Intervention précoce: maternelle 4 ans plutôt que CPE ?

Note: Suite à diverses nouvelles lectures, analyses de critiques, j’ai apporté quelques ajustement à mon argumentaire. Entre autres, de réduire la comparaison maternelle 4 ans et CPE. (19-02-2019)

Mise en contexte

La mise en oeuvre en septembre 2019 par le gouvernement du Québec (CAQ) de maternelles 4 ans déclenche un débat en éducation et dans la société qui opposent les partis politiques et certains chercheurs en éducation. Deux groupes principaux s’affrontent: les Pro investissement dans le réseau des CPE et les Pro implantation de maternelles 4 ans.

L’enjeu principal est la prévention de l’échec scolaire et ultérieurement du décrochage scolaire chez les élèves du secondaire.

Certains chercheurs, dont moi-même,  soutenons que la prévention demande l’établissement en premier lieu de maternelle 4 ans en milieu défavorisé et idéalement d’un réseau de maternelles 4 ans pour tous les enfants du Québec peu importe leur milieu. 

D’autres chercheurs et intervenants en petites enfance proposent plutôt un investissement plus grand dans le système actuel des CPE (Centre de petite enfance – les garderies). 

Ce débat en éducation – CPE ou maternelle 4 ans pour tous, s’est actualisé, entre autres, lors d’une entrevue à 24/60 R-C lundi soir (10 septembre 2018) entre Égide Royer spécialiste en adaptation scolaire de l’Université Laval et une chercheuse de l’UQAM Nathalie Bigras spécialiste en CPE et petite enfance. 

Rappelons que la motivation première d’implanter des maternelles 4 ans, soit en milieu défavorisé ou dans tous les milieux, c’est une question de prévention en intervenant tôt dans le développement des enfants. Cette intervention vise principalement la préparation à la scolarisation, entre autres, par les apprentissages fondamentaux en littératie (lecture et écriture) et en numératie. Nombre de recherches ont bien démontré que bon nombre d’enfants, particulièrement en milieu défavorisé (mais pas seulement) n’ont pas les préalables nécessaires aux apprentissages scolaires en arrivant à la maternelle 5 ans et au primaire avec des retards dans certains domaines de leur développement. 

Ceux qui sont favorables aux CPE plutôt qu’à la maternelle 4 ans 

Parmi les principaux arguments des chercheurs en petite enfance, c’est qu’à l’âge de 4 ans l’environnement des CPE offre une qualité d’interactions et un climat de vie très favorable à la petite enfance (3 ans et 4 ans) et qu’à cet âge il faut préconiser une  approche d’exploration plutôt qu’une approche d’apprentissage préscolaire réalisée par le milieu scolaire et les enseignantes formées en préscolaire. 

L’autre argument, c’est le danger d’affaiblir le réseau déjà fragilisé des CPE. Qu’il serait plus pertinent d’investir l’argent  dans le développement du réseau des CPE et garderies.

Il y a aussi d’autres arguments comme la non faisabilité du projet à cause du manques d’espace (locaux), du manque de ressources, etc.

Quelques critiques sur l’approche CPE plutôt que maternelle 4 ans

Les pro CPE et garderies mentionnent que « la scolarisation hâtive » de tous peut mettre les plus jeune à risque ». Pour moi, c’est le contraire. Cette préscolarisation à 4 ans peut permet aux enfants de développer les préalables nécessaires à la scolarisation.  

Les pro CPE et garderies voient une menace pour le système de garde au Québec en instaurant les maternelles 4 ans pour tous. Ils souhaitent un investissement plus grand dans les CPE et les garderies.

Ma vison c’est qu’il faut les deux systèmes qui sont complémentaires et qu’ils n’ont pas la même mission. Oui les trois première années sont très importantes et il faut avoir un système de CPE et de garderies de grande qualité et accessibles pour tous. Il n’est pas question que les maternelles 4 ans remplacent les CPE et les garderies. Les deux système doivent collaborer ensemble – ministère de la famille (CPE et garderie) et ministère de l’éducation (maternelle 4 ans). Partager les compétences aussi.

