L’immigration et le mieux vivre ensemble

Depuis quelques années au Québec comme dans plusieurs autres pays du monde, particulièrement dans les pays de l’Union européenne, l’immigration représente de plus en plus un grand défi. Plusieurs pays sont en guerre ou souffrent de pauvreté très importante ce qui amène des populations à vouloir s’installer dans des pays voisins ou même éloignés. Aux États-Unis, au Canada et particulièrement au Québec et en Ontario de nombreux réfugiés forcent les frontières.

Au Québec la venue des réfugiés, des demandeurs d’asile, mais aussi de l’immigration régulière représente un défi en ce qui concerne l’intégration dans la société québécoise. Ce qui pose problème c’est particulièrement la maîtrise de la langue et l’emploi.

Dans la dernière décennie, l’on a éprouvé au Québec un malaise grandissant causé par le fait que de nombreux immigrés ne maîtrisent pas la langue française (langue officielle du Québec) et qu’une grande métropole comme Montréal s’anglicisait graduellement.

Un autre irritant se manifeste par la présence de signes religieux dans notre société (port de signes ostentatoires – le voile islamique), mais aussi par les demandes d’accommodements religieux (lieux de prière dans des institutions publiques, être servie par une femme médecin et non un homme, avoir des horaires de piscine qui séparent homme et femmes, etc.).

Avec la Révolution tranquille des années 1960 le Québec s’est détaché de l’emprise de la religion catholique et s’est orienté vers une société laïc. Le port de signes religieux comme le voile islamique, entre autres, de même que certaines demandes d’accommodements viennent remettre en question une valeur fondamentale au Québec, soit l’égalité homme femme. Le vivre ensemble est depuis quelque temps menacé et représente un défi important.

Selon le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) près de la moitié de la population québécoise est d’avis que l’immigration présente un grand, voire un très grand risque pour le Québec en lien avec l’arrivée de dizaines de milliers d’immigrants par année au Québec. Le motif de cette crainte dépend du répondant : ça peut être un risque perçu pour sa sécurité, pour son emploi, pour la culture ou d’autres raisons.

L’importance de l’immigration 

Note: voir l’article de Pierre Fortin économiste qui nuance grandement les propos qui suivent (voir le lien plus bas)

Au Québec les statistiques de la démographie démontrent que nous sommes en perte en ce qui a trait aux naissances. L’un des objectifs de l’immigration consiste à contrer la dénatalité, afin de combler le manque des naissances par l’arrivée de nouveaux citoyens. Ainsi, depuis l’an 2000, la migration est devenue la principale source d’accroissement de la population du Québec, passant devant l’accroissement naturel. 

Selon CEFAN (2018),  les mouvements migratoires ont contribué pour 57,7 % à cet accroissement démographique, alors que l’accroissement naturel n’y a contribué que pour 42,3 % (CEFAN).

D’autre part, certains pays, dont le Canada, accueillent beaucoup d’immigrants pour des raisons économiques considérant que l’apport de nouveaux immigrants contribuera positivement à la croissance économique du pays  (CEFAN).

Un autre aspect de l’importance de l’immigration est la question de la pénurie de main-d’œuvre pour les emplois. Là aussi l’immigration fait partie des solutions.

Dans un autre registre, le Québec a toujours été une terre d’accueil pour les émigrés venant de plus de 15 pays différents, francophones, anglophones et allophones. Au cours de l’année 2014 les principaux pays d’origine étaient : Iran, France, Algérie, Chine, Haïti, Maroc, Cameroun, Côte d’Ivoire, Tunésie (Wikepedia).  Antérieurement nous avons de nombreux italien, Grecs,  Asiatiques,  Irlandais, Vietnamiens, Haïtiens et bien d’autres. Leur richesse culturelle est venue façonner positivement notre culture québécoise.

Conditions pour favoriser le mieux vivre ensemble

  • Ce qui me semble important pour favoriser un mieux vivre ensemble est de favoriser à ce que les différents immigrés puissent se sentir bien ensemble en partageant des lieux communs témoignant de leur culture (quartier d’une ville, association, etc.).

  • Toutefois il ne faut pas que cela devienne des lieux hermétiques, fermer aux autres comme c’est le cas par exemple des juifs hassidiques installé à Montréal.

  • Pour favoriser un mieux vivre ensemble il faut accepter certains accommodements raisonnables qui ne contreviennent pas avec nos valeurs fondamentales (exemple : l’égalité homme femme).

  • Qu’il y ait une reconnaissance plus grande des diplômes et des formations étrangères permettant d’avoir accès aux ordres professionnels du Québec (médecin, ingénieur, avocat, enseignant, etc.).

  • Que le soutien à l’apprentissage de la langue officielle soit facilité avec des formations efficaces.

Références

Bélaire-Cirino, M (2018 juin). Les québécois craignent l’immigraion plus que la pollution. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/societe/530632/les-quebecois-et-leur-systeme-de-sante

CEFAN (Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord) Histoire du français au Québec. La modernisation du Québec http://www.axl.cefan.ulaval.ca/francophonie/HISTfrQC_s4_Modernisation.htm#1_Le_rattrapage_de_la_Révolution_tranquille_(1960-1966)__
repéré le 21-07-2017

Wikipedia . Immigration au Québec.

***

Une excellente analyse de l’économiste Pierre Fortin de l’UQAM
Immigration: où sont les avantages

https://lactualite.com/lactualite-affaires/2016/02/10/combien-vaut-un-immigrant/

Une réflexion au sujet de « L’immigration et le mieux vivre ensemble »

  1. Pierre, tu écris: « il faut accepter certains accommodements raisonnables »,,,qui doit accepter certains accommodements raisonnable??? celui qui accueille et ou celui qui est accueilli…
    « certains  » et « raisonnables » ; tout le problème vient de ces deux items….
    ce qui n »est pas raisonnable c’est de tolérer la provocation, le mépris, le non respect…
    d’un côté comme de l’autre…
    la liberté de conscience est un droit fondamental; pas la liberté de religion qui est un artifice sociologique.
    pourquoi les « croyants » ne se limitent pas à une pratique religieuse privée…
    GOD HAS NO RELIGION (Gandi)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *