Claude Jutra et la pédophilie (Prise2)

Le critique et professeur de cinéma Yves Lever  qui a écrit  la biographie du célèbre cinéaste Claude Jutra, indique que celui-ci aimait les jeunes garçons et qu’il aurait entretenu des relations intimes avec ceux-ci. Le terme pédophilie est invoqué. Dans une entrevue à Radio-Canada, Lever, un historien rigoureux et crédible a mentionné qu’il avait des sources crédibles  pour soutenir ce qui a été publié dans la biographie. Il est important de mentionner que ses sources ne sont pas les personnes directement impliquées, mais des témoins (on parle d’allégations)

L’événement suscite une occasion importante et intéressante de « réflexion ».  C’est mon principal intérêt en écrivant ce texte.

On recommande cependant d’avoir une grande prudence face à cet événement. On mentionne également l’importance dans notre société québécoise (société de droit) à la présomption d’innocence (un rappel du juriste Jean-Claude Hébert, à 24/60 R-C). On mentionne qu’il n’y a aucune victime déclarée. De plus, on mentionne que les garçons impliqués avaient 14 ans et plus, âge légal à l’époque pour consentir à des rapports sexuels. Ainsi, en principe, s’il n’y a pas de « plainte », de victime, il n’y a pas de « crime ». Il semble cependant que dans la biographie on fait allusion des des enfants plus jeune que 14 ans (incertain – ici)

Suite à cette nouvelle, j’ai entendu des personnes du domaine du cinéma avoir diverses réactions qui m’interpellent:

  • « Tout le monde le savait »
  • « Je le savais, mais pourquoi en parler »
  • « C’est vrai, mais on a pas d’affaire à le dire »
  • « Çà n’aurait pas dû être publié »
  • « Il aimait les jeunes garçons, allons-nous lui reprocher cela? »

À 24/60 de R-C Marc Béland un ami proche de Claude Jutras est « outré » qu’on salisse ainsi le nom de Claude Jutra. Il mentionne dans son entrevue, qu’il a vécu deux ans avec Jutra et que celui-ci recevait chez lui un adolescent de 15 ans. Que Jutra était loin d’être un abuseaur. Que c’était sa vie, et que cela ne regardait personne, jusqu’au temps ou quelqu’un dénonce s’il a été abusé ou non.

Je suis « déséquilibré »  par ces réactions. Il est vrai qu’on a pas à reprocher à une personne (exemple: un homme) d’aimer les jeunes garçons, à la condition qu’il n’y ait pas un passage à l’acte (au niveau de la sexualité – pédophilie). Sinon, c’est inacceptable, dans le cas ou les conditions suivantes ne sont pas respectées:  l’âge légal (16 ans aujourd’hui), un consentement  clair et pas de lien « d’autorité » ou d’influence (professeur, coach, etc.).

Bien entendu, il est important pour  dévoiler une information comme celle-ci, d’avoir des preuves solides, car c’est la réputation d’une personne qui est en jeu. Et une réputation qui est ternie est difficilement rétablissable après coup.

Conclusion

Dans la cas présent, la situation est loin d’être clair. Est-ce que les adolescents avaient l’âge légal? Donnaient-ils leur consentement? N’était pas sous l’influence de Claude Jutra (un personnage prestigieux, un employeur, etc.). De plus, jamais de plainte déposée (peut-être va-t-il y en avoir?)

Il me semble qu’il faudrait que les personnes directement impliquées dévoilent (peut-être d’une façon « anonyme ») si elles ont été ou non « victimes », car cela fait toute la différence.

Faits nouveaux qui confirme l’agir de Claude Jutra 17-02-2016

Comme l’on pouvait possiblement s’y attendre une présumée victime est sortie de l’ombre pour venir confirmer, finalement, qu’elle a été une victime d’abus de la part de Claude Jutra. Cette révélation fait toute la différence, car cette victime vient en quelque sorte confirmer la « pédophilie » de Claude Jutra.

(Extrait de: www.98.5fm.ca/national/nouvelles/affaire-jutra…) Selon la victime: « Entre l’âge de 6 et 16 ans, les contacts sont passés de caresses à la masturbation et à la fellation » La victime a fourni des preuves de ses contacts avec Claude Jutra à La Presse. Il devient clair que la présumée victime était quelqu’un de l’entourage immédiat du cinéaste. Jutra avait bâti un lien de proximité et de confiance avec les parents, obtenant ainsi un accès privilégié à l’enfant. Il aurait finalement abusé de cette relation de confiance. Cette victime aurait raconté  son histoire  à des proches en 1986 quand Jutra s’est suicidé. Sa vie a été marquée par les dépendances aux substances, à la délinquance. Il a eu un casier judiciaire.

20 février 2016, une 2e victime se manifeste

Conséquences

  • le Gala du cinéma, les Prix Jutra, va changer de nom;
  • les rues ayant le nom de Claude Jutra à Montréal et à Québec et ailleurs au Québec, changeront possiblement de nom;
  • les Parcs, salles de cinéma, places publiques, etc. changeront possiblement de nom.

Dommage qu’une œuvre et qu’un Nom qui a inspiré tant de cinéastes québécois, soit « banni » du jour au lendemain. Le prestige du nom de Claude Jutra est passé du super positif à un super négatif. Je ne peux qu’être en accord avec tout ceci.

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