La violence conjugale, comment s’en sortir ?

Avant propos

Ceux qui suivent mes articles sur mon Blogue Éducation – Psychoéducation – Société et mes interventions sur Facebook se demanderont peut-être, comment se fait-il que j’écris un article sur la violence conjugale ?  Voici la réponse. En parallèle à mon domaine de recherche en éducation et en psychoéducation, depuis 20 ans j’ai collaboré avec Denise Tremblay psychologue et  directrice de La Séjournelle maison pour femmes victimes de violence conjugale ainsi qu’au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Mes travaux de recherche ont porté sur la validation du Modèle du Processus de Domination Conjugale (PDC) et d’un outil d’évaluation de la sécurité des femmes victimes de violence conjugale. À un niveau plus personnel, j’ai connu la violence conjugale de l’intérieur de ma famille d’origine et je peux témoigner des effets négatifs que cela produit sur les personnes. Je me sens donc légitime de parler de violence conjugale.

La motivation qui me pousse à écrire cet article est stimulée par le fait que tous les mois des jeunes femmes perdent la vie, victime de la violence de leur conjoint ou ex-conjoint. Il arrive même parfois que des enfants soient impliqués en étant assassinés et pour terminer le tout, souvent l’agresseur se suicide.

À cette violence conjugale s’ajoute ces temps-ci la violence sexuelle à l’université. Ce problème de société s’explique par une culture de relation inégalitaire et violente entre les hommes et les femmes, par un processus de domination des hommes sur les femmes.

C’est tout simplement inacceptable et cela doit cesser. Il est possible de réduire ces drames par l’éducation et la prévention.

 La violence conjugale

Essentiellement, selon le modèle du PDC, la violence conjugale peut s’expliquer par la dynamique du processus de domination du conjoint (plus souvent l’homme) sur la femme. Une domination violente : soit physique, et/ou psychologique, et/ou sexuelle et/ou économique.

Cette violence peut s’installer graduellement sans que la femme s’en rendre trop compte et lorsqu’elle en prend conscience cela représente tout un défi que d’apporter des changements à une relation toxique.

Au départ, pour de multiples raisons, certaines femmes peuvent être vulnérables dans leur relation conjugale, soit du point de vue économique, soit par le fait d’avoir des enfants et de se sentir responsable de leur vécu ou encore d’être vulnérable affectivement. Ces vulnérabilités peuvent devenir des outils de domination pour les conjoints. Ces conjoints violents, ces hommes possèdent une habileté raffinée pour piéger leur conjointe dans une relation toxique.

Les femmes victimes de violence aiment leur conjoint et celui-ci promet de changer et donne espoir, pour finalement ne jamais changer. Après un certain nombre d’années, la femme finit par prendre conscience que la situation ne changera jamais et veut mettre un terme à cette relation.

Arrive le moment où la femme victime décide que c’est terminé. La relation est finie. C’est la période dangereuse, car le conjoint violent perd tout son contrôle et aussi son « équilibre psychologique ». Souvent le passage à l’acte arrive suite à une séparation ou le conjoint violent se rend compte que c’est vraiment fini, qu’il perd son pouvoir de domination. Cette situation devient pour lui une question de vie ou de mort.

 Quelques solutions

 Protéger les femmes victimes et augmenter leur sécurité. Les travaux de recherche et l’expertise de La Séjournelle et du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (VVC) ont permis de développer des outils d’évaluation de la sécurité des femmes VVC ainsi que du travail de partenariat entre les différents acteurs en VC (justice, policier, maison pour femme VVC, Organismes pour hommes violents, etc.). Il faut davantage implanter à travers le Québec ces outils de prévention et de sécurité pour les femmes et pour ce faire financer davantage ces programmes.

Programmes de prévention de la violence. Dès le primaire et également au secondaire, dans les programmes de prévention de la violence à l’école, il faut ajouter un volet sur les rapports égalitaires garçon/fille. Il existe déjà des programmes de ce type au Québec, entre autres : Branchons-nous sur les rapports de force pour les écoles primaires et Enlignons-nous sur des mots sans maux pour les écoles secondaires (voir sur le site internet du Regroupement).

Éduquer les adolescentes et les adolescents aux rapports égalitaires et respectueux dans les relations amoureuses :

  • Pour les filles, apprendre les indices qui permettent de déceler une relation amoureuse qui peut devenir toxique. Les indices de contrôle, de jalousie, d’inégalité dans la relation. Apprendre aux filles le danger de vouloir jouer le rôle d’aidante, de « sauveuse ». Un rôle qui peut être naturel, parfois important à jouer, mais pouvant aussi devenir très dangereux si la relation est inégalitaire et dominante.
  • Pour les garçons, apprendre à être capable de s’affirmer sans dominer. Apprendre ce qu’est une relation égalitaire et respectueuse. Apprendre à gérer les émotions, telles la jalousie et l’acceptation d’une fin de relation.

 Conclusion

 Si l’on  applique ces quelques moyens et solutions, il y a de fortes chances que l’on arrive à réduire de beaucoup la violence conjugale et aussi à sauver des vies. Sans compter l’importance de réduire tous les effets collatéraux de la violence conjugale (effet sur le développement des enfants, de la femme, des hommes violents, de l’entourage, etc.)

La Séjournelle

http://lasejournelle.ca/

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

http://maisons-femmes.qc.ca/

 

 

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