Être parent et la gestion des crises des enfants

Voici un texte intéressant sur les crises des enfants et les réactions souhaitables des parents. L’autrice est mère et intervenante psychosociale.

Texte tiré de Facebook Vivement la psychoéducation est de:

Caroline Quarré
Intervenante psychosociale (B.Sc.) et propriétaire des cliniques Pas-à-Pas
www.pasapas.ca

Bon matin,

Ce message est long. C’est un élan du cœur ce matin à tous les jeunes parents qui vivent des crises avec leur(s) enfant(s) et qui se sentent découragés, épuisés ou même en colère! Je n’avais pas envie de l’écourter et d’aller « direct au but ». Dans ma nature, je n’aime pas tourner les coins ronds. Alors voilà, ce texte est pour les parents qui ont envie (et le temps) de lire et pour qui ça résonne. Je parle aux parents de tout-petits (0-6 ans), bien que cela s’applique aussi au plus vieux. Je pense à vous.

Les MAUDITES crises

Tout le monde a déjà entendu parler du « terrible two » ou du « fucking four ». Désolée de la vulgarité, je n’ai pas inventé ces termes. Au cours des dernières années, j’ai observé l’arrivée du « fighting three ». J’ai même entendu à l’épicerie une dame dire à une jeune mère que son bébé approchait sûrement du « terrible two » parce qu’il pleurait. Un bébé de moins de 18 mois. Voyons!
On parle ensuite de la crise d’adolescence. Encore là s’ajoute la crise de la pré-adolescence (on m’en parle dès l’âge de 8-9 ans).

Même chose pour les adultes. Dès qu’ils vivent une transition ou quelque chose de significatif dans leur vie, on leur balance au visage la « crise » qu’ils doivent traverser en ce moment : crise de la vingtaine, de la trentaine, de la quarantaine, de la cinquantaine, de la soixantaine, du retraité, du divorcé, etc. C’est insultant!

Ça ne finit juste plus. STOP tout le monde SVP!

À chercher constamment à quel « moment de crise » la crise appartient, on dévie complètement de l’essentiel : le besoin derrière le comportement.

Que ce soit un enfant de 2 ans, 4 ans, 8 ans ou même 16 ans, une crise exprime un besoin. Les comportements qu’on dit « dérangeants » sont bien souvent :

  • un mécanisme de défense en réponse à un niveau de stress plus élevé;

  • une stratégie inefficace pour répondre ou tenter de répondre à un besoin.

J’ai vu des centaines de familles passer dans mon bureau. Chacune croit être bien unique dans ses défis. Oui, les histoires de vie sont différentes et les personnes uniques. Pour autant, les défis rencontrés durant les crises sont tellement semblables.

Voici des exemples de ce qui revient le plus souvent :

  • Le bébé ou le tout-petit fait des crises plus longues et plus intenses avec la mère (ou à la personne qui lui a donné le plus de soins au cours de la première année de vie). Les mères se pensent incompétentes, se sentent coupables et se comparent à l’autre parent (ou aux autres).

  • L’enfant argumente et négocie toutes les règles, constamment. On a beau lui répéter et même le « menacer » de conséquences, c’est comme s’il n’en a rien à faire. Ça rend fou les parents!

  • Dans ses colères, le tout-petit frappe et crie lorsque son parent veut le consoler, mais continue de crier et de lancer les objets lorsque le parent s’éloigne pour lui laisser de l’espace. C’est à n’y rien comprendre.

  • Le tout-petit passe de belles journées à la garderie ou chez mamie, mais fait des crises monumentales au retour à la maison. Le parent sent que les autres adultes ont plus de moment de qualité avec son enfant que lui et ça le rend triste.

  • L’enfant semble prendre plaisir à faire réagir son parent ou son frère ou sa soeur. Il sait exactement sur quel bouton peser. Ça devient tellement difficile de gérer ses propres émotions quand on appuie sur « le bon bouton » à outrance.

  • Je m’arrête ici, ça donne le ton.

Ça fait 15 ans que j’entends ces difficultés dans ma pratique. 15 ans que j’entends des histoires si semblables. 15 ans que j’aimerais vous mettre tous ensemble pour que vous vous sentiez compris par d’autres parents et soulagés d’apprendre que vous n’êtes tellement pas seuls.

Petite confidence : j’ai vécu LA MÊME AFFAIRE comme maman. C’est beaucoup plus fréquent qu’on peut le penser, même chez les intervenants et professionnels qui vous aident. Je ne suis pas différente. Je fais de mon mieux.

La GRANDE majorité de ces comportements se règlent par de petites modifications dans la façon d’être en relation avec l’enfant, de le rassurer avant/pendant/après la crise, de définir les règles avant qu’elles ne soient transgressées, de recadrer les comportements inadéquats, d’appliquer les récompenses et conséquences et de gérer ses propres émotions.

Oui, la petite enfance est sujette à des crises. C’est normal pour plein de raisons, entre autres :

  1. Leur cerveau est TELLEMENT immature et la gestion émotionnelle est alors très difficile (et complexe!). Leurs ressources intérieures sont en plein développement.

  2. Ils ont tout à apprendre : la patience, l’ennui, le partage, le respect, l’entraide, le respect des règles, la vie en communauté, etc. Pour l’apprendre, il faut le vivre et vivre tous les défis que ces apprentissages comportent.

J’avais envie de vous écrire ce matin puisque je reçois beaucoup de courriels de parents épuisés et découragés. Je voulais d’abord vous dire que les crises sont normales. Dans ce sens, n’essayez pas de « casser une crise » ou de l’éviter. Ce sera pire. Soyez plutôt dans l’accueil et l’accompagnement. Comme une grosse vague qui passe et durant laquelle on aide notre enfant à ne pas avaler trop de gorgées d’eau.

Le tout-petit (l’enfant et l’ado aussi) a besoin d’être rassuré et de sentir qu’on l’aime tout le temps : crise ou pas crise. Il a besoin qu’on lui montre comment faire pour s’apaiser. Il a besoin d’un adulte calme et en contrôle près de lui. Un parent qui prend soin de lui pour être en mesure d’accueillir ses tempêtes. Il a donc besoin de modèles, d’explications et d’accompagnement. 

Lorsqu’on enseigne à un enfant à faire du vélo, on lui montre à pédaler et on ne le chicane pas parce qu’il n’a pas encore « pogné la twist ». On essaie encore et encore et on l’encourage avec fierté. On lui met un casque pour le protéger des chutes, sans pour autant que le casque n’empêche la chute. Il y aura des chutes. C’est le « deal ».

C’est pareil avec les émotions, mais c’est beaucoup plus dur que d’apprendre à pédaler. Ça demande du temps et bien des essais. Le casque, c’est vous. Vous n’empêchez pas de vivre des défis et des apprentissages. Vous êtes présents, disponibles et aimants. Durant « la chute », vous prenez soin et vous encouragez à remonter en selle ensuite.

Voilà pour mon élan du cœur du samedi matin. Je pense très fort à vous.

Pour ceux et celles qui ont envie d’aller plus loin, j’ai ajouté une conférence-web à mon horaire :
« Crises de colère et agressivité chez les tout-petits (0-6 ans) ».

Je n’ai pas beaucoup de temps ces temps-ci entre l’ouverture de ma nouvelle clinique, l’été en famille et mes nombreux projets professionnels. Je fais moins de publications, d’envois d’infolettre et de conférences. Je m’en excuse. 

Si vous avez envie de m’y rejoindre, ce sera le jeudi 28 juillet en soirée. Comme à chaque fois, vous aurez accès à la trousse à outils et à la rediffusion pour 3 mois (illimité). Pour avoir les informations et réserver un billet, c’est ICI.

Je retourne donc à mes boîtes de déménagement et à l’assemblage de meubles. Je suis de tout cœur avec vous.

Bon été,

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