Les signes religieux et les personnes en autorité : une incompatibilité

Les signes religieux et les personnes en autorité : une incompatibilité

État de situation du problème

Il semble bien que la loi 62 au Québec ne règle rien à la question du port de signes religieux chez les personnes en autorité. Le Gouvernement libéral de Couillard s’est bien organisé pour ne pas se mettre à dos une portion de ses électeurs, surtout les diverses ethnies favorables au port de signes religieux ostentatoires. Pour ce gouvernement, ce n’est pas une question de valeur, mais bien d’un calcul électoraliste.

Depuis la commission Bouchard-Taylor, la majorité des Québécoises et Québécois souhaite la laïcité dans l’espace public, du moins la neutralité des personnes en autorité (policiers, juges, gardiens de prison, etc.). Moi j’y ajoute les enseignantes et les enseignants.  Nos valeurs québécoises, demandent la séparation claire de l’État et du religieux et l’égalité des femmes et des hommes.

Le débat actuel s’est déclenché par les propos d’un élu et celui de la mairesse de la ville de Montréal Valérie Plante en ouvrant la porte à la possibilité du port du voile (hijab) pour les policières de la ville.

Mon point de vue sur ce débat de société.

Après une longue histoire de la domination religieuse au Québec sur ses fidèles et aussi une alliance malsaine du pouvoir religieux et du pouvoir politique, le Québec en est arrivé « presque » à une société laïque, à une claire séparation du religieux et du politique.

Rappelons-nous que dans notre histoire, le pouvoir religieux dominait le peuple québécois en dictant les comportements à suivre et en privant, particulièrement les femmes, de toute autonomie. Par exemple,  le choix de décider d’avoir ou pas d’enfant ou encore le choix dans limiter le nombre ou encore la décision d’arrêter une grossesse.

Dans notre histoire, le port de signes religieux ostentatoires faisait partie de la démonstration de sa foi, de ses croyances, de certaines de ses valeurs. Le principal signe était la croix (le Christ en croix). Il y avait aussi la séparation des hommes et des femmes, le port du voile à l’église chez les femmes, et le voile et le costume intégral chez les religieuses. En fait, chez celles-ci, l’habillement ressemblait étrangement en plusieurs points à l’habillement des femmes musulmanes voilées. De plus, la femme dans l’Église avait une place de second ordre (ce qui existe encore aujourd’hui). En bref, le pouvoir religieux signifiait pour les femmes, entre autres, une perte d’autonomie et un statut d’infériorité.

Cette histoire religieuse chez nous les Québécois, nous l’avons d’inscrite dans notre ADN au sens que « plus jamais on ne laissera une religion imposer son idéologie ». Au Québec, la religion est devenue une pratique personnelle qui fait partie de la vie intérieure et spirituelle des personnes.

Alors, lorsque des personnes immigrées ou nées ici au Québec portent leurs signes religieux qui forcément sont associés à une religion (croix, hijab, kippa, turban, etc.) ce symbole communique clairement un message. Ces objets symboliques ont un fort pouvoir de communication et agissent comme un déclencheur d’émotions. Ils communiquent aux autres les croyances et les valeurs de la personne qui les portent. Pour ce qui est du voile, ce symbole communique, entre autres, l’inégalité homme- femme. Il envoie aussi le message que la femme est un objet de tentation (origine d’Adam et Ève) qu’il faut couvrir et que les hommes sont des êtres faibles qui ne peuvent gérer leurs pulsions.  

Il est clair pour moi et pour beaucoup de Québécoises et de Québécois que les personnes en autorité ou celles qui offrent des services publics ne doivent absolument pas porter de signes religieux. Elles doivent afficher un habillement neutre. Elles n’ont pas à livrer ou témoigner leurs croyances religieuses soit verbalement ou symboliquement. Sinon, il y a perte de neutralité, élément essentiel dans la livraison de services publics.

 

 

Une réflexion au sujet de « Les signes religieux et les personnes en autorité : une incompatibilité »

  1. une personne dans un service publique ( sécurité, enseignement, garderie, soins, etc…) ne devrait porter aucun signe soulignant son appartenance religieuse, politique, sportive, idéologique, etc…
    un beau sourire suffira…

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