, il y avait parfois du « bonheur » surtout dans les moments de jeux à l’extérieur.

Conclusion

Oui il y a des familles pauvres, défavorisées qui peuvent, comme l’illustrait le diaporama, profiter de la nature, des rivières, des animaux, des plats mijotés, mais d’une façon générale la pauvreté rend la vie des personnes plus difficile, plus vulnérable. Il faut vraiment tout faire pour réduire ces écarts entre les riches et les pauvres et aider ces jeunes et leur famille à sortir de la pauvreté.

 [1] Pour plus d’information sur mon vécu, le lecteur peut consulter ma biographie au menu Auteur – Biographie.

Rôle du chercheur universitaire et le transfert des connaissances

Rôle du chercheur universitaire et transfert des connaissances éducation, psychoéducation et psychologie Texte écrit le  3 déc. 2011  

Préambule

Cet article analyse le rôle du chercheur universitaire en transfert de connaissances.

En tenant compte de l’expérience que j’ai comme chercheur universitaire, comme auteur d’outils de transfert, comme consultant pour le CTREQ et d’autres organismes en éducation, des échanges et réflexions lors du dernier symposium sur le transfert avec des collègues chercheurs, voici comment  je vois le rôle de l’universitaire dans le processus de transfert et dans l’utilisation des connaissances issues de la recherche.

Le rôle de l’universitaire

Le chercheur universitaire (en éducation, psychoéducation, psychologie, etc.) a pour mission de faire avancer les connaissances et les pratiques professionnelles – cliniques. Sa principale mission, mis à part l’enseignement (la formation de professionnels),  est de faire de la recherche. Cette recherche peut être fondamentale, collaborative, évaluative, de développement, ou de type action. Peu importe le type de recherche, il est le responsable de la recherche.

Faire de la recherche signifie obtenir des fonds de recherches, intégrer des étudiants des trois cycles dans les projets, publier ses travaux pour les autres chercheurs et les étudiants universitaires ou collégiaux, intégrer ses résultats de recherche dans ses enseignements, participer à transférer ces connaissances afin qu’elles soient accessibles et utilisables par les milieux de pratique.

Le chercheur universitaire peut participer dans le cadre d’un projet de transfert des connaissances à développer des outils de soutien à l’intervention (programmes, instruments de mesure, etc.).  Si l’universitaire collabore avec un milieu de pratique, c’est dans une perspective de recherche ou de formation continue des praticiens.

Le rôle des praticiens dans les milieux

Le chercheur universitaire à la responsabilité de voir à ce que le résultat de ses travaux de recherche soit utilisable par les praticiens (les professionnels) pour améliorer leurs pratiques. C’est également dans sa responsabilité de former les futurs professionnels à l’utilisation des connaissances issues de la recherche.

C’est de la responsabilité des milieux de pratique que d’utiliser le transfert de connaissances pour éclairer et améliorer les pratiques.

Cette utilisation du transfert des connaissances peut être facilitée par une alliance entre des chercheurs et un milieu de pratique, mais ne devrait pas être une condition d’utilisation des connaissances issues de la recherche.

Les milieux de pratiques (les CS et les écoles) ont les ressources compétentes pour être autonomes dans l’utilisation des connaissances : les divers professionnels formés au 2e cycle – CP, orthopédagogues, psychoéducateurs, certains gestionnaires, etc.

Certains organismes comme le CLIPP et le CTREQ et les instituts universitaires des centres jeunesse  peuvent jouer un rôle d’intermédiaire entre la recherche universitaire et les milieux, établir une alliance, un partenariat.

Conclusion

Je crois que c’est une erreur que de croire que pour qu’un milieu améliore ses pratiques ou utilise le transfert de connaissances qu’il soit nécessaire qu’un chercheur universitaire soit présent ou collabore. Bien entendu c’est une alliance souhaitable, mais pas toujours réaliste.

La présence d’un chercheur dans un milieu de pratique est surtout justifiable dans le cas d’un projet de recherche. Lorsqu’un outil a été développé et validé, lorsqu’un programme a été évalué et validé, l’universitaire à fait son travail. Sauf s’il doit participer à faire de l’accompagnement, du suivi.

L’utilisation des connaissances issue de la recherche est une question de culture dans un milieu. Aujourd’hui, les professionnels dans les milieux ont la formation nécessaire pour jouer un rôle à ce niveau. Il faut cependant leur permettre de jouer ce rôle.

 

Vieillir et être à la retraite (Dossier)

  • Vieillir et être à la retraite

Je fais partie d’un Groupe de CoDévelloppement qui réunit 9 personnes à la retraite pour réfléchir sur de thèmes important de la vie quotidienne. Plus de la moitié de ces personnes sont des universitaires à la retraite. Lors de notre dernière rencontre (16-06-2016) le thème de réflexion était Vieillir.  J’ai ajouté mes réflexions suite à cette rencontre.

Lors de notre réflexion sur le thème vieillir, j’ai réalisé qu’il y a une différence entre le thème vieillir et être à la retraite. Beaucoup de notre échange concernait davantage l’expérience d’être à la retraite que de vieillir. C’est la raison qui m’a motivé à changer le titre de l’article en ajoutant et être à la retraite.

Je vais séparer en deux thèmes différents et complémentaires: vieillir et la retraite

Vieillir

Il y a des inconvénients importants à vieillir, mais il y aussi certains avantages (bien oui). Bien entendu, la perception qu’on en a,  dépend de notre vécu et peu varier d’une personne à l’autre.

Les principaux inconvénients

  • Les problèmes de santé augmentent avec l’âge. À partir de 65 ans ou 70 ans, on ressent le poids de l’âge, l’usure du corps. Les principaux problèmes sont habituellement au niveau des articulations (exemple : l’arthrose); la vision (exemple : le glaucome); l’audition; la tension artérielle ou le diabète. pour ne nommer que ceux là.

  • Les différents problèmes de santé ont pour conséquences l’obligation d’utiliser des médicaments pour pallier aux problèmes. On sait que chaque médicament a des effets secondaires déplaisants.

  • Les sensations fortes éprouvées lors de la jeunesse (20, 30 ou 40 ans) diminuent considérablement. Les sens captent moins les sensations plaisantes.

  • L’énergie, la résistance sont plus faibles. On peut en faire moins, il faut mettre des étapes et se reposer plus souvent. Il faut doser davantage.