Quelques statistiques sur l’état actuelle des CPE et des garderies.

 

Au Québec, selon statistique Canada il y a plus de 91 000 enfants de 4 ans

Les données tirées de l’Association québécoise des CPE démontrent que le système actuel en petite enfance ne peut pas assurer la mission d’offrir à tous les enfants de 4 ans du Québec des interventions précoces de qualité dans le but de favoriser le plein développement, la prévention des retards et la préparation à la scolarisation future au primaire.

Selon mon analyse, les CPE et les garderies supervisées se partagent environ 47 % de cette population. De son côté le Ministre de l’Éducation J-F Roberge  (entrevue de dimanche 17-02-2019) mentionne qu’en ce moment les CPE n’accueillent que 25% des enfants de 4 ans, ce qui fait que 75% ne sont pas en CPE, et 20% ne sont dans aucun service de garde.

Ainsi, l’implantation graduelle de maternelles 4 ans pour tous serait la stratégie qui permettrait de s’assurer que tous les enfants de 4 ans reçoivent des services éducatifs de qualité. Bien entendu, parallèlement il faut poursuivre le développement de l’implantation de CPE et de garderies accessibles à tous et aussi à un prix convenable.

Pourquoi moi je suis favorable à la maternelle 4 ans 

Tout d’abord je dois préciser aux lecteurs et lectrices que je crois important de poursuivre le développement du réseau des CPE, car c’est un acquis de grande qualité pour les familles et les enfants du Québec. Notre système de garderie (CPE) avec son personnel (les éducatrices en petite enfance – formation collégiale) fait un excellent travail pour le développement des enfants et comme soutien aux familles.

Ceci dit, la stratégie de miser sur un réseau de maternelle 4 ans pour les enfants en milieu défavorisé d’abord, puis étendu à tous les enfants de 4 ans du Québec s’appuie sur le principe de l’intervention préventive précoce afin que tous les enfants soient préparés aux apprentissages scolaires. Ce n’est pas la mission directe, à ma connaissance, des CPE. C’est aussi de favoriser le dépistage des difficultés chez l’enfant, d’identifier les besoins particuliers dès la petite enfance (4 ans et 5 ans) et  dès les premiers signes  de difficulté offrir des services. 

Nombre d’études ont bien démontré que pour prévenir les difficultés scolaires et le futur décrochage au secondaire, qu’il faut intervenir d’une façon précoce dès les premiers signes. Qu’il existe deux types d’interventions préventives : l’universelle et la ciblée (pour les enfants en besoins particuliers). Que la prévention doit miser sur les apprentissages liés à la littératie (lecture – écriture) et à la numératie ainsi qu’au développement de la socialisation (le vivre ensemble)

L’avantage des maternelles 4 ans 

  • Le milieu de l’éducation avec les maternelle 4 ans a pour mission première, entre autres,  le développement global des enfants et plus directement le développement de préalables d’apprentissages préscolaires liés à la littératie (lecture – écriture) et à la numératie (à ma connaissance);

  • Le milieu scolaire à non seulement le personnel enseignant formé en pédagogie de l’enseignement au préscolaire, mais comprend également des ressources professionnels spécialisés pour soutenir les enseignantes et les enfants en besoins particuliers (orthopédagogue, orthophoniste, éducatrice spécialisée, psychoéducatrice, psychologue scolaire, etc.);

  • Pour favoriser la réussite éducative et scolaire ainsi que prévenir le décrochage scolaire ultérieurement au secondaire il ne faut en plus de dépister tôt, offrir des services d’intervention préventive aux enfants en difficulté. Particulièrement en milieu défavorisé, mais pas seulement là. cette intervention préventive doit se faire tôt dès l’âge de 4 ans.

  • L’approche, tout en respectant le niveau de développement des enfants (4 ans et 5 ans) ne doit pas se limiter à une approche par le jeu et par l’exploration, mais aussi par une approche systématique d’apprentissage préscolaire en littératie et en numératie.

Proposition de solution

  • Afin de préserver nos acquis d’un système de CPE de bonne qualité et de profiter de l’expertise du personnel en petite enfance, l’implantation de maternelles 4 ans doit se réaliser en collaboration avec le réseau des garderies et tenir compte des conséquences négatives possibles de perte de clientèles pour le réseau des CPE;

  • L’on doit favoriser une  collaboration  étroite (organisationnelle et financière) entre les ministères et organismes responsables du réseau des CPE et du préscolaire (4 ans et 5 ans) (commissions scolaires – écoles);

  • Que la maternelle 4 ans soit sous la responsabilité d’une enseignante formée en préscolaire, mais  accompagnée d’une technicienne en petite enfance (en collaboration avec les CPE);

  • Que l’implantation se réalise progressivement en débutant par l’implantation en milieu défavorisé et en deuxième étape auprès de tous les milieux;

  • Qu’il faut s’assurer que le programme de prématernelle s’appuie sur des pratiques reconnues par la recherche et le savoir d’expérience évalué. 

Il est important de comprendre qu’il existe aussi beaucoup d’arguments favorables au déploiement plus grand  des CPE (service de garde). En voici plusieurs.

Voici une analyse des coûts de l’implantation de maternelles 4 ans, selon Marc St-Pierre ex Directeur général d’une commission scolaire (12 septembre 2018) – publié sure Facebook

Dans ce dossier-là, si tu sais compter, ne compte pas sur la CAQ. Quand j’ai fait un rapide calcul des impacts financiers de ce projet, je suis arrivé sensiblement au même montant que le bureau d’enquête du JdM. Pour une CS comme celle où je travaillais (25 000 élèves) et où les écoles sont à pleine capacité, il faudrait créer près de 3600 places pour accueillir les maternelles 4 ans, soit 200 classes à pleine capacité, soit le ratio maximum de 18 enfants de 4 ans par groupe. Si on devait regrouper toutes ces classes dans écoles dédiées, il faudrait construire au moins 4 grosses écoles primaires pouvant accueillir trente classes chacune. À 14-15 millions par école, on en est à quelque chose comme 50-60 millions pour une seule commission scolaire. Et on n’a pas encore engagé les profs requis, les accompagnatrices en salle de classe, les professionnels, TES et autres, ni les éducatrices des services de garde, personnel de soutien, le transport de ces enfants, etc. Alors, quand la CAQ dit pouvoir faire tout ça avec 150 millions et un peu plus pour les 72 commissions scolaires du Québec, permettez-moi de douter. Ça va prendre un gros « dix-roues » de poudre de perlimpinpin pour y arrive

Une suite de Marc St-Pierre tirée de Facebook 15-02-2019

Marc St-Pierre On ne s’entend pas encore sur quoi « enseigner » et comment intervenir en maternelle 5 ans. Après quelques années dans le cadre d’une implantation progressive du 4 ans en milieu défavorisé, la qualité n’est pas encore au rendez-vous, encore une fois en raison d’approches non-partagées, de formation et d’accompagnement insuffisants. Et ne te trompe pas, je suis allé plaidé en commission parlementaire en faveur du 4 ans en milieu défavorisé. On aurait dû poursuivre prioritairement l’implantation en milieu défavorisé, resserer la concertation avec les CPE, assouplir la règle des codes postaux pour régir l’admissibilité et consolider le programme. Au lieu de ça, on se lance tête baissée dans une implantation mur à mur, défiant toute logique sous-tendant le déploiement efficace d’actions découlant de politiques publiques qui prennent appui sur des données probantes. 

Point de vue qui favorise la maternelle 4 ans
https://www.journaldemontreal.com/2019/02/23/une-maternelle-pour-la-reussite-des-enfants?fbclid=IwAR3etGEkjJJKlY9o-vtURS5wnSEbatmgFlXIUif4ufjUXxBWqjCVGUTY2As

 

https://www.ledevoir.com/societe/education/548473/la-maternelle-une-invention-francaise?fbclid=IwAR1rWjWFfyX-RlqQn8taEduXGD_NcPQY8jiHj935Jnekfg1AWeOX_8ddXFU

https://www.journaldemontreal.com/2019/03/07/innover-dans-la-tourmente?fbclid=IwAR0qSKs1jVk3BineYr5RcrCjyML4xeY0h066PyhyNoG8cXvcQ8K1vdJwAJc

Une solution créative – une maternelle 4 ans dans un CPE

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1154617/cpe-garderie-maternelle-ordre-psychologues-mrc-montcalm?fbclid=IwAR2npl_Rwor3ywDR_Lilc51yR4uoPt4766U2AIuTbvEuBDdwj3Rt_QuhxOI

Point de vue qui favorise les CPE plutôt que les maternelles 4 ans : Une mauvaise affaire pour tous – Article signé par plusieurs universitaires.

http://plus.lapresse.ca/screens/4e7d70dc-38f0-48b7-bec6-c7c8a9409627__7C___0.html

Études sur les maternelles 4 ans – résultats jugés inefficaces

https://www.lesoleil.com/actualite/education/lecole-a-4ans-inefficace-ee68d08cff7d9bc60e4d6c86809b824c

Autre article d’analyse

https://www.journaldequebec.com/2019/01/22/pas-de-maternelle-4-ans-a-tous-les-coins-de-rue

Point de vue de Camil Bouchard (Auteur de: Un Québec fou de ses enfants). 

https://www.lesoleil.com/opinions/point-de-vue/maternelles-4-ans-arguments-revus-et-corriges-e2c04b30a9a691810470889b726952d2?utm_campaign=lesoleil&utm_medium=article_share&utm_source=facebook&fbclid=IwAR1mWbcn-7o82Yjl2Uew6wIjPDP8jfggzgBcZx-m5K-ngtlXKd6Va6mi190

Propos de Marie Malavoie ex-ministre de l’éducation: CPE maternelle 4 ans
https://www.ledevoir.com/opinion/idees/548280/un-detournement-de-sens

 

Autre article intéressant

https://www.journaldequebec.com/2019/03/13/maternelle-4-versus-cpe-8-propositions-pour-soutenir-le-developpement-des-enfants

Une critique un peu « raide » de mon argumentaire
(sur Facebook – 18-02-2019).

Propos tenus par: Dave DesRosiers

J’ai de la difficulté avec la posture: Je suis pro maternelle 4 ans… Elle me semble incompatible avec une posture de chercheur, surtout quand vos arguments pour la maternelle 4 ans témoignent essentiellement d’une méconnaissance flagrante du réseau des CPE et de la petite enfance. Je tente de les reprendre ici:

– Reprocher aux CPE de privilégier le développement global plutôt que les pré-requis scolaire est complètement farfelu. Premièrement, ils privilégient un développement global parce que le développement d’un tout-petit EST global. Et même à l’intérieur de cette perspective, je ne compte plus les initiatives d’éveil à la lecture et à l’écriture dont j’ai été témoin, sans même oeuvrer directement dans ce réseau.

– Affirmer que les éducatrices en CPE ne sont pas formées à la pédagogie préscolaire relève d’une grande méconnaissance du réseau et de la qualité des interventions et de la préparation à l’école qui s’y fait. Pour le moment, les quelques données disponibles indiquent qu’on trouve une plus grande qualité éducative (qui incluait aussi le développement de concept/connaissance) dans les CPE que les maternelles 4 ans actuellement déployées sur le territoire.

– En quoi la pénurie de professionnels disponibles en petite enfance se résorberait une fois les enfants de 4 ans intégrés dans le réseau scolaire. Je connais moins ce dernier, mais assez pour comprendre que les ressources professionnelles sont déjà surchargées et qu’elles auront peu de temps à consacrer à cette toute nouvelle clientèle. Tant qu’à engager des nouvelles ressources, consacrons-les aux bons endroits.

– Je suis bien d’accord avec vous que l’intervention doit être précoce et universelle, mais ce n’est aucunement un argument propre à la maternelle 4 ans…

– Votre dernier argument sur l’approche par le jeu ne tient pas du tout la route des connaissances actuelles sur le sujet et semble réduire le jeu à un simple passe-temps. Je vous invite vraiment à vous documenter sur le sujet avant de lancer de telles affirmations. Petite suggestion rapide, un outil comme le CLASS pourrait vous intéresser et vous démontrer tout l’intérêt d’interactions éducatives de grande qualité dans un contexte de jeu libre, mais accompagné.

Bref, votre « argumentaire » pro maternelle 4 ans me semble vraiment mal appuyé et je vous invite à approfondir votre réflexion avant de lancer de telles affirmations, surtout considérant l’autorité que vous confère votre statut de chercheur. Il ne s’agit pas juste d’un enjeu corporatiste entre deux réseaux, mais bien de s’appuyer sur les meilleures pratiques. Mon emploi n’est pas du tout mis en péril par les maternelles 4 ans, mais mon expertise en petite enfance me permet d’affirmer sans hésitation que ce projet fait complètement fausse route pour répondre aux besoins des tout-petits et à leur éventuelle scolarisation.

Et dans un monde aux ressources humaines et financières limitées, nous n’avons malheureusement pas le choix d’opposer les deux mesures, alors nous avons tout intérêt à poursuivre la discussion…

***

  • Lui ayant communiqué qu’il avait été pas mal « raide » à mon égard
    Mes excuses, mon intention n’était pas de vous attaquer de manière si incisive. Si je suis votre page facebook, c’est d’abord parce que j’ai un respect pour votre contribution en éducation. Je suis probablement plutôt sensible sur le sujet par les temps qui courent et les arguments que vous avez repris, je les entend fréquemment actuellement et ils sont vraiment éloignés de ce que je côtoie professionnellement.
     

  • Dave DesRosiers Ceci étant dit, je ne pense pas que l’on puisse totalement éviter « d’opposer » ces deux dispositifs. Comme je l’ai mentionné dans mon commentaire initial, les ressources limitées feront nécessairement en sorte que ces deux modèles ne pourront co-exister très longtemps pour les enfants de 4 ans. Est-ce que les services éducatifs offerts aux enfants de 4 ans qui existent actuellement pourraient être améliorés? Certainement! Est-ce que les ressources immenses que l’on s’apprête à consacrer aux maternelles 4 ans seront la meilleure amélioration possible avec tout cet argent? Personnellement, je ne crois pas du tout..

Qualité des services en CPE et garderies
https://www.lapresse.ca/actualites/education/201805/22/01-5182693-qualite-des-services-de-garde-au-quebec-on-nest-pas-dans-lexcellence.php?fbclid=IwAR0SHfSQ7rZMOoXqACB4ViBAhOZdmjWFYK67yq7Tp-QdBaN4ryucWUU4HJo

 

Pro CPE plutôt que maternelle 4 ans

https://www.lapresse.ca/actualites/education/201902/22/01-5215799-lopposition-a-la-maternelle-4-ans-sorganise.php

Références

Afin d’informer le lecteur et la lectrice sur ma connaissance du domaine du préscolaire voici quelques éléments importants.

J’ai réalisé avec ma collègue Louise Paradis (sc. de l’éducation de l’UQTR) une étude longitudinale pour la direction de la recherche du ministère de l’éducation d’une durée de 11 ans. Soit de la maternelle 5 ans à la fin du secondaire. Avec le CTREQ, je suis auteur et coauteur d’un outil de dépistage des élèves à risque (préscolaire et primaire)  (Logiciel Premiers signes) ainsi que d’un répertoire de pratiques préventives pour les problèmes de comportement en classe Agir dès les premiers signes. J’ai accompagné et formé des enseignantes de maternelle et du primaire à l’utilisation du logiciel de dépistage dans deux commissions scolaires (CSCR et CSMB). Enfin, j’ai travaillé comme éducateur et spécialiste en psychomotricité en garderie éducative  durant deux ans, à raison d’une journée semaine (il y a de nombreuses années).

Note: Mon degré de connaissances de ce qui se fait dans les CPE et les garderie, reste limité. Mon expertise est plus en éducation.

Potvin, P. (2018). Élève à risque d’échec scolaire. Un regard sur la résilience et les facteurs de protection. Béliveau Éditeur

Potvin, P. (2010). Premiers signes. Logiciel de dépistage des élèves à risque au préscolaire et primaire. CTREQ

Leclerc, D., Potvin, P. et Massé, L. (2016 – avril). Perceptions du type d’élève, du cheminement anticipé, de l’attitude des enseignants à la maternelle, première, deuxième année et qualification des élèves à la fin du secondaire : Diplomation ou décrochage ? Revue de psychoéducation 45 (1) 113-130.

Potvin, P., et Paradis, L (2000). Facteurs de réussite dès le début du primaire. Rapport de recherche. Présenté à la Direction de recherche du ministère de l’Éducation du Québec. Université du Québec à Trois-Rivières. 180p.

Une réflexion au sujet de « Intervention précoce: maternelle 4 ans plutôt que CPE ? »

  1. J’ai créé et coordonné les maternelles 4 ans du Groupe de concertation en intervention précoce de Sherbrooke (GCIP) dont j’ai été cofondateur..
    Ce projet, échelonné entre 1987 et 1998 a été conduit en concertation avec le CLSC Gaston-Lessard et trois départements de deux facultés de l’université de Sherbrooke (EPP, ASS et service social) selon une formule unique de stages perlés.
    Le modèle efficace d’intervention, fondé sur des données probantes, a été le modèle PIP de l’équipe Boutin-Terrisse de l’Université de Montréal., modèle à trois pointes d’intervention :
    1-l’enfant en réhabilitation développementale;
    2-Le parent en réhabilitation parentale;
    3-L’adulte (parent) en réhabilitation sociale.
    Ce modèle nous a aussi incités à une gestion systémique des plans d’intervention avec accès aux évaluations diagnostiques précoces pour éviter l’approximation..
    Ce fut dès cet époque notre petite Finlande : nous avons noué plus d’une douzaine d’ententes de services avec autant d’organismes de santé et de services sociaux publics et parapublics….

    C’est un modèle qui fonctionne!

    À la CSRS, ce projet d’exception a été délogé, faute de son financement minime, par le projet de Laurier Fortin pour contrer le décrochage scolaire au secondaire…
    Pourquoi faire du précoce à petit prix (100 000 $ / an pour 150 enfants) quand on peut faire du curatif à double prix (220 000 $/an pour ??? jeunes)

    Conclusions :
    1-L’intervention précoce en maternelle 4 ans est très efficace quand elle est bien menée et bien menée veut dire selon le modèle PIP de Boutin-Terrisse;
    2-C’est au scolaire qu’elle doit avoir lieu, parce que le travail sur la transition avec l’école doit s’y dérouler et, avec les parents les plus vulnérables, et il y dure trois ans pour produire des résultats : présco 4, préco 5 et première année.
    3-J’ai quelques difficultés à percevoir comment Égide Royer qui a introduit dans le système, sûrement involontairement et par méconnaissance de la synergie de ses effets administratifs pervers, le modèle de l’Iowa qui est celui de l’intervention rendue diffuse jusqu’aux calendes grecques, peut défendre aujourd’hui l’intervention précoce chez les 3 ans, modélisée sur le système scolaire finlandais…

    Mais, il n’y a que les sots qui ne changent pas d’idées, de fusil d’épaule ou qui ne retourne pas leur veste….

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