  • Il y a aussi les nombreuses pertes, les deuils: nos artistes préférés disparaissent, certains de nos anciens collègues ou mentors nous ont quitté. Nos animaux de compagnie auxquels on s’attache nous quittent également (ajout le 11-06-2016).

  • Nous pouvons éprouver une plus grande difficulté à accepter les changements, l’expression de nouvelles valeurs ou le peu d’importance accordée aux valeurs importantes du passée.

  • Selon l’état de nos revenus en vieillissant, il peut, si ces revenu sont trop faibles, entretenir un sentiment d’insécurité (ajout le 11-06-2016).

  • La réalité du temps qui passe, l’avancement en âge peut favoriser le sentiment d’insécurité, la peur de la maladie car l’événement suprême approche, cet incontournable  pour tout organisme vivant, la mort (ajout le 11-06-2016).

Les principaux avantages

  • L’un des grands avantages du vieillissant, c’est l’état de conscience, Une plus grande conscience de soi – connaissance de soi. et le cumul de l’expérience qui mène à la clarté de la compréhension de nos expériences de vie.

  • La conscience que le temps passe, que chaque instant présent est important à vivre. Et donc qu’il est important de vivre l’instant présent.  Vivre davantage le temps qui passe.

Questionnements réflexifs sur le vieillissement

Que signifie pour vous vieillir?

  •  perte graduelle de ses capacités , de son énergie

  • se rapprocher de l’ultime réalité de l’être humain – la mort

Quels ont été les principaux changements suite à la retraite (pour moi)

  •  les problème de santé

  •  la retraite – du nouveau, être consultant, être travailleur autonome 

  •  la découvert de l’écriture, du plaisir de s’exprimer librement – être auteur

Qu’est-ce qui n’a pas changé avec l’âge?

  •  le goût d’apprendre

  •  le plaisir du travail intellectuel

Quelles traces, quels lègues souhaitez-vous laisser?

  • mes valeurs à mes enfants : l’honnêteté, la justice, l’entraide, 

  • mes productions comme auteur – mes livres – mes outils  –


Certains disent qu’il y a une différence entre être âgé et être vieux. On peut être âgé sans être vieux.

À quel âge devient-on vieux? Peut-être que c’est une question de perception venant de nous et aussi des autres?

Vieillir, avancer en âge impliquerait de multiples adaptations. Certains auraient plus de faciliter à s’adapter que d’autres.  S’adapter veut dire investir de l’énergie.

Conseils aux lecteurs… et à ceux qui sont jeunes

Si vous lisez ce texte et que, entre autres,  vous êtes jeunes, disons moins de 50 ans, prenez le temps de « vivre la pleine conscience » (voir l’article sur la pleine conscience) et savourez le temps présent et votre « jeunesse ».  Si en plus vous êtes en santé, prenez le temps d’apprécier l’état de votre corps et son bon fonctionnement.


Être à la retraite

Les principaux inconvénients

  • Selon l’état de nos revenus à la retraite, il se peut, si ces revenus sont trop faibles, que l’on vive un sentiment d’insécurité.

  • Il peut y avoir une perte de valorisation liée à la productivité, perte du sentiment d’utilité.

  • Être à la retraite peut demander beaucoup d’énergie à l’occasion de nouvelles adaptations.

Les principaux avantages

  • La liberté et la disparition des nombreuses contraintes qui sont le lot de la jeunesse (développement de carrière,responsabilités  parentales, pression pour la performance, sentiment de la nécessité de tout faire, etc.).

  • Lorsqu’on est à la retraite, la liberté du temps disponible pour réaliser les projets qu’on veut et quand on veut.

  • La possibilité de réaliser les projets qu’on a longtemps désiré et qui étaient mis de côté (les voyages, la musique, l’expression artistique, etc.). La découverte de nouveaux talents, projets, de nouvelles capacités, habiletés.

Autres réflexions

La question de notre zone de confort, ce qu’on peut appeler en physiologie de notre organisme  l’homéostasie. Disons une homéostasie psychologique.  Découvrir ses zones de confort et les élargir graduellement, agrandir notre zone de confort en acceptant la nouveauté, la dose  d’insécurité normale, pour expérimenter de nouvelles situations, de nouvelles activités.

Il existe des expressions que je trouve « terribles » : Tuer le temps, Passer le temps ou « Passe temps »

À la retraite, il s’agit de trouver comment poursuivre son développement, comment s’épanouir?


Autre texte

Un poème de Félix Leclerc, poète et chansonnier québécois, qui nous convie à vieillir avec sagesse, à concilier bonheur et vieillesse. Dans cette société où la solitude devient un fardeau, ou vivre pour satisfaire ses propres intérêts mesquins est la norme, il faut construire des réseaux de solidarité, se transformer afin de reconnaître l’autre dans sa souffrance et besoins; tout cela fait partie aussi de la joie de vieillir en santé physique et psychologique. 

Ce n’est pas parce que je suis un vieux pommier
que je donne de vieilles pommes.
Félix Leclerc.

Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son cœur,
Sans remords, sans regret, sans regarder l’heure.
Aller de l’avant, arrêter d’avoir peur,
Car à chaque âge se rattache un bonheur.

Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son corps,
Le garder sain en dedans, beau en dehors.

Ne jamais abdiquer devant un effort.
L’âge n’a rien à voir avec la mort.

Vieillir en beauté, c’est donner un coup de pouce!
À ceux qui se sentent perdus dans la brousse,
Qui ne croient plus que la vie peut être douce
Et qu’il y a toujours quelqu’un à la rescousse.

Vieillir en beauté, c’est vieillir positivement.
Ne pas pleurer sur ses souvenirs d’antan.

Être fier d’avoir les cheveux blancs,
Car pour être heureux, on a encore le temps.

Vieillir en beauté, c’est vieillir avec amour,
Savoir donner sans rien attendre en retour,
Car où que l’on soit, à l’aube du jour, il
y a quelqu’un à qui dire bonjour.

Vieillir en beauté, c’est vieillir avec espoir,
Être content de soi en se couchant le soir.
Et lorsque viendra le point de non-recevoir,
Se dire qu’au fond, ce n’est qu’un au revoir!

Ne regrette pas de vieillir.
C’est un privilège refusé à beaucoup!

 

Autre très beau texte sur le vieillissement

http://pierrepotvin.com/wp/index.php/2018/07/30/le-regard-dans-le-temps-texte-sur-le-vieillissement/

Une conférence vidéo sur l’âgisme – Martine Lagacé (excellent)

https://www.youtube.com/watch?v=AWzID-BNDq8

Texte : La planète des vieux – Très intéressant

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/553015/la-planete-des-vieux?utm_source=infolettre-2019-04-27&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

La psychoéducation (Dossier – plusieurs liens)

La psychoéducation comme discipline est une approche d’intervention qui vise à rétablir et développer les capacités adaptatives de la personne et à contribuer au développement du milieu dans le but de favoriser l’adaptation optimale de l’être humain en interaction avec son environnement.

Ce texte est un extrait de mon livre: Comprendre l’apprentissage pour mieux éduquer. Une approche psychoéducative.  Collection psychoéducation. Béliveau éditeur


De même que l’on distingue la psychologie de la profession de psychologue, il est important de distinguer la psychoéducation, sa conception de l’apprentissage et de l’intervention, de la profession de psychoéducateur et de psychoéducatrice. Ainsi, la psychoéducation comme discipline, avec son champ de connaissances et certains de ses outils, peut être utilisée par toute personne s’intéressant à l’apprentissage, à l’éducation en général et à l’aide aux personnes en difficulté en particulier.

Le modèle psychoéducatif est avant tout un modèle d’intervention d’orientation systémique qui a pour intérêt et cible, les personnes qui présentent des difficultés d’adaptation psychosociale.

On peut accorder à Gilles Gendreau (1926-2010) et à Jeannine Guindon (1919-2002) la paternité et la maternité des principales bases de la psychoéducation. Jeannine Guindon, par sa formation de psychologue, a intégré ce que la psychologie de l’époque avait de plus important comme savoir : l’influence de la psychanalyse et de la psychologie dynamique dans le développement de la personne ; un développement par étapes, par stades, influencé entre autres par Piaget et Erickson. L’idée originale de Guindon a été de rééduquer les personnes « inadaptées » en repassant par les étapes de développement de la personnalité, entre autres en s’inspirant des étapes de développement d’Eric Erickson. De son côté, Gendreau avait une autre vision qui dépassait l’approche psychologique, mais qui l’incluait. Il n’était pas psychologue, mais « éducateur ». Il était préoccupé par le développement de la personne, non pas au sens de la psychologie de Guindon, mais plutôt par l’action de la relation de l’éducateur avec la personne en difficulté ainsi que sur l’utilisation de l’environnement, du milieu.

Ce sont au départ ces deux univers différents, mais complémentaire qui ont façonné les bases de la psychoéducation. Étant donné que dans mon ouvrage j’analyse la conception psychoéducative de l’apprentissage, je mets l’accent sur l’approche de Gendreau, car c’est lui qui a davantage développé cette dimension, entre autres par ses références aux grands pédagogues, par ses travaux sur l’activité et sur le modèle de la structure d’ensemble, les composantes psychoéducatives. Bien entendu, ceci n’enlève rien à tout l’apport de Jeannine Guindon au développement de la psychoéducation ([1]).

Dans son introduction au livre Jeunes en difficultés…, Gendreau (2001) écrit cette courte phrase au début du chapitre où il définit l’intervention psychoéducative : «  Aider un être global à se développer, de lui-même et par l’environnement ». Cette petite phrase résume bien la vision qu’avait Gendreau de l’intervention psychoéducative.

On peut alors développer sa vision de la psychoéducation comme suit. Aider une personne en difficulté d’adaptation, que l’on conçoit comme globale avec ses composantes biologique, cognitive, affective, sociale et morale. Une personne qu’on aide dans son développement, mais qui s’aide elle-même par sa participation active. L’aide apportée utilisera l’environnement afin de favoriser ce développement et l’atteinte d’une meilleure adaptation.

Gendreau définit l’intervention psychoéducative comme « une intervention spécialisée qui, en utilisant le milieu de vie d’un jeune aux prises avec des difficultés spécifiques d’adaptation, accompagne et soutient ce jeune dans sa démarche vers un meilleur équilibre face à lui-même et face à son entourage ». Précisons que depuis plusieurs années, le terme « jeune » a été remplacé par « personne » ou « individu » étant donné qu’aujourd’hui l’approche est utilisée auprès de clientèles très variées, de la petite enfance aux personnes âgées.

Quand Gendreau présente la psychoéducation, plus spécifiquement l’intervention psychoéducative, on retrouve les concepts suivant : difficultés d’adaptation, recherche d’un équilibre, interaction de l’environnement et de la personne, accompagnement et soutien, une relation établie dans un vécu partagé.

La psychoéducation, comme son nom l’indique, est une intégration de théories de la psychologie et des sciences de l’éducation pour venir en aide aux personnes en difficulté d’adaptation. L’origine de la psychoéducation est « l’éducation spécialisée », conçue pour les personnes en difficulté. Avec le temps, les théories psychologiques ont fortement influencé la psychoéducation, beaucoup plus, à mon sens, que celles des sciences de l’éducation. De plus, d’autres disciplines sont venues contribuer au développement de la psychoéducation, entre autres la psychologie sociale, la sociologie, la psychopathologie, la criminologie, l’éthologie humaine, les neurosciences.

Du côté de Gendreau, les fondements de l’approche psychoéducative ont été influencés principalement par les travaux de Piaget. Gendreau a suivi les cours de Jean Piaget à l’université de Genève, en Suisse, durant les années 1950. Le constructivisme piagétien, qui débutait alors, allait devenir par la suite une théorie à la mode, du moins en Europe et au Québec. Cette conception de l’apprentissage fut complétée durant les années 1960 par le mouvement de la pédagogie dite active, sous l’influence de grands pédagogues comme Montessori, Freinet, Dewey. Puis, les théories systémique et écosystémique ont insisté sur l’importance de l’environnement et son influence sur le développement de l’individu.

Gendreau souscrivait à l’approche de Piaget, qui mettait l’accent sur l’interaction entre le sujet et l’environnement dans le développement de la personne. Pour moi, c’est cette approche, concrétisée par l’expérience de terrain de Gendreau à Boscoville, qui est au fondement de la psychoéducation. Les adolescents en trouble grave de comportement en processus de rééducation à Boscoville, étaient fragiles et facilement déstabilisés par les facteurs environnementaux (le temps, l’espace, les relations avec les adultes et les pairs). Le succès de l’intervention passait nécessairement par la maîtrise de ces facteurs. On a rapidement compris qu’avec des adolescents fragiles contrôlant difficilement leurs comportements, une action sur l’environnement (temps, espace, niveau de défi, etc.) devenait essentielle à la réussite du processus de rééducation. Ce sont, entre autres, ces deux raisons qui ont amené Gendreau à développer le modèle des composantes d’une activité et d’un milieu.

Le modèle psychoéducatif naissant comprenait dans son noyau dur les éléments suivants : la relation de qualité entre l’éducateur, la personne en difficulté et les pairs ; l’activité « psychoéducative » comme outil intermédiaire de relation et d’apprentissage ; les composantes du milieu comme outil de soutien à l’apprentissage et à la facilitation du processus adaptatif. Ce modèle s’inspire des conceptions constructiviste et de l’apprentissage en y ajoutant une vision systémique de l’apprentissage, c’est-à-dire une interaction dynamique d’un ensemble de composantes de l’environnement dans lequel vivent les clientèles présentant des difficultés d’adaptation.

La psychoéducation a été influencée par une approche d’apprentissage dans laquelle le sujet co-construit ses connaissances (constructivisme), est très actif dans ses apprentissages. À ce sujet, Gendreau utilise l’expression « aider la personne à se développer d’elle-même ». Malgré l’accent mis sur l’activité du sujet, l’approche psychoéducative reste une approche où la planification de l’intervention, de l’apprentissage, où le contrôle, la systématisation, la rigueur de l’intervention sont incontournables. En d’autres mots, l’éducateur doit être aussi actif que l’apprenant dans le processus d’apprentissage. En cela, la psychoéducation se rapproche des conceptions cognitivistes de l’apprentissage et du béhaviorisme, quant à l’importance de l’environnement et de l’analyse systématique du comportement.

([1]) Pour approfondir davantage l’aspect historique de la psychoéducation, je recommande au lecteur l’ouvrage suivant : Renou, M. (2014) L’identité professionnelle des psychoéducateurs. Une analyse, une conception, une histoire. Collection Psychoéducation : fondements et pratiques. Béliveau éditeur (82). Particulièrement le chapitre 2, « Une perspective historique de l’évolution de la psychoéducation ».

Pour plus d’information sur la psychoéducation et l’approche psychoéducative, je publie un nouveau livre Élève à risque d’échec scolaire. Un regard sur la résilience et les facteurs de protection. Chapitre 11. L’approche psychoéducative. Collection Psychoéducation Béliveau Éditeur. 

 


 

 

L’urgence, l’instantanéité, l’immédiateté et la vitesse


Extraits du volume de Nicole Aubert: Le culte de l’urgence
Flammarion 2003
Pierre Potvin mai 2006

 Le livre cherche à comprendre comment notre époque est entrain de vivre une mutation radicale dans son rapport au temps, comment cette mutation affecte profondément notre manière de vivre et travailler et contribue à l’émergence d’un nouveau type d’individu, flexible, pressé, centré sur l’immédiat, le court terme et l’instant, un individu à l’identité incertaine et fragile. p. 21

… ce sont les individus – et non le temps – qui accélèrent toujours davantage, se contractent et se compriment toujours plus pour répondre aux exigences d’une économie et d’une société qui tourne à vitesse toujours plus grande, exigent des performances toujours plus poussées et des actions toujours plus immédiates. p 23

… l’urgence, l’instantanéité, l’immédiateté ont envahi nos vie p. 24

Le soubassement de ce nouveau rapport au temps réside dans l’alliance qui s’est opérée entre la logique du profit immédiat, celle des marchés financiers qui règnent en maître sur l’économie, et l’instantanéité des nouveaux moyens de communication. Cette alliance a donné naissance à un individu « en temps réel », fonctionnant selon le rythme même de l’économie et devenu apparemment maître du temps. Mais l’apparence est trompeuse et, derrière, se cache souvent un individu prisonnier du temps réel et de la logique de marché, incapable de différencier l’urgent de l’important, l’accessoire de l’essentiel p 24

Pris dans les rouages de l’économie du « présent éternel », englués dans les innombrables choix que nous permet la société marchande, focalisés sur la satisfaction immédiate de nos désirs, ne sommes-nous pas devenus non seulement des « hommes-présent », incapables de vivre autrement que dans le présent le plus immédiat, mais plus encore des hommes de l’Instant, collant à l’intensité du moment et cherchant des sensations fortes liées à la seule jouissance de l’instant présent? p 27

La société actuelle…semble en effet passer… d’un mode de fonctionnement « à temps long » où les repères se comptaient en année à l’échelle de l’individu, en siècle à celle de l’histoire – à un mode « à temps court », société du zapping, du fast, des clips, et des spots dans laquelle il s’agit de vivre l’intensité sans la durée et d’obtenir des résultats à l’efficacité immédiate. La quête de sens, qui se déployait naguère à l’échelle d’une vie tout entière, s’est ainsi métamorphosée en une demande de mieux être ici et maintenant.

Ce qui unit les trois premiers concepts d’urgence, instantanéité et immédiateté, disions-nous, c’est celui de vitesse, elle-même au cœur du système capitaliste : plus le capital tourne vite et plus le taux profit annuel qui imprègne toute l’histoire du capitaliste p. 32

…Le type porte tout sur ses épaules, explique ainsi un spécialiste de la gestion des ressources humaines, il porte son présent, son futur, son avenir, sa formation, son employabilité… Il est responsable de tout, de ce qui lui est arrivé, de ce qui lui arrive, de ce qui va lui arriver… p 52-53

Le temps constitue ainsi la corde sur laquelle la vie de chacun va se tendre. Et, sur ce point, les nouvelles technologies de l’instantanéité représentent une arme à double tranchant. D’un côté, elles semblent libérer l’individu de son assujettissement au temps, de l’autre elles intensifient l’obligation de réactivité immédiate dont il est l’objet et, de ce fait, contribuent à générer ou entretenir l’urgence p. 53

Quels sont les effets de ce nouveau temps relationnels, de cette capacité à établir des liens dans l’immédiat et à obtenir des réponses instantanément, de cette possibilité d’obtenir le monde entier au bout du téléphone portable ou du clavier de son ordinateur? La réponse n’est pas simple et, quand on tente de l’approfondir, c’est un tableau contradictoire qui se dessine : d’un côté un individu apparemment libéré des contraintes du temps, mais conforté dans un sentiment de toute-puissance plus ou moins illusoire, de l’autre un individu « compressé », écrasé par cette temporalité de l’immédiat qu’elle implique p57-58

Le téléphone mobile (cellulaire) ne crée pas l’urgence mais c’est lui qui, de plus en plus, la permet : le temps est brusqué afin de saisir l’occasion. Il s’agit d’être à la fois en situation de ne rien rater, c’est-à-dire à l’écoute (branché) et en disposition de commuter immédiatement (zapper) sur ce qui apparaît subitement mieux ou plus intense 59

… C’est tout à la fois l’anxiété du temps perdu, le stress du dernier moment, le désir jamais assouvi d’être ici et ailleurs en même temps, la peur de rater quelque chose d’important, l’insatisfaction des choix hâtifs, la hantise de ne pas être branché au bon moment sur le bon réseau, et la confusion due à une surinformation éphémère 60


 

Évolution du concept de transfert de connaissances

 Le transfert de connaissances au cours des deux dernières décennies a fait l’objet de tout un courant de recherche (Chagnon et al., 2009). À l’origine, le concept de transfert de connaissances faisait référence à une approche linéaire et unidirectionnelle. La production des connaissances était limitée à la recherche universitaire et le transfert signifiait la transmission de ces connaissances pour les rendre accessibles à être utilisés par les milieux. Au départ, le transfert de connaissances était intimement lié à la valorisation de la recherche universitaire.

Cette conception reste encore utilisée lorsqu’il est question de l’approche linéaire du transfert, cependant, d’autres approches sont venues bonifier le concept de transfert en le rendant interactif (chercheur et utilisateur, praticien) et en ne limitant pas la production de connaissances aux seuls chercheurs. Cette transformation est venue de la dynamique interactionnelle entre chercheurs et utilisateurs (praticiens). Je vais aborder ces approches dans le chapitre 5 sur l’alliance recherche et pratique.

Extrait du livre Alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience

Bonne pratique et données probantes

Voici ma réflexion sur la question des « bonnes pratiques » des « pratiques qui s’appuient sur des données probantes ». J’écris présentement un futur livre sur « Alliance entre le savoir  issue de la recherche et le savoir d’expérience. Le transfert de connaissances ».

 Il faut être prudent sur la notion de « bonne pratique » et de « données probantes ». Il y a présentement un débat à ce sujet et beaucoup de nuances à apporter à cette notion de données probantes.  C’est une approche issue du domaine médical.

 Tout ça pour dire, qu’il faut chercher les meilleures pratiques, mais  souvent en éducation, psychologie et psychoéducation, il y a peu de pratiques vraiment « probantes ». Il faut accepter l’utilisation de pratiques prometteuses et de les développer et les évaluer.

 Aussi, il ne faudrait pas que cette notion de « données  probantes » fasse obstacle à la créativité des praticiens et à l’innovation dans les pratiques éducatives et psychoéducatives.

 En résumé, oui pour de bonnes pratiques, mais aussi oui pour la créativité et l’innovation… « avec rigueur ».

Pour en savoir plus sur les données probantes et les bonnes pratiques, voir le livre: Potvin (2016). Alliance entre le savoir issu de la recherche et le savoir d’expérience . Béliveau Éditeur.

http://pierrepotvin.com/wp/index.php/2016/01/31/alliance-recherche-et-pratique/

Pratiques innovantes en éducation

Pour citer ce texte:
Potvin, P. (2015). Pratiques innovantes en éducation. site internet http://pierrepotvin.com/wp. Catégorie Éducation.


Ce texte présente les éléments théoriques qui entourent la notion de pratique innovante. À première vue l’innovation semble une notion simple signifiant la nouveauté et le changement. Cependant lorsque l’on recense les écrits de recherche ou les écrits professionnels sur l’innovation sociale ou plus spécifiquement sur l’innovation en éducation, rapidement on est confronté à la complexité de cette notion. Le texte aborde la notion de pratique, par la suite celle de l’innovation. Suivent les caractéristiques de l’innovation, ses divers types et les étapes de son processus.  En dernier lieu est abordé la question des pratiques exemplaires en lien avec les pratiques innovantes.

 La notion de pratique 

Une pratique en éducation est un acte professionnel réalisé par  l’enseignant, la direction d’un établissement ou par un professionnel non enseignant. Legendre (16)  définit la pratique comme un ensemble d’habiletés acquises par un individu ou par un groupe par l’exercice régulier d’une activité.

La notion d’innovation en éducation

Le terme innovation est généralement associé à la science et à la technologie. Le concept d’innovation, tel qu’on le connaît, s’est développé dans l’univers du progrès technologique. Mais l’innovation revêt aussi une dimension sociale et l’innovation en éducation en fait partie.   (CSÉ) (5)

 Dans différents pays européens, plusieurs autres termes sont synonymes d’innovation. À titre d’exemples en voici quelques-uns : ajustement, amélioration, développement, étude pilote, expérimentation, idées nouvelles concrétisées, modernisation, réforme, renouveau. Ce sont les mots réforme, développement et expérimentation qui sont les plus utilisés avec ou à la place du mot innovation. (Cros) (13). En éducation il existe plusieurs termes pour désigner l’innovation, soit : innovation pédagogique, innovation en éducation, innovation scolaire, innovation en formation. Le Conseil Supérieur de l’Éducation (5) privilégie « innovation en éducation ».

 Les principales définitions de l’innovation en éducation s’inspirent de celle d’Huberman (15), à savoir : « une innovation est une amélioration mesurable délibérée, durable et peu susceptible de se produire fréquemment » (p.7). Plus précisément, Huberman mentionne que l’innovation est une opération dont l’objectif est de faire installer, accepter et utiliser un changement donné. Une innovation doit durer, être largement utilisée et ne pas perdre ses caractères initiaux. Cros (10) mentionne que l’innovation résulte d’une intention et met en oeuvre une ou des actions visant à changer ou modifier quelque chose (un état, une situation, une pratique, des méthodes, un fonctionnement), à partir d’un diagnostic d’insuffisance, d’inadaptation ou d’insatisfaction par rapport aux objectifs à atteindre, aux résultats, aux relations de travail.

De son côté, le CSÉ (5)  nous indique  que lorsqu’il s’agit de définir ce qu’est l’innovation en éducation, il faut tenir compte du fait que son but premier est la réussite de l’élève et que cette réussite doit prendre en considération l’ensemble du développement de la personne. Le CSÉ (5) retient la définition suivante : « l’innovation en éducation est un processus délibéré de transformation des pratiques par l’introduction d’une nouveauté curriculaire, pédagogique ou organisationnelle qui fait l’objet d’une dissémination et qui vise l’amélioration durable de la réussite éducative des élèves ou des étudiants » (p. 26)

Ce qui caractérise l’innovation en éducation

L’innovation en éducation selon les divers auteurs recensés se caractérise principalement par les éléments suivants : une nouveauté, un produit, un changement et une amélioration, une durabilité et une transférabilité.

Une nouveauté

La nouveauté dans l’innovation se distingue de la novation  ou de l’invention. À ce titre, Schon (21)  affirme qu’un acte n’est novateur que s’il ajoute à la somme des inventions connues. Dans le cas contraire, il s’agit seulement d’un emprunt ou d’une diffusion  plus large de l’acte initial. Il faut donc préciser que l’innovation n’est pas une invention, car l’invention est une création nouvelle qui n’avait auparavant aucune existence où que ce soit, tandis que l’innovation est une nouveauté dans un contexte particulier, c’est une nouveauté qui est relative au contexte (parfois une recombinaison de choses anciennes).

Ce qui est nouveau dans l’innovation, ce n’est pas l’objet en question, son contenu, mais essentiellement son introduction dans un milieu donné. C’est en quelque sorte l’assimilation, d’objets, transférés, importés, empruntés à d’autres lieux. (Cros et Adamczewski (12); Cros (10) et  Béchard (2). L’innovation est une idée, une pratique, un objet perçu comme nouveau par les membres d’un système. (Rogers et Shoemaker) (15)

Un produit.

Le produit en question dans l’innovation c’est la substance à laquelle on attribue cette vertu novatrice. La plupart des auteurs considèrent généralement l’innovation comme un produit; une technologie nouvelle; un dispositif institutionnel; une méthode, un processus nouveau,  etc. (CSÉ) (5). L’innovation est une idée, une pratique, un objet perçu comme nouveau par les membres d’un système. (Rogers et Shoemaker) (19)

Un changement et une amélioration.  

C’est en opposition à des pratiques professionnelles considérées comme inopérantes et routinières que se construit le processus de l’innovation. L’innovation a toujours été envisagée comme une action transgressive individuelle ou groupale permettant d’améliorer des situations insatisfaisantes ou, du moins, de résoudre des problèmes. Cependant, l’innovation est autre chose qu’une simple résolution de problème, elle contient en elle-même des germes de créativité et d’originalité. (Cros) (8).

L’innovation résulte d’une intention et met en oeuvre une ou des actions visant à changer ou modifier quelque chose, idéalement un changement positif, une amélioration, un changement volontaire, intentionnel et délibéré. Elle veut le bien, le meilleur pour l’élève. Ce qui implique un changement de comportement, d’attitudes, d’approches de pensée. (Béchard (2) et Cros (13))

Cette innovation est de l’ordre de la créativité, de l’inventivité, de l’initiative par le renouvellement des méthodes, de l’organisation ou des contenus. (Cros) (9)  Il peut y avoir quelques astuces supplémentaires, quelques arrangements ingénieux dans l’action innovante, mais ce qui la caractérise c’est le fait de faire autrement afin d’améliorer ce qui existe. Ceci implique l’introduction d’un mieux-savoir, d’un mieux-faire et d’un mieux-être. On est ici au niveau de la connaissance opérationnelle, de l’art utile, d’une réponse à des attentes d’efficacité, de rentabilité (Cros et Adamczewski) (12)

De son côté Huberman (1973) (15) complète en parlant de motivations créatrices de l’innovation, entendue comme une volonté délibérée de changer les coutumes, de réduire l’écart entre les objectifs du système et les pratiques en vigueur, de redéfinir les problèmes, de reconnaître les nouveaux problèmes et de créer de nouvelles méthodes pour les résoudre.

 Une durabilité et une  transférabilité

L’innovation doit aussi être durable il ne doit pas s’agir d’une action isolée et éphémère. Elle doit sous-entendre une appropriation et une utilisation qui dépassent l’individu qui l’a créée ou implantée. Bref, l’innovation ne doit pas rester une action localisée. Il faut qu’elle se dresse en processus durable. (CSÉ) (5)

 Le renouveau pédagogique, dont l’implantation dans les écoles québécoises s’opère progressivement depuis 2000, s’inscrit dans cette volonté de changement durable. (MELS) (17) Un changement de cette envergure requiert une certaine maîtrise du changement. (CSÉ) (7) Pour le Conseil supérieur de l’éducation, cette maîtrise repose sur une convention des finalités, la gestion du processus de changement, l’adaptation à un environnement en mutation, mais aussi « avoir suffisamment de maturité pour orienter sa destinée et provoquer les adaptations qui apparaissent nécessaires. » (p. 24)

L’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) transgresse en partie le critère de durabilité. Si la révolution numérique est empreinte de permanence et constitue l’un des grands vecteurs de mutation en éducation, les moyens qui en émergent se succèdent à un rythme qui ne permet que des données contextuelles. (OCDE) (18) Malgré l’incapacité de la recherche à démontrer l’effet favorable des NTIC sur les résultats scolaires, certaines tendances positives se dégagent : augmentation de la motivation des élèves, plus grand degré de contrôle par les apprenants, situations d’apprentissage plus réalistes et authentiques, etc. (CSÉ) (6)

Divers types de pratiques innovantes en éducation selon les rôles des acteurs

En innovation en éducation on parle du fait qu’un enseignant, un administrateur ou toute une école mettent en pratique un concept, une attitude ou un instrument qui est quantitativement et qualitativement différent de ceux qui avaient cours auparavant. Le nouveau produit est rendu disponible et est diffusé dans le système tout en étant intégré dans les autres pratiques. (Huberman, 1973) (15).

Pratiques innovantes pour les enseignants

On touche ici aux pratiques d’enseignement où aux pratiques enseignantes  qui se définissent selon Legendre (16)  comme  l’ensemble des activités de l’enseignant orienté par les savoirs et les compétences de celui-ci ainsi que par les fins et normes de la profession d’enseignant  et mis en œuvre dans un milieu  pédagogique particulier. Également les pratiques pédagogiques qui concernent l’une ou l’autre ou l’ensemble des relations au sein d’une situation pédagogique. Corneille Kazadi (4)  précise que ces pratiques  concernent l’art de conduire ou de faire la classe, ce qui relève de  l’organisation et la signification du travail ou encore du domaine de la gestion de classe. Quant aux pratiques didactiques innovantes, elles concernent l’art ou la manière d’enseigner les notions propres à chaque discipline (français, mathématiques, anglais, sciences et technologie, etc.). (Corneille Kazadi) (4)

Pratiques innovantes pour les professionnels

Ici on s’intéresse aux pratiques innovantes en milieu scolaire pour les professionnels en éducation, soit : les conseillers pédagogiques, psychoéducateurs et éducateurs spécialisés, psychologues scolaires, orthopédagogues, conseillers en orientation, travailleurs sociaux. Selon le type de profession et de rôle en éducation ces pratiques prennent des formes très diverses : approches d’intervention, nouvelles méthodes, programmes innovateurs, etc.

Pratiques innovantes pour les administrateurs

Ces pratiques administratives innovatrices peuvent se définir  comme l’ensemble des façons de faire associées à la mise en œuvre des politiques, des règles et des procédures (Legendre). Elles touchent plusieurs sphères de l’activité de gestion d’un établissement. Ces innovations peuvent concerner les changements dans le matériel, ceux qui complètent l’équipement scolaire (salle de classe, multimédia, nouveaux livres, etc.); les changements conceptuels qui portent sur les programmes et les méthodes de l’enseignement; les changements dans les relations interpersonnelles, dans les rôles et les relations réciproques des différents acteurs du milieu.

 Les étapes dans le processus d’innovation

Au niveau du processus, l’innovation peut se réaliser en trois phases : l’expérimentation pilote, les adaptations aux réalités du terrain et l’institutionnalisation ou sa généralisation. inspiré de (Brodin) (3).  En se référant au modèle d’Alter (1)   ces phases peuvent se traduire comme suit : 1) l’innovation est la traduction sociale d’une invention, première phase au point de départ du processus. L’invention peut être le fruit d’une émergence de la base, ou importée de l’extérieur ou imposée par une autorité; 2) la phase de l’appropriation se caractérise par une transformation, par la construction d’un sens nouveau, par une contextualisation, par un transfert de l’invention entre les acteurs; 3) l’institutionnalisation réduit l’incertitude et intègre les pratiques innovatrices dans les règles de l’organisation

Enfin, l’art de l’innovation consiste à adapter puis à faire adopter des réalités inventées, découvertes ou crées antérieurement. L’innovateur fait figure de passeur, de traducteur, adapte et traduit le nouveau pur en nouveauté recevable et applicable, il en assure la promotion et la diffusion. (Cros et Adamczewski) (12)

De la pratique innovante à la pratique exemplaire

Nous utilisons ici le terme pratique exemplaire pour référer au terme anglais Best practice. Qu’est-ce qu’on entend par pratique exemplaire»? C’est la référence à une pratique professionnelle qui est efficace, généralisable et qui s’appuie sur des résultats de recherche. Cette pratique peut avoir les caractéristiques d’une pratique innovante. Le  CSÉ (5)  fait un lien étroit entre innovation en éducation et l’interface entre  la recherche en éducation et les pratiques éducatives.

Pour qu’une pratique innovante devienne une  pratique exemplaire, elle doit être en lien avec la recherche et faire l’objet d’évaluation tant au niveau de son processus que de ses effets. Deux situations peuvent se produire à l’origine d’une pratique innovante et exemplaire.

De la pratique à la recherche

Ainsi, l’innovation pédagogique peut surgir de la pratique. C’est notamment le cas lorsqu’un enseignant rompt avec les méthodes pédagogiques traditionnelles qu’il expérimente de nouvelles façons d’enseigner et qu’il permet à d’autres enseignants d’en bénéficier. (CSÉ) (5) On parle ici d’une pratique innovante. Pour que cette nouvelle pratique devienne une pratique exemplaire, il faut y associer le processus de recherche et d’évaluation. L’innovateur praticien s’associe avec un chercheur afin d’appuyer cette nouvelle pratique par la théorisation, la vérification de ses effets et les conditions de généralisation.

 De la recherche à la pratique

L’innovation peut également émerger des résultats des recherches. C’est ce qui arrive lorsque des enseignants s’inspirent des résultats de la recherche pour modifier leurs pratiques. C’est ici le cas classique du transfert de connaissances. L’innovateur praticien s’associe avec un chercheur afin de raffiner cette pratique innovante. Ainsi, le rapprochement des univers de la recherche et de la pratique éducative peut, lui aussi, favoriser l’émergence de meilleures méthodes et, du même coup, stimuler l’innovation en éducation.

La capacité à innover suppose sans aucun doute la maîtrise des situations acquises, avec ce que cela implique de savoirs savants et de savoirs d’expérience, mais elle suppose tout autant un état d’esprit créatif et imaginatif. La formation à cet état d’esprit, passe avant tout par le sens de la prise d’initiatives, par une réflexion sur la pratique, éclairée à la fois par l’expérience des autres professionnels et par la référence aux théories disponibles. (Cros (9) et CSÉ (5) )

Références

(1) Alter (2000). Cité par Cros (2007). L’agir innovationnel. Entre créativité et formation. De Boeck.

(2) Béchard, (2001 cité par le CSÉ, 2006 p. 25.

(3) Brodin, É. (date non disponible). Innovation en éducation et innovation dans l’enseignement des langues : quels invariants? (Document inédit. Université Paris 3. France.

(4) Corneille Kazadi (2006). Les approches innovantes dans les manuels de mathématiques, Dans Loiselle, J., Lafortune, L. et Rousseau, N. *(2006). L’innovation en formation à l’enseignement. Presse de l’Université du Québec (Québec)

(5) Conseil supérieur de l’éducation (CSÉ) (2006). Rapport annuel sur l’état et les besoins de l’éducation (2004-2005). Le dialogue entre la recherche et la pratique en éducation : une clé pour la réussite. Québec.

(6) Conseil supérieur de l’éducation (CSÉ) (2000). Rapport sur l’état et les besoins de l’éducation (1999-2000). Éducation et nouvelles technologies : Pour une intégration réussie dans l’enseignement et l’apprentissage. Québec.

(7) Conseil supérieur de l’éducation (CSÉ) (1995). Rapport annuel sur l’état et les besoins de l’éducation (1994-1995). La maîtrise du changement en éducation. Québec.

(8) Cros, F. (2007). L’agir innovationnel. Entre créativité et formation. De Boeck.

(9) Cros, F.  (26 mars 2002 -2) Conseil national de l’innovation pour la réussite scolaire. Rapport d’étape au ministre de l’éducation national.

(10) Cros, F. (novembre 2001-1)  L’innovation scolaire (Enseignants et Chercheurs – Synthèse et mise en débat – INRP -)

(11) Cros, F. (2001). Politiques de changement et pratiques de changement. Paris : INRP.

(12) Cros, F. et Adamczewski, G. (1996) cité dans Legendre, R. (2005) Dictionnaire de l’éducation. Gérin, Montréal. 3e édition.

(13) Cros, F. (date non disponible) Innovation en éducation et en formation. Sens et usage du mot. Rapport final. INNOVA. Observatoire européen des innovations en éducation. Document inédit.

(14) Génelot, D. (1992). Gérer dans la complexité. Paris : Insep éditions.

(15) Huberman, A.M. (1973). Comment s’opèrent les changements en éducation : contribution à l’étude le l’innovation. Expérience et innovation en éducation no. 4. Unesco : BIE

(16) Legendre, R. (2005). Dictionnaire de l’éducation. Gérin, Montréal. 3e édition.

(17) Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) (2005). Le renouveau pédagogique : Ce qui définit « le changement ». Québec.

(18) Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) (2008). Les grandes mutations qui transforment l’éducation. Paris.

(19) Rogers, E. et  Shoemaker, F.F. (1971). Dans Savoie-Zajc, L. (1993) cité dans Legendre, R. (2005) Dictionnaire de l’éducation. Gérin, Montréal. 3e édition.

(20) Savoie-Zajc, L. (1993) cité dans Legendre, R. (2005) Dictionnaire de l’éducation. Gérin, Montréal. 3e édition

(21) Schon (1967 cité par Huberman, 1973). Comment s’opèrent les changements en éducation : contribution à l’étude le l’innovation. Expérience et innovation en éducation no. 4. Unesco : BIE

 

Ceux qui m’ont influencé

L’école secondaire à Verdun (Montréal)

À l’école secondaire, Mgr. Richard de Verdun, j’ai eu de bon professeurs. J’aimais l’école et ils m’ont aidé à aimer l’école. Je me souviens d’un professeur de français, il était vraiment excellent et je sentais que j’apprenais. Les frères du Sacré-Cœur, plusieurs bons pédagogues, en science (physique, chimie, mathématique). J’aimais tellement apprendre. Je me souviens d’expériences en laboratoire (chimie), d’expérience à l’extérieur de l,école sur la vitesse du son.

Le parascolaire – le sport – la gymnastique sportive

Mon professeur d’éducation physique au primaire et responsable du club de gymnastique de Verdun, Raymond Gagnier, a été pour moi un modèle d’éducateur. Je me suis valorisé par la gymnastique sportive, je me suis formé par la compétition. Je suis devenu éducateur physique, ma première profession.

Conciliation travail-études

Monsieur Perras, propriétaire de l’épicerie Reverview Grocery à Verdun. J’avais un emploi les fins de semaine et l’été quand j’étais adolescent. Ce fut pour moi tellement important dans ma formation de jeune adolescent, dans ma valorisation, dans le développement de mon identité. J’aimais y travailler et malgré mes difficultés (briser des œufs, des bouteilles de bière, etc) on me faisait confiance. En plus, je faisais de l’argent que je donnais à ma mère, je gardais un dollar et lui laissais 10 ou 12 dollars. Je me rappellerai toujours ce samedi matin ou il m’avait confié d’ouvrir seul l’épicerie. C’est incroyable le sentiment de fierté que j’avais. Et la confiance en moi que je sentais de sa part. Ces expériences merveilleuses, remplaçaient celles que je n’avais pas à la maison. Mon père était malade (santé mentale) et ne jouait pas son rôle de père.

L’influence de ma marraine sur mes études

Ma marraine Germaine Desautels filleule de mon père (du côté des Potvin) a joué un rôle important dans le fait que je poursuive des études universitaires. Un jour au secondaire, un enseignant (un frère du sacré coeur), conseiller en orientation, me fit passer des tests psychologiques. Sa conclusion c’est que je n’étais pas apte à poursuivre des études universitaires. Ma marraine a entendu parlé de cela et ne croyait pas du tout à ces résultats catastrophiques. Elle travaillait dans un des bureau du Ministère de l’éducation et connaissait des personnes qui pouvaient m’aider. Je crois que j’ai eu l’occasion de repasser des tests. Une chose certaine c’est que j’avais les capacités. Non seulement j’avais les capacités de faire des études supérieures mais j’ai participé, dirigé de nombreux étudiants à la maîtrise et au doctorat à diplômer. Heureusement qu’une prsonne de ma parenté s’est intéressé à moi.

L’influence de Gilles Gendreau et de Boscoville

L’influence de Gilles Gendreau a été au niveau de la profession de psychoéducation. Ce fut mon professeur, mon maître et un modèle. Sa vision de la psychoéducation m’a beaucoup influencé. Il avait une vision « éducative, pédagogique ». Il m’a beaucoup formé. L’expérience de Boscoville, du Centre de Psychoéducation du Québec ou pendant 20 ans j’ai travaillé avec lui. De 20 ans à 40 ans. Malgré toutes mes difficultés à Boscoville (insécurité, etc) je sentais qu’il croyait en moi.

L’influence de Jeannine Guidon était à un autre niveau. Sa grande capacité de théorisation, l’orientation de l’intervention à l’aide d’un cadre théorique de référence. C’était plus une universitaire classique.

Aimée Leduc au doctorat Université Laval

C’était tout un personnage Aimée Leduc. J’ai reçu une formation rigoureuse en recherche dans une approche très classique de type expérimental. Malgré la rigidité de cette approche de recherche, cette formation à été pour moi une référence tout au long de ma carrière de chercheur. C’est au doctorat que j’ai été initié au béhaviorisme social de A.W. Staats.

Richard E. Tremblay à la maîtrise École de psychoéducation Université de Montréal

Un vent de fraicheur et de nouveuté frappe l’École de psychoéducation avec l’arrivée de jeunes professeurs fraîchement formés au doctorat dans différentes universités à l’étranger. Richard E. Tremblay faisait partie de ces nouveau professeur lorsque j’ai réalisé ma maîtrise. C’est vraiment mon premier contact avec la recherche et les statistiques. Ici également, cette formation m’a servit tout au long dema carrière universitaire.

Merci à ces pionniers, à ces mentors qui ont influencé mon développement, mes apprentissages et ma carrière universitaire